Sources: "historia del pensamiento político catalán 1793-1795" par Ángel Ossorio-1977-Ediciones Grijalbo-México.
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Si brillante que soit la victoire du Boulou, elle est incomplète.
Le 02 mai 1794, les forts de Bellegarde et de Collioure restent aux mains des Espagnols alors que l'Armée de la Catalogne repasse la frontière et leurs alliés Portugais abandonnent les forteresses de Fort-les-Bains et de Prats-de-Mollo.
Jacques Dugommier commet des erreurs.
Il ne dispose pas des 12 000 hommes de réserve dispersés entre les Bouches du-Rhône et la Têt pour renforcer la brigade Louis Lemoine et intercepter la totalité de l'armée de Catalogne au col de Portell.
Jacques Dugommier commet la même faute que chacun reproche à Antonio Ricardos en mai 1793 qui après la victoire du Mas-Deu du 19 mai 1793 au lieu d'attaquer directement la citadelle de Perpignan perd son offensive en assaillant les forteresses de Prats-de-Mollo, Fort-les-Bains et Bellegarde qu'il prend sans difficulté.
Nous savons que les ordres du roi Carlos IV est d'occuper le département pour y demeurer.
Le général Charles Dugua juge que Jacques Dugommier profite mal de la victoire du Boulou qu'il ne doit pas assiéger les places de la côte car il donne le temps aux Espagnols de se rassembler et de renforcer leurs pertes.
L'objectif du chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales est de chasser l'espagnol de Collioure et de Port-Vendres.
Le chef d'E-M Charles-Pierre Lamer l'approuve.
Les représentants du peuple sont du même avis que Jacques Dugommier :
Débarrasser l'ennemi du territoire.
Le 5 mai 1794, le comte De La Union installe son Q.G. dans le château de Sant Ferrán à Figueres où avant la guerre, il a été gouverneur durant 2 ans.
Au village de La Junquera, il envoi un dernier convoi de ravitaillement à la forteresse Bellegarde avec 2 bataillons de renfort et d'approvisionnement.
Le 6 mai 1794, la division du centre de Catherine Pérignon traverse le col de Portell avec les brigades de Dominique Martin, de François-Hilarion Point et de Louis Lemoine pour bloquer le col de Panissas.
Le capitaine du génie, le géographe Hyacinthe Grandvoinet se rend au village de la Junquera installer le Q.G. en compagnie du chef artilleur Jean Salva qui monte le siège de la forteresse de Bellegarde en attendant l'arrivée du général Jean Fabre de Lamartillière, malade à Céret.
Le 2 mai 1794 au soir, Charles Augereau prend possession des forts de Prats-de-Mollo et de Fort-les-Bains évacués depuis 24 heures par la division espagnole du général Juan Curten.
Le 2 mai 1794, la cavalerie du général de division André De La Barre dit Pioche rejoint le campement des volontaires du 4eme bataillon de la Haute Garonne à Argelès.
La brigade Théodore Chabert composée de 2 000 hommes longe la côte après 2 jours de marche s'égare dans le massif des Albères et arrive le 5 mai au soir au col de Banyuls, pendant ce temps la cavalerie espagnole a déjà franchi le défilé.
Jacques Dugommier fait une fixation sur le fort du Saint Elme où il veut diriger toute son énergie, il dit :
"Si le fort Saint-Elme s'effondre, Port-Vendres et Collioure tombent."
Dans la nuit du 2 au 3 mai 1794-14 floréal An II, la division gauche de Pierre Sauret part du bourg d'Argelès en formation de 6 brigades grimpe les cols et apparait concentrée pour installer le blocus devant Collioure.
Quelle stratégie appliquer à un siège ouvert coté mer où le port est l'appui naturel de la fortification ?
Le commandant en chef Jacques Dugommier répartit ses 14 000 fantassins autour du fort Saint-Elme, entre le port de Port-Vendres et celui de Collioure.
Le général de brigade André De La Barre somme le maréchal de camp espagnol Eugenio Navarro qui commande Collioure de se rendre.
Eugenio Navarro répond :
"Le temps n'est pas venu.
" Je possède une bonne muraille garnit de 7 000 soldats et de batteries de 91 canons".

