Sources : "Batalla del Roure i el seu Santuari"-Eduard VIVAS-LLORENS-Recteur de Biure et La Junquera.


Le 20 novembre 1794, Catherine Pérignon reçoit sa nomination de chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales par Pierre Delbrel, représentant du peuple.
Le comte De La Union est absent. Il réuni les notables de Barcelona dans son Q.G. du chateau de San Ferran à Figueres.
Il n’est pas averti que Catherine Pérignon reprend l'offensive des combats à la tête des troupes françaises.
Il execute les opérations de la bataille du Mont-Roig laissées par Jacques Dugommier par des attaques rapides afin d’affoler la division du centre sous les ordres de Jeronimo Giron-Moctezuma, comte De La Amarillas au bourg d'Espolla et sur les hauteurs du sanctuaire de la Mare de Deu del Roure.
En 878, des paysans de Llers découvrent une vierge cachée dans le chêne= "roure" en catalan pour être soustraite à la profanation..
Les habitants de Llers et de Pont de Molins projettent de porter la statue dans un lieu sûr.
Le padre, frère de l'évêque Miron de Gerona suggère de l'installer dans un oratoire.
La construction de l'édifice est confiée aux moines bénédictins de l'ordre de Sant Benito et de Sant Pedro de Roda sous la protection de Bernat Tallaferro, comte de Besalú (955-1020).
En 1362, l'ermitage Notre Dame du Roure pauvre, peu habité reçoit des ressources du château de Biure et du bourg de Romagosa mais l'oratoire subit un incendie.
Le sanctuaire Notre Dame del Roure sinistré traverse un lent déclin avec l'abandon des ruines des murs détruits.
Le padre de Llers Jaime Puig lance un appel aux dons des paroissiens pour reconstruire le sanctuaire du Roure.
Jaime Puig n'aura pas le temps de terminer son ouvrage et personne ne lui succède.
En septembre 1638, 250 ans après la mort du padre, la population de Llers et de Pont de Molins termine le sanctuaire du Roure qui se dresse face au Nord du château du Montroig.
Le padre Camps du cloitre de Santa María de Vilabertran procède à la bénédiction de Notre Dame del Roure après la procession des deux communes.
C'est au sommet du massif Montroig que se situe l'ermitage de Notre Mère du Roure proche du château de Molins, un des 12 châteaux qui forment une chaine de défense de la frontière appartenant à Bernat Guifred de Molins qui a marié sa fille au vicomte de Rocarberti, baron de Llers mais le sanctuaire dépend de la paroisse de San Julian et Santa Basilisa de Llers.

Autour de l’église Sant Sebastià de Molins près du pont sur la Muga, 530 somaténts vivent dans les fermes de Biures et d'Escaules, le long de la route principale à Pont de Molins.
Le camp del Mare de Deu del Roure est construction redoutable du général ingénieur Joan Escofet de Cadaquès avec ces hautes escarpes en terre et ces murs épais construits en pierres de montagne.
Ces fossés sont larges, profonds, ils sont bordés de palissades et de trous de loups dissimulés.
Pour les espagnols, le campement del Mare de Deu del Roure ne craint aucun envahisseur, il est invincible, seul Dieu est capable de le détruire.
Les artilleurs de Mariano Tobias ont disposé à l’intérieur du camp, dans les fossés et dans les murs, des mines pouvant exploser si les combattants abandonnent la redoute.

Le 20 novembre 1794, l’adjudant général Louis-André Bon et ses fantassins se faufilent par les sentiers boueux et impraticables.
Ils traversent la Muga en crue avec de l’eau jusqu’aux épaules et gravissent les massifs d’Escola sous le feu intense des artilleurs espagnols qui ne veulent pas céder leurs campements.
Les fantassins de la brigade Louis-André Bon débouchent par surprise au plateau del Mare de Deu del Roure où 25 canons tirent sans relâche.
Les rangs de la brigade française sont rompus mais les fantassins s'élancent par petits groupes à l'assaut du campement.
Les groupes en formation de petites unités s'accrochent aux palissades bien à l'abri des boulets et des tirs ennemis puis dans un élan incalculable parviennent à grimper.
A travers les fossés, les fantassins français se ruent sur les espagnols sous les ordres des généraux Gaspard Cagival et Diego Godoy, le frère du premier ministre. Les militaires français reçoivent pour consignes de tuer sans faire de prisonniers.
Dans la redoute invincible, c'est un véritable massacre par l'amoncellement des cadavres des soldats espagnols.

