Sources:"Dictionnaires de biographies roussillonnaises" Abbé Jean Capeille-Edition Cornet-Perpinya 1914.




1er Commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales : Mathieu, Henri Marchant De La Houlière.


Son père François, Jacques MARCHANT est le seigneur du château de Varennes sur Seine, proche de Montereau sur les berges de la Seine.
La ville de Varenne sur Seine se situe au centre de la France, proche de la grande ville de Provins.
Conservateur des hypothèques de la grande chancelière de France durant 1726 à 1743.
Il exerce le métier de secrétaire du roi a partir de 1727 jusqu'en 1749.
A ce titre, François-Jacques Marchant jouit des privilèges de la bourgeoisie de Paris.
Depuis 1749, Son père possède en seigneurie un domaine de 1 200 arpents (410 hectares).
En 1770 Il prend la charge de trésorier payeur de l'Hôtel du Chatelet à Paris.
Il exerce ce métier jusqu'en 1778.
François MARCHANT épouse Marie-Françoise REGNAULT qui lui donne 2 fils :
  • MARCHANT Philippe, François " De Varenne", né 1715 à Paris paroisse Saint Germain de l'Auxerrois.
    L'ainé de la famille exerce la profession de maître d'hôtel du roi.
    Il épouse Thérèse-Marie Mareschal (1716-1771).
    En 1743, Philippe MARCHANT prend en charge le château familial et le domaine de Varenne sur Seine.
    Suite au changement de régime et aux subversions des révolutionnaires, les bourgeois de la compagnie du Chatelet dont il fait parti perdent leurs privilèges et leur travail.
    En 1771, à la mort de son épouse, ses dettes atteignent 1 million 200 livres.
    Ruiné il cède une partie des forêts du domaine et il vend en 1787 la fabrique de savons qu'il a crée en 1777 pour régler ses dettes.
    En 1789, il perd sa fille Marchant Louise, mariée le 19 avril 1765 à l'écrivain Gabriel Sénac De Meilhan.

  • MARCHANT Mathieu, Henri De La Houlière , né le 06 mars 1717 à Paris paroisse Saint Germain de l'Auxerrois.
    Le fils cadet prend le titre " De La Houlière", branche anoblie de sa famille en 1659 par le prince de Condé avec une charge de maitre d'Hôtel.
    Mathieu-Henri d'éducation royaliste et d'une bonne érudition.
    Envieux de l'héritage de son frère ainé à qui son père a confié l'exploitation, il quitte le domaine de Varennes sur Seine pour entrer dans les armées du roi en garnison en Bourgogne.
En 1733, il entre lieutenant dans l'artillerie au régiment de Royal Marine.
Il est fait la connaissance de Thomas D'Espinchal dont le père Claude-Louis devient en 1758 secrétaire d'Etat de la Marine.
En 1734, Mathieu MARCHANT obtient le grade de capitaine. Il se bat sur le fleuve Danube en juillet 1743 avec le régiment de Royal Marine.
Il intègre le régiment Royal du Lyonnais, il combat l'armée autrichienne sur le pont de Dingelsing.
En 1746, il est nommé lieutenant colonel.
Innovateur et passionné de physique et de métallurgie, Marchant Mathieu De La Houlière suit les travaux des anglais John et Nelson Darby, maîtres de forges qui conçoivent la fabrication de la fonte des canons avec du coke.
Il épouse 6 mois après en 1747, Marie Agnès d'Hers ou Dehers, riche veuve de Guillaume Savolete, receveur général des fermes du roi.
En 1749, il est major dans le régiment royal d'infanterie du Lyonnais.
Quand François d’Alincourt est tué à Turin et Nicolas reprend le commandement est il est victorieux à Rotta di Chieri.
Le régiment de Lyonnais est assiégé à Porto Longone (île d’Elbe) et se distingue en Piémont à Borghetto (1650) et au siège de Mortara (1658).
Mathieu De La Houillère est muté à Gènes pour renforcer le régiment de Nice puis en garnison à Montpellier, son régiment est démobilisé.
Le 03 juillet 1751, il est réintégré avec le grade de lieutenant-colonel dans l'armée royale du Lyonnais.
