"…Juan Curtén ya conoce las tropas que encarga, y las tienen la mayor confianza por su capacidad...".
Antonio Ricardos (1727-1794) Cdt en chef de l'Armée de la Catalogne.
Source:"Catalunya i la Guerra Gran" Josep-Fábregas Roig-Tarragona-2000.



Les racines de la maison De Curten se situent en Lombardie au village de Cantù, au Sud de la Suisse, à l’'Est du Piémont, à l’'Ouest de la Vénétie et au Nord d'’Émilie-Romagne, à 9 km au Sud-Est de Côme la ville plus importante.
La famille italienne Curten modifie son nom en De Courten et s'installe sur le versant Suisse du col alpin du Simplon à Brigue. La famille s'enrichie par l'assistance et par le contrôle du passage du col.
Elle construit un château à Sierre proche de Lens dans la Noble-Contrée où il exerce le bailliage du Valais Suisse.
L'influence De Courten atteint son apogée quand l'ambassadeur de France Michel Amelot négocie auprès des cantons du Valais Suisse la création d'un régiment qui sert loyalement la France jusqu'à la dissolution des régiments suisses par le décret de l'Assemblée Nationale, le 20 aout 1792.
Le 10 septembre 1792 le régiment Courten en garnison à Valenciennes commandé par Jean Antoine Adrien âgé de 70 ans, son cousin Joseph Hyacinthe Elie 62 ans et son associé Charles de Preux 58 ans, est dissous.
Cette dissolution prend une tournure imprévue et le roi Carlos IV demande à son ministre José Camano-Gayoso de récupérer le régiment pour servir les Bourbon d'Espagne.
C'est son grand-père Juan-Francisco qui est à l'origine de la branche espagnole des Curten.
Il épouse le 28 septembre 1692 Anne, Judith De Herreford, fille d'un riche commerçant anglais demeurant à Dunkerque.
Durant la guerre de Succession, Juan-Francisco sert le roi d'Espagne et il meurt à la bataille de Vanloo, le 13 septembre 1702 en laissant 3 fils :
  • Juan Armando, l'ainé 8 ans.
  • Charles-Marie.
  • Armand-Achille
  • les 2 cadets font une carrière militaire en France.

Juan Estienne Armando Curtén (1696-1745) porte les prénoms français déclarés de Jean, Etienne Armand, mais est baptisé "Jean Roger" à Dunkerque.
Les 2 prénoms francisés embrouillent les généalogies alors qu'il s'agit de la même personne.
Il est élevé par son oncle et parrain Roger Herreford qui pourvoit à son éducation et à ses études au collège des Quatre-Nations de Paris où le jeune homme révèle d'étonnantes dispositions pour les mathématiques et la géométrie.
A 13 ans, il entre comme enseigne dans le régiment familial Curtén puis il devient lieutenant en 1714.
En avril 1719, sa mère sur les conseils de Jacques De Robelin entrepreneur des travaux du port de Dunkerque l'inscrit à la prestigieuse Réal Academia Militar de Matemáticas de Barcelona qui forme les ingénieurs et les artilleurs militaires créée par Georges-Prosper Verboom.
Juan Armando Curtén a comme professeur Mateo Calabro qui lui apporte une solide formation d'ingénieur scientifique et donne une nouvelle orientation à sa carrière militaire.
En 1721, Juan-Armando part en mission au Pérou où le marquis de Castelfuerte, gouverneur de Lima lui décerne l'ordre des chevaliers de Santiago.
Juan-Armando se rend au Chili pour réparer la forteresse Préside de Callao en compagnie de l'ingénieur Juan Gayangos Lascari.
Après 4 ans, Juan-Armando avec le grade de capitaine et d'ingénieur en second revient en Espagne en garnison dans la ville de Ciudad Rodrigo pour effectuer les travaux à la forteresse qui surplombe le pont sur l'Agueda, passage stratégique entre le Portugal et le Nord de l'Espagne.
Il dessine le plan de l'arsenal et construit la route de Salamanque en direction du Portugal.
Le 4 février 1726 à Ciudad Rodrigo, il épouse Anna Antonia González, la sœoeur de son ami et collègue ingénieur Vicente Ignacio González qui travaille avec lui.
Le 16 août 1730, il est muté à la garnison en Catalogne dans la ville de Tortosa située à l'embouchure de l'Èbre au Nord-Est de l'Espagne, à 80 kilomètres au Sud de Tarragone.
Le 10 octobre 1730 à Tortosa, son épouse Anna Antonia Gonzalez accouche de unique fils Juan, Antoni lorsqu'il reçoit 10 jours plus tard l'ordre d'embarquer pour l'Amérique. La naissance de son fils fait qu'il manque l'embarquement.
En 1732, Juan, Armando reçoit une autre mission au Venezuela dans l'état d'Aragua pour diriger les réparations et dessiner les plans de la forteresse San Felipe Puerto Cabello, à l'Ouest de Caracas.
Le 27 mai 1735, il revient en Espagne en garnison à la frontière de Castilla dans la province de Salamanque pour dessiner les plans de Fuentes de Oñoro ville frontière avec le Portugal, il est nommé le 27 janvier 1740 lieutenant-colonel et ingénieur en chef.
Le 1er août 1741 il part avec l'armée de Philippe V attaquer le comté de Nice et la région de Gênes.
Le 3 septembre 1745, il meurt durant le siège de Tortona, près d'Alessandria au Nord de l'Italie contre l'armée du duc de Modène.
Juan, Antoni, Curtén est fils unique de Juan Armando.
Il à 15 ans à la mort de son père.

