Sources : "Un vieux village Mosset" Jacques-Joseph Ruffiandis-Ed Salanque Imprimerie Bompas 1987.
En souvenir de mon arrière arrière-arrière grand-père : François-Jacques dit "Joseph" PRATS +1814.



En 1793, Mosset un bourg de 1 060 habitants perché au sommet d'un éperon rocheux haut de 710 m.
En 1150, Alphons II dit Ramòn le chaste , roi de Majorque, comte de Cerdagne bâti un château de pierres à 2 niveaux en forme de quadrilatère ouvert sur 2 places tenu par Pere Domanova pour le vicomte de Castelnou.
Le vicomte de Castelnou transmet à Galceran Crouilles le château et l'enceinte.
Le 22 juin 1390, l'enceinte fortifiée est détruite par l'armée française de Bernard d'Armagnac venu prendre les droits et la couronne de Majorque à la mort de Louis 1er duc d'Anjou et roi de Naples.
Durant la période entre 1547 et 1563, la muraille en pierre détruite est restaurée.
En 1362, la population quitte les berges du ruisseau la Castellane el vell Mosset de Sant Julià de la vicomté d'Ille pour se réfugier au pied de la muraille.
Les habitants construisent un chapelet de maisons disposées en espaliers pour s'abriter, accrochées à la roche du piton.
Mosset au cœur de la haute vallée de la Castellane entre le bourg de Campôme à 4 km entouré des champs de seigle, de froment, de maïs entremêlés d'haricots.
  • à gauche sur le versant Sud du Madres (2 469 m),
  • à droite du pic del Bernat Salvatge (2 427 m)
  • à 8 km des ruines sur le versant del Dormidor (2 042 m) de l'hospice cistercien de Santa Maria de Jau fondé en 1162, bordé de pâturages et de forêts.
Proche du refuge Callau à 1 513 m, le chemin des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle longe plusieurs fois d'Ouest-Est les berges de la Castellane, traverse les forets de Lapazeuil, de Montnaie, de Gravas et de Salvanère.
Partant à l'Ouest du village de Prades, au détour de l'unique chemin royal de terre et de rocaille long de 13 km .
Difficile d'accès impraticable pour des mulets et des charrettes à bœufs durant les mois d'octobre à mai en raison des chutes de neige, l'accès se fait par un pont étroit sur la Castellane différent de la route actuelle puisqu'il débouche derrière l'église et dresse Mosset en place forte frontière gardienne du Royaume de France au Sud de Quillan et celui de la Catalogne à 50 km de la citadelle de Perpignan.
Sa population vit essentiellement de l'agriculture et de l'élevage de moutons et de bœufs.




Le 20 mars 1793, Julien Corcinos, 48 ans, est nommé bayle pendant l'invasion des troupes espagnoles dans le département des Pyrénées-Orientales.
Cette fonction lui est décernée durant l'ancien régime par le marquis Pierre d'Aguilar.
Julien Corcinos a acheté les biens du marquis 3 moulins à farine, 1 moulin à scie, 2 martinets à fer, exploite avec Maurice Matheu les 2 forges et il possède une part importante de la carrière de talc du Callau.
Le 1 mai 1793, devant l'inquiétude de la population, le bayle annonce cette délibération au Conseil municipal :
"Il est très avantageux de se procurer des munitions pour rejoindre nos frères d'arme afin de repousser les hordes espagnoles et faire triompher la cause de la liberté".
Le 3 juillet 1793, le danger d'occupation est pressant.
Antonio Ricardos lance son manifeste sur les villages du Conflent et ses troupes sont repoussées à Millas.
Antonio Ricardos, commandant en chef de l'Armée de la Catalogne forme un nouveau projet de traverser le massif de la Serre d'Escales de 1724 m de haut par le bourg Rabouillet sur la route de Montfort de Boulzane pour déboucher à Roquefort de Sault, une région de plateaux et de forets d'altitude limité :
  • A l'Est par le col de Jau.