Pour résister plus longtemps au siège des 3 places, les troupes espagnoles ont consolidé les extérieurs de leur position par une occupation du mont rocheux du Japone au Sud-Est où trône le fort Saint Elme.
Cela constitue une seconde enceinte escarpée avec au Nord, le fort Miradou sur le plateau de la Justice forme une nouvelle protection.
Eugenio Navarro a doublé son infanterie et son artillerie sur les hauteurs des crêtes du puig Oriol (250 m) qui se jette dans la mer.
La brigade du 28ème d'infanterie du Maine à sa tête François-Gilles Guillot partent d'Argelès ouvrent la marche par un chemin étroit.
Les hommes grimpent difficilement après une heure d'escalade arrivent sur le plateau du mas Rimbau sur la rive gauche du ruisseau Ravenel.
La brigade descend dans le lit tortueux du Ravenel, trompe la vigilance des postes espagnols du puig Oriol.
Les militaires montent par le sentier au pic de Taillefer et s'installent au puig de las Daynas.
Quel rôle stratégique joue le puig Las Daynas, = "les Daines"
Le massif Las Daynas se détache sur 3 arêtes en forme de 3 hauts mamelons :
  • Le pic de Taillefer qui tourne au versant du puig Oriol par les ravins du ruisseau Ravenel se termine sur le plateau de la Justice à Collioure.
  • La pointe du partage s'avance droite vers le rivage avec 2 profonds versants du Palat et du Japone que couronne le fort Saint-Elme.
  • Le puig Lagrange protège des vents Port-Vendres, creusé au Nord-Est par le ruisseau du Cosprons se prolonge par le cap Béar qui plonge dans la mer.

  • Les 2 brigades Jean-François Micas et Louis Pelletier suivent en retrait l'avancée de la brigade de François-Gilles Guillot, arrivées au puig las Daynas elles se dirigent par la crête du col de Perdiguer (231 m) sur la droite de la tour Massane, au col del Mig.
    Les 2 brigades de Jean-Jacques Causse et de Jean-Simon Pinon occupent le mas Frère au pied des ravins du massif.
    La 6ème brigade de Claude-Victor Perrin contrôle et bloque les routes de la plaine à partir du mas Leclerc.
    La cavalerie d'André De La Barre en seconde ligne s'étend dans la plaine d'Argelès et empêche tout déplacement de renfort.
    Collioure Vincent Comes maire de 2 098 habitants en 1794, à l'Ouest du fort Saint Elme, un port de pêche que Pierre II comte de Barcelone donne aux Templiers du Mas Deu.
    En 1207, les Templiers propriétaires agrandissent le château Médiéval en Commanderie et développent le port pour lancer leurs conquêtes et établir leurs liaisons avec la Méditerranée.
    En 1659, le traité des Pyrénées transforme Collioure ville royale, en ville de garnison.
    Les fortifications du château sont modifiées et est entourée d'un glacis.
    Cela détruit la vieille ville.
    Cette enceinte bastionnée relie les 2 forts situés aux extrémités, le Château médiéval et le fort du Miradoux.
    Le camp de la Justice est modifié par l'ajout d'ouvrages extérieurs :
    La tour carrée et les 2 redoutes construites sur la hauteur de Las Forças et une suite de retranchements qui s'étendent entre le puig Oriol et le puig de las Daynas.
    En 1794, la pêche, le commerce et le vignoble constituent les seules ressources de revenus.
    En face de l'église Notre Dame des Anges que le vicaire Isidore Compristo et son sacristain Abdon Millet ont déserté, les cisterciens ont construit le couvent des Dominicains en 1684 qui devient le rassemblement des jacobins. Le fort Saint-Elme au Sud-Est est une tour de surveillance au sommet de l'extrémité étroite de la colline Japone (330 m) avec une vision panoramique sur la mer.
    Pierre IV roi de Majorque améliore l'efficacité de cette tour Guardia pour y installer une garnison.
    En 1538, Charles Quint lance une mission à son intendant Francisco Ramiro Lopez de fortifier cette tour pendant la construction de la citadelle de Perpignan.
    Le plan des 2 forts à Sant Telmo en Colibre est dessiné par l'ingénieur militaire Benedetto de Ravenna mais la paternité des constructions revient à Enrique Gilabert qui le bâtit et le termine en 1552 les 2 fortins qu'il baptise:
    Santa Theresa et Sant Telmo.
