Sources: "historia del pensamiento político catalán 1793-1795" par Ángel Ossorio-1977-Ediciones Grijalbo-México.



Quels sont les faits ?
Le 18 décembre 1793 le commandant en chef Antonio Ricardos décide après un siège de 6 mois de prendre possession des forts de la côte rocheuse : Port-Vendres, Collioure et Saint-Elme.
C'est une nécessité stratégique pour acheminer les troupes et le matériel du port de Roses.
L'Armée de la Catalogne doit conquérir les ports afin de se déployer dans le département à partir du Q. G. du village du Boulou.
La nuit du 19 décembre 1793 sous une pluie battante Francisco la Cuesta remplace le général Juan Curten à la tête de la division.
Juan Curten est atteint par l'épidémie qui frappe le Vallespir depuis le 03 novembre 1793 qui a contaminé les chefs :
Luc Siméon Dagobert, Amédée Doppet et Antonio Ricardos.
Francisco la Cuesta est convaincu que la colline du puig Oriol au Nord de Collioure reste imprenable, sa stratégie est d'attaquer par le col de Mollo à l'Ouest qu'il considère comme le passage moins gardé.
Le mouvement de Francisco La Cuesta est de déborder par une offensive sur sa droite de la colonne du régiment de Séville aux ordres d'Ignacio Javier Ortiz et d'Antonio Espeleta contre la divison française du général Louis-Pierre Delattre qui se replis sans résistance puisque les fantassins se retirent du combat.
Sa gauche, la colonne du régiment du marquis Castrillo pénètre dans la garnison du port de Collioure, le 19 décembre 1793 où les régiments français dans une grande pagaille se sont retirés.
La colonne du centre composée des régiments de Soria et de Murcia aux ordres de Francisco José Solano prend possession du fortin de Saint-Elme commandé par le chef de brigade Dufour.

Qui est Francisco José Maria Solano, le vainqueur du fort Saint Elme ?

Il est né le 10 décembre 1768 dans le quartier Mariana Santiago de León à Caracas (Venezuela).
C'est le 5ème enfant d'une famille d'un officier de marine de 11 enfants.
  • Sa mère :
    Rafaela Josefa Ortiz de Rosas-Briviesca née le 19 mars 1743 est la fille du gouverneur de Buenos Aires Domingo Ortiz de Rosas. (Aucun lien de parenté avec le dictateur Ignacio).
  • Son père :
    José Solano y Bote né le 06 mars 1726 à Zorita (Estrémadure) est amiral dans la marine royale.
    En 1754, il embarque avec sa famille au port de Cadix vers l'Amérique du Sud en compagnie des commissaires José Yturriaga et Apolinar Diaz Fluente pour délimiter la frontière entre la Guyane espagnole et la Guyane portugaise.
    Sa mission terminée, il est nommé gouverneur militaire à Caracas (1763-1771) au Venezuela où son épouse met au monde Francisco José son 2ème fils.
    En même temps, il reçoit sa mutation pour l'ile Santo Domingo où il devient gouverneur de 1771 à 1779.
    Durant cette période, sa femme accouche de son 3ème fils, le benjamin Estarusmo José-Ramon.
    Le 09 mai 1781 sous les ordres de l'escadre dirigée par Bernardo Galvez, son père participe à la guerre d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique contre l'Angleterre.
    Il est vainqueur à la bataille de Pensacola.
    Le 08 mai 1784, il revient en Espagne s'établir avec sa famille.
    Le 25 juillet 1784, le roi Carlos III lui décerne pour cette victoire le titre de marquis del Socorro.
En 1779, Francisco José Solano âgé de 11 ans et son frère ainé José Maria né à Cadix, âgé de 16 ans débarquent en Espagne.
Les 2 frères ont reçu leur éducation des chevaliers de l'ordre de Santiago et de l'ordre de la croix écarlate de Sant Juan. (parcours identique que Lluis Firmin Carvajal, comte De La Union).
Francisco Solano continue ses études de théologie, de philosophie et d'hébreu au prestigieux séminaire des Nobles de Madrid où il apprend : le latin, l'italien, l'anglais et le français.
Les 2 frères poursuivent leur éducation de gentilhomme à la cour royale des pages de Madrid où ils partagent les idées et les causes humanitaires.
Francisco José s'enthousiasme pour l'art, la philosophie, la musique mais c'est à travers la peinture qu'il trouve sa passion.
Francisco s'engage comme cadet dans le régiment d'élite des cavaliers de la garde royale où il étudie la science de la guerre avec les stratégies et les tactiques. Rapidement il est reconnu comme un brillant élève.
Le 03 juin 1784 à 16 ans, il est nommé capitaine des lanciers de la garde Bourbon en garnison à Malaga, son régiment participe à l'expédition d'Alger sous les ordres de Ventura Caro qui trouve en lui un officier doué.
Le 24 juillet 1784 pour sa bravoure sous les ordres du duc de Crillon, il est élevé au grade de 1er lieutenant de cavalerie.
Le 07 mai 1789, il est nommé grenadier dans le régiment des artilleurs de Sagunto.
Le 14 janvier 1790, il est muté au siège de Gibraltar dans le 2ème régiment de Murcia "Le loyal" où son frère ainé est en garnison dans la province de Cadix au village San Roque dans la baie de Gibraltar.
Le 04 février 1790, il est promu au grade de 2ème lieutenant dans le régiment de Murcia.
Le 29 septembre 1791, il obtient le grade de lieutenant colonel dans le régiment de Navarre commandé par Ildefonso Arias Saavedra en garnison à Mélina puis son régiment est détaché à la forteresse d'Oran.
Début 1793, il revient en Espagne en garnison à Malaga.
Francisco José Solano avec le corps du 2ème régiment de Murcia est transféré à Saragosse pour renforcer l'armée d'Aragon devant la Seu d'Urgell (Au Nord d'Andorre).
Le 17