Source : "Annals Institut d'Estudis Empordanesos" par Miquel Alabrús i Bruñol (1923-1983)-Figueres 1959.


Après le 1er mai 1794 date du retrait des troupes espagnoles du Roussillon, l'Etat Major français doit résoudre 4 sérieux obstacles pour occuper le territoire de la Catalogne :
  • Libérer les forts de la côte Vermeille.
  • Reprendre aux Espagnols la forteresse de Bellegarde.
  • Détruire l'usine de canons et de munitions de Sant Sebastiá de la Muga.
  • Investir les 74 redoutes qui défendent les routes de Figueres et de Gerona.

  • L'imprenable redoute du sanctuaire de Notre Dame del Roure se dresse sur un chemin étroit qui serpente après un enchainement de virages à travers la forêt de chênes-liège et de conifères du Mont-Roig ouvre la route du château de Sant Ferrán de Figueres à 5 km en ligne droite.
    L'existence de l'ermitage Notre Dame del Roure situé à 160 m au Nord-Nord Ouest sur le massif "dels Tramonts" et au Sud-Sud Est du massif "d'en Jorda" est-elle un mythe ou une légende ?
    Le mythe est véridique, il possède une existence et meurt
    Le mythe du grec "Muthos= parole exprimée" donne une dimension sacrée aux conteurs par son récit explicatif religieux et fondateur des événements depuis la découverte de la vierge au creux d'un vieux chêne="Roure" en catalan, au coeœur de la forêt du comté de Besalú.
    La légende est inventée, reste éternelle.
    La légende imaginaire n'explique pas les fondements alors que le mythe utilise une mise en scène exacte dans sa description du déroulement des événements sacrés, symbole d'un temps reculé ou la manipulation sociale mobilise la population.
    Un mythe désigné se rapporte à une croyance de façon symbolique et se partage entre de nombreuses personnes.
    Le mythe du sanctuaire de Notre Dame del Roure devient plus fondamental dès le XII ème siècle.
    En 878, une modeste famille d'agriculteur du village de Llers qui travaille sur les lieux à la sortie de Pont de Molins en direction des Escaules découvre une vierge en albâtre dissimulée dans le creux d'un vieux chêne à l'Est de l'ancienne route el cami del Calçadá qui délimite les comtés de Besalú et d'Empuries Peraladá.
    Le culte des saints et des reliques est un mélange habile de christianisme et de superstition pratiqué par les traditions catalanes.
    Les reliques des ancêtres rappellent aujourd'hui, les photos ou les objets conservés de nos proches disparus.
    Les habitants voisins du village de Pont de Molins s'approprient la vierge Santa Maria.
    Le bourg Pont de Molins doit son nom au château Molinos sur le massif calcaire dels Tramonts haut de 170 m qui fait parti des 12 châteaux appartenant au monastère de Sant Pedro de Rodá.
    Le village est coupé par la rivière Muga dont les eaux calmes sont dues aux barrages qui actionnent les meules des moulins à farine.
    La population de Llers divulgue la découverte de la vierge à la communauté religieuse du couvent cistercien de Besalú et valorise le mythe de la vierge Santa Maria par un détail inattendu, la tête de la vierge ne veut pas sortir du creux du vieux chêne et la statue en albâtre reste prisonnière de l'arbre.
    En 908, le dévot Bernardo Tallaferro 1er, seigneur du comté Sant Pedro de Besalú accompagné des moines bénédictins de Sant Pedro de Roda se rend dans la plaine de l'Ampurdan pour bénir la population de Llers et de Pont de Molins pour cette fabuleuse découverte et libère des taxes et des fermages le territoire Nord-Est de Catalogne.
    Un moine cistercien de Sant Benito suggère que la statue de la Mère de Dieu soit installée dans un oratoire pour que les communautés de Pont de Molins et de Llers se partagent sa dévotion.
    La construction est l'œuvre conjointe des 2 confréries celle de Besalú et celle de Sant Pedro de Roda.
    L'ermitage prend la forme d'un sanctuaire style gothique traditionnel en pierres avec une seule nef qui comporte un chevalet polygonal.
    Sur l'autel, un piédestal est installé pour mettre en valeur la statue Nostra Senyora del Roure.
    En 1008, l'évêque de Gérone Miron Bofill, assisté de l'évêque de Vich Oliba conçoit une procession pour l'évangélisation de la population et choisit un rassemblement à l'ermitage Notre Dame du Roure.
