Sources : "Les girondins du Roussillon." Georges Sorel 1922. Editeur Latrobe-1889-Perpignan.
Le 10 aout 1792, les évenements sont connus le 15 aout 1792 à 10 heures. Cet évènement marque l'évolution de l'opinion de la population rassemblée devant l'Hotel du Département où le directeur de la poste Gagnon apporte le paquet à l'administration.
Les habitants acceptent les conséquences anti-royalistes et ils créent les comités révolutionnaires.
Le 21 septembre 1792, le Roussillon envoi ses députés à la Convention Nationale élus le 02 septembre 1792 dans l'assemblée électorale qui se tient à Céret.
Ils participent à la constitution civile du clergé, ils s'affilient à la Société des Amis de la Constitution.
L'exécution de Louis XVI n'est pas approuvée avec la même unanimité.
Les députés voient leurs séances troublées par des membres qui menacent leur sureté et leur liberté.
Exclus ils forment une insurrection pour constituer un Etat comportant moins de dangers.
Les masses populaires s'expriment dans des dialectes, des langues régionales qui font que la France n'est pas unie, mais aisement divisée.

Il faut résoudre l'équation Unité contre Diversité= 0.



  • Jean Birotteau 35 ans, député girondin.
    Avocat éclairé des affaires.
    Brave, instruit, patriote républicain, perspicace.
    C'est l'âme de l'insurrection fédéraliste pour le département.
    Par sa correspondance, il convint de son dégout contre les jacobins et influence ses 2 amis intimes :
    • François-Xavier De Llucia. 41 ans.
      Procureur général syndic.
      Elu maire de Perpignan en 1792, girondin, très patriote.
      Sa correspondance, nous fait découvrir un homme attachant, d'une grande culture.
      Président de l'administration d'un département totalement girondin.
      La famille De Llucia originaire de Millas.
      Son père Assiscle De Llucia est membre de la puissante fédération des tisserands et drapiers.
      Sa mère Thérèse Tabariès est native de Saint-Pons de Thomières dans le département de l'Hérault.
      De cette union née François-Xavier Llucia le 02 décembre 1752 à Perpignan.
      Il épouse le 23 août 1772 Rose De Cremadells, la 3ème fortune de Saint Laurent De Cerdans, veuve de Noel De Costa.
      Ce mariage bouleverse sa vie politique et propulse François-Xavier De Llucia à la tête du réseau des familles nobles et épiscopales de la Catalogne.
      Les 3 frères d'Abdon De Costa sont religieux à l'abbaye d'Arles sur Tech et aux Bains d'Arles.
      Son épouse Rose Cremadells est parente par sa mère au 1er consul Pierre Sicre et au curé Joseph Sicre de Saint Laurent de Cerdans.
      Les frères de la veuve Joseph et Pierre De Costa sont chanoines à la cathédrale de Sant Joan de Perpignan, le siège des pouvoirs de la collégiale.
      Ils émigrent en Espagne avec Damien Cremadells et ils s'engagent avec des troupes espagnoles dans la Légion du Vallespir.
      Abdon De Costa est l'un des notables laurentins qui offrent ses services au Quartier Général espagnol à Figueres pour l'invasion du département.
    • Jean-Etienne-Albert Sérane, 31 ans,
      Avocat au Conseil Souverain du Roussillon.
      Président des Pyrénées-Orientales qui lit devant l'Assemblée Nationale le 18 mars 1793 un texte qui met en cause l'incapacité des représentants du peuple, Raymond Gaston et Joseph Fayau qui depuis leur arrivée le 09 mars1793 sèment la discorde au sein de la population catalane.
      En tête devant la population de Perpignan en délire, venue au soutient des forces de la division le général en chef Eustache Charles Daoust le vainqueur de la bataille de Peyrestortes le 17 septembre 1793.
    Le 24 janvier 1793, Jean Birotteau plein de fougue, ne se sent pas libre au sein de l'Assemblée Nationale.
