Sources: "historia del pensamiento político catalán 1793-1795" par Ángel Ossorio-1977-Ediciones Grijalbo-México.
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La nuit du 29 avril 1794 très tard, Lluis Fermin de Carvajal, chef de l'Armée de la Catalogne tient son dernier conseil de guerre dans son Q. G. à Céret.
Depuis le 27 avril 1794, la division de droite aux ordres de Charles Augereau attaque son Quartier Général.
Son chef d'Etat-Major Tomàs Morla, le talentueux expert en artillerie assure que les combats qui se déroulent au bourg d'Oms sont des fausses attaques et que l'objectif de l'E. M. Français n'est pas la destruction du Q. G. de Céret.
Durant le conseil de guerre, Tomàs Morla propose au vote l'attaque directe de la division de gauche aux ordres de Pierre Sauret par la division d'Eugenio Navarro à Collioure et à Port-Vendres.
La division du centre aux ordres de Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas devra affronter la division de Dominique Pérignon face au Boulou puis se regrouper sous la protection de brigade Juan-Miguel Vives qui défendra le passage du pont de Céret afin de laisser avancer la division de droite aux ordres de Joseph Moncada prince de Monforté formée des brigades, de Francisco-Javier Vénégas-Saavedra, de Gomes Freire Andrade et d'Ildefonso Arias pour qu'elle puisse se retirer.
Ce plan audacieux est adopté à la majorité des votants.
L'attaque des 3 divisions espagnoles est de protéger le repli des troupes par le chemin de la forteresse de Bellegarde, l'unique route ouverte à la cavalerie pour transporter le matériel de guerre.
Tomàs Morla souhaite que la retraite des troupes se fasse plus loin par le col d'Ares, au cœur du massif du Vallespir où est cantonnée dans les places de fort-les-Bains et de fort Lagarde à Prats-de-Mollo, la 2ème division portugaise aux ordres de Joao Forbes-Skelater.
Le conseil vote contre lui.
La majorité des officiers accepte que le retrait se fasse par la route du col de Portell construite par eux et décide que seule la 2ème division portugaise de Numo Freire De Andrade et de Joao Forbes-Skelater se replie par le Vallespir et par les gorges du Ter.
Le Quartel du conseil des officiers lance comme consigne de protéger l'arche du pont de Céret où est installée la division de Pedro Mendinueta avec les brigades aux ordres de Joseph Autran et d'Antonio Sopegna qui défendent avec leur puissante artillerie le replie au village de Maureillas et le passage en Espagne par le col de Portell.
Le conseil des officiers souhaite le repos des hommes durant la soirée et de procéder au retrait du matériel, des bagages et des bêtes le matin.
Le 30 avril 1794, la division française de droite de Charles Augereau se contente de reprendre le village d'Oms avec ses 6 400 fantassins et 80 cavaliers et de contenir la division espagnole de Pedro Mandinueta.
La division de gauche espagnole contrôle les routes du pont de Céret et barre la descente des avants postes.
Le massif du Puig-Singli est formé par des crêtes de 210 m à 300 m de hauteur qui relient les ravins de la rivière Vives à l'ermitage de Saint-Ferréol.
L'ermitage Saint Ferréol est protégé par 3 redoutes qui font face au village de Céret et qui protègent la tête du pont de pierre où est installé un canon de 16.
L'E.-M. Français a atteint son objectif affaiblir la division du centre espagnole de 2 000 fantassins aux batteries du hameau des Trompettes Hautes qui sont venus renforcer l'aile de gauche à l'Ouest au Q. G. de Céret.
Le 30 avril 1794 à l'aube, le Quartel du conseil s'aperçoit que la plaine au pied des Albères est couverte par l'Armée des Pyrénées-Orientales qui a traversé l'autre rive du Tech par les 2 gués d'Ortaffa et de Brouilla.