    Le fort Sainte Thérèse sur le plateau de Justice est rasé en 1642.
    Le fort St Elme placé dans l'axe d'Est-Ouest forme avec les 2 forteresses de Salses et de Bellegarde, la surveillance en sentinelle des 2 ports que l'Armée de la Catalogne que possèdent depuis l'année dernière.
    Le fort St Elme en forme d'étoile à 6 pointes autour de la vigie avec des murs inclinés hauts de 8 m sans angles morts est occupé par une garnison de 150 hommes installée sur la terrasse supérieure d'une plate-forme soutenue par une série de voûtes qui bordent le parapet par d'épaisses escarpes de 18 mètres, armé de 10 canons.
    Jacques Dugommier croit le corps d'élite du génie de la citadelle de Perpignan Sabatier, Firmin Marie et Caffarelli qu'un calibre de 12 pouces suffit pour détruire la muraille du fort Saint-Elme.
    Il reconnaît son erreur, il ordonne à la flottille de Jean Castagnier de rapatrier les canons de 22 de 24 de Toulon.
    Port-Vendres 88 habitants en 1794, à l'Est du fort Saint Elme, un port de commerce en eau profonde à l'abri des Albères entièrement ouvert du côté de la campagne, protégé par 3 batteries:
  • celle de la redoute du Fanal construite en 1693.
  • celle de la redoute du Béar surplombe à 206 m le port.
  • celle de la redoute de la presqu'ile appelée la tour de l'Horloge.

  • En 1599, le port est complètement dégradé.
    En 1709, Etienne de Ponte intendant de Perpignan charge l'architecte Raymond Rousselot de creuser la roche pour faire un port de galères. Les travaux difficiles en raison de la montagne sont abandonnés et terminés en 1772.
    La brigade de l'Ariégeois Jean-François Micas a les instructions d'entrer à Port-Vendres pour prendre à revers les 2 batteries qui défendent les hauteurs du cap Béar et l'accès du goulet.
    Elle est repoussée par les Espagnols.
    Cette attaque téméraire de la brigade Jean-François Micas oblige les 5 frégates et les chaloupes espagnoles à prendre la mer malgré la tempête. Ces embarcations avec à bord des émigrés coulent par le mauvais temps.
    Le 05 mai 1794-16 floréal An II, la flottille de 17 canonnières de Toulon avec leur capitaine Jean Castagnier à bord de la Dune-Libre se présentent au large du bassin de Collioure.
    La mer est démontée par la violente tramontane, ce vent du Nord-Ouest interdit l'accostage dans la rade.
    Jacques Dugommier pressé d'utiliser l'armement ordonne à ses 14 000 fantassins de débarquer les canons dans l'anse de Paulilles proche de la redoute de Béar à Port-Vendres protégée de la Tramontane.
    Le 06 mai 1794-17 floréal An II, le débarquement des 12 canons de 24, des 3 de 12 et des huit mortiers s'effectue.
    Reste à transporter les canons et les mortiers 300 m plus haut, face au fort Saint-Elme par une pente très raide que forment les ravins de la Banette et du Callails.
    Les pièces enveloppées dans des douves de tonneaux sont entourées de cordes remorquées par des chevaux, aidées avec des leviers, tirées par les hommes.
    Tous les efforts restent vains.
    Le 7 mai 1794,-18 floréal An II, Jacques Dugommier voyant la lenteur des opérations propose une escalade par des balustrades.
    Par 2 fois les grenadiers descendent dans le fossé sous la mitraille et sous l'explosion des obus, ils reculent.
    Soubrany est blessé. Jacques Dugommier renonce vite à ce projet.
    L'escalade manque de surprise et ne fatigue pas les assiégés, les échelles d'assaut sont trop courtes pour atteindre les parapets.
    Les 12 canons sont démontés pour être hissés à dos de mulets le long du ruisseau de Cosprons jusqu'au plateau de Japone situé à 500 mètres du Fort St Elme. Des artificiers préparent des rampes, des gabions d'osier remplis de pierres pour échapper aux tirs du fort car grimper la sape du Saint-Elme à découvert est impossible.