    Il écrit à son ami François-Xavier Llucia :
    …" dominé par une poignée d'hommes qui se disent amis du peuple, traitant d'aristocrates et calomniant tous ceux qui ne se mêlent pas à eux et n'adaptent pas leurs principes" …
    La circulation rapide du courrier établie entre département voisin démontre le bon fonctionnement des informations entre les administrations.
    Les correspondances provenant de la capitale sont alarmantes, elles font craindre des catastrophes.
    Toute correspondance qui vient de Paris est inquiétante, chaque membre envoyé par le Comité de Salut Public est suspect.
    François-Xavier Llucia est le dépositaire de l'administration du département, les correspondances sont adressées à lui et toutes les réponses sont faites par lui.
    Le 07 mars 1793, jour de la déclaration de la guerre contre l'Espagne, Jean Birotteau expose la violence des montagnards dans une lettre à François-Xavier Llucia :
    …"Je suis heureux d'apprendre qu'à Perpignan, l'esprit public est resté pur en comparaison de ce qui se passe chaque jour sous nos yeux.
    Se voir coupable et injuriés par des enragés.
    Il est impossible de parler en sens contraire à leur opinion sans être accablé par des épithètes les plus grossières et les moins mérités"…

    Le 20 mars 1793, François-Xavier Llucia écrit à son collègue de l'Assemblée Législative du Lot-et-Garonne le général Jean-Gérard Lacuée :
    …"Il me tarde quelques triomphes sur l'armée espagnole pour oublier les pillages et les scènes humiliantes de ceux qui en sont les apologistes après avoir été les provocateurs"…
    Le 20 avril 1793, le département est sans défense contre l'envahisseur espagnol. François-Xavier Llucia écrit au ministre de la guerre Jean-Nicolas Pache suite à l'invasion des troupes à Saint Laurent de Cerdans :
    "Il parait que des scélérats à gages ont voulu lassé notre courage …pour nous forcer à reconnaître un pouvoir étranger.".
    "J'ai juré de n'admettre que la loi : quelle parle et je ne connais alors que l'obéissance."…

    Les plaintes des autorités pour obtenir des troupes en renfort et du matériel sont restées sans réponses, elles amplifient l'écho des villageois qui évoquent une conspiration établie au sein du Comité de Salut Public pour livrer le département à l'ennemi espagnol.
    Le 28 mai 1793, Jean Birotteau en pleine séance de l'Assemblée Nationale reproche à Maximilien Robespierre son hypocrisie.
    Jean-Nicolas Pache protégé par les membres de la Commune certain que Jean Birotteau est la cause de son éviction au ministère de la guerre, prend sa vengeance en l'ajoutant dans la liste des 22 députés girondins.
    Le 30 mai 1793, Jean Birotteau partisan passionné de la démocratie directe devient un député extrémiste.
    Il écrit à son ami François-Xavier Llucia :
    …" Il est bien douloureux pour quiconque aime sa patrie de la voir sous le joug de 9 tyrans plus despotes que celui dont ils ont fait tomber la tête…"
    Ce 30 mai 1793, débute l'attentat politique, les députés qui échappent à l'arrestation appellent au soulèvement les départements provinciaux contre l'Assemblée Nationale prisonnière du mouvement populaire parisien avec son effrayante concentration des pouvoirs.
    Les députés lancent le soulèvement qui dure jusqu'au 20 septembre 1793 contre les conflits politiques, sociaux ou religieux, se greffent sur un mouvement où domine une hostilité envers la capitale, réputée autoritaire.
    C'est la révolte fédéraliste : du latin "foedus" = alliance.
    Un mode d'organisation où chaque membre dispose d'une autonomie, participe collectivement aux décisions et délègue ces pouvoirs à un organisme central, dit fédéral.
    Un mouvement insurrectionnel de pacte d'union entre les gardes nationaux et les régiments d'armée contre l'usurpation de la ville de Paris contre les départements de la France.
    Les causes du mouvement fédéraliste sont complexes et varient selon le désir d'autonomie, le mécontentement économique, la peur de la terreur, les sentiments royalistes exacerbés, les liens avec l'étranger.
    L'idée d'une république "une et indivisible" est une force en France en dépit des problèmes d'immigration et aux inégalités.