    En 1314, le padre Bernát Vial organise pour toute la région un pèlerinage sous la conduite des moines de Besalú.
    Dés l'aube, les femmes apportent des gerbes de fleurs et les familles viennent avec des offrandes.
    Les dévotes embrassent les pierres, brulent des chandelles pour que les enfants malades retrouvent la santé.
    Progressivement les pèlerinages deviennent exceptionnels, les festivités et les offrandes sont de plus en plus occasionnelles, les offices deviennent rares.
    Le sanctuaire de Notre Dame del Roure plus habité s'appauvrie.
    En 1362, un incendie se déclare au monastère Maria del Roure.
    Le sinistre conséquent détruit une grande partie du bâtiment.
    Le comté de Besalú est pauvre en dons.
    Le monastère n'est plus entretenu car les fonds des taxes du village de Biure ainsi ceux paroisse à Romagosá n'arrivent plus.
    Un lent déclin suit la désertion du monastère Nostra Senyora del Roure.
    Pour la 1ère fois, le manque d'intervention sur les enceintes brulées, le renoncement des réparations des murs aux pièces attenantes en mauvais état témoigne du bilan des ruines de la chapelle.
    En 1408, le pape d'Avignon de 1375 Benêt XIII, prévôt de Valence concède aux moines Sant Agusti de Vilabertran des fonds pour restaurer les ruines du monastère Nostra Senyora del Roure et permettre à la communauté de s'y installer.
    1462-1472, la restauration est interrompue par l'expulsion des moines Sant Agusti durant la guerre civile des Remences entre les paysans contre Francesc Verntallat qui soutient le roi Joan II.
    En 1618, un padre Jaime Puig, prêtre du village de Llers se prend d'admiration pour le sanctuaire.
    Il commence une dévotion en appelant ses fidèles et l'entraide religieuse des paroisses pour terminer ensemble la construction du temple del Roure.
    En septembre 1638, la chapelle terminée rayonne de toute sa splendeur.
    L'Ampurdàn se donne les moyens pour orner et décorer Nostra Senyora del Roure qui devient un élément primordial pour la population de Llers et Pont de Molins.
    Le matin du 08 septembre 1638,une foule importante venue des villages d'Ampurdán s'est déplacée pour l'inauguration de la chapelle de Notre Dame del Roure.
    L'archiprêtre Camps du monastère de Santa María de Vilabertran en présence de l'évêque bénie le sanctuaire et l'autel récemment construit.
    Le sanctuaire reste sous la surveillance de la paroisse de Llers bien que l'ermitage soit sur la commune de Pont de Molins qui en fait sa chapelle et vénère la vierge Maria.
    Malgré sa passion, le prêtre Jaime Puig ne trouve pas d'ecclésiastique pour sa succession.
    A sa mort, l'ermitage trop isolé redevient inoccupé et la chapelle Nostra Senyora del Roure est abandonnée.
    En 1794, une vague anticléricalisme règne dans l'Armée des Pyrénées-Orientales, le rejet du fanatisme religieux fait que les soldats républicains issus de la déprêtrisation et de la déchristianisation sont convaincus que les oratoires sont les œuvres des manipulateurs de la population.
    3 interventions successives sont lancées pour détruire la mystique redoute reconnue invincible grâce à la protection de sa vierge et que les Espagnols nomment le tombeau de l'Armée des Pyrénées-Orientales.
    Le 08 mai 1794, le général en chef Lluis Firmin Carvajal-Vargas donne carte blanche à l'ingénieur des artilleurs, le maréchal de camp Juan Escofet, né en 1720 à Cadaqués pour organiser avec les grenadiers d'Antoni Sopenyá et les somatents la construction d'une défense fortifiée imprenable sous la protection de la sainte de Notre Dame del Roure.
    Les 2 hommes cantonnés en 1791 à la forteresse de Sant Ferrán de Figueres se connaissent bien.
    Le général Juan Escofet-Palau n'est pas un étranger.
    Membre de la grande Académie Militaire de Barcelona en 1790 a eu l'honneur à 73 ans (réel) d'être le premier officier à pénétrer le 17 avril 1793 avec 3 500 fantassins dans le département des Pyrénées-Orientales par la route de Figueres.
    La redoute militaire est complètement fermée par des larges palissades consolidées d'un mélange de terre et de roche se dressent comme un rempart qui laisse entrevoir à l'avant 20 embrassures pour les batteries de canons et 5 emplacements de mortiers en contrebas sur la plateforme.
    Un piège de mines pour une retraite est placé à l'entrée du magasin à poudre prêt à faire tout exploser.
