Pour les députés conventionnels, Manuel De Godoy, 15ème secrétaire d'État des Affaires Etrangères d'Espagne est inconnu en France.
Pourtant en 1792, c'est bien lui, 1er ministre espagnol qui emploie une stratégie de corruption envers les membres de la Convention Nationale durant le vote du procès de Louis XVI pour obtenir la grâce du roi en leur promettant la neutralité du royaume d'Espagne si Louis XVI est épargné.
Manuel De Godoy, le favori du roi Carlos IV, s'aperçoit que gouverner, c'est capter l'opinion publique.
Il comprend qu'il doit rompre le silence sur la stratégie de neutralité espagnole car la guerre lui offre les conditions adéquates pour mener à bien son action de renforcer la monarchie et de saisir son rôle de protecteur du roi face aux idées révolutionnaires qui menace son royaume.
L'ennemi est partout : soldats, religieux, émigrés et aristocrates.
Le département des Pyrénées-Orientales n'est pas engagé en région révolutionnaire en France, au contraire la population rebelle catalane du Roussillon, naguère espagnole, se tourne vers le royaume d'Espagne du roi Carlos IV.
Le roi Carlos IV prétend à l'héritage de son cousin Louis XVI, il promet la délivrance des enfants prisonniers et de faire revenir en France les prêtres émigrés.
Cette guerre est une accélération d'une escalade vers la guerre de coalition avec l'Angleterre.
Nation contre Nation, civils contre civils et non plus une guerre d'armée contre une armée.
La "Guerra Gran" c'est la transition d'une guerre dynastique à une guerre de coalition, des guerres des rois aux guerres des peuples, une guerre d'extermination.
Le 1er ministre Manuel Godoy choisi comme 1er Commandant en chef de l'Armée de la Catalogne Antonio Ricardos âgé de 65 ans.
En janvier 1793, Le général en chef Antonio Ricardos devient le gouverneur de la Catalogne et remplace François-Antoine, comte de Lacy, 61 ans d'origine Irlandaise qui vient de mourir.
Pourtant en 1776, le général en chef Antonio Ricardos revient d'une mise à l'écart de la cour royale par Carlos III, le père du roi actuel pour avoir participé aux désastres de l'expédition espagnole d'Alger de juillet 1775 aux ordres des commandants en chef, Alejandro O'Reilly et de Pedro Castejon.
Pour travailler, Antonio Ricardos novateur, fonde le collège militaire de cavalerie d'Ocaña qui assure l'instruction des officiers.
La cavalerie : c'est sa vie puisqu'à 14 ans, Antonio Ricardos est nommé capitaine dans la cavalerie du régiment de Malte où son père est colonel.
En 1763, Antonio Ricardos maréchal de camp, part en Prusse étudier les tactiques et les stratagèmes de cavalerie dans les écoles du roi Federico le Grand.
A son retour, il épouse María Francisca Carrillo de Albornoz, comtesse de Truillas.
Le 15 février 1793, 30 ans après, les ordres de Carlos IV est d'envahir et d'occuper la plaine du Roussillon.
Faire que l'Espagne déclenche la première l'offensive pour montrer la détermination de la puissance de son armée mais surtout désorganiser l'adversaire.
Antonio Ricardos préside dans la forteresse de Sant Ferràn à Figueres la réunion secrète.
Autour de la table sont présents les regidors de l'Alt Empurdá, de Lança, de Garriguella, de Vilamaniscle, de Cura Parroco de Rabos, de Peralada, de Requesens, de La Junquera, d'Agullana, de La Vajol et de Massanet de Cabrenys mais aussi 3 hommes Antoine García, maire de Saint Laurent de Cerdans, Abdon De Noell, aristocrate, Jean De Costa, chirurgien.
Toutes ces autorités sont mises à contribution pour la préparation minutieuse d'une logistique de 4 colonnes comprenant de 3 500 soldats en provenance des forteresses de Figueras, de Roses, de Palamós.
Les regidors en réunion garantissent l'accueil et la collaboration de la population durant leur transfert jusqu'au Roussillon.
Le commandant en chef de l'Armée de Catalogne offre à l'ingénieur-général Joan Escofet âgé de 73 ans l'ouvrage et le rêve d'une vie :
La construction par un col d'une route peu élevé pour faire passer son armée et appliquer les ordres de la cour royale de rester au village de Céret dans les Pyrénées-Orientales.
L'armée de la Catalogne est bien accueillie dans le département et les 3 divisions s'installent à gauche, au centre et à droite par rapport à la vision de la citadelle de Perpignan.
Le commandant en chef Antonio Ricardos place son centre d'opération dans la ville de Trouillas avec 4 bataillons de fantassins et celle de la cavalerie de Soria du comte De La Union.
Son avant-poste au hameau de Nyls à 3 km du village de Ponteilla est formé par la puissante force de 400 artilleurs aux ordres de Manuel Cagigal.
Sa division droite aux ordres de Jeronimo Giron-Moctezuma marquis Las Amarillas, au mas Deu au Sud-Est sur la route de Pollestres avec les 4 escadrons de cavalerie des gardes wallonnes et du régiment des 1 650 fantassins aux ordres de Juan Curten.
Sa division gauche aux ordres Pedro Alcantara Tellez-Giron, 9eme duc d'Osuna dans la ville de Thuir au Sud-Ouest est appuyée par l'imposante colonne des cavaliers de José Urrutia et des frères Rafael et Pedro Adorno.

Lisabuzz.com Parle de 1793-1795 GUERRE DE LA CONVENTION CONTRE L'ESPAGNE :
N'y allons pas par 4 chemins, 1793-1795 GUERRE DE LA CONVENTION CONTRE L ESPAGNE est proprement hallucinant.
D'un point de vue esthétique, ce blog est soigné, propre et d'un gout très sûr.
D'un point de vue littéraire, il mériterait l'équivalent du prix Goncourt du Web.
Chaque matin, je brûle de lire les textes splendides.