    Le fédéralisme remet en cause l'autorité de la nation, s'oppose au nationalisme par une réaction violente qui est la désagrégation de l'État.
    Elie-Marguerite Guadet, magistrat député girondin, né à Saint Emilion à 35 km au N-E de Bordeaux propose un décret prévoyant la cassation des autorités parisiennes et le déplacement des députés suppléants à Bourges.
    Le 02 juin 1793, en pleine guerre contre l'Espagne se développe un 2ème front de guerre civile.
    Cette guerre civile s'alimente des désastres et des échecs militaires, des difficultés financières de la noblesse, du châtiment excessif fait au roi.
    La conviction que les habitants sont seuls à supporter la misère et les dégâts de la guerre, qu'ils sont abandonnés par les responsables de la capitale fait que les administrateurs de la Société Populaire de Perpignan partagent l'horreur, le désavoue et l'indignation des députés contre l'usurpation générale des pouvoirs jacobins, ils s'unissent en comité d'insurrection.
    L'impétueux Jean Birotteau est arrêté, ce 2 juin 1793. Il s'échappe et se rend à Lyon d'où il lance un appel aux Français pour s'organiser en comité fédéraliste contre les députés montagnards.
    Dans le Roussillon, les Girondins sont puissants, ils disposent du département, des districts, de l'Hôtel de Ville, de la Société Populaire et des administrateurs du Conseil Général.
    Le 14 juin 1793, le conseil général de Perpignan se réunit suite à l'arrestation des députés locaux girondins.
    Les membres du conseil convaincus d'un changement de régime devant la gravité pour la patrie républicaine, ils veulent conserver l'union et non la division politique, ils décident de convoquer en urgence les 4 sections de la ville.
    Le 16 juin 1793, les 4 sections de la ville se réunissent en état de résistance à l'oppression.
    Les membres du Conseil Général présentent la situation aux 4 sections de Perpignan comme une défaite de la province contre Paris.
    Les 4 sections votent un "OUI" à main levée pour se joignent avec passion à la révolte des 60 départements.
    Les membres se retirent pour appeler rapidement une convocation plus large des membres de l'Assemblée Primaire.
    Le 18 juin 1793, la séance publique mobilise la totalité des hommes du département.
    Un vœu général de la mobilisation est de rédigé une "profession de foi" .
    Cette profession de foi rédigée est imprimée.
    • Joseph, Pierre Fabre, 52 ans, né à Sahorre (Pyrénées-Orientales). Député de la Convention Nationale. Médecin et juge de paix.
      Maire de la commune de Vinça.
      Nommé substitut procureur général syndic. C'est à ce titre qu'il déclenche la célèbre mobilisation fédéraliste et la réunion en Assemblée des autorités du département dans la cathédrale Sant Joan de Perpignan.
      Cet appel placardé accompagné de "la profession de foi "sur les murs de la ville signé de Joseph Fabre, fait de lui un homme persécuté à vie.
      Joseph Fabre de Sahorre est constamment sur ses gardes et obsédé par la dénonciation.
      Le jour même, le Conseil de Permanence valide le droit à cette requête.
      Joseph Fabre est guillotiné à Paris, le 01 messidor An II, comme fédéraliste et conspirateur de la république.

    Le 17 juin 1793, la transcription fidèle de la convocation démontre dans son contenu que tout le monde croit aux accusations de trahison.

    Songez que l'Espagnol vous assiège et que Paris avec sa faction dominante,
    vous abandonne à cet ennemi dévastateur que le maire de Paris est Pache et
    que Pache est l'ex-ministre perfide qui vous a dénié le secours
    que vous n'avez cessé de réclamer depuis plus de 2 ans et
    dont la privation est devenue et devient tous les jours plus fatale.
    Il est essentiel que la France entière, que l'Univers sache
    que les habitants des Pyrénées-Orientales livrés traitreusement à leurs
    ennemis extérieurs ont fermement résolu de les combattre et
    de s'élever contre toute oppression, contre toute faction des ennemis intérieurs
    qu'ils veulent une constitution républicaine et qu'ils mourront plutôt que de reprendre les fers.