    Le mythe de l'invincibilité de la redoute de Notre Dame del Roure, au Nord en face du massif du Mont-Roig est entretenu par de larges pièges à loup profonds où sont enterrés dans les fosses des pieux pointus en cèdre.
    A l'aube du 7 juin 1794, se déroule la bataille del Llobregat nom de code "Batalla del Roure" qui est le prélude des affrontements.
    Jacques Dugommier, commandant en chef inquiet des travaux effectués par l'ingénieur Juan Escofet à la redoute Notre Dame del Roure ordonne à Dominique Pérignon de s'y rendre en éclaireur.
    Les cavaliers aux ordres d'Antoine Labarre se présentent à 6 heures du matin avec 4 000 fantassins des brigades François-Hilarion Point, Ramand et Pierre Banel.
    La brigade Pierre Banel sur le flanc Est du Mont-Roig aborde les retranchements avec difficultés, les fantassins du 2eme bataillon du Gers s'arrêtent surpris de voir la complexité de la protection de la redoute que les fantassins espagnols ont dressé.
    La brigade Ramand composée du régiment de Bourgogne camouflée, s'est glissée vers le sentier mais n'arrive pas à contourner les profonds fossés.
    La brigade François-Hilarion Point composée des artilleurs de la 17eme se poste sur la rive droite del Llobregat en avant des ravins du bourg de Biure.
    Les 4 000 fantassins français attaquent avec furie les 8 000 fantassins des régiments de Malaga et d'Algarve sous les ordres du général De Las Amarillas au sommet du massif du Mont-Roig.
    Le général Antoine Labarre lance sa cavalerie pour détruire les fortifications et les tranchées de Notre Dame du Roure non terminées.
    Un terrible combat de cavalerie a lieu contre les cavaliers d'élite de Paviá, la garde personnelle du comte De La Union qui se montre intraitable.
    La cavalerie espagnole bouscule et décime complètement la cavalerie d'Antoine Labarre qui meurt dans les affrontements.
    Dominique Pérignon venu en espion voit l'étendu des pertes, bat en retraite.
    Les combats del Llobregat sont une victoire espagnole.
    Les somatents et les artilleurs espagnols réparent les pièges et terminent les fortifications stratégiques.
    Du 17 au 21 septembre de 1794, a lieu la bataille des Escaules nom de code "batailla del pont Campmany" sur les versants de la montagne du Mont-Roig et du Roure à 15 km de Figueres.
    Capmany est connu pour ses dolmens mégalithiques qui délimitent son territoire et font la renommée de sa place dolmens dels Estanys.
    Le bourg de Capmany du latin : "Campo Magno=Grand Champs" sur les versants du massif des Albères, arrosé par le ruisseau "el Llobregat".
    Les maisons sont regroupées autour de la chapelle Santa Agata située à l'angle Nord-Ouest de la muraille du château du baron Satorrá.
    La réédition de la forteresse de Bellegarde libère les troupes du blocus et la division Dominique Pérignon apporte 3 brigades supplémentaires, celle de Claude Victor Perrin, celle de Jean-Jacques Causse et celle de Jean-Simon Pinon pour renforcer les brigades de Pierre Sauret sur les versants du Mont-Roig et du Roure.
    Au Mont-Roig les 4 000 fantassins espagnols sous les ordres du général des artilleurs Juan Vives et des 4 brigades :
    Fernando Cagigal, De Gand, Belvis et Francisco Taranco.
    Francisco Taranco et le régiment de Castilla la vieja repoussent les assauts surprises des brigades françaises comme ils l'ont fait durant la bataille du Boulou du 18 octobre 1793 contre les troupes de Louis Marie Turreau.
    A midi, le général Juan Curten arrive du bourg de Terradas dans les gorges de la sierra Magdalena renforce l'artillerie de Juan Miquel Vives sur le versant Nord du Mont-Roig et les ravins de la Muga à Pont de Molins et les 2 colonnes espagnoles de Valentin Belvis récupèrent la redoute de l'ermitage Notre Dame del Roure.
    C'est un nouveau succès Espagnol.
    Du 16 au 20 novembre de 1794, débute la terrible batailla de Darnius nom de code "Montagne Noire" autour de la redoute de Notre Dame del Roure.
