Sources : "Campagnes de la Révolution Française dans les Pyrénées-Orientales. volume II" J.N. Fervel-Paris 1851


Tout est écrit sur Dominique-Catherine Pérignon mais nul ne peut oublier en Catalogne cette fabuleuse journée du 1er Frimaire de l'An III.
Durant ce mémorable 19 novembre 1794, qu'il devient commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales, les catalans découvrent en lui un grand chef de guerre, un génie des fortifications, un officier cultivé, minutieux et soigné.

Le général est né le 31 décembre 1754, dans la bourgade de Grenade sur Garonne situé aux croisements des routes de Montauban et de Toulouse dans une famille de la noblesse toulousaine.
Doué durant ses études à Toulouse, il s’expatrie et s'engage en tant que sous-lieutenant des grenadiers du roi dans le régiment de Guyenne de Haute-Garonne.
Le 6 juillet 1780, il épouse Hélène De Grenier qui lui donne 11 enfants.
L'homme est aimable, serviable et a un esprit réactif hyper vif, il devient aide de camp du comte de Preissac dans le régiment de Lyonnais où il apprend les méthodes du commandement avec Marchant Mathieu-Henri De La Houilière 1er commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales.
Cette situation ne le satisfait pas car il est peu rémunéré, il démissionne pour retourner sur sa terre natale.
Il prend les fonctions de juge de loi à Montrech.
1789, il s'associe aux nouvelles idées révolutionnaires.
1791, à 37 ans il est député royaliste de la Haute-Garonne.
Le 21 janvier 1793, lors de la sentence de la mort du roi Louis XVI il vote "Non".
Membre du conseil militaire, il démissionne pour devenir lieutenant-colonel dans l'infanterie, puis est muté dans l'Armée des Pyrénées-Orientales.
Le 17 juillet 1793, il participe aux batailles de Trouillas et au Mas Deu à Thuir , Dominique De Pérignon se fait remarquer par sa bravoure et sa tactique, il obtient le grade de colonel.
Face à ses troupes le comte De La Union, Lluis Fermin Carvajal est vainqueur des 2 batailles.
En septembre 1793, il est nommé général de brigade.

En février 1794, il contribue à la nouvelle organisation de l'Armée des Pyrénées-Orientales établie par Jacques Dugommier, il fait parti de la stratégie des combats de la division du centre.
Elément essentiel du système d'attaque mit en place par le Q.G. général, il fait face à chaque combat à la division du centre espagnol aux ordres du général Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas.
Les deux hommes issus de la noblesse se rapprochent avec beaucoup de respect et s'estiment en tant qu'adversaire.
Dominique-Catherine Pérignon assure avec succès, le verrouillage avec sa division du blocus de la forteresse de Bellegarde.
Cette expérience lui permet d'engager les négociations d'intimidation avec le gouverneur Andreas Torres de la forteresse de Sant Ferrán à Figueres.
Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas s'adresse à lui pour demander des nouvelles sur la perte du comte De La Union par l'envoi d'un éclaireur.
Le lendemain, un groupe de cavaliers récupère la dépouille du commandant en chef espagnol dans le camp français.
Dominique-Catherine Pérignon, chef des Armées des Pyrénées-Orientales modifie son organisation.
La division du centre qu'il commande bivouaque au pont du Ricardell dans la plaine entre Pont de Molins et Capmany passe sous les ordres du général Chabert.
La division de droite sous le commandement de Pierre Sauret s'attache la brigade Abel-Joseph Guillot, ainsi que celle du lieutenant Causse et les 2 brigades Motte et Victor sur la route du port de Roses.
La division de gauche est à l'Ouest sous les ordres des généraux Quesnel et Pierre Augereau sur le plateau de Llers le long de la rive du Manol ont une vision parfaite de Figueres avec sa forteresse Sant Ferrán.
Dominique Pérignon envoi la cavalerie du général à Vilaterreim pour encercler la ville de Figueres.
La division d'Edouard Beaufort d'Autpoul s'installe au sommet de la butte d'Alfar pendant que les 2 autres se rassemblent à gauche.

Toute la journée du 21 novembre, 8 500 somatents d'Ampurdan se réfugient dans la forteresse.
La forteresse géante de Sant Ferrán est curieusement abandonnée à son sort.
Les officiers français s'imaginent à ce moment là que l'immense citadelle est minée et que la nourriture des magasins et l'eau des réservoirs sont empoissonnées.
Les jours qui suivent, prouvent que ce n'est pas le cas.
Les troupes espagnoles sur le glacis extérieur creusent des tranchées profondes à 2 m de la palissade pour se protéger contre les tirs des artilleurs.

Bluff, intimidation, esbroufe, tromperie, menace !!!
La fantastique capitulation de la forteresse de Sant Ferrán est la plus belle réussite de Dominique Pérignon et le consacre chef du commandement d'Armée des Pyrénées-Orientales par ses troupes.
Pas un seul un coup de fusil, simplement des salves de canons sur la muraille pour produire des brèches, Dominique-Catherine Pérignon s'octroit la plus chère, la plus belle et la plus immense citadelle d'Europe.
Les années s'écoulent et la capitulation de cette citadelle reste gravée dans la communauté catalane ahurie où chacun dit :
"Como t’en has rendit Castell de Figueres, sens tirar un tiro al vil enemic”.
La population est stupéfaite de voir que cet imposant ouvrage qui protège et ceinture la ville n'est d'aucune utilité de défense.

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