    Le 18 juin 1793, a lieu la gigantesque réunion de l'assemblée primaire.
    Tous les conseils généraux des communes sont descendus des massifs de Cerdagne, du Vallespir, du Conflent, des Fenouillèdes, les agents civils et les militaires des districts, les commissaires et les officiers de Santé de la Société Populaire de Perpignan sont au rendez-vous.
    L'ordre du jour porte sur les mesures à prendre sur la cassation des autorités parisiennes et sur la proposition du décret d'Elie Guadet daté du 18 mai 1793 concernant le déplacement à Bourges des députés suppléants.
    La présence des termes : fédération, fédérer, donne lieu à des débats politiques confus et houleux sur le sens d'union et de division qui caractérise les partisans.
    Chacun sait que l'ancien régime du comté du Roussillon est une vraie fédération politique avec son statut particulier et ses privilèges.
    Ces discussions varient et mettent en causes le désir d'autonomie, de mécontentement économique, de peur de la terreur, de sentiments royalistes exacerbés, de liens avec l'étranger.
    Au moment des délibérations, les localités hésitantes vont à l'encontre des principes républicains et elles remettent en cause l'indivisibilité.
    Les 3 résolutions de la réunion du Conseil Général :
    • A la majorité condamne la trahison et le coup de force des montagnards.
    • Apporte son soutien aux catalans élus pour casser l'autorité des députés de Paris.
    • Met en place le projet de nommer les délégués suppléants à Bourges.
    • La prochaine réunion du Conseil Départemental est reportées pour être fixée au 24 juin 1793.
    Les membres des localités sont convaincus de la nonchalance et l'incivisme du pouvoir exécutif de Paris qui laisse le département crevé sous le drame de la guerre contre les Espagnols.
    Cette guerre contre l'Espagne empêche toute formation d'une force armée chargée d'assurer la liberté des délibérations.
    Dans la rédaction de la proclamation qui sert de rapport une annotation à ce sujet est inscrit:
    …" Ne pouvant pas porter ailleurs nos forces et nos bras que nous sommes obligés d'opposer à l'Espagnol…." mais le malaise est profond, le désavoue des députés du département se traduit par la collecte de 3 paquets de signatures de protestation.
    Le 20 juin 1793, François, Emmanuel Siau, 49 ans, né à Perpignan. Négociant, membre du comité du commerce, ancien député à l'Assemblée Législative pour les Pyrénées-Orientales part en mission à Paris, il écrit à Llucia son fidèle ami, une lettre non signée :
    …"Je ne peux pas décrire le compte-rendu de la séance du 02 juin, car le contenu de cette lettre ne vous parviendrez pas, j'ai à vous dire beaucoup de choses qui ne seront pas de leur gouts"…
    L'administration de Perpignan manifeste un enthousiasme pour la nouvelle constitution de l'an I adoptée par la Convention Nationale.
    Au même moment, Pierre Bonnet, Augustin Leyris et Joseph Projean arrivent dans le département.
    Le 24 juin 1793, le conseil du département se tient bien.
    La réunion est un échec car aucun membre ne se prononce pas pour citer les 2 noms d'élus suppléants, ils votent de payer d'avance les frais de voyage, de séjour et de nourriture des 2 élus.
    Il refuse l'envoi à Paris les fonds en espèces de l'Hôtel de Monnaie sous prétexte que les routes ne sont pas sures.
    Le conseil départemental renvoi au 02 juillet 1793 durant la tenue de l'Assemblée Primaire la nomination des 2 noms des délégués pour Bourges.
    Jean-Michel Chambon La Tour député du Gard, maire d'Uzès de passage à Toulouse écrit à son ami de l'Assemblée Législative François-Xavier Llucia de ne pas tomber dans un excès dangereux en combattant les jacobins et il ajoute :
    … "N'oubliez pas de combattre les aristocrates et de les ensevelir dans un même tombeau"…
    Le 25 juin 1793, le département demande l'autorisation de convoquer le corps électoral pour remplacer les administrateurs manquants.