    Le commandant en chef Jacques Dugommier applique son plan de ruse qui fait sa réussite en envoyant la division de droite Charles Pierre Augereau jouer le rôle d'avant-garde qui attire et cerne les positions ennemis
    Les 2 divisions de Dominique Pérignon et Pierre Sauret en retrait sur la grande route Nord-Sud en direction de la forteresse Sant Ferrán de Figueres attendent en embuscade pour déloger des retranchements les artilleurs espagnols dans les redoutes.
    Le 17 novembre 1794 les opérations sont suspendues sur le massif du Mont-Roig ou "Montagne Noire" par Dominique Pérignon déconcerté par la mort du général en chef Jacques Dugommier.
    L'Etat-Major nomme Dominique Pérignon comme nouveau chef d'Armée.
    Dès sa nomination le commandant en chef lance une volonté punitive qui constitue le trait essentiel de la mentalité révolutionnaire.
    Face à la tristesse des compagnons s'affirme la réaction défensive et punitive des brigades pour venger la mort de leur commandant en chef.
    Au conseil des officiers, l'Etat-Major pose la question suivante :
    Qu'est-ce qui a plus d'intérêt aux yeux de Lluis Fermin Carvajal mise à part la forteresse de Sant Ferrán de Figueres dont il est le 1er gouverneur ?
    Depuis la campagne en Roussillon, l'Etat-Major Français surveille chaque défaillance du commandant en chef de l'Armée de la Catalogne
    Le comte De La Union a une importante faiblesse qu'il entretient à la défense et à la protection de l'oratoire jésuite de Saint Ferréol à 5km au Nord-Est de Céret qui est son erreur tactique.
    Lluis Fermin Carvajal-Vargas ardent jésuite est influencé par la vierge du rosaire qui gère les grands moments de la vie avec ses joies, ses douleurs et ses gloires.
    Sa mère, dans chacune de ses correspondances avec Lluis Fermin évoque la vierge immaculée conception, la sainte protégée à qui elle voue ses prières pour qu'il reste en vie.
    La Compagnie de Jésus multiplie la création de confréries qui enseigne la dévotion aux saints Ignace et François Xavier mais son influence pour la vierge reste une priorité.
    Le 20 novembre 1794, l'avant-garde de Charles Pierre Augereau, composée de 2 600 fantassins aux ordres de l'adjudant général Louis-André Bon sont désignés par le conseil de guerre des officiers du 19 novembre 1794 à la Junquera pour la volonté punitive suivie des 3 brigades Jean Beaufort, Léonard Duphot et Jean Guieu pour seconder la brigade en cas d'échec.
    La brigade Louis-André Bon part à 1 heure du matin. Elle est composée exclusivement des fantassins venus de Toulon pour venger la mort de leur commandant en chef Jacques Dugommier :
    • Du 20eme bataillon des Vengeurs.)
    • Du 8eme du bataillon Bec d'Ambes.
    • Du 9eme bataillon de la Drôme.
    • Du 3eme bataillon des volontaires de la Lozère.
    • Du 6eme bataillon des volontaires de la Côte d'Or.
    A l'aube, les fantassins de la brigade Louis Bon traversent le fleuve La Muga en crue avec de l’'eau jusqu’'aux épaules.
    La troupe gravit le massif d’'Escola sous le feu intense des artilleurs espagnols qui ne veulent pas céder leur campement.
    Les hommes se faufilent par le sentier boueux impraticable.
    La brigade débouche en embuscade devant le massif de la serra dels Tramonts face à la Madre de Deu del Roure où 2 ouvrages détachés hauts défendent les abords. Les 25 canons tirent sans relâche sur les fantassins pour les mobiliser.
    Après 3 heures de combat indécis, les rangs de la brigade Louis-André Bon sont rompus Les hommes ne peuvent pas traverser les profonds et larges fossés creusés dans la roche du plateau.
    Louis-André Bon atteint par une balle à la jambe, laisse le commandement à la brigade Léonard Duphot. Le nouveau chef change de tactique, il demande à ses fantassins de s'élancer par petites unités à l'assaut des palissades où ils s'accrochent à l'abri des boulets et des tirs ennemis.
    Incroyable avec de l'élan, les fantassins français parviennent à grimper agrippés à la roche.
    L'assaut de la redoute de Notre Dame del Roure fonctionne si bien que la brigade du général François-Gilles Guillot arrive en soutien. François Guillot aborde le plateau au moment ou se replient pour éviter le désastre les artilleurs irlandais du régiment d'Hiberniá aux ordres du colonel Carlos O'Donnell qui dans un contexte de fuite font sauter la réserve de munitions et de poudre et les artilleurs ne préservent pas l'invincibilité de l'ermitage del Roure.
