Sources : "Manuscrit de L'An III". Agathon Jean-François Fain-Paris 1828-Ed.Arléa.


La population de montagne, les paysans de Cerdagne, du Conflent et du Ribéral surprennent par l'ampleur de leur résistance.
Pour les soumettre, Antonio Ricardos lance un avertissement aux individus et proclamation clic sur la popup, la proclamation du 03 juillet 1793.
Cette déclaration va être placardée sur les murs ou publiée devant la mairie.
Des brigadiers espagnols sont envoyés pour rencontrer les bayles et les regidors qui prennent les décisions politiques et contrôlent que les autorités des communes prêtent serment de fidélité au roi d'Espagne avec la promesse de suivre la religion catholique et de reconnaitre l'ancien régime.
Persécutée par la force, la volonté de la population adopte le patriotisme contre l'occupant.
Le scénario contre la soumission est le même dans chaque bourg.
  • Ceux qui prennent les armes coté espagnol.
  • Ceux qui prennent les armes pour se défendre.
  • La majorité qui attend la suite des événements sans rester inactive facilite les mouvements des Espagnols qui payent en écu or et non en assignat.

  • L'invasion espagnole est maître de la vallée du Tech qui s'ouvre dans la plaine d'Aspres et des Albères. Pour attaquer la citadelle de Perpignan les troupes espagnoles doivent maitriser la large plaine du Ribéral creusée par la Têt qui débouche aux pieds des fossés Nord de la colossale citadelle.
    La Têt est une rivière côtière de 120 km de long. Elle née au cœur du Pic Carlit de la fonte des neiges et s'alimente de ses affluents et des précipitations du bassin du Roussillon qu'elle traverse d'Ouest-Est avec 2 mois d'inondation décembre et mai qui accentuent son débit de crue de 10m3/s à 450 m3/s pour submerger les berges des villages de Prades et d'Ille où la rivière est guéable.
    En 1134, le village Ille est la possession de deux familles Galcerand d'Urg et Arnaud de Castelnou qui ont les droits de puiser l'eau et d'exploiter le canal qui relie le bourg de Néfiach à celui de Millas.
    En 1793, Ille est peuplé de 2 088 habitants qui vivent entouré de murailles flanquées de tours bordées d'orangers et de pêchers.
    Le village est traversé par la Têt et son affluent le Boulés qui descend de la pente Nord de Batère et se jette en aval de Millas perturbe la Têt en direction du Sud-Est pour y déposer ses alluvions et accroittre son lit.
    Les patriotes du village d'Ille détruisent le pont de bois enjambant la Têt.
    Le 2 et 3 juillet 1793 les 2 tentatives pour traverser la Têt par les troupes du colonel Juan Miguel Vives et de la garnison du Vallespir commandée par la famille Joan et Agustín Cagarrina qui ouvre la porte de Millas sont 2 échecs.
    Le village de Millas est occupé par la division aux ordres de José Urrutia, le futur commandant en chef d'Armée de la Catalogne en 1794 aprés la mort du comte De La Union.
    Millas avec une population de 1 880 habitants en 1793 est une place forte au Sud de la Têt entourée de murailles flanquées de tours gothiques dans lesquelles le régiment de Malaga a installé ses batteries de canons.
    Millas devient la cocarde rouge aux ordres d'Agustín Cagarriga avec l'appui de la garnison des frères Rafael et Pedro Adorno contre le bourg de Corneilla la rivière, siège des miquelets patriotes soutenus par les bourgs de Corberà del Castell et d'Estagel.
    Les officiers communaux appliquent la valse magique des cocardes, passant de la cocarde tricolore quand ils se rendent à Perpignan, remettant la cocarde rouge des espagnols quand ils retournent dans le Ribéral où le Conflent avec la complaisance de la population.
    La population divisée en 2 communautés échauffées, excitées, exacerbées, surveillées et encouragées s'affrontent en résistance collective pour assouvir la soif de pillage et de vengeance.
    Les escarmouches du début tournent à l'escalade de la violence en incendiant des maisons que les représentants du peuple décrivent dans leurs rapports comme une révolte contre l'occupant espagnol.
    Louis-François Mondredon lève le campement de Saint Estève pour se rapprocher de Millas et bivouaque avec ses troupes à Corneilla où Louis Lemoine déploie ses batteries de canons.
    Le village de Corneilla proche de Millas possède une particularité, il est situé au pied des 507 m du piton Força-Réal.
    A 20 km à l'Ouest de Perpignan, le mont rocheux de Força Réal porte des Fenouillèdes sert de gardien de la vallée de la Têt avec une succession de terrasses argileuses et de pentes arides en schiste coupées par plusieurs cols.
    Le lit à sec du ru Caladroi forme un sentier qui coupe le chemin ardu qui grimpe à Latour de France rejoint le château de Caladroi vers le col de la bataille à 265 mètres qui sépare la vallée aride et austère de l'Agly à celle humide et verdoyante de la Têt.
    Le 14 juillet 1793 durant la commémoration de la fête de la prise de la Bastille les troupes françaises sont conviés pour célébrer l'événement et sont mobilisés sur le terrain. Antonio Ricardos lance l'offensive de Corneilla la rivière, il donne l'ordre aux 1 500 fantassins commandés par les frères Adorno d'attaquer le bourg.
    Pedro Adorno place sa cavalerie devant Corneilla en contournant les troupes françaises par la gauche.
    Rafael Adorno remonte la Têt jusqu'au bourg de Néfiach, attend la nuit pour traverser le gué et se rendre sur la berge gauche de la rivière afin de frapper l'avant poste du colonel Louis-François Mondredon.
    Les artilleurs des redoutes françaises sont sous les ordres du général Jean-François Dejean qui a eu la fabuleuse idée d'installer ses batteries en hauteur.
    Rafael Adorno est stupéfait par la résistance des fantassins du 7éme bataillon des volontaires de l'Aude qui l'obligent à faire demi-tour et retraverser la rivière pour placer ses canons et bombarder le village de Corneilla.
    Louis Cassanyes décrète le 07 août 1793 que les habitants de Millas sont les ennemis de la république.
    Pendant 3 jours, les artilleurs du 8éme bataillon de Haute Garonne détruisent les 65 maisons de la commune.
    Le château de la marquise de Blanès Maria Ros et son moulin sont pillés et deviennent la cible des artilleurs.
    Les habitants abandonnent le bourg de Millas en feu en traversant la Têt pour se réfugier chez des familles du Conflent.