La mort de Louis XVII, le 20 prairial An III-08 juin 1795, précipite les négociations de paix avec l'Espagne.
Cette mort raye d'un trait le prélude de l'annexe que Carlos IV formule sur le titre et sur la terre du jeune roi.
Le représentant de l'Ariège, Jean-Baptiste Clauzel arrivé le 22 juin 1795 au Q.G de Figueres pour remplacer Jean Pelet de Lozère apprend par hasard le 12 thermidor-30 juillet 1795 la venue d'un coursier qui se rend à Madrid porteur d'une lettre écrite par François Barthelemy datée du 4 thermidor An III qui conclue la signature de paix avec l'Espagne à Bale.
Bale, citée d'art Suisse au Nord-Ouest née sur les méandres du Rhin enclavée entre l'Alsace et le duché de Bade.
La Suisse n'a pas prit part à la première coalition des Etats d'Europe signe en 3 mois son 4eme traitée de paix.
Depuis le 21 floréal An III-10 mai 1795, un mois avant la mort de Louis XVII, François Barthélemy, d'une grande stature qui inspire la confiance avec une habile modestie et une sereine aisance est le neveu d'André Courçay, le protégé de Marie-Gabriel Choiseul.
Il vit à Baden en Suisse possède les pleins pouvoirs.
Karl Hardenberg diplomate Prussien plénipotentiaire, successeur du comte Goltz, présente à Venise, l'espagnol Domingo Iriarte à François Barthélemy qui lui dit d'un ton ironique :
" Il est impossible à la cour espagnole de conserver la paix à la fois avec la France et avec l'Angleterre".
Le roi de Prusse vient de signer la paix.
L'Espagne n'est plus la première nation à déposer les armes surtout que la population espagnole trouve cette guerre de famille injuste et impopulaire.
Le 02 juillet 1795, Le 1er ministre Manuel Godoy donne les pleins pouvoirs à Domingo Iriarte pour ratifier le traité de paix. Le diplomate doit soumettre en marge du texte les désaccords sachant que Manuel Godoy demande à Domingo Iriarte de conserver la terre du pays, l'honneur du royaume et la coalition des princes italiens et du Vatican.
Contrairement aux écrits, le traité de paix entre les deux pays ne se conclut pas aisément.
Le 02 thermidor An III, les 2 plénipotentiaires ne sont pas d'accord sur le contenu des articles du traité.
Négocier, c'est connaître en premier les points mineurs avant de passer aux points majeurs de la discorde.
Il est plus simple de conduire la suite de la négociation que l'adversaire n'a pu mener à bien.
Domingo Iriarte le réfute et refuse.
Les tractations ardues des 2 diplomates sont entrecoupées d'isolements de 48 heures.
L'Espagne désire introduire un article de désaccord qui comporte une mention écrite des princes italiens de Naples, de Parme, du Pape au Vatican, alliés espagnols qui ne reconnaissent ni la 1ère République, ni la Convention Nationale.
L'Espagne propose la rédaction d'articles identiques à ceux du traité de Prusse, l'initiateur de la coalition.
Pourtant le Portugal, pays coalisé avec l'armée espagnole n'est pas au courant du déroulement et le royaume ne participe pas à la signature de la paix.
L'astucieux "article secret N°III" né de la solution de l'Art 15 qui évite à la Convention Nationale d'employer les termes "Pape et Vatican" car la médiation des 2 plénipotentiaires accepte la phrase "autres Etats Italiens" qui satisfait le désaccord.
Suivant l'Art 12, les prisonniers sont échangés depuis le commencement de la guerre sans différence de grade ainsi que les prisonniers Portugais et les marins.
3 sujets de discorde ne sont pas abordés suite aux divergences des articles :
  • Les indemnités de guerre que réclame la France.
  • Les limitations des frontières.
  • Les concessions du territoire.

La 1ère République demande à François Barthélemy que l'Espagne cède à la France comme concession de territoire, les terres de la Louisiane et la partie orientale espagnole de l'ile de Saint Domingue en échange de l'évacuation par les troupes françaises des territoires de Catalogne, de Navarre et de Guipúzcoa.