Avec ce grade, Mathieu Marchant De La Houlière arrive en Roussillon à la tête du régiment Royal Marine sous les ordres de Charles D'Espinchal général des armées du roi, seigneur de Massiac qui devient en 1765 gouverneur de la ville de Salses.
Sa mission est la surveillance des arsenaux et des 3 ports de la cote sableuse :
  1. Saint Laurent de la Salanque.
  2. Torreilles.
  3. Canet.

Le 17 janvier 1752, un an après son arrivée il occupe le poste de lieutenant colonel à la tête du régiment du roi Lyonnais en garnison à la forteresse de Bellegarde.
Mathieu Marchant De La Houlière obtient la terre de Salses proche des propriétés de son épouse, il obtient le titre de noblesse de seigneur du lieu.
A cette époque Salses est un hameau.
Son nom est en latin "Salsulis" en catalan "Salsas".
Salses est le dernier bourg de poste de la Catalognel'espace de séparation entre les 2 royaumes.
La porte entre la Catalogne et le royaume de France situé à 17 km de la citadelle de Perpignan.
C'est l'unique passage obligatoire des 2 royaumes entre à gauche les maraicages nauséabonds de l'étang bleuâtre insalubre long de 15 km face aux falaises blanches de Leucate et à droite les rochers arides à 7 km du massif des Corbières, sillonnés par des torrents d'orages couvert de cailloux.
Ce bourg possède 2 fontaines d'eau plus salines que l'eau de mer :
  • "La Font Dama".
  • "La Font Estramar".
Ces 2 sources sont capitales pour la population pour la fabrication du sel .
Ces fontaines déterminent la limite extrême du territoire de la Catalogne et celle du Languedoc que les catalans appellent royaume de France.
Arnaud de Chesnay, gouverneur construit en 1475, la tour de garde ou château de Leucate qui est détruit par le roi Charles VIII quand il incendie les villas de Salses puis d'Elna et d'El Volo.
En 1755, dans la forteresse de Bellegarde, Mathieu Marchant rencontre Jean Maritz, le créateur de la machine à forer qui se rend en Espagne pour y construire une usine d'armement.
Le 21 avril 1758, Mathieu Marchant De La Houlière, colonel quitte le port de Brest débarque du vaisseau "Le Bizarre" échappe au blocus anglais.
Le 31 mai 1758 il prend part dans la rade de Louisbourg au Canada avec le détachement de 1 950 fantassins de la Royal Marine sous les ordres de Louis Montcalm, aux combats contre les régiments anglais.
Mathieu Marchant De La Houlière soutient le blocus du 8 juin 1758 de l'Ile royale du cap Breton de la Nouvelle Ecosse.
Il soutient le siège du 24 juillet 1758 à Louisbourg sous l'autorité du gouverneur Augustin Boscherry De Drucour contre les troupes anglaises.
En octobre 1758, il revient blessé en France de cette expédition, il perçoit une pension royaliste militaire de 400 livres.
Le 21 juin 1763 un arrêt autorise Mathieu Marchant De La Houlière à acheter à François-Xavier De Tord, baron de Leucate et de La Palme, une forge avec martinet au cœur du massif du Capcir (2 300m) au N-O du pic Peric (2 810 m) à l'extrémité des forets de Balmeta, proche de la source de la rivière Têt.
Le 20 juin 1769 à Salses, il marie sa fille unique Marie, Françoise Marchant De La Houlière avec un avocat normand Antoine François Lemoyne D'Aubermesnil (1748-1807).
Ce gentilhomme originaire de la Manche que Luc-Siméon Dagobert seigneur de La Hairie, de Saint Vaast et de Groucy connaît bien puisqu'il est né dans le diocèse de Coutances, baillage de Saint Lo et que le père du marié a combattu avec Mathieu Marchant au Canada.
Les 3 hommes sont très complices dans les affaires minières et solidaires des décisions métallurgiques.
En 1770, Mathieu Marchant perd son épouse Marie Agnès Dehers.
Pour oublier son chagrin, cette année là, il écrit et édite "Le traité de la fonte des mines" qui est un ouvrage de référence pour de nombreux métallurgistes.