  • A l'Ouest par le col de Garrabel.
  • Au Sud par le massif du Donézan.
  • Au Nord par la rivière l'Aude.

  • Le 23 juillet 1793, le Conseil municipal de Mosset averti des intentions espagnoles lance un appel au Directoire départemental :
    "Le temps presse, l'ennemi ne manque pas de venir pour faire main basse sur nos troupeaux, il envoi des hommes armés qu'il place sur les hauteurs avancées de notre territoire et nous faire payer cher l'avidité qui l'attire."
    Le 30 juillet 1793, le commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales Louis-Charles De La Motte-Ango marquis de Flers ordonne au 79éme régiment d'infanterie du Boulonnais et ses 400 fantassins renforcés par 1 400 miquelets sous les ordres du général Pierre Sol-Beauclair arrivé à Prades de défendre les vallées de la Castellane et celle de La Carole.
    Le 30 juillet 1793, 1 800 fantassins espagnols partent de Prades pour lancer l'offensive du massif du Conflent et de la Cerdagne, au même moment 150 déserteurs miquelets Français d'Olette sont envoyés sous escorte à Perpignan.
    Dans la nuit du 4 au 5 août 1793, Villefranche du Conflent, la cité forteresse qui sécurise l'entrée de la vallée du Têt ouvre ses portes aux Espagnols.
    Les administrateurs du district Pierre Vilar, Joan Roca et Pierre Roger de Caudiès et Isidore Lavila maire en 1791 de Mosset au courant de l'arrivée de l'occupant s'enfuient pour se réfugier chez eux.
    Les habitants du bourg d'Eus construit sur les flancs escarpés d'un mamelon rocheux prient de panique à l'arrivée des troupes espagnoles abandonnent leur village pour se retirer dans la forêt.
    Des incendiaires de Prades sous couvert de bataillon de miquelets assouvissent leur vengeance et pillent le village.
    Gaudérique Fons de Prades est guillotiné pour sa participation à cet incendie avec la complicité d'un groupe d'excités d'Espira du Conflent.
    Les protecteurs par leur haine qui devient vengeance sont plus redoutables que l'envahisseur espagnol.
    Le 16 août 1793, 1 800 fantassins du 2ème bataillon de Malaga et des volontaires du régiment de Saboya sous les ordres de José Simón Crespo quittent le village de Catllar en formation de 3 colonnes.
  • La colonne de droite du capitaine Manuel De Artazu doit détruire l'avant poste du 79ème régiment Boulonnais qui surveille les crêtes autour de Mosset pour se rendre maitre du plateau del tuilera, l'ancienne tuilerie.
  • La colonne du centre du grenadier chef Juan Ortega progresse au fond des ravins entre Prades et Campôme en trainant 5 canons destinés à bombarder les murailles du château.

  • La complicité des miquelets retardent l'avancée difficile sur le chemin plein d'embuches.
    Les artilleurs s'arrêtent car des miquelets jettent volontairement des pièces mécaniques dans les ravins pour rendre inutilisable l'armement.
    Le 17 août 1793, la colonne de droite arrive devant Mosset après une journée de marche.
    A la tête de 400 fantassins du 79éme Boulonnais, le capitaine Arthur Chalvasson a établi une batterie de 4 canons de 4 à l'abri de la muraille du château pour endiguer les tirs de l'envahisseur.
    La population n'a pas l'intention de servir de cible aux tirs des 2 armées se réfugie dans les bergeries sur le flanc des collines.
    Tous les hommes du village sont armés comme les somatents catalans.
    Les hommes organisent une résistance entre l'enceinte fortifiée et les murets du pont en pierre.
    Les villageois ouvrent le feu et empêchent la colonne espagnole du centre d'entrer dans le bourg de Mosset.
    La résistance du régiment du capitaine Arthur De Chalvasson est brève.