Né le 10 octobre 1730 à Tortosa, il est la 3ème génération militaire de la famille Curtén au service de l'Espagne.
En 1742, il débute à 12 ans comme cadet dans le régiment des gardes Wallonnes, il révèle ses talents militaires aux combats contre les Autrichiens à Campo Santo dans le duché de Modène à coté de son père.
Le 11 janvier 1744, il en en garnison à Rimini, il devient enseigne.
Le 13 aout 1746 sous-lieutenant en second il est affecté à la campagne d'Italie au siège de Tortona où son père Juan Armando meurt.
Le 22 septembre 1754 lieutenant en 1er, un an après il devient adjudant major en 2eme des artilleurs fait partie des 3 compagnies des gardes Wallonnes qui pénètrent en 1762.
Le 14 mai 1768 capitaine des fantassins.
Le 01 juillet 1775, il participe à l'expédition d'Alger commandée par Alejandro O'Reilly et Pedro González De Castejón.
Juan Antonio Curtén embarque le 08 mai à Barcelona avec 3 bataillons des gardes Wallonnes quand la tempête sur la Méditerranée se déchaine et oblige les bateaux à se refugier dans Carthagène pour reprendre la mer le 25 juin 1775 en direction d'Alger.
Juan Antonio Curtén côtoie durant cette expédition le quartel des officiers qui seront le soutient constant durant sa carrière militaire :
Antonio Ricardos, Alejandro O'Reilly, Lluis Firmin Carvajal, Caro Ventura, Félix O'Neille, Pedro Caro-Sureda, Joachim Oquendo, Antonio Corbel, Francisco Saavedra, Jerónimo Girón-Moctezuma, Francisco González-Bassecourt, Domingo Izquierdo, José Urrutiá.
Au retour de l'expédition, la xénophobie de la défaite est si forte que la cour royale sanctionne de disgrâce le quartel des officiers avec l'obligation de se tenir à distance du roi Carlos III et de la cour royale de Madrid pour se faire oublier.
De très nombreux officiers perdent leur grade et leur traitement.
Condamnés à l'isolement et à la marginalisation, les officiers déchus forment un réseau militaire solidaire secret dans un royaume d'Espagne qui oscille entre une politique de repli et un désir de modernisation.
Le 23 novembre 1780, capitaine des grenadiers au blocus de Gibraltar sous les ordres du général Caro Ventura jusqu'en 1782 qui le nomme le 1er janvier 1783, brigadier des gardes Wallonnes.
Le 14 janvier 1789, il obtient le grade de maréchal de camp.
Le 26 février 1791, commandant général des gardes Wallonnes par intérim avec le grade de lieutenant-général, il est chargé de l'évacuation de la ville d'Oran possession de l'Espagne depuis 1732 avec tout le matériel de l'armée.
Le 17 juillet 1793, sa division des 1er 2ème et 6ème bataillons des gardes Wallonnes acquière les lauriers de la gloire par le débordement de la citadelle de Perpignan.
Le 17 septembre 1793 Juan Antonio Curtén participe avec sa colonne aux combats du Vernet durant la bataille de Peyrestortes que gagne le général français Eustache-Charles Daoust.
Le 07 décembre 1793 Juan Antonio obtient la consécration suprême du Q.G. de l'armée de la Catalogne pour la fameuse tactique militaire pour lors de prise des 2 campements de Villelongue-dels-Monts et de Laroque des Albères contre Amédée Doppet, le commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales.
Le 14 décembre 1793 le col de Banyuls sur mer est son dernier exploit car atteint du typhus comme Antonio Ricardos et Luc-Siméon Dagobert, affaibli, il est relevé de son commandement.
Le 27 février 1795, major du régiment des gardes Wallonnes, il est nommé à 65 ans gouverneur et capitaine général de l'armée et du royaume d'Aragon.
Juan Antonio Curtén meurt le 21 décembre 1796 et ses funérailles se déroulent dans la basilique d'El Pilar de Zaragoza.
Juan Antonio Curtén a épousé à Barcelona Juana Isabel De Massenet dont il a un fils Juan Luis Antonio né à Barcelona le 03 juillet 1766 qui effectue sa carrière dans l'armée royale d'Andalousie.
En juillet 1811, Juan Luis Antonio prisonnier à Tarragone est amené en France jusqu'à la chute de l'Empire.
En 1824, Juan Luis Antonio De Curtén, comte de Coupigny est gouverneur de Tolède dans la province de la Máncha.
En 1870, la branche espagnole De Curtén s'éteint avec la mort du colonel Jose Maria Ramon Julien.