Le 22 octobre 1770, Voltaire écrit au duc de Choiseul pour faire connaître l'intérêt qu'il porte à son neveu Mathieu Marchant De La Houlière afin d'obtenir la nomination de brigadier des armées du roi.
Ce grade qui lui est décerné.
Le 2 septembre 1772, Mathieu Marchant possède une fonderie sidérurgiste proche d'Ales (Gard) avec une mine pour l'extraction du minerai de fer et établit le nouveau concept de forgeage par le coke pour réduire le métal.
Mathieu Marchant propose une participation de sa métallurgie à son neveu l'écrivain Arouet-Voltaire, sa proposition commerciale est rejetée.
Luc-Siméon Dagobert lui achète ses parts, il est le seul propriétaire en 1784 et exploite l'usine avec Joseph Melchior, son beau-frère.
Luc-Siméon Dagobert vend les mines et la forge en 1787 à Jacques Perier et François Ignace De Wendel, administrateurs de la fonderie royale d'Inderet et fondateurs des mines du Creusot.
En 1775, le comte de Vergennes, ministre des affaires étrangères permet à Mathieu Marchant De La Houlière d'effectuer un voyage au Pays de Galles pour espionner les secrets des 60 forges qui fondent du bronze avec le coke.
Il visite 2 usines de canons de la Royal Navy à Broseley puis à Bersham .
Dans la fonderie de Broseley une ville du West Midlands traversée par au N-E la rivière Severn du West Midlands, la passion de la fusion des canons rapproche Mathieu Marchant et John Wilkinson le maitre des forges de ces lieux.
John Wilkinson lui permet d'assister durant 3 heures à une coulée d'un canon de 32 pesant 4 tonnes de fonte dans un fourneau à réverbère.
John Wilkinson propose d'envoyer en France son frère cadet William pour créer une fonderie semblable.
Mathieu Marchant satisfait de cette solution lui promet de répondre rapidement à sa proposition.
Rentré en France, il établit 2 rapports.
Un au comte De Vergennes et l'autre à Antoine De Sartines, né à Barcelona, ministre d'aout 1774 jusqu'en juin 1780 qui émigre en Espagne sous la révolution à Tarragone.
Antoine Sartines autorise à Mathieu Marchant d'écrire à William Wilkinson pour obtenir le contrat de la fabrication des canons pour la marine.
Du 10 septembre 1775 au 20 février 1776, à l'arrivée de William Wilkinson, Antoine Sartines demande à Mathieu Marchant d'effectuer ensemble une tournée d'expertise sur l'état des mines et la situation des fonderies sur le territoire français.
Sa décision est prise :
Il veut construire un arsenal militaire moderne plus technique et plus économique sur l'ile d'Indret proche de Nantes.
Le 9 janvier 1777, pour la construction de la fonderie d'Indret, Marchant De La Houlière se rend à Paris accompagné de Louis-Claude Angenoust pour rencontrer le ministre.
Lors de son entretien, il ne convainc pas le ministre qui à la confiance et la préférence d'André Fougeroux De Secval maitre artilleur à Brest, inspecteur de la forge royale de Ruelle.
André De Secval refuse d'envoyer un foreur à Nantes.
Il soupçonne que la création de cette fonderie lui enlève les prérogatives de la fonderie Ruelle et les contrats pour les canons avec la Marine.
Le 18 mars 1777 le ministre décide de bâtir la fonderie royale d'Indret.
Lors de la construction de l'arsenal sur l'ile d'Indret, l'entente entre l'anglais William Wilkinson et l'inspecteur André Secval est bonne.
En mai 1778 Marchant De La Houlière, militaire de carrière veut se rendre à l'usine d'Indret pour collaborer à l'agencement des travaux et assister au forage du 1er canon sorti de l'usine.
Son déplacement est refusé.
Le 08 juin 1778 nouveau drame, il perd à Perpignan sa fille unique Marie Françoise.
Mathieu Marchant De La Houlière engage son beau-fils Antoine D'Aubermesnil à prendre une nouvelle épouse.
Il lui choisit, une riche héritière de Salses.
Une fille unique naquit de cette union qui épouse Eugène Bondeau-Lacombe, maire de Perpignan en 1830.
En 1780, William Wilkinson quitte l'usine d'armement Indret 3 ans après son arrivée.