    François-Xavier Llucia déterminé adresse une circulaire à chaque chef-lieu de canton


    La plupart des départements voisins, un grand nombre de ceux du Nord et de l'intérieur ont délibéré ont délibéré d'envoyer 2 commissaires à Bourges non pour y exercer des fonctions conventionnelles ou législatives, mais pour y délibérer sur les dangers de la Patrie…
    Cette réunion doit écraser les factieux que Paris renferme dans son sein et rendre à la Convention Nationale, par le poids imposant de l'opinion générale, cette autorité, cette liberté, cette confiance qui lui sont si nécessaires.


    Le corps électoral est réuni mais de nouveaux émissaires secrets (espions) se sont infiltrés.
    François-Xavier Llucia bon négociateur et diplomate sollicite les 2 commissaires du peuple Etienne Letourneur et Jean-Pascal Rouyer à procéder à la nomination des administrateurs manquants.
    Le journal départemental du 22 au 29 juin 1793 "L'Echo des Pyrénées" publie.
    La faction liberticide a dégarni la frontière, que le peuple français ne doit pas seulement une constitution mais aussi une armée …" l'infâme coalition qui voulait anéantir le règne des lois a soustrait toutes les ressources aux départements qui voulaient les maintenir"…
    Signé : Jean-Etienne Sérane.

    Le 27 juin 1793, le lendemain la prise par les troupes espagnols de la forteresse de Bellegarde oblige le Conseil Départemental à réunir le quartel des généraux et des officiers.
    Il est dangereux aux militaires de se réunir dans une assemblée publique.
    La séance tourne à une explication par les officiers des souffrances endurées durant le siège.
    Le 14 juillet 1793, la fête nationale se déroule au camp de l'Union au sommet de la colline Serrat d'En Vaquer avec tambour et musique.
    François-Xavier Llucia est l'organisateur de cette fête.
    Il arbore fièrement avec joie sur le bonnet catalan rouge, une bannière où est accrochée la nouvelle constitution, sur laquelle il a posé une couronne de chêne.
    Comme un majestueux orateur romain, (quelle similitude avec les jeux olympiques de Barcelona en 1982), il lit la constitution traduite en catalan que chacun jure avec enthousiasme démesuré de défendre.
    François-Xavier Llucia avec sa foi ardente et son rage patriotique écrit un texte fantastique et fabuleux pour cette jeune 1ère république qui 220 ans plus tard n'a pas vieilli :
    … "...Nous ne connaissons ni coté droit, ni coté gauche.
    " Nous ne nous occupons pas des querelles d'individus.
    " Chaque habitant n'a que 2 bras : " Il emploiera l'un à chasser l'Espagnol,
    " le second à terrasser les factieux et à défendre jusqu'au dernier soupir le serment qu'il a fait de vivre libre...".

    La fête nationale est une réussite malgré l'influence de la fédération de Toulouse qui exerce une emprise sur les autorités de Perpignan.
    Les autorités concentrent leurs forces à la défense du territoire contre les troupes espagnoles.
    A Paris, le citoyen Izaure délégué des assemblées primaires départementales remet à Joseph Cassanyes dans l'Hôtel d'Arbois, les 3 paquets de procès-verbaux de l'assemblée électorale pour le déplacement des députés suppléants à Bourges qui s'est tenu à la cathédrale Sant Joan de Perpignan.
    Joseph Cassanyes prudent fait disparaître les actes fédéralistes.
    Il s'empresse à brûler les documents compromettants dans le poêle de l'hôtel.
    Il sait que la disparition des témoignages écrits évite à chacun des sanctions disciplinaires.
    Joseph Cassanyes reçoit la veille, sa mission pour l'Armée des Pyrénées-Orientales.
    Le 17 juillet 1793, la guerre prend plus d'ampleur par l'attaque frontale de la citadelle de Perpignan.
    C'est la 1ère victoire française par le fabuleux commandant en chef Louis-Charles De Flers face au talentueux Antonio Ricardos ranime l'élan patriotique au sein des autorités et démontre que les troupes espagnoles peuvent être vaincu.