De son Q.G. au sommet de la colline à Banyuls-del Aspres Jacques Dugommier, commandant en chef savoure avec satisfaction car il a préservé ses intentions de combats et a lancé l'attaque générale en introduisant les 2 divisions de gauche et du centre avec l'appui de sa réserve impressionnante de 14 bataillons.
La division de gauche aux ordres de Pierre Sauret se déploie avec 6 brigades et repousse à Argelès au Nord-Est, la division de renfort espagnole commandée par Eugenio Navarro venue de Collioure et de Port-Vendres.
La brigade Claude Victor Perrin en seconde ligne s'étend à travers la plaine prenant appui à sa gauche sur la rive du Tech et faisant face au village de Saint-Genis des Fontaines pour bloquer la retraite des brigades espagnoles qui se replient vers le village d'Argelès.
Elle laisse le village de Saint Genis des Fontaines à droite, traverse le lit de la rivière Laroque pour gravir sur un étroit chemin à la pointe du jour, atteindre les contreforts du massif des Albères et se mettre à la disposition de la division du centre de Dominique Pérignon qui concentre sous ses ordres les 2/3 de l'Armée des Pyrénées-Orientales.
Rapidement la brigade Claude Victor Perrin dresse une batterie de 3 canons de 24 face à la métairie des Trompettes-Hautes qui bombarde sans interruption les brigades de la division de droite aux ordres de Joseph Moncada di Monforté.
Les canons français font feu sur les régiments de Péniche et de Cascais de Gomes Freire De Andrade, neutralisant les assauts des régiments de cavaleries du comte del Donadio et ceux de Joaquim Cavaleri qui foncent sur eux et les obligent à se replier pour trouver une protection vers les redoutes des artilleurs du régiment d'Algarbe aux ordres de Pedro Roca.
La division du centre aux ordres de Dominique Pérignon part à 6 h en formation de 3 colonnes de 8 500 fantassins et 1 300 cavaliers secondés par une réserve impressionnante de 7.000 hommes.
Elle passe la rivière Tech aux 2 gués de Brouilla et d'Ortaffa puis se placent au village de Villelongue dels Monts face à la division du centre aux ordres Jeronimo Giron marquis De Las Amarillas comprenant les brigades de Valentino Bellvis-Moncada, de Domingo Izquierdo, d'Andrés Torres ainsi que la cavalerie de Castille aux ordres de Fernando Cagigal et celle de Diego Godoy-Alvarez, frère du ministre de Carlos IV.
Le combat des artilleurs établi à Villelongue dels Monts par l'apport de nouveaux 2 canons est intense.
Aucune des 2 divisions du centre ne cèdent pas.
Elles se protègent dernière les buttes dominantes malgré les bombardements incessants des 2 camps pour gagner du terrain et s'affrontent par des assauts répétés et dévastateurs des cavaliers.
La redoute du village de Montesquieu aux ordres de la brigade de Francisco Venegas De Saavedra a édifié sur l'escarpement Nord, une redoute comprenant 1 gros canon de 16, 3 canons de 12 et 20 obusiers de 8.
Elle est bordée par des solides parapets qui l'entourent à l'Est, à l'Ouest 2 profonds ravins encombrés d'abatis qui empêchent toute intrusion, au Sud une butte couronnée par une autre redoute de défense proche de la muraille du château qui sert de stockage.
A 13 h, la division du centre de Dominique Pérignon donne l'assaut avec les brigades de Dominique Martin, de Théodore Chabert et de François-Hilarion Point formées de 3 compagnies de grenadiers de la 147e demi-brigade qui affrontent la division du centre espagnole.
Le Q. G. de Jacques Dugommier repère sur un versant des Albères un pic difficile d'accès non occupé qui doit faciliter la manœuvre de la division du centre et prendre à revers la division du centre de Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas face au Boulou.
Maître des rives du Tech, l'Etat-Major Espagnol connait le pic Sant Cristau "Saint-Christophe" à 1 015 m, le conseil d'officier juge le pic trop élevé et inutile d'occupation. En effet, les espagnols d'Ildefonso Arias installés sur le versant bloquent l'accès et ne conçoivent pas que les brigades françaises soient capables de gravir avec leurs canons une pente si vertigineuse menant à l'ermitage Sant Cristau.