En 1783, Peter Onions et Henry Cort trouvent le "puddlage", cette phase essentielle qui transforme la fonte en fer ou en acier par réduction du carbone au moyen d'’oxydes de fer.
En 1789, l'ingénieur militaire d'Auvaret en tournée d'inspection des forts propose de murer la porte d'entrée de la forteresse de Salses et d'inonder les fossés pour en rendre l'accès impraticable car après le rattachement du Roussillon à la France en 1659, la forteresse de Salses a perdu son intérêt stratégique.
Ces destructions prévues en 1718 et en 1726 n'ont pas eu lieu.
Que représente la forteresse de Salses ?
Le 10 août 1497, après la destruction du bourg de Salses, Charles Quint ordonne à son commandeur et grand artilleur Ramirez, la construction d'une forteresse gardienne de la frontière à l'Ouest de l'étang.
Ramirez confit les travaux à l'ingénieur Francisco Ramiro Lopez qui est le père légitime de cette fortification.
En 1504, l'ingénieur Francisco Ramiro Lopez termine la forteresse rectangulaire de 115 m de long et 90 m de large avec des murailles roses et pleines d'une épaisseur de 12 m.
Cette masse de pierres est entourée d'une galerie d'escarpe qui joue le rôle de contre mine.
La forteresse possède à chaque angle une tour d'artillerie cylindrique ventilée où s'enroule un escalier en colimaçon qui mène aux 24 canons installés sur la plate-forme extérieure.
La forteresse cloisonnée en 2 parties par un large fossé intérieur et un pont levis qui est la seule entrée donnant sur la courtine à éperon.
A l'Est, autour de la place d'armes sont disposés les logements pour 1200 hommes, les magasins et les écuries d'une contenance de 300 chevaux.
La 2eme partie comprend au centre le donjon.
A l'Est et au Sud :
3 ouvrages extérieurs en forme de demi-lune reliés au corps par des tunnels aux galeries voûtées.
Mathieu Marchant De La Houlière offre de prendre à sa charge l'entretien des réserves et des armes ainsi que la protection du site à condition qu'on lui accorde ainsi qu'à ses descendants le titre et les droits de gouverneur de la forteresse.
Mathieu Marchant De La Houlière tient à son titre purement honorifique de gouverneur de la forteresse de Salses qu'il veut transmettre à ses descendants.
La forteresse abrite une garnison qui assure le relais de poste entre l'Espagne et la France.
Elle sert tour à tour de prison d'État et de poudrière.
Cette forteresse n'exige pas la présence d'un officier général.
Cette place forte constitue une planque qui lui permet d'exercer un second métier, celui de viticulteur dans les propriétés de son épouse.
Mathieu Marchant étend ses vignobles au-delà des limites du Roussillon vers le village de Fitou dans l'Aude.
La proposition de sa nomination comme gouverneur échoue car l'Assemblée Constituante vote le décret portant sur l'abolition de tous les droits féodaux, seigneuriaux et les privilèges.
Le 21 avril 1789,son beau fils Antoine d'Aubermesnil donne procuration à Mathieu De La Houlière d'assister à la réunion de l'Assemblée de la noblesse du Roussillon pour l'élection de ses députés.
En 1792, Antoine François Le Moyne d'Aubermesnil son beau-fils est élu député à la Convention Nationale par le département du Tarn.
Le 27 aout 1792, il reçoit l'ordre de combattre les génois pour la conquête du comté de Nice dans la province de Sardaigne.
Le corps de royal marine prend le nom de régiment Vermandois.
Mathieu Marchant De La Houlière et Jean Bernard Anselme embarquent le 17 septembre 1792 avec la troupe des régiments de Vermandois à bord de la frégate "Le Tonnant" que forme l'escadre des 9 vaisseaux aux ordres de l'amiral Laurent De Truguet.
Le 23 octobre 1792, engagé dans l'Armée du Midi aux ordres Jean Bernard Anselme, Mathieu Marchant De La Houlière lance le débarquement pour le rattachement à la république de l'enclave d'Oneille principale base de fourniture de l'Armée d'Italie.
Armand Du Chayla capitaine plénipotentiaire se rend en canot au port d'Oneille, territoire de Gènes.
