Sources :"Catalunya i la Guerra Gran" Josep-Fábregas Roig-Tarragona-2000



Somatén se mot espagnol se terminant sans t qui est interdit de prononcer en Catalogne, l'utiliser fait revivre les violences du sang et l'horreur, évoque l'emprisonnement, les tortures impunies, les tueries de la "mosso d'esquadra" aux ordres de Françisco Franco.
Le dictateur est à l'origine du bannissement de ce terme par la nomination de sa milice en Somatén Armado, en castillan est souvent écrit en somatenes au pluriel.

Le 05 mars 1068, Ramon Berenguer 1er (1035-1076) comte de Barcelona fait écrire les Usatges, une constitution qui régie les droits civiques et juridiques de Catalunya, un mélange de droit romain et de droit canonique.
Rien à voir avec le code civil espagnol, cette constitution catalane en vigueur dans le département sert de modèle démocratique aux successions et aux contrats de la vie quotidienne.
Le comte de Barcelona unifie les comtés d'Urgell, d'Empuries, de Besalù et de Cerdanya.
Ramon Berenger IV el Sant, se lie à la couronne d'Aragon en se mariant à Péronelle.
Dans les institutions, le mot somatént écrit avec un t est né.
Els "somes aténts" traduit par "nous sommes là à temps."
L'origine est le verbe attendre en catalan s'écrit avec un t à la fin : "aténts" traduit par une déclinaison de = être là, être vigilant, arriver à temps.
C'est un groupe d'individus de familles qui se voue une protection d'autodéfense.
Père, mère, enfants œuvrant dans les champs ou dans les occupations quotidiennes se disposent à défendre par leur vie, leur terre, leur maison et leur village.


