Sources : "Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution." Jomini A.H.-édition Paris 1820-1824.

Le 03 mars 1795, le général Barthélémy Scherer arrive au castell Sant Ferràn de Figueres en provenance de l'Armée d'Italie en remplacement de Dominique-Catherine Pérignon et prendre ses fonctions comme 11éme commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales à partir du 06 mai 1795.
Pourquoi changer un commandement victorieux ?

Les documents officiels communiqués durant cette période dénoncent un problème d'incompatibilité d'humeur entre les deux généraux Pierre Augereau et Catherine-Dominique Pérignon.
Perpétuelle rivalité du pouvoir et de la soif de notoriété entre les deux hommes.
Les généraux espagnols Las Amarillas et De La Union se sont affrontés pour commander et leur rivalité sert de référence aux conflits d'intérêts dont nous connaissons le résultat.
L'officieuse vrai et unique raison de sa mutation est sa relation très intime entre Dominique Pérignon et l'espionne royaliste Michelle Bonneuil qui lui offert les clefs de Sant Ferràn à Figueres après avoir noté les détails de la forteresse lors de son entretien avec le comte De La Union.
Le refus du général Dominique Pérignon à traiter avec l'ennemi lors de la réception de la première lettre de José Urrutia entraine des sanctions dans l'Etat Major sur les nouvelles perspectives de conduire la guerre.
Le général Barthelemy, Louis-Joseph Schérer devient rapporteur à la charge du Comité du Salut Public, il est introduit dans les salons de la cour d'Espagne par la famille Crillon-Mahon.
La libération du fils du duc de Crillon, noblesse espagnole, par la Convention Nationale le 06 février 1795 est une aubaine pour les négociateurs français stoppés par la rupture de la libération des enfants du Temple.
Carlos IV et son épouse rejettent la faute et la cessation des négociations sur le Comité du Salut Public.
Le silence du négociateur espagnol inquiète le gouvernement français.
Barthélémy Scherer et Louis Crillon sont deux officiers instructeurs des régiments d'artillerie de Toul et de Strasbourg crées le 05 avril 1780.
Ce lien rapproche et permet à Barthélémy Scherer d'infiltrer de mars à avril 1795, les salons de la noblesse espagnole et de connaitre tous les détails des négociations afin d'établir un résultat et donner deux gagnants lors de la transaction de paix avec l'Espagne et d'éviter de restituer les enfants de Louis XVI.
Paul-François Barras du Comité du Salut Public a adjoint Jean François-Marie Goupilleau sur place à Figueres pour vérifier et surveiller le travail de Barthélémy Louis-Joseph Scherer.

Barthélémy Louis-Joseph Scherer est né le 18 décembre 1747 à Delle département du Haut-Rhin, fils d'un chirurgien de la modeste bourgeoisie Nicolaï Scherer et de Catharinaë Lanos, sa mère.
En 1760 à l'âge de 13 ans, Barthélémy Louis-Joseph Scherer entre comme cadet dans les troupes autrichiennes et devient artilleur instructeur pendant 12 ans où il obtient le grade de major en 1770 puis il déserte l'Autriche.
En 1775, il entre en France au régiment de Strasbourg comme instructeur d'artillerie dans les anciens fusiliers de Louvois et de la Royal Artillerie de 1693.
Le 5 avril 1780 : Barthelemy Louis-Joseph Schérer est nommé capitaine d’artillerie à Strasbourg, il se lie d'amitié avec le colonel Louis Crillon-Mahon, instructeur et formateur de l'école provinciale des artilleurs au régiment de Toul.
20 février 1785, il est Major de la 1ère brigade de la légion de Maillebois au service de la Hollande.
1er mars 1790, il démissionne de l’armée hollandaise avec le grade de lieutenant-colonel pour entrer dans l'armée française. Il devient général de division dans l'Armée de Sambre et de Meuse, il commande le blocus de Quesnoy, de Valenciennes et de Condé.
12 janvier 1792, c'est avec le grade de capitaine qu'il s'engage au 82ème régiment d’infanterie.
30 septembre 1792 : Aide de camp du général Despretz–Crassier, il se distingue à la bataille de Valmy.
19 septembre 1793 : Aide de camp de Beauharnais dans l'armée du Rhin, il obtient le grade d'adjudant général, puis se fait remarquer à Landau et il devient général de brigade.
28 janvier 1794 : Il est affecté dans l'Armée du Nord après sa nomination comme général de division.
Il rejoint l’armée de Sambre et de Meuse puis participe aux blocus des places du Nord.
Le 03 mai 1794 : Il épouse Marie-Françoise Muller à Delle.
11 juillet 1794 : Il remporte une première victoire remarquée sur les Autrichiens, à Mons-Palizel.
16 juillet 1794 : Il reprend la ville de Landrecies. 16 août 1794, il prend possession du Quesnoy.
18 août 1794 : Il investit Valenciennes et le 29 août 1794, il fait plier Condé.
18 septembre 1794 : Barthelemy Schérer se joint avec sa division à l'aile droite du général Jourdan pour remporter la victoire de la Chartreuse lors de la bataille de l'Ourthe.
20 octobre 1794 : il remporte la victoire d’Aldenhoven.
03 novembre 1794 : il est Commandant en chef de l’Armée d’Italie.

03 mars 1795 : Il arrive à Figueres pour remplacer le général Dominique-Catherine Pérignon en tant que chef de l’Armée des Pyrénées orientales, durant deux mois, il établit le circuit des réceptions de la noblesse espagnole avant de prendre le commandement de l'armée, le 29 mai 1795.
Barthelemy Scherer décrit lors des réceptions comment les membres du Comité de Salut Public sont extrêmement indulgents qu'ils autorisent le célèbre médecin Dussault à se rendre auprès de l'enfant du roi pour le soigner et atténuer ses souffrances.
La rumeur de ce changement d'affection et de civilité sur les enfants de Louis XVI se répand comme une bonne nouvelle au sein de la cour d'Espagne.
Les journaux se font échos sur les mesures de sympathie et sur les faveurs des dirigeants.
Les articles déclarent que Jean-François Bourgoing, ami de l'Espagne et de Manuel Godoy a reçu pour mission d'ouvrir les pourparlers d'une éventuelle paix à Figueres.

L'histoire ne se nourrit pas de hasard. Jean-François Bourgoing, ancien ambassadeur d'Espagne à Paris, ministre de France en Suisse, inspire confiance par sa franchise et sa candeur, il porte une lettre de garantie écrite par Jean-Lambert Tallien précisant que la république veut signer une paix honorable et qu'elle donne des instructions à François Barthelemy pour écarter toutes conditions onéreuses et défavorables à l'Espagne.
Jean-François Bourgoing arrive à Figueres accompagné de l'agent secret l'adjudant-chef Michel-Etienne Roquesante mandaté par Jean-François Reubell, président du club jacobin.

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