    Le 26 juillet 1793, François-Xavier Llucia est persuadé d'être dénoncé d'incivisme par le membre du comité de Défense Générale Edmond Dubois-Crancé qu'il accuse ouvertement du blocage le 03 juillet 1793 de 2 bateaux de munitions de 30 canons partis de l'arsenal d'Auxonne à 30 km de Dijon pour l'approvisionnement de l'Armée des Pyrénées-Orientales aussi François-Xavier Llucia se lance dans des tentatives d'apaisement.
    Pour montrer sa bonne fois dans le mouvement fédéraliste, il annonce au ministre de l'intérieur et au Comité du Salut Public le résultat du vote et ajoute un paragraphe dans son courrier ou il n'hésite pas de clarifier sa position …"Loin de nous toute idée de fédéralisme, nous le redoutons autant que l'anarchie. L'unité et des lois, tel est le cri de notre cœur et le vœu de tous les républicains du département"…
    Le 23 août 1793, François-Xavier Llucia perd de vue les girondins en fuite.
    La fête du 10 aout est un succès, un mois s'est écoulé, il se croit tiré d'affaire dans l'implication à l'insurrection fédéraliste modérée, sans virulence.
    Le département n'a désigné aucun nom de délégué pour Bourges ce qui fait de l'insurrection un échec.
    Le tort des fédéralistes est d'avoir confondu leur lutte en intégrant dans leur pacte les royalistes abandonnés.
    Les administrateurs et les secrétaires de districts sont suspendus de leur fonction sur l'inculpation de complot.
    La majeure partie de ces autorités en cause sauve leur vie pour ne pas être emprisonnée, ils émigrent en Catalogne.
    François-Xavier Llucia met son patriotisme à combattre les désastres du front principal que représente la guerre, il écrit à sa mère dans l'Hérault que Claude Fabre, Jean Espert de Mirepoix, Pierre Bonnet de Limoux et Joseph Projean de Carbonne (31) ont une grande confiance en lui.
    Les fonctionnaires départementaux sont remplacés le 06 brumaire An II par violation de pouvoir par des hommes extérieurs devenant membre de la Société Populaire de Perpignan fait que le 18 brumaire la situation qui se dégrade vite.
    L'instauration de la terreur et le renforcement du pouvoir central sont les répliques des députés de la montagne à cette insurrection fédéraliste violemment réprimée par les représentants en mission.
    Au moment où personne ne s'attend, la dénonciation des fédéralistes des Pyrénées-Orientales arrive aux membres du comité de Sureté Générale par Jean Julien. Pasteur protestant de Sète, député du département de la Haute-Garonne.
    Le maudit rapport établit par Jean Julien dans lequel il accuse la majorité des aristocrates de Perpignan et précise dans une liste les 30 noms des administrateurs rebelles puis désigne François-Xavier Llucia comme le meneur principal coupable des évènements.
    Joseph Cassanyes a déjà brulé les documents compromettants. QUI ??? (4 pistes sont possibles) fournit les pièces originales dangereuses et préjudiciables qui apparaissent pour ces accusations fédéralistes devant les tribunaux révolutionnaires ?
    Telles que :
    1. L'extrait des registres du 14 juin 1793. Signé Bonaventure Vaquer, maire.
    2. Les documents des séances d'assemblée de la cathédrale Sant Joan du 16 et du 18 juin1793.
      Signés par François Llucia président, Viguier, Ségui et Figeac, secrétaires.
    3. L'extrait des registres du conseil départemental du 26 juin 1793. Signé par Jean Sérane, président et Joseph Estève secrétaire général.
    Je vous dévoile la 4ème piste: .
    Quelques jours avant la bataille de Perpignan, les autorités en place effectuent le transfert le 05 juillet 1793, des documents notariaux et les archives départementales à Carcassonne.
    Les autorités ne retirent pas le précieux registre de la "Procuracio De La Réal" qui contient les listes détaillées, ainsi que les noms signataires des assemblées fédéralistes.
    Cela ne vous rappelle pas une 2ème version "de la tasse de chocolat bue à Madrid par Antonio Ricardos ?"
    Découvrez les 3 autres pistes ? Le 06 brumaire An II-27 octobre 1793, l'administration du département est dénoncée.