    Cette traitrise met hors de lui, le général en chef de la Catalogne qui part du château de Sant Ferrán de Figueres pour empêcher la débâcle accompagné des 50 cavaliers de Pavie, sa garde personnelle de Sant Joan del Malta et du régiment de cavalerie de Soria.
    Ils arrivent en fin de journée sur le chemin en pente de l'ermitage du Roure et interviennent pour reprendre la redoute.
    Luis Fermín de Carvajal-Vargas comte de La Union est atteint par 2 balles qui lui transpercent la poitrine.
    C'est une victoire Française qui ouvre la porte de la forteresse de Sant Ferrán de Figueres.
    Après la paix, le général ingénieur Juan Escofet gouverneur de Roses se retire sur ses terres de Cadaquès ou il batit l'école publique du village.
    En 1796, lors de sa nomination comme gouverneur de Barcelona, Juan Escofet construit la route de Barcelona à Lérida et les canaux sur les rives d'el Ter, d'el Fluvia et el Muga, n'oublie pas la violente défaite de la redoute du monastère Maria del Roure dont il est le principal bâtisseur et la cruelle perte de son ami le général en chef.
    Le 20 novembre de chaque année Juan Escofet célèbre dans la paroisse de la vierge Dolores de Cadaquès une messe en sa mémoire.
    Juan Escofet pour honorer le souvenir de son commandant fait bâtir un lieu de mémoire intime entouré d'arbres qui suscite le recueillement du visiteur sur lequel s'élève une croix cimentée de 4 mètres de haut à la base d'un amas de pierres en forme de stèle qui porte l'inscription en latin :


    Pice memorce Ludovici Carvajal comitis ab Unione
    Exercitus in Ruscinone prefecti qui pro Rege et Patria strenue pugnans post multa egregia facta duobas tandem proh dolor plumbis
    glandibus perfossus hoce hipsomet loco juxta Roure, sacellum florente adhuc aestate occuhit.
    díe 20 Novembus a 1794.
    Hung lapidun cum sacro salutis humance signo
    A.A.-Proesentes-P.P.

    traduit de cette manière :

    En souvenir de Lluis Carvajal, comte De La Union, chef de l'armée du Roussillon qui s'est battu vaillamment avec courage pour le Roi et pour sa Patrie,
    mort à cet endroit proche de la chapelle du Roure atteint par deux balles,
    le 20 novembre 1794.
    Cette pierre est le témoignage sacré de la rédemption humaine.
    A.A-Les inconsolables.-P.P.


    La sépulture du comte De La Union surmontée d'une grande croix au sommet de la montagne du Roure est un cénotaphe.
    Le 12 décembre 1795, sa dépouille est transportée à Barcelone.
    Les religieux jésuites de Saint-François de Barcelone reconnaissants de la protection accordée durant tout le temps à leur ordre par les Carvajal Vargas de Lima, déposent son corps dans les caveaux de leur monastère.
    Ce monastère situé sur l'embarcadère de la Paz le Passeig de Colon, rue del Dormitorio de San Francisco De Medinaceli est détruit en 1835, les tombeaux et les restes ont disparus sous les ruines.
    Suite à la destruction par l'explosion et par l'incendie causé par les brigades françaises du 20 novembre 1794 de la redoute de l'ermitage du Roure, l'église Santa Basilisá de Llers reçoit en protection la précieuse statue Nostra Senyora del Roure pour la vénérer.
    Depuis 1796, à la mi-aout, la population de Pont de Molins et les habitants de Llers se donnent rendez-vous comme des retrouvailles de famille et s'offrent des présents pour faire ensemble le pèlerinage.
    Dans un grand rassemblement, les familles entonnent des louanges en catalan="aplecs" et transporte la statue de Notre Dame del Roure couverte de gerbes de fleurs de l'église Santa Basilisa de Llers sur les ruines de l'ermitage pour perpétrer l'amour de leur vierge.
    Ce rassemblement se termine par un immense repas prouvant l'harmonie et la fraternité qui unissent les 2 communes.
    En 1939, une violente explosion détruit l'église de Santa Basilisá de Llers, cela brise le mythe de Nostra Senyora del Roure défendu par Lluis Firmin Carvajal-Vargas, comte De La Union.
    Aujourd'hui, dans la nouvelle église qui se nomme Santa Juliá de Llers sont exposés la tête et les fragments en albâtre de la statue Nostra Senyora del Roure, témoins de la mort du mythe de la redoute.