Source : Hommage à Marcel Robin † 1949-Archiviste-Conservateur qui a préservé les registres PV du Service Santé de la Société Populaire de Perpignan.
"Le Service Santé des Armées… : une organisation de compétences, de dévouements, d'héroïsmes …que nous admirons aujourd'hui avec déférence est due à l'œœuvre de ceux qui nous ont précédés…"
Général Bernard Lafond. Directeur Central du Service Santé des Armées.
Discours du Tricentenaire. Imprimerie Tulle-Décembre 2008.



L'édifice universitaire s'effondre. La médecine échappe à tout contrôle.
Le décret du 20 thermidor An I- le 8 août 1793, fait que "toutes les académies et les sociétés littéraires patentées ou dotées par la nation sont supprimées".
Le décret du 15 septembre 1793 décide "la dissolution et la fermeture des facultés et des organisations scientifiques".
La nation ruinée ne paye plus les rentes qui financent les collèges de Médecine, de Chirurgie et de Pharmacie.
Les collèges disparaissent du territoire ou sont vendus comme bien public.
C'est la fin de l'enseignement de l'Académie de Chirurgie et de la Société Royale de Médecine.
L'exercice de la médecine devient libre et s'exerce sans qu'il soit nécessaire de faire d'études médicales ou de posséder un diplôme.
Les inconvénients de ce libéralisme professionnel mal conçus ne se font pas attendre, ils engendrent l'anarchie et favorisent les criminels impunis.
Il y a urgence, le retard d'’une journée d'un charlatan est un arrêt de mort pour un citoyen.
La Convention Nationale fait la partie belle à la cupidité des bonimenteurs peu scrupuleux.
La population est victime d’une foule d'esbroufeurs peu instruits qui par leur autorité érigé en médecin distribuent des remèdes et compromettent l’existence des citoyens.
La médecine est aux mains de l'incompétence et de l'ignorance.
La poursuite des ecclésiastiques et la chasse aux religieuses accélèrent la disparition de la santé dans les hospices.
L'’idéologie sociale irraisonnée provoque la crise de la médecine hospitalière au profit des soins à domicile.
Le décret du 26 janvier 1793, stipule que "les officiers de santé attachés au service des armées ne sont point soumis aux recrutements".
Les aristocrates s'engagent pour rendre cette faille législative, un moyen détourné pour faire échapper leurs enfants à la conscription.
Les officiers de santé incompétents sans diplôme de médecin grossissent le rang des recrues.
Le constat de mortalité des blessés est fulgurant.
Plus de blessés meurent dans les hôpitaux que de tués sur les champs de bataille.
La réalité de ce qui se passe une fois qu'un soldat est blessé, c'est que personne ne se soucie plus de lui, il meurt dans d'horrible souffrance.
Ceux qui marchent pour se battre sont digne d'intérêt, ceux qui tombent mérite l'oubli.
Une médecine militaire pitoyable, mal organisé qui soigne dans des lieux insolites et malsains dans les églises, les couvents.
Les plus inattendus sont les écuries ou les granges, des lieux insalubres, humides et pleins de vermines ou les corps des soldats sont allongés sur la paille.
Les conditions sanitaires sont épouvantables.
Dans de telles circonstances, les blessés contractent le choléra ou la dysenterie que les médecins militaires appellent la "fièvre de l'âme" en buvant de l'eau croupie.
Par négligence, par encombrement, par malpropreté, les hôpitaux du Roussillon sont d'immenses cimetières.
Le 8 octobre 1793, la disette ravage le département, le Service Santé fait face à une virulente épidémie de typhus.
La surpopulation dans les prisons sans le traitement des immondices fait que l'épidémie se diffuse dans les hospices.
Le personnel médical, les gardiens affectés aux prisons sont les premières victimes.
Le typhus nommé "fièvre putride" ou "fièvre maligne" touche 18 % de la mortalité civile.
En octobre 1793, à Prades vivent 750 habitants du Conflent, 98 miquelets meurent du typhus soit 12.60 %.
La pandémie de la tuberculose bactérienne aigue ou "peste blanche" atteint 40 % de la population avec comme symptômes connus ses crampes horribles suivis des vomissements qui se termine par une diarrhée aqueuse qui tue.
35 % des militaires des 2 armées sont atteints.
L'épidémie se transmet aux officiers en chef : Antonio Ricardos et Luc-Siméon Dagobert en sont victimes.
Combattre la propagation virale et gagner l'épidémie bactériologique disséminée par le biais humain, par l'eau, le vent, les insectes et les animaux est impossible car les virus et les bactéries se propagent différemment ?
Durant les 6 premiers mois, les commissaires du peuple ne jugent pas opportun de prendre des dispositions d'évacuations à l'arrière dans les zones secondaires de convalescence de 1ère ou 2eme catégorie, hors du département en guerre.
A chaque retrait des lignes, la défaite fait perdre le stock sanitaire.
Les médicaments tombent aux mains ennemies et obligent le Service Santé à recevoir de nouveaux ravitaillements tardifs.
La première période de guerre durant l'année 1793, chaque armée déborde son ennemi est dite "stratégie en mouvement" , elle précède la période intense de combats d'artilleurs de 1794-1795 où les blessures vont être imposantes et plus profondes sur l'organisme.
Les recrues indiquent à la craie sur le fantassin blessé la partie douloureuse qui faut scier.
L’'amputation de l'os à vif fait que le malade se vide de son sang ou il succombe à un arrêt cardiaque.
L'absence d'hygiène entraîne des gangrènes mortelles, des ulcères dans les jambes.
Le décret du 3 ventôse An II oblige les représentants du peuple de l'Armée des Pyrénées-Orientales à un remaniement médical et sanitaire du S.S.A.
Les actions innovantes du S.S.A. permettent 10 ans plus tard au rayonnement de l'armée de l'Empire et attestent de sa puissance, de son prestige et de sa gloire.
Quel est le rôle du Service Santé de l'Armée des Pyrénées-Orientales ?
Sa mission est d'assurer le soutien sanitaire et les soins aux militaires malades ou blessés.
Composé de 8 membres dont 6 figurent dans la Société Populaire.
Les registres des procès-verbaux des séances de la Société Populaire de Perpignan conservés éclairent le fonctionnement et témoignent de la modernisation du Service Santé de l'Armée, un organisme indépendant du Comité de Surveillance d'Administration des Hôpitaux.
Peu de finances lui sont attribuées pour se moderniser.
L'organisation hospitalière de Perpignan se compose de 2 hôpitaux et de 3 hospices :
  • L'hôpital Saint Jean situé au centre de la ville, attenant à la cathédrale Saint Jean.( De nos jours la citée Bartissol).
  • L'hôpital la Miséricorde, lieu qui existe toujours
  • L'hospice des Repenties, à l'angle de la rue d'Argenterie et de la place Rigaud, parfois appelé " couvent Saint Guillem"
  • L'hospice de la Charité, appelé Dépôt de la Charité.
  • L'hospice de la Pieuse Aumône situé dans le quartier de la Tannerie, proche du jardin botanique.