Domingo Iriarte refuse.


Le diplomate déclare ne pas vouloir céder ni l'un ni l'autre.
Après 24 h de réflexion et une nouvelle pression du plénipotentiaire français sur l'indemnisation des destructions des bateaux de Toulon fait que Domingo Iriarte déclare qu'il conserve la Louisiane, mais cède la partie orientale espagnole de l'ile Saint-Domingue . La condition que Domingo Iriarte impose c'est que le traité soit signé maintenant avec l'évacuation des troupes françaises du royaume d'Espagne et la restitution des villes et des forteresses avec les munitions et l'artillerie comme avant la guerre (Article 4 et article 5 du traité).
Cette précipitation de l'accord de paix conclu, révèle des omissions et des incorrections du texte qui attestent un renoncement et une résignation mutuelles.
  • 4 feuillets de Bâle datées du 4 thermidor An III- 22 juillet 1795 :
    Les documents comportent un préambule et 17 articles réunis par 2 cordons de soie aux couleurs : bleu, blanc, rouge, scellés par 2 cachets rouges.
  • 3 articles séparés et secrets sont ajoutés au dernier feuillet signé par François Barthelemy et Domingo Iriarte.

Le 02 fructidor An III un mois après, la signature du traité met fin à cette ruineuse guerre.
Les conséquences du traité de paix de Bale renforcent la reconnaissance de la république française au niveau international.
En Espagne, la rancœoeur s'installe contre les Français car la guerre a vidé les caisses du royaume . Le royaume s'est endetté de 800 millions de réaux sans que la famille royale récupère les enfants de Louis XVI.
Quand se termine vraiment une guerre ?
Ce n'est pas la sonnerie de clairon qui met fin à la guerre.
Les séquelles sont profondes et violentes.
Les Pyrénées-Orientales accueille la paix comme un soulagement puis les mois suivants le phénomène massif d'immigration provoque la division du tissu communal et brise l'équilibre des solidarités établies.
Le retour des émigrés, des humbles aux plus fortunés qui ont fait le choix malheureux d'être dans le camp des vaincus comprennent que leur avenir est à jamais déchiré.
Ces malheureux tentent durant les années après de récupérer les positions perdues au sein des clans antagonistes.
L'indifférence de cette paix est une recherche de tranquillité volontaire de la population tronquée par la réalité des malheurs.
Les agitations, les attitudes politiques sont de violentes oppositions contraires à la satisfaction et l'allégresse de cette paix.
Dans la Catalogne, l'annonce euphorique des dernières victoires espagnoles remportées à Puigcerdá crée une joie patriotique qui fait oublier la désillusion, le mécontentement et la souffrance de la population.
Quelle angoisse pour Manuel Godoy de terminer cette guerre sachant que les entretiens et des notes préliminaires furent interrompus de nombreuses fois.
Le désir de la cour royale est de maintenir sa souveraineté dans les limites du royaume.
Le Prince de la Paix ne mentionne pas dans ses mémoires :
  • Les lettres de paix de Domingo Simonin.
  • Les courriers de Lluis Firmin Carvajal pour la signature de paix.
  • Les entretiens de José Urrutia.

Manuel Godoy néglige les écrits de négociation de mars 1795 entre Domingo Iriarte et François Barthélemy pour la restitution des enfants de Louis XVI.
La politique de paix du moment est la bonne solution.
Les malheurs après la paix qui frappent l'Espagne sont l'œœuvre des traitres qui détrônent Carlos IV et son ministre Manuel Godoy.

Quelle est la base du traité de Bale ?