    Ses fantassins sont débordés par les tirs soutenus.
    Les militaires abandonnent leur position pour se rendre.
    La colonne gauche espagnole se positionne sur la colline Nord de Mosset avec une batterie de 4 canons.
    C'est au tour des artilleurs de bombarder le village, plusieurs maisons sont endommagées et prennent feu.
    La panique s'empare de la population en raison du bruit strident et sourd des tirs de canon amplifié par l'écho des montagnes.
    Les artilleurs espagnols trouent la muraille de protection et mettent le feu au château.
    Les artilleurs français tirent sur la réserve de poudre espagnole, plusieurs fantassins espagnols meurent dans la forte explosion.
    Les volontaires prennent possession de la colline Nord et enclouent la batterie de 4 canons.
    Désormais cette portion de montagne pour la commune porte le nom de " El serrat de las peces" en français "la colline des canons."
    Le bourg est pillé par les fantassins espagnols qui saisissent les tonneaux de vin et les réserves de nourriture, ils prennent les troupeaux de moutons.
    Certains villageois défendent leurs biens mais leur geste est inutile devant l'importance de l'envahisseur.
    Joseph Escaro réussi à s'enfuir quelques jours avant en direction de l'Aude avec un troupeau de 200 moutons.
    Le général espagnol José Simón Crespo s'aperçoit que Mosset est une souricière car la population non soumise est solidaire
    Le chef espagnol ordonne à ses fantassins de se retirer du bourg et de bivouaquer sur la hauteur dans la forêt d'Estardé.
    Le 19 août 1793, José Simón Crespo lance un ultimatum à la population de Mosset pour élire dans un délai de 48 heures, un nouveau bayle et 3 consuls porteurs de délibérations du roi d'Espagne pour se soumettre et être fidèles à la religion catholique, faute de quoi le village sera brûlé et réduit en cendres.
    Il prend avec lui, 137 otages attachés par des cordes dont Sébastien Escanyé, le député de l'Assemblée Législative qui seront exécutés si le village ne respecte pas ses revendications.
    La population solidaire se réunie pour un conseil d'urgence durant lequel Julien Corcinos est nommé bayle et 3 amis sont désignés consuls :
  • le maréchal ferrant Bonaventure Cossey.
  • Jean Not
  • Isidore Pineu
  • Les 3 consuls jurent et acceptent fidélité à l'Espagne et honorent les conditions de l'envahisseur.
    Les troupes Espagnoles demandent au bayle Julien Corcinos et à ses consuls des renseignements sur les accès du comté de l'Aude. La troupe espagnole lance une expédition de reconnaissance sur la route de Montfort.
    Le général José Simón Crespo s'aperçoit des difficultés du chemin vers la Boulzane et à Roquefort de Sault à 14 km d'Axat. Le général espagnol s'entretient avec le maire de 1793 Jean-Baptiste Assens.
    Le maire de Roquefort de Sault est convainquant puisque le général José Crespo renonce à continuer les routes en direction du département de l'Aude.
    L'investigation du général José Crespo est un échec.
    Le 21 aout 1793, réfugié à Quillan (Aude) le président Joan Roca du district de Prades réfugié à Quillan (Aude) s'élève contre l'esprit de brigandage des miquelets.
    Joan Roca critique, les prétendues saisies des chasseurs de montagne sur les troupeaux des citoyens proche des communes non occupées par l'ennemi.
    La solution est de dissoudre les compagnies miquelets pour éliminer certains membres en les désarmant et les renvoyant dans leurs communes.
    Le 17 septembre 1793, un mois après leur arrivée, les troupes espagnoles se retirent vers le village de Millas.
    Des volontaires du bourg de Sournia commandés par l'adjudant général Jean-Antoine David reprennent une partie des troupeaux réquisitionnés de Mosset.
    La population solidaire sous l'ancien régime est divisée suite à la multiplication des décisions et des collaborations espagnoles.