Chaque amélioration est due au dévouement de passionnés du Service Santé de l'Armée pour répondre aux immenses besoins de la guerre.
Le S.S.A. demande que les effets militaires des blessés ne soient pas perdus mais distribués à ceux qui n'en n'ont pas.
Il ordonne d'affecter les femmes prisonnières pour cause d'incivisme ou de mauvaises conduites aux soins et aux lingeries des centres hospitaliers.
Le Service Santé de l'Armée des Pyrénées-Orientales dévoile les 4 points essentiels de son dysfonctionnement :
Le décret du 14 frimaire an III-4 décembre 1794, crée les 3 écoles de Santé :
Paris-Strasbourg-Montpellier sur les ruines des institutions supprimées.
L'importance du décret impulse la médecine hospitalière à consacrer son savoir sur l'enseignement clinique.
Le nouvel enseignement médical repose sur 4 principes :
  • - la fusion de la médecine et de la chirurgie.
  • - l'enseignement clinique pratique dans les hôpitaux.
  • - la sélection par concours des étudiants et des professeurs.
  • - l'’obtention d’un diplôme universel de docteur en médecine ou en chirurgie.

  • Le 9 nivôse an III-29 décembre 1794, fixation de la paie de tout volontaire marchant isolément pour se rendre du campement à l'hôpital.
    Le 12 pluviôse an III-31 janvier 1795, organisation du comité de surveillance de l'administration des hôpitaux militaires fixes et des ambulances.
    Le 19 ventôse an III-9 mars 1795, les officiers de santé prennent le nom de chirurgiens-majors, ils sont compétents en matière de soins, d'aptitude médicale et d'expertise, de prévention, d'enseignement et de recherche dans les domaines médicaux. Les aumôniers militaires leurs sont rattachés.
    Terminons par les paroles du Général Bernard Lafond pour conclure :
    "Le S.S.A... est centré sur un idéal humaniste, il est aujourd’hui ce qui prévaut dans toutes nos actions et donc aussi la clé de notre avenir…."

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