Il porte dans l'embarcation la proclamation aux habitants de la ville.
Il est assisté pour cette cérémonie par le petit fils de Mathieu Marchant De La Houlière, Henri D'Aubermesnil enseigne de vaisseau quand le débarquement tourne au drame.
Les 3 officiers : D'aubermesnil, Isnard et Pelissier sont tués sur le canot par des tirs provenant des remparts.
6 autres marins retournent blessés au vaisseau "Le Tonnant".
Le lendemain Marchant De La Houlière maréchal de camp de l'amiral Laurent De Truguet ordonne l'incendie et la destruction complète de la ville d'Oneille.
Le général se remet mal de la perte cruelle de son petit-fils Henri D'Aubermesnil au même moment l'Assemblée Nationale présidé par Mathieu Dumas crée l'Armée des Pyrénées-Orientales.
Le 04 mars 1793, le général Mathieu Marchant De La Houlière est nommé 1er commandant de la 10ème division.
Il adresse une lettre à l'administration qui stipule de mettre l'embargo sur tous les navires espagnols qui se trouvent dans les ports.
Le conseil départemental prend cette lettre comme preuve que la guerre est déclarée.
Le 13 mars 1793, Mathieu Marchant propose 3 pages d'un plan offensif précurseur pour attaquer le royaume d'Espagne par la ville de Puycerda.
Cette attaque offensive permet aux troupes française d'être les premiers à envahir l'Espagne bien avant l'occupation en France de l'Armée de la Catalogne.
Ce plan d'attaque fantastique reste en attente puis est remis à Paris à Luc-Siméon Dagobert qui se l'accapare et le met en application par son incursion comme une de ses trouvailles pour trouver la manufacture d'armes.
Luc-Siméon Dagobert malade ne trouve pas l'usine des armes.
Le général Joseph Servan présente son Etat-Major qui prend en charge les bataillons de volontaires.
Avril 1793, pour combattre l'invasion de l'Armée de la Catalogne Joseph Servan absent, nomme Mathieu Marchant De La Houlière 1er commandement en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales.
Le 1er commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales, Mathieu Marchant De La Houlière s'entoure de son ami l'aide camp du comte d'Estaing comme chef d'Etat-Major, l'ingénieur de marine du port de Rochefort Paul-Louis Gaultier De Kerveguen 56 ans, arrivé le 08 mars 1793.
Le 20 avril 1793, se déroule la bataille de Céret pour stopper l'avancement des Espagnols.
Mathieu Marchant De La Houlière dirige les combats de la prise de Céret entre les 2 000 fantassins et les cavaliers français aux ordres Amédée Willot contre la troupe et les cavaliers espagnols de Lluis Firmin Carvajal, comte De La Union.
La retraite des troupes françaises laisse un constat de débâcle au sein de la population, la victoire espagnole est retentissante.
La défaite entraine des sanctions, les représentants du peuple voient qu'une seule cause à cet échec, l'âge avancé de Mathieu Marchant De La Houlière qu'ils suspendent.
Quand les représentants du peuple se présentent dans la forteresse de Salses pour son arrestation, le commandant en chef ne veut pas se faire arrêter et ni être condamné.
Il est poussé par les représentants du peuple à se donner la mort en se brulant la cervelle.
Le 18 juin 1793 dans un acte de désespoir et il est poussé au suicide par les commissaires de la république..
Mathieu Marchant De La Houlière met fin à ses jours dans le salon de son hôtel particulier à Perpignan au 12 rue de la Cloche d'Or.
Une mort provoquée comme un suicide terrible.
Le général s'éteint après de longues heures d'agonie et de souffrance.
Ce geste tragique n'a rien d'une faiblesse par un suicide de la part du commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales comme le recopie et le traduit les biographies anglaises.
Le 1er commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales laisse un message édifiant pour son confident Louis-Charles De La Motte-Ango, vicomte de Flers :
"...Je souhaite que vous ne m'en voudrez pas pour ce geste et que vous ne soyez pas comme moi victime des trahisons, ce que je crains pour vous et pour la république....(1)
Adieu mon ami."

(1)Louis De Flers est guillotiné le 22 juillet 1794 à Paris. (clic sur la ligne)