    Le 4 octobre 1793, le général en chef Eustache Daoust, commandant de l'Armée des Pyrénées Orientales en liaison avec les représentants du peuple réorganise les 53 miquelets enrôlées.
    Les chasseurs éclaireurs déposent leurs uniformes et leurs soldes sont suspendus.
    Dans la nouvelle organisation, ils reçoivent une nouvelle affectation après avoir fait preuve de civisme, de courage et de la moralité sans avoir participé aux brigandages.
    A Mosset, le maire délivre des attestations correspondantes pour que les miquelets et les officiers des compagnies intègrent en octobre des nouvelles unités.
    Le 6 novembre 1794, le maire républicain Julien Prats constate sous la pression des autorités de Prades sait qu'il y a toujours à Mosset 18 miquelets qui ne doivent pas y être malgré les grandes recherches, invitations et criées qui sont faites.
    Le tambour-crieur de la ville annonce à travers les ruelles, les mesures énergiques pour les poursuivre dictées par le maire Julien Prats :
    "Tous les miquelets qui se présenteront dans la commune avec ou sans permission seront arrêtés et conduits à leurs postes respectifs et le premier officier municipal qui les verra et ne les fera pas arrêter de suite".
    C'est la période ou les tensions culminent avec les vengeances locales, les rivalités sociales, les complots et les trahisons.
    Une forte contradiction sépare les habitants en 2 clans de rancœur et de passion :
  • Ceux pro-espagnols trahis.
  • Ceux pro-républicains révoltés.

  • Une profonde déchirure que les villageois ne peuvent pas oublier.
    Un discrédit tend à assimiler aux ennemis de la révolution des hommes défenseurs du marquis d'Aguilar.
    Le 29 septembre 1793, Onufre Saleta, Joseph Roug et Pierre Thomas, 3 commissaires envoyés par le représentant Joseph Cassanyes effectuent une enquête sur le civisme de la population de Mosset durant l'occupation.
    Ils commencent par faire nommer un homme de courage et d'engagement Joseph Prats, nouveau maire républicain et démocrate par le Conseil municipal qui doit établir un rapport sur l'attitude du bayle et des consuls durant le séjour des troupes espagnoles.
    Le 30 septembre 1793, conformément à l'ordonnance du 28 mars 1791, Joseph Prats né le 5 août 1742, père de 4 enfants, propriétaire-cultivateur est le 1er maire durant la période de la Convention Nationale.
    Sa mère Soler Thérèse et son père Prats Josep dénommé "Jaume" (1700-1776) sont issus d'une famille ancienne puisque les archives datant de 1630 font état du mariage de Ramon Prats à Guillelma Vedrinyans.
    En 1362 Guillaume De Vedrinyans est consul du village.
    En 1483, son frère le prêtre Julien Vedrinyans est le bâtisseur sur la muraille de la chapelle Sainte Marie De Vedrinyans.
    Cette chapelle rendue célèbre pour ses mariages du village.
    Le nouveau maire s'est marié en 1772 avec Porteil Marguerite, fille du cordonnier du bourg dans cette chapelle.
    Joseph Prats républicain est élu au suffrage communal, patriote convaincu.
    Il croit ce qu'il dit et refuse la répression aveugle et devient le 2éme maire après Isidore Lavila de cette 1ère république.
    Le 1er octobre 1793, Joseph Prats nourrit des idées de la dynamique révolutionnaire sur la loyauté citoyenne et des convictions républicaines réunit le Conseil de la commune pour retrouver l'unité et l'enthousiasme du bourg :
    "Je vous rappelle les dures journées et les conditions par lesquelles la population solidaire et responsable durant l'invasion de l'armée espagnole a choisi dans l'unité ses 3 consuls et son bayle que je remercie de leur fonction délicate car ils n'ont jamais trahis l'esprit de la commune.