L'assaut du campement a si bien fonctionné que la brigade de François-Gilles Guillot venue en soutien aborde le plateau au même moment.

Cette brigade n'a plus qu'à détruire les deux camps juxtaposées de celui de la Mare Del De Deu del Roure.
Trois heures de combat pour s'approprier de l'ermitage de la Mare del Roure.

Au même moment, Lluis Fermin De Carvajal, comte De La Union vient d’être averti que le sanctuaire de la Mare De Deu del Roure est tombé aux mains des troupes françaises.
Il comprend que la route vers le château de Sant Ferran est ouverte aux troupes françaises.
Faut-il oublier que le château San Ferran est son QG à Figueres ?
Il connait tous les locaux et les ouvertures puisqu’il a été le premier gouverneur à l’ouverture du château San Ferran avec deux garnisons avant la déclaration de guerre en 1793.
Le Comte De La Union quitte Figueres avec son escorte de 30 cavaliers d’élites.
Il fonce en direction du campement de l'ermitage de la Mare del Roure.
Le camp est déjà aux troupes françaises de Jean-Antoine Verdier et de Théodore Chabert.
Il ne comprend pas comment ses hommes ont pu si vite se replier et libérer leur position stratégique aux troupes ennemies,
Il s'accroche à cette première ligne de campement qui protège la ville de Figueres.
Sa bravoure et sa persévérance font qu'il anime le front pour éviter que les soldats ne se replient en deuxième ligne, pour pouvoir reprendre la redoute de l'ermitage Notre Dame Del Roure.
Enervé, en colère de voir la retraite de son corps d’armée perdre cette position, le comte De La Union lance ses 30 cavaliers qui chargent sabre à la main, la première ligne française en place.
Au cœur de ce combat devant les vignes à 300 m du Sanctuaire del Mare de Deu del Roure, Lluis Fermin De Carvajal sacrifie sa vie.
Il est atteint par deux balles, son corps à terre reste dans l'indifférence totale des combats mélangé aux cadavres des fantassins.

Les fantassins espagnols se replient sur les hauteurs du village de Llers, car la poursuite de la cavalerie française oblige la cavalerie espagnole à traverser le fleuve Fluvià.

Les troupes des généraux Juan Curten et Domingo Izquierdo se retirent pour se mettre à l'abri dans le village de Bascara près de Gerona, poursuivi par les troupes de Jean-Antoine Verdier, l’aide de camp de Pierre Augereau.
Le général de brigade Théodore Chabert et son régiment de Bourbonnais abordent le camp de Llers où le corps à corps oblige les troupes de Perlasca et Puerto à se replier en laissant leur artillerie à la citadelle de Figueres.

Jerónimo Girón Moctezuma-Ahumada, marquis Las Amarillas prend le commandement de l'Armée de la Catalogne et demande aux maréchaux Valentin Belvis et Moncado de couvrir sa retraite pour se replier vers Gerona où il établit son QG.
Les troupes espagnoles dans le village de Llers apprennent la mort de leur chef le comte De La Union et se réfugient dans la citadelle de Sant Ferran à Figueres où se trouve déjà une garnison de 7 000 hommes sous les ordres du gouverneur José Andrés Lopéz-Vazquez, colonel du régiment de Sagonte qui a reçu comme consigne par Jerónimo Girón Moctezuma, marquis Las Amarillas de défendre la citadelle Sant Ferran de Figueres.

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