    Les canons sont calés, cachés sous des fascines le jour, le sommet est atteint durant la nuit.
    Le 09 mai 1794-20 floréal An II sur le puig Japonne, la batterie de brèche placée à 500 m face au fort St Elme comporte 3 canons de 12 et 2 mortiers de 8.
    L'artillerie ouvre un feu vif de plein fouet qui détruit 2 canons du fortin.
    Jacques Dugommier se souvient qu'à Toulon, il n'a pas mis de canon face à Bataguier pour ne pas tuer les artilleurs par les ricochets et par les débris de la tour.
    Il ordonne de bombarder la tour pour briser les blocs de la muraille afin de rendre la plate-forme impraticable.
    La muraille du fort Saint-Elme résiste.
    Jacques Dugommier perd patience, il sait que seule la grosse artillerie de Toulon peut résoudre son problème.
    Dans la nuit du 10 au 11 mai-22 floréal An II, il suit les recommandations du chef du génie Antoine-François Andréossy d'établir dans la dépression en avant du puig Japonne, une 2eme batterie de 4 canons de 22 et un mortier de 12.
    Antoine-François Andréossy est né le 6 mars 1761 à Castelnaudary d'unefamille noble, mathématicien débordant de talent, il sort premier de la promotion d'’artilleurs au collège de Metz, le 30 juin 1781.
    En 1792, à 26 ans il est affecté dans le corps du génie de l’'Armée de Moselle.
    En décembre 1793, lors du siège du port de Toulon son destin croise Jacques Dugommier et Napoléon Bonaparte.
    C'est à ce moment que son talent se révèle.
    Le 13 mai 1794-24 floréal An II, Jacques Dugommier est indigné lorsqu'il voit Jean Castagnier s'enfuir à la vue des 5 canonnières et des 4 frégates espagnoles convoyant 60 barques provenant de Port-Vendres qui entrent dans la rade de Collioure.
    Jacques Dugommier s'imagine que les 9 canonnières françaises vont accepter le combat.
    Au contraire, les navires se réfugient sous les batteries de Banyuls et laissent la flotte espagnole embarquer des prêtres et des émigrés Français.
    Jacques Dugommier est furieux de voir la supériorité de la marine Espagnole, il est ébahi par la manière dont les navires espagnols facilitent cette évasion, ils en profitent.
    L'escadre de Jean Castagnier reste à quai pendant 4 jours sans inaction.
    6 semaines après, il renvoi la flottille à Toulon car Jean Castagnier et ses canonnières ne peuvent l'assister.
    Le 14 mai au matin-25 floréal An II, les artilleurs rajoutent aux 2 batteries de brèche en action 2 canons de 24.
    A 6 heures du matin, la nouvelle batterie réduit au silence le canon de Saint-Elme et fait d'importants dégâts dans la muraille.
    Les artilleurs espagnols s'aperçoivent que chaque jour de gros canons sont ajoutés aux batteries.
    Dans 16 au 17 mai 1794-25 floréal An II, Eugenio Navarro alarmé se résout à détruire la puissante batterie.
    Il envoi 3 000 fantassins Espagnols commandés par Francisco Castrillo qui partent en deux colonnes de Collioure et de Port-Vendres pour assaillir le puig Japonne et le puig de Las Daynas.
    A 23 heures, près des avant-postes, ils sont trahis par leur marche. Francisco Castrillo et ses hommes en pleine nuit, tambour battant grimpent les escarpements et parviennent à cerner les grenadiers du 28éme chasseurs de Provence et ceux des Vosges.
    Jacques Dugommier réveillé est atteint à l'épaule, il doit sa vie à la riposte des grenadiers du 28éme infanterie de Maine.
    Les fantassins Français repoussent les Espagnols, le sabotage de la batterie échoue.
    Dugommier juge cette sortie espagnole bien conçue. Il s'irrite parce que les Espagnols se sont avancés si loin sans être aperçue. L'événement prouve que la défense française n'est pas reconnue.
    Le 18 mai 1794-29 floréal An II, André De La Barre somme et intimide une 3éme fois le commandant du Saint-Elme.