    C'est à l'unanimité que le peuple de Mosset a désigné son bayle et ses 3 consuls et non l'envahisseur espagnol qui les a nommé."

    Joseph Prats décide une alliance pour calmer les rivalités des partisans notables 'blancs' et les partisans jacobinistes 'bleus' et conclut :
    "Je félicite la population citoyenne qui a mené avec dignité et courage cette résistance collective au risque d'être punie de mort par l'occupant espagnol."
    Jamais au cours de leur soumission la population n'a refusé asile aux patriotes Français malgré les rigueurs de la loi du 12 septembre 1793 qui punit de mort toute personne qui accepte d'autres ordres que le régime espagnol.
    Le Conseil communal espère que la complicité de la population avec l'occupant militaire n'aura pas d'effet sur l'avenir politique du village. Ce qui fut le cas.
    Une deuxième enquête est faite sur la situation de Sébastien Escanyé, emmené comme otage.
    Le 1 messidor an Il, Julien Prats prend ses fonctions pour se battre pour un avenir meilleur au Comité de surveillance du canton, présidé par Pierre-François Arrous, il traverse cette période dans les élans et les contradictions des décrets de la Convention Nationale.
    Il adresse une requête au Directoire Départemental pour garder au sein de la commune les bergers de 18 à 25 ans et les jeunes mariés compris dans la liste des levées en masse.
    Le 11 messidor An II, sur les dépositions de François Salies et de Pierre Fort citoyens du hameau Brèzes arrêtés par les espagnols en même temps que Sébastien Escanyé, témoigne du patriotisme de Sébastien Escanyé durant sa captivité.
    Le maire Joseph Prats au nom du Conseil de Mosset décerne séance tenante un certificat de civisme à Sébastien Escanyé, républicain dont la conduite patriotique est exemplaire depuis le début de la révolution.
    Depuis son élection, Joseph Prats mène une politique équitable et intègre, il aime la liberté de l'homme, approuve la légalité et déteste l'oppression de la folie orgueilleuse et destructrice.
    Il a le souci de faire partager ses convictions républicaines avec chaque élu du village et de s'occuper de l'instruction des enfants du bourg en projetant d'édifier la première école républicaine, laïque et gratuite.
    Le maire Joseph Prats met en place les droits et les devoirs de l'Etat Civil en dépossédant définitivement le clergé du contrôle de la vie locale surtout que la population en progression dépasse pour la première fois les 1 100 habitants dans la même année.
    La communauté paroissiale de la commune craint le pillage de l'église saint Julien est apporte son soutien au maire Joseph Prats pour la continuité des fêtes locales traditionnelles malgré le clan des opposants qui par intérêt et par passion s'élève lors de la mise en vente des lieux du culte comme l'exige les administrateurs de la révolution.
    Le maire Joseph Prats consterné assiste à la destruction de la Capelleta Santa Maria dels Vedrinyans construite en 1576 située à la porte de Coma Gelada car la cloche de bronze est livrée aux membres de la Société Populaire de Perpignan pour être fondue.
    Cette paroisse détruite fait partie des 6 chapelles du monastère de Corbiach.
    Des patriotes lors du Conseil Municipal trouvent sa politique de déchristianisation sur la destruction des bâtiments religieux trop faible, ainsi que sur la non-application des décrets religieux.
    La Société Populaire lance l'appel pour détruire l'église Saint Julien.
    Maurice Matheu s'écrit devant la population réunie:
    "Les saints et les autels de l'église saint Julien doivent être démolis, envoyés au salpêtre ou brûlés sur la place du bourg."
    Les notables demandent pour régler leurs comptes, la démission du maire qui n'a pas interdit l'accès à l'église Saint Julien. Joseph Prats a préservé en cachant au sein de la population, les reliques religieuses de l'église, il a protégé le vicaire constitutionnel François Galiay.
