Source : "Histoire critique et militaire des guerres de la révolution." Jomini A.H.-édition Paris 1820-1824.

Les Espagnols prudents sont mobilisées sur 4 secteurs Argelès – Olette – Ponteilla – Peyrestortes qui ont une sérieuse faiblesse, ils n'ont pas de liaison et sont séparés entres-eux.
Cette absence de communication et ce manque de coalition retardent leur progression et évitent la débâcle française de Perpignan.
Juan Curten prend possession avec les gardes wallonnes du bourg du Vernet, un rassemblement de maisons proche de la rive du Têt à 2 km de Perpignan.
Ce campement s'étire le long du canal d'arrosage où il a placé ses batteries de canons de 24 qui contrôlent la route de Narbonne et bloquent l'intersection des chemins qui mènent aux bourgs de Saint Estève et de Peyrestortes.


En 1793, 225 habitants habitent le bourg Peyrestortes bati sur un plateau de 95 m de haut situé à 5 km de Perpignan avec le versant Est abrupte et celui d'Ouest qui s'incline doucement vers la route de Narbonne.
Le territoire fertile est traversé par 3 ruisseaux affluents de la rivière Agly : La Llavanera, La Llobera, L'Oms.
Le 08 septembre 1793, Antonio Ricardos ordonne à la division de Jeronimo Giron-Moctezuma marquis Las Amarillas de quitter le bourg de Saint Estève par le chemin du village Baixas et de prendre possession de la colline de Peyrestortes pour attaquer les 4 000 fantassins français du camp de L'Union aux ordres d'Eustache Charles Daoust nouveau commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales installés au bourg de Rivesaltes.
La cavalerie de Jeronimo Giron-Moctezuma montre leur présence en descendant le flanc de la colline pour surveiller et intimider les artilleurs de Joseph-Charles Mondredon qui a remplacé le général Louis Lemoine sur le flanc de la colline du Vernet.
Le 12 septembre 1793, Joseph Puget-marquis de Barbantane à Narbonne ne donne plus de signe de vie.
Barbantane a donné sa démission et a fuit à Toulouse ou il est arrêté, libéré par des complices, il regagne Paris pour se cacher.
Giacomoni continu la correspondance officielle avec le Comité du Salut Public à Narbonne.
Louis Lemoine a rejoint la citadelle de Perpignan pour des opérations de fortification sous les ordres d'Estache Daoust.
Pour dissiper la terreur d'un bombardement Estache Charles Daoust a construit une redoute à la chapelle du Vernet, une autre au mas Vermeil puis celle du mas Anglade.
Il fait creuser des retranchements autour du moulin des 4 Casals et des terrassements à gauche sur les hauteurs des jardins Saint Jacques et sur les hauteurs de Cabestany.
Dès 17 heures, les artilleurs de José Iturigaray à Cabestany commencent à bombarder.
Ce feu intense et incessant est localisé par Joseph Cassanyes descendu à la rescousse de Cerdagne décide de détruire ces batteries avec l'appui des artilleurs de Louis Lemoine.

Le 17 septembre 1793, les 400 artilleurs d'Antonio Ricardos dès 2 heures du matin bombardent la citadelle de Perpignan.
Il a réparti 6 000 fantassins sur deux fronts de la citadelle de Perpignan à l'Ouest et au Sud afin de bloquer les communications.
Eustache Charles Daoust avec ses 4 000 fantassins ramené du camp de l'Union partent en direction du Sud pour atteindre le sommet de la colline du Vernet car à cette hauteur la vision de la plaine s'ouvre largement.
Ils montent le canal en direction de la colline en formation sur 3 divisions et une d'observation.
La première colonne avec les bataillons des volontaires du Maine et Loire à gauche sous les ordres de Louis Lemoine, appuyée par les artilleurs de Jean Lamartillière.
Celle du centre est dirigée par Catherine Pérignon avec les 2 escadrons de Pierre Banel.
Celle de droite du 4eme bataillon des volontaires de l'Aude et 120 cavaliers s'élancent avec Soulheirac en tête appuyé par Ramel.
A l'extrême gauche, le bataillon d'observation du général Soulheirac et deux lieutenants grenadiers Jean Lannes et Anne-Charles Basset De Montaigu.
Après 2 km de marche, vers les 4 heures du matin ils affrontent la division espagnole de Juan Curten.
Pendant une heure et demie de pluie de boulets, les fantassins français sous le commandement de Louis Lemoine trouvent une solution, contournent la poudrière et débordent par la droite devant du moulin les troupes espagnoles de Juan Curten.
L'artillerie espagnole est prise à revers, les bois sont en feu et l'odeur de cadavres brûlés est insoutenable.
Durant toute la journée, le bruit sourd des canons s'amplifie sur les contreforts des massifs des Corbières.

Les généraux français Catherine Pérignon et Pierre Poinsot attaquent les espagnols sur les conseils du général de brigade Louis-Antoine Goguet médecin, fin stratège qui analyse vite la situation.
Les deux camps sont sur un plateau étroit séparés par un profond ravin que forme le ru Llavanera.
Jeronimo Giron-Moctezuma marquis Las Amarillas n'a rien prévu pour bloquer ce ravin.
Le général Louis Antoine Goguet explique son plan aux fantassins qui s'élancent baïonnette au fusil dans le ru Llavanera et surgissent devant les fantassins espagnols de Jeronimo Giron-Moctezuma surpris.
Les deux troupes sont si proches que seuls les baïonnettes et les sabres peuvent être utilisés.
Les cavaliers s'élancent pour soutenir le camp du Vernet et durant ce combat l'escadron perd son chef Rafael Adorno se replient vers la route de Peyrestortes.
Rafael et Pedro Adorno sont les deux fils du ministre de la guerre espagnol.
La nuit tombée rend le corps à corps plus difficile. La garnison du général Soulheirac et les soldats de Salses gravissent par le flanc droit raide la colline de Peyrestortes.
Un élément déterminant pour gagner le combat, le nombre des fantassins français va se multiplier au fur et à mesure de la nuit, les hommes de Salses arrivent en renfort.
A 22 heures, par l'enthousiasme lors du retrait des divisions espagnoles, la population de Perpignan s'est mélangée aux fantassins et accroit le nombre des combattants.
La retraite des espagnols se fait dans une totale confusion.
Le marquis Las Amarillas et ses fantassins s'aperçoivent de leur défaite et quittent la colline de Peyrestortes pour retourner au camp du mas Deu.
Juan Curten et ses hommes se retirent affaiblis vers le camp de Trouillas.
Cette victoire française marque l'arrêt des attaques contre la citadelle de Perpignan..

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