    "Regarde les débris de ton fort. Tu connais les lois de la guerre et tu dois prévoir le sort de tes frères d'armes s'ils subissent un assaut avant d'obéir à l'ardeur des miens. Je te somme au nom de l'humanité, de réprimer une opinion désormais inutile à l'avantage de ceux pour qui tu combats. Veux-tu continuer à te défendre ou céder à la force victorieuse? Réponds-moi par oui ou non."
    L'officier espagnol réplique qu'il fera connaître ses intentions quand le moment sera venu.
    Le 19 mai 1794-30 floréal An II, un parlementaire espagnol vient demander une suspension d'hostilité.
    Jacques Dugommier répond qu'il fera connaître ses intentions lui aussi quand le moment sera venu.
    Le 19 mai 1794, au cours du conseil de guerre au Q.G. du puig de las Daynas, Jacques Dugommier exprime sa résolution de tenter un suprême effort pour en finir et demande à chaque brigade de se hâter car les frégates espagnoles couvrent la mer. Il propose d'assaillir le puig Oriol.
    Le conseil de guerre approuve car la redoute du puig Oriol défend Collioure et les trois fortins.
    L'objectif de Jacques Dugommier est de frapper un grand coup pour détruire les campements établis sur le versant de la montagne entre Port-Vendres et Saint-Elme.
    La brigade de François-Gilles Guillot doit provoquer de fausses attaques à Collioure contre le brigadier espagnol Joseph Espeleta, pendant que la brigade Jean-François Micas affronte l'artillerie de Port-Vendres.
    Claude Victor Perrin en qualité de commandant du siège de Collioure a comme mission de détruire la puissante redoute du puig d'Oriol et celle du camp de la Justice au Nord.
    Le 20 mai 1794-1prairial An II, le lendemain, l'Espagnol envoi un autre parlementaire argumenter sur la sommation. Dugommier lui fait tirer des coups de canon.
    Le 22 mai 1794-3 prairial An II à 9 heures du soir, Jean François Micas se jette dans Port-Vendres.
    Les postes à droite et a gauche du Saint-Elme qui relient le campement de la Justice au puig Oriol sont rapidement enlevées par les brigades de Claude Victor Perrin, de Jean-Jacques Causse et de Jean-Simon Pinon.
    Jacques Dugommier voit la lenteur des opérations propose une escalade du fort Saint Elme par des énormes balustrades.
    2 fois les grenadiers descendent dans le fossé par 2 fois sous la mitraille et par l'explosion des obus, ils reculent.
    Soubrany est blessé. L'escalade manque de surprise et ne fatigue pas les assiégés, les échelles d'assaut ne sont pas assez longues pour atteindre les parapets. Il renonce vite au projet qui vient de faire trop de morts.
    Jean Fabre de Lamartillière, général d'artillerie au corps royal d'artillerie entre en action et ordonne aux canonniers et aux officiers artilleurs de construire une puissante batterie de brèche de 6 canons de 24 accolés 3 canons de 12.
    La batterie de brèches compte désormais 15 canons qui tirent ensembles.
    Les explosions sont si violentes que les rochers du versant volent en éclats. Les explosions détruisent une voûte, une autre provoque des sérieux dégâts dans la muraille de briques.
    Dans la nuit du 25 mai-6 prairial An II, l'officier espagnol voit une des faces du redan d'attaque éventrée, les voûtes de la plate-forme sont effondrées, les parapets explosés, la terrasse est écroulée, l'escalier détruit et bouché par des décombres.
    Dans la nuit du 26 mai-7 prairial An II, le fort Saint Elme est écroulé, les artilleurs évacuent les ruines.
    Port-Vendres est sans protection, Eugenio Navarro ébranlé par l'audace française évacue la place dans la nuit même, il accepte la 4ème sommation et se rend après 16 jours de siège.
    Les troupes évacuent le fort de Saint-Elme, Port-Vendres. Ils se regroupent dans les murs de Collioure comme prisonniers.
    Les Espagnols ont capitulé trop tôt car la tempête s'est calmée et la flotte de l'amiral Gravira arrive.
    Le 27 mai 1794-7 prairial An II, les Espagnols rendent Collioure. Eugenio Navarro obtient les honneurs de la guerre, ils déposent leurs armes et rentrent chez eux par le col de Banyuls, sous la condition de ne plus servir l'armée espagnole et dans l'attente qu'un même nombre de prisonniers français soit rendu à leurs familles.