Le traité de Bale résilie la signature du pacte de famille des Bourbons scellé au 18éme siècle.
Le traité de Bale met fin à la guerre même si les intentions écrites de la France ne sont pas claires sur les alliances avec l'Espagne.
La signature est consentie sans mettre au courant des négociations le royaume du Portugal en raison du bluff par la France d'attribuer les terres portugaises et le territoire anglais de Gibraltar à l'Espagne.
Les raisons de cette signature précipitée font que les délais de négociations ne trainent pas car les pertes économiques sont importantes.
Les anciens rapports de commerce et d'amitié au niveau maritime, industriel et international des deux pays vont-ils se rétablir ?
Pedro Aranda et Manuel Godoy perçoivent l'Espagne lors du traité de Bale comme une nation d'infériorité militaire vis-à-vis de la France.
Le renforcement commercial s'intensifie et oblige les négociants Anglais ont pris la place des Français établis en Espagne à quitter le pays.
La suprématie de la flotte anglaise domine les océans et menace le commerce des colonies.
L'actualité primordiale pour le commerce colonial des deux pays est de freiner l'expansion anglaise et d'isoler l'ile britannique du continent.
L'Art 9 la cession de la partie espagnole de l'ile de Saint Domingue pose problème.
Les troupes espagnoles doivent quitter l'ile 1 mois après la ratification du traité de paix, soit le 21 octobre 1795.
Manuel Godoy, le 1er ministre du royaume informe le 26 novembre 1795 le gouverneur de Santo Domingo le général Joaquim Garcia des instructions du traité de paix.
Les habitants espagnols ont 1 an pour des raisons d'intérêt personnel préfèrent être transportés avec leur bien dans les possessions espagnoles des iles de Cuba et de la Havane.
Les propriétaires des riches colons demandent un délais d'évacuation de plus de 3 ans.
Le gouverneur espagnol Joaquin Garcia refuse le gouverneur français le général Etienne Lavaux car il est mulâtre et les 2 hommes vont jamais s'entendre.
Les cicatrices de la guerre de 1793-1795 qui marquent la région de Catalogne n'ont l'objet d'aucune étude sur l'impact démographique.
Cette lacune s'explique par l'absence de recensement durant cette période et la difficulté d'exploiter les sources éparses des registres paroissiaux valides qui ont survécus aux incendies.
Les pertes humaines de cette guerre sont difficiles à établir car 2 facteurs indissociables entrent en compte dans la mortalité des soldats et celui de la population durant la période par l'épidémie de typhus et de la disette.
Tous les chiffres diffusés par internet à la fin de chaque combat ou de bataille sont de la propagande de guerre de l'époque diminués cotés Français et augmentés coté Espagnols ou le contraire.
Restons sérieux, stop à la diffusion des chiffres ridicules, parlons de victoire ou de défaite.
En 1796, le Portugal abandonne la 1ere coalition cherche une entente avec la République.
Les négociations commencées à Madrid finissent à Paris par un traité signé le 20 août 1797 par Antonio Araujo de Azevedo.
Les clauses et les conditions par lequel le Portugal cède à la France la partie Nord de la Guyane sont déclarés nulles et non avenues puisque la reine Maria 1ere "la folle" ne ratifie pas le traité.
Le 19 aout 1796-02 fructidor An IV, l'Espagne et la France s'engagent dans un traité de San Ildefonso à une alliance offensive-défensive contre l'Angleterre.
L'Art 5 du traité San Ildefonso prévoit la réquisition des troupes espagnoles au profit des troupes françaises, une méprise de la diplomatique espagnole.
L'Art 17 du traité de San Ildefonse délimite sans contestation une nouvelle frontière entre les 2 pays.
Des commissaires, des professeurs familiarisés à la topographie délimitent une nouvelle frontière entre les 2 pays et procèdent à la correction des frontières litigieuses de 1785 mais la correction n'est pas appliquée.
Le 05 octobre 1796, l'Espagne déclare la guerre contre l'Angleterre.
La garantie de l'Espagne est de conserver la Louisiane tant que l'Angleterre n'a pas cédé Gibraltar.
Du 20 mai au 06 juin 1801, c'est la guerre des Oranges entre L'Espagne et le Portugal.
Victoire espagnole d'Olivenza et la signature du traité de Badajoz.
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