Sources : "Le Roussilon : Une société contre l'état 1780-1820." Michel Brunet- Perpinyà 1990.


Saint Laurent de Cerdans est situé à 680 m d'altitude au Sud de la rivière Tech.
En 1793 le village compte 1 478 habitants qui vivent exclusivement de la fabrication des tissus et de l'exploitation des mines de fer.
L'industrie du fer avec ses 8 forges et ses 3 martinets fait de Saint Laurent de Cerdans, le centre d'exploitation du fer le plus important avec la proximité des mines de Batère et de Corsavy.
Cette commune radieuse est traversée dans le sens Sud-Nord par la rivière Saint-Laurent qui donne le nom au village puis la rivière en aval rejoint les ruisseaux de Coustouges et de Vilaroja.
Ce territoire très boisé de châtaigniers est situé à 8 km à pied des forets espagnoles.


C'est l'axe central de l'émigration entre la France et l'Espagne.
Ce village est la porte de secours et la voie de communication des catalans en difficultés, avec les 4 villages français que sont Prats de Mollo, Las Illas, Maureillas et Cerbère. Ce groupe de villages forment les refuges de sécurité d'une population séparée et divorsée.
Saint Laurent de Cerdans est la main solidaire tendue aux exodes catalanes à chaque guerre.
Sa porte reste toujours ouverte. Chaque maison a un repas supplémentaire sur la table pour le réfugié qui passe et il fait bon d'y vivre dans cette générosité constante.
Saint Laurent de Cerdans posséde sa soeur jumelle et siamoise en territoire espagnol avec Saint Laurent de la Muga, la bienfaitrice.
Son invasion par les espagnols le 17 avril 1793, n'est pas une fatalité.
Le curé du village Joseph Sicre est l'instigateur de cette kabbale.
Avec les habitants du village, il décide de faire la traditionnelle procession avec les reliques qui doivent être saisie comme biens d'église.
Ce chemin de croix est une promesse faite par les habitants de la commune.
C'est le vœu des paroissiens de la chapelle Notre de Dame de la Sort à la suite à l'épidémie de peste évitée dans le village.
Le commissaire départemental Legrand est opposé énergiquement à cette procession.
Le 13 mars 1793, Benoit Fornes, porte-drapeau de la garde nationale est accusé de protéger les habitants.
Le juge de paix Antoni Garcias s'oppose à l'éxécution de l'ordre en pretendant que le décret est illégal. L'indignation de la population est à son comble.
Le commissaire de la Convention Nationale Legrand se fait lyncher par les habitants qui l'oblige à déguerpir pour se réfugier dans la citadelle de Perpignan.
Le commissaire Legrand bafoué répond à la provocation par l'envoi de 300 militaires du bataillon du Gers pour punir les habitants de Saint Laurent de Cerdans.
Afin de sauver le village, une seule idée : aller demander la protection de l'armée espagnole à Figueres.

Le 10 avril 1793, 3 hommes :
  • Abdon De Noell, riche notable aristocrate.
  • Jean De Costa chirurgien, petit notable.
  • Antoine Garcias juge de paix, 1er maire élu de la révolution

  • sont mandatés par la population et se rendent à Figueres pour rencontrer le général espagnol Antonio Ricardos.
    Entre-temps, les 2 bourreaux quittent la citadelle de Perpignan escortés par un bataillon militaire de volontaires pour exécuter la sentence dans la commune de Saint Laurent de Cerdans.
    Les 3 catalans de Saint Laurent de Cerdans sont reçus par le général Antonio Ricardos et proposent de laisser passer les troupes espagnoles pour sauvegarder leur village.
    Le général Antonio Ricardos accepte l'offre.
    Le 16 avril 1793, depuis le village de la Junquere, l'artillerie et les troupes passent par le col du Portell sans attendre l'ordre de Madrid.
    Le point de rassemblement est Maçanet, bourg espagnol près de la frontière.
    3 500 militaires sous le commandement de Juan Escofet, gouverneur de Figueres.
    • les 4 compagnies de grenadiers du régiment des gardes espagnoles.
    • la compagnie d'infanterie du régiment de Burgos.
    • la compagnie de grenadiers du régiment de Majorque.
    • la compagnie d'infanterie de Valence.
    • les 2 bataillons de grenadiers de la ville de Grenade.
    • le régiment complet de Tarragone.

    Le 17 avril 1793, le brigadier espagnol Negrete se présente avec ses hommes à Saint Laurent de Cerdans pour protéger la population du massacre quand survinrent les deux bourreaux avec cinq compagnies du 2e bataillon du Gers commandés par le lieutenant colonel Laterrade.
    Le combat entre les français et les espagnols a lieu.
    Devant le surnombre d'espagnols les fantassins français se replient vers la commune d'Arles sur Tech.
    Les villageois sont heureux aux cris de "Vive l'Espagne" "Vive la religion". Le padre Joseph Sicre fait sonner à toute volée la cloche de l'église pour manifester sa joie.
    Lisabuzz.com Parle de 1793-1795 GUERRE DE LA CONVENTION CONTRE L'ESPAGNE :

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