    La brutalité des opposants à sa politique républicaine et le jeu des vengeances communales font que le maire Joseph Prats est isolé au Conseil Municipal.
    La nouvelle de l'exécution de Maximilien Robespierre arrive le 18 thermidor An II-5 aout1794, dans le bourg de Mosset et calme les ardeurs répréhensives des membres de la Société Populaire.
    Le 06 octobre 1794, Joseph Prats quitte sa fonction de maire après avoir acheté les biens de son neveu Prats Julien, curé de Mosset.
    Le maire termine plein d'orgueil ses fonctions car il obtient pour le village de Mosset suite à son travail de démocrate, la récompense suprême du premier titre de chef lieu de Canton attribué par le décret du 15 juin 1794 par la Convention Nationale avec la mention de citoyen d'honneur.
    Joseph Prats cède le poste de maire à Martin Climens, 43 ans, capitaine durant la révolution en 1789, propriétaire agriculteur issu de la famille la plus riche de Mosset et de Campôme après celle du marquis d'Aguilar.
    Le 20 brumaire an IV, 11 novembre 1795, après la signature de paix entre la France et l'Espagne à Bale, Joseph Prats se présente au conseil d'Administration Municipale du Canton de Mosset où il est élu président.
    Sébastien Pacouil devient agent municipal de Mosset. Jacques Cossey son adjoint.
    Isidore Lavila devient commissaire du directoire exécutif de Mosset.
    Le 23 novembre 1795, 12 jours plus tard, le 2 frimaire an IV, Joseph Prats est obligé de taire les rumeurs sur le drame religieux et la double allégeance de sa descendance.
    La famille Prats est désignée comme foyer d'émigrés car ses 2 neveux prêtres se sont réfugiés en Espagne.
  • Julien Prats (1709-1797) prêtre fanatique qui use du catalan pour entretenir "l'ignorance et la superstition" en prêchant que la religion est perdue.
    En 1791, Julien Prats émigre sous le nom de Diego Prats dans la commune d'Albanya ou il est enterré en 1797 porté par la dévotion de la religion catholique.
  • Le 19 avril 1792, Justin Prats curé de Perpignan La Réal part de la commune de Torreilles où il prêtre pour se faire oublier émigre, il se réfugie à Gerona.
    Le curé de l'église de La Réal meurt en Catalogne en 1800, loin de sa terre natale, sans jamais pouvoir revenir.

  • Chaque habitant de Mosset connaît le lourd secret du maire qui protège l'église des envahisseurs car un autre membre de sa famille Prats Jaume, curé de Mosset en 1677 est enterré au cœur de l'hémicycle de l'église Saint Julien, le 22 décembre 1704.
    Sa démission est refusée à l'unanimité par les membres de la municipalité.
    Le 19 nivôse An II, Joseph Prats fait parti des 12 membres élus du Comité de surveillance de Mosset ou s'affronte les partisans et les opposants des réformes et il annonce :
    "Confondre, amalgamer et opposer l'histoire critique à la transmission de la mémoire ne profite qu'à ceux qui créer l'oubli."
    ADPO L380-ADPO L676. Extrait du registre des délibérations de la municipalité de Mosset.
    Extraits du registre du directoire du district de Prades du 25 avril 1791 d'achats de biens nationaux par Joseph Prats.

    Achat le 17 avril 1791 le monastère de Corbiach avec ses dépendances pour 26 300 livres, sans les cloches ni les ornements d'église ni le mobilier.(ADPO 1Qp459)
    Achat de la vente aux enchères d'une terre à Mosset "Font Nogual" possédé par Justin Prats, prêtre à Torreilles, oncle du maire Joseph Prats.
    Le 21 thermidor an III, Joseph Prats achète une partie du château de Mosset avec granges et basse-cour pour 60 000 livres.
    De nouveaux clivages de violence dans la commune font voler en éclats la solidarité traditionnelle et engendrent des affrontements entre républicains et notables aristocrates.