Du principe que l'union des individus multiplie leur force, il confère aux somaténts une organisation redoutable.
Pour résoudre ce regroupement indispensable qui fait sa puissance, les somatents inventent l'alarme ou chaque individu a l'obligation d'abandonner tout travail en cours et venir en courant sur le lieu de l'appel.
Article 1er des obligations de 1068 "s'attacher à la défense de la religion et de la communauté catalane.
L'alarme est le tocsin, un bruit de cloche à coups violents pressés répetés à la volée.
De nombreuses églises conçoivent un clocher en forme de tour pour la protection de leur cloche.
En dehors du bourg, une tradition ancienne des tours de guets est de réaliser l'alarme par la fumée, puis par le bruit des armes à feu.
Le 15 janvier 1257, Jaume II, roi de Majorque, comte du Roussillon autorise chaque somatént à posséder des armes, des arbalètes, des épées, des lances pour combattre.
En 1291, les nombreuses catastrophes entre villages obligent les somaténts à être présents et à protéger contre le feu, l'inondation et l'envahisseur.
Ceux qui travaillent apportent de l'aide à ceux qui combattent, ils se transforment en guerriers, en pompiers, en militaires.
En 1561, pour se défendre des envahisseurs, les somaténts qui sont des paysans ou des agriculteurs ont pour armes, des faux, des fourches, des piques.
En 1659, après l'annexion du Roussillon, la constitution des Usatges n'est pas abandonnée, elle régie par ses procédures la vie quotidienne des villages, des foires en imposant ses arrêts, ses actes et ses sentences.
Chaque individu par son acte de naissance est somatént, sans différence de sexe, de grade, c'est une garantie de protection et de défense pour la famille, la maison et le village. Une extension de la famille en base régionale que chaque commune est une fédération de familles unies entre elles par des liens naturels étroits d'une même origine. Une tribu qui devient communauté et progressivement simpose en peuple d'une nation.
De 1701 à 1716, Philippe V prête serment et les autorités catalanes lui font savoir qu'elles n'acceptent pas cette nomination.
En 1639, Gaspar Guzman, duc Olivares choisit la région frontalière de Catalogne pour attaquer la France durant la guerre religieuse des 30 ans, une lutte politique dirigée contre Philippe IV d' Espagne représentant en chef des Habsbourg.
Le duc Olivares décide que les bourgs doivent participer aux efforts militaires que les lois catalanes prévoient le logement des troupes. Il impose des mesures draconiennes par des taxes et par le recrutement de soldats qui révoltent les somatents.
En groupe, ils libèrent les prisonniers politiques, commandés par Francesch Tamarit ils attaquent sur les hauteurs du Montjuic à Barcelona le 26 janvier 1641, les troupes castillanes de Pedro Fajardo.
Louis XIII et Richelieu veulent conquérir le Roussillon et engagent le siège de Perpignan de novembre 1641 au 09 septembre 1642.
Le 11 avril 1713, le traité d'Utrecht reconnait Philippe V roi d'Espagne.
La noblesse catalane conclut un pacte avec l'Angleterre pour entrer en guerre contre l'Espagne et défendre la légitimité de la maison d'Autriche en échange de la livraison d'armes.
Les fusils se multiplient dans les villages et les somaténts s'organisent en milice la guerre :
" l'obligation de conserver leurs armes à portée de main et de s'exercer à leur maniement est adoptée."
Francesc Josep Moragues pour combattre l'envahisseur crée le corps de somaténts qui se termine par le siège de Barcelona et la réédition de la Catalogne le 11 septembre 1714.
Triste bilan : 36 480 somaténts sont morts pour défendre la maison d'Autriche.
A partir de cette défaite, le nouveau roi Philippe V châtie la rebelle Catalogne en imposant des mesures financières draconiennes.
Il promulgue les décrets Nueva Planta "Nouveau Plan" pour s'attribuer le territoire comme un patrimoine qu'il dispose selon son gré.
Il dissout les Usatges en vigueur par les Cortès de Barcelona, annule les privilèges de la noblesse, détruit la puissance des somaténts et supprime dans les écrits la langue catalane.
A compter de ce jour, le somatént s'épanouit dans l'opposition de l'envahisseur et de l'uniformisation politique que mène la Castille en supprimant son entité et son statut de nation.
L'autorité lui impose des normes sous forme de répression contre leur tradition et leur coutume.
Le rapport de force crée une société armée contre l'insoumission.
Les origines du catalanisme remontent après la défaite du 11 septembre 1714, ce n'est pas un mouvement structuré, organisé, c'est un mouvement de résistance, un refus d'un peuple devant la pression Castillane pour que le territoire abandonne sa langue.
Les catalans prennent en main la défense et lancent un orgueil du patriotisme linguistique.
L'article 36 des Coutumes de Perpignan précise que les armes sont des outils de travail et qu'elles sont insaisissables.
De nombreuses tentatives sont faites pour désarmer la communauté, la population reste armée.
Les maires sont dépositaires des caches d'armes, des entrepôts de cartouches dans le cas de perquisition.
Les troubles fiscaux liés aux réquisitions, aux affrontements continuels contre les soldats, à la chasse aux catholiques au sein des paroisses, aux dénonciations des suspects, à la présence des émigrés servent de prétexte pour réclamer plus de fusils.
Le 15 décembre 1793, Lluis Firmin Carvajal à la tête de la 4eme brigade de l'Armée de Catalogne découvre au col de Vallauria, la puissance des somaténts de Banyuls la Marenda contre ses soldats.
Cette communauté solidaire ose l'affronter pour préserver le village et la contrebande.
Lluis Firmin Carvajal reste admiratif de leur enthousiasme et de leur honneur.
Il comprend que cette population mérite le respect, la considération et il décide d'intégrer cette défense au sein de la population de la Catalogne.
Le 18 janvier 1794, la famille royale lors de la réunion du Quartel Général fait savoir qu'elle ne peut plus soutenir financièrement l'armée de la Catalogne.
Cette annonce est un constat alarmant prouvant la ruine du royaume.
Le roi et les prêtres confirment que les catalans sont des sujets obéissants, des fervents catholiques qui doivent prendre la guerre à leur compte comme au temps des Usatges en vigueur par les Cortès de Barcelona.
Il s'agit de flatter le catalanisme : "Sempre endavant maï morirem."
Un dicton maintes fois répété par les familles qui honorent la communauté catalane.
La toxicomanie de l'identité catalane, un mouvement nationaliste qui modifie l'état psychique comme les produits anesthésiants comme l'alcool et la drogue qui fait passer le courage de l'individu pour mourir en première ligne dans les batailles.
Le 19 avril 1794, la municipalité de Barcelona se réunit et promulgue le décret abandonné de l'organisation des somaténts et ses 21 articles pour reprendre les armes dans le lieu de leur résidence.
Les catalans voient les troupes françaises bruler les fermes, piller les récoltes, voler les bestiaux, saccager les églises et détruire les monastères, cette présence ravive l'esprit d'insoumission et de résistance.
Art 10 Les paysans, les journaliers, les brassiers sont exemptés de contribution puisqu'ils apportent leur tribut en s'enrôlant dans les compagnies de somaténts.
Art 11 Le décret fait appel à la générosité de la noblesse et des paroisses qui doivent contribuer au financement et au paiement des somaténts.
Art 21 Le corregidor, représentant royal s'occupe des ressources du budget des bourgs, réquisitionne, forme, entretient et fixe le nombre de jours payés aux somaténts dans une limite de 10 à 20 lieues du lieu de son recrutement.

Le 2 mai 1794, les troupes espagnoles sont décimées après le retrait de la campagne du Roussillon et les difficultés économiques du royaume font que Lluis Firmin Carvajal envoi une circulaire le 6 mai 1794 pour la défense de la Catalogne et de la religion à Berga, à Camprodon, à Cervera, à Lleida, à Vic, à Manresa, à Puigcerdà et à Talarn.
Les corregidors et les paroisses du territoire envoient chaque jour des somaténts âgés de 15 à 40 ans à la Junta qui organise les régiments commandés par des prêtres.
Les somaténts, ces patriotes qui au nom du catholicisme et du catalanisme, ces prêtes émigrés sans chapelle, sans ermitage et sans église récupérés par le diocèse renforcent l'armée régulière espagnole.
Il existe des milices de Miquelets, ceux sont des mercenaires payés et recrutés par les conseils de guerre qui visent à renforcer les troupes régulières, ils servent d'espions, de guides et de traducteurs désertent en fonction de l'argent d'un camp à l'autre, souvent confondus aux somaténts.
Les somaténts sont dispersés et se déplacent le long des routes qui forment le chapelet des 11 châteaux de l'Empordà, une défense en ligne contre l'avancée française en direction du village de Figueres.
Ces redoutes se situent dans les ermitages de Maçanet jusqu'à Llança au bord de mer.
Les combats de somaténts sont déterminants pour empêcher la progression des troupes françaises vers Barcelona ou Gerona.
Le 14 juin 1795, à Pontos, les régiments des somaténts obtiennent leur plus belle victoire contre l'Armée des Pyrénées-Orientales aux ordres du général Barthélémy Scherer.

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