    Un arrêté révoque François-Xavier Llucia, Jean-Etienne Sérane, Joseph Fabre et 11 administrateurs ainsi que 6 médecins de l'Armée des Pyrénées-Orientales.
    Le 31 octobre 1793, les girondins sont chassés, appréhendés après une féroce répression, ils sont enfermés pour être décapités.
    22 députés girondins sont exécutés.
    Côté vainqueur, le centralisme parisien triomphe avec le jacobinisme et les appréhende.
    Les uns après les autres, les noms de la liste sont découverts, les prisonniers sont souvent décapités.
  • Jean-Bonaventure Birotteau,35 ans, né à Perpignan..
    Secrétaire du district, officier municipal de Perpignan, très érudit parlant 3 langues couramment l'espagnol, le grec et l'hébreu.
    Il est accusé d'être le chef d'un comité insurrectionnel pour le soulèvement des départements.
    Il est déclaré traître à la patrie et mis hors la loi lors du siège de Lyon.
    Il se cache à Bordeaux, arrêté au moment où il s'embarque pour les Etats-Unis.
    Il est guillotiné à Bordeaux, le 24 octobre 1793.
  • François-Xavier Llucia apprend par les 2 représentants du peuple Gaston et Bonnet de l'Aude qu'il est inculpé le 24 octobre 1793 au camp de Banyuls dels Aspres.
    Il annonce à ses collègues qu'il part le lendemain à Paris pour justifier de son accusation comme perturbateur, sans donner sa démission..
    Ce même jour, son plus fidèle ami : Jean Birotteau est guillotiné
    Le 21 pluviôse an II, il est arrêté.
    François-Xavier Llucia qui terminé ses lettres par le désir d'une "mort glorieuse", il s'empoisonne le 25 mai 1794 pour échapper à la guillotine.
  • Jean-Etienne Sérane, 31 ans, avocat, il est arrêté et traduit devant le tribunal révolutionnaire. Il est guillotiné le 19 juin 1794.
  • Bonaventure Vacquer, 41 ans, maire de Perpignan en 1793 est arrêté et traduit devant le tribunal révolutionnaire.
    Il est guillotiné le 19 juin 1794 le même jour que Jean Etienne Sérane.
  • Jean-François Dougados connu sous le nom de Venance Dougados.
    Capucin du monastère saint Augustin de Perpignan. Professeur de l'université de Perpignan.
    Il est arrêté le 13 aout 1793 torturé et transféré malade devant le tribunal révolutionnaire à Paris.
    Il est condamné à mort pour fédéralisme et il est exécuté le 14 janvier 1794.
  • Joseph, Antoine Guiter né à Torreilles, le 24 février 1761.
    Ecclésiastique, docteur en théologie et maire de Perpignan en 1791. Girondin, il est arrêté et incarcéré avec 72 députés.
    Il retrouve la liberté après le 9 thermidor.
  • François, Emmanuel Siau, né à Perpignan le 03 juillet 1744. Négociant, il disparaît de la scène politique après la session parlementaire et se cache le reste de sa vie.
  • Etienne-François Montégut né à Ille sur Têt (Pyrénées-Orientales) ne signe aucun des documents compromettants du conseil du département.
    Il passe pour un paysan illettré et décède à Constance en Suisse, le 03 octobre 1827.
  • Claude Souchon De Champron, 66 ans, général commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales,
    il est accusé et condamné de s'être uni aux fédéralistes avec un bataillon d'artilleurs sur Bordeaux.
    Il est condamné à mort et décapité le 12 avril 1794 à Paris 12ème.
  • Joseph Servan général commandement l'armée des Pyrénées Orientales. Il est destitué le 4 juillet1793 et arrêté à Condrieu puis transféré à la prison de l'Abbaye.
    Il est oublié pour être libéré en janvier 1795.
  • Jean-Baptiste Banyuls chevalier de Montferrer, né en 1735 à Perpignan habitant Laroque des Albères,
    Capitaine de cavalerie au régiment de Royal-Navarre, dénoncé et emprisonné à Montpellier en mai 1793.
    Il est relâché après le 9 thermidor.