Pour faire une diversion et permettre l'escalade du pic Saint Christophe, la brigade Jean La Barre positionne en potence 14 obusiers sur les parois élevées à droite tirent un feu incessant.
La brigade Dominique Martin reçoit l'ordre d'escalader la pente raide du pic Saint Christophe.
Elle part à droite du village de Saint-Genis des Fontaines.
Elle est conduite par les éclaireurs miquelets catalans qui connaissement parfaitement le terrain.
Elle grimpe avec des mulets chargés de 6 canons de 12 et 13 obusiers de 8 les profonds ravins sur la rive droite du ruisseau de la Laroque puis monte par un sentier dangereux étroit rempli de ronces et de genets sur le flanc en direction de l'ermitage Sant-Cristau.
Elle arrive à l'ermitage Saint-Christophe pour construire autour de la chapelle une redoute comprenant 6 canons de 12 et 12 obusiers.
Cette prouesse militaire change la stratégie et le déroulement des combats.
La redoute installée sur un balcon naturel à cette hauteur domine les crêtes saillantes.
Lorsqu'elle tire ces boulets, ceux-ci tombent en cascade en contrebas sur la brigade de Valentino Bellvis-Moncada.
Jeronimo Giron-Moctezuma sous un déluge de boulets se replie vers le Boulou au gué Sant-Joan qui débouche sur le chemin du village de Maureillas.
La brigade Théodore Chabert se poste au sommet de la colline de l'ancien camp de Villelongue dels Monts face aux redoutes de la métairie des Trompettes Hautes "Trompeta Alta" des artilleurs de Soria sous les ordres de Carlos March et Francisco Novella.
La brigade François-Hilarion Point composée des artilleurs de la 17ème se poste à droite à la hauteur de la brigade Théodore Chabert au hameau des Trompettes Basses "Trompeta Baixa" et bombardent durant une heure les redoutes de Francisco-Xavier Vénégas De Saavedra et celles d'Ildefonso Arias.
Durant la nuit du 30 avril 1794, les 2 armées surveillent leurs positions et bivouaquent face à face au creux des dépressions profondes formées par les vallées transversales ouvertes.
Les blessés sont évacués.
Un nombre important de feux s'allument et leurs fumées permettent de localiser les campements.
Le désespoir du comte De La Union est extrême, il se confit en catalan à son éclaireur "demá al mati abandorem el Volo i la Francia, tornarem à Sant Ferrán de Figueres".
Il ne supporte pas ce constat alarmant de voir l'Armée de la Catalogne coupée en 2 et pense que les troupes espagnoles sont bloquées au camp de Montesquieu.
Le 1er mai 1794 à l'aube, la retraite des espagnols débute à 4 heures, Lluis Fermin de Carvajal dépêche en renfort.
La cavalerie de Mallorca aux ordres Jose Miguel Carvajal, comte del Puerto et celle d'Almansa aux ordres de Pedro De Buck pour permettre aux artilleurs de Francisco Venegas de Saavedra et à ceux du prince de Monforte de se replier.
La division du centre de Dominique Pérignon reçoit les instructions du commandant en chef Jacques Dugommier de s'emparer du bourg de Montesquieu.
L'ordre est donné aux fantassins du 85ème régiment de la Haute Marne menés par le colonel René-Gabriel Rabié et par le capitaine Louis-Pierre Cassan de franchir les ravins et les fossés.
Les volontaires du 6eme bataillon de l'Hérault aux ordres de Vital-Joachim Chamorin sautent les premiers dans la redoute espagnole de Montesquieu.
Les artilleurs portugais d'António Soares Noronha, de Lourenço Correia Gama, de Gomes Freire De Andrade se retirent et ramènent avec eux Francisco-Xavier Vénégas De Saavedra, grièvement blessé.
Le prince de Monforte avec 2 800 fantassins et 800 cavaliers quittent les redoutes des Trompettes-Basses traversent le lieu "d'el Colomines" et appliquent la décision du Conseil de guerre de regagner le bourg de Maureillas.
Brusquement la brigade du prince de Monforte envoi 400 cavaliers en direction du gué Sant Joan au Boulou pour soutenir la retraite de la division de Jeronimo Giron-Moctezuma, de Domingo Izquierdo, d'André Torres et de Diego Godoy-Alvarez qui évacuent la rive gauche du Tech.
Jean Labarre à la tête du 22ème régiment de cavalerie se lance sur la rive gauche pour assaillir les 8 300 fantassins du marquis Las Amarillas avec ceux de Domingo Izquierdo qui traversent au gué de Sant-Joan lorsqu'il aperçoit les artilleurs de la brigade Ildefonse Arias et ceux de la brigade de Benito Ulloa qui évacuent les redoutes de Montesquieu et celles des Trompettes Hautes.
Au lieu dit "els Eixarts" Jean Labarre constate que les cavaliers espagnols du prince de Monforte se sont divisés en 2 pour aider les fantassins du marquis De La Amarillas à se retirer.
Il ordonne à sa cavalerie de faire pareil et envoie la brigade de François Quesnel sur l'avant-garde du prince de Monforte sur une route étroite dominée par une profonde gorge.
La brigade Louis Lemoine partie du bourg de Banyuls dels Aspres se joint la brigade Dominique Martin sur les hauteurs du pic Saint Christophe.
Les cavaliers de François Quesnel arrivent trop tard à l'Ecluse-Haute "Clusa d'Amunt".
La cavalerie espagnole traverse les ravins de la rivière Rome mais elle tombe sur l'embuscade tendue par la brigade Dominique Martin descendue du Pic Saint Christophe sur la route de la forteresse de Bellegarde au lieu dit de la Croix-des-Signaux situé à 5 km du Boulou.
Au même instant, la division du marquis De Las Amarillas et celle de Pedro Mendinueta franchissent le gué de Sant Joan et débouchent sur la rive de la route de Maureillas pour passer le col du Portell.
Le 1er mai 1794 au pont de Céret, la retraite de l'Armée de la Catalogne s'effectue difficilement.
Après avoir fait exploser les barils de poudre et provoquer de grands feux dans le bourg d'Oms, la brigade Pedro Mendinueta se précipite vers le pont de Céret poursuivit part les brigades Jean-Joseph Guieu et Guillaume Mirabel.
La margelle du pont sous la protection des artilleurs de Juan Miguel Vives et Mariano Alvarez De Castro ripostent avec les 6 canons de 24.
Les 2 brigades d'artilleurs font un remarquable travail de protection avant de se rendre à Maureillas.
L'arrière des artilleurs espagnols de Juan Miguel Vivès traverse le pont de Céret quand elle est chargée par la brigade Jean Labarre.
Un indescriptible désordre se produit au moment de la retraite, les espagnols trop nombreux pour un petit chemin, précipitent l'artillerie et les charrettes au fond des ravins, abandonnent les chevaux, les mulets et se protègent des poursuivants en faisant exploser les barils de poudre contre les contreforts montagneux pour bloquer les cavaliers français à leur trousse.
Le 01 mai 1794,du haut de la butte de Banyuls-del-Aspres, Jacques Dugommier entouré de son Etat-Major savoure la victoire.
Il complimente Dominique Pérignon qui vient de le rejoindre.
Sa joie est immense, il félicite et serre les mains de ses hommes, congratule ses officiers et annonce qu'il demande le grade de capitaine pour Vital-Joachim Chamorin suite à sa victoire sur la redoute de Montesquieu.
Le 9 mai 1794, Cumin Milhaud rend un arrêté de réquisition des charretiers des départements de l'Hérault et du Gard pour ramener les 153 canons, 800 chevaux et mulets, tentes et effets de campagne, bagages abandonnés par la déroute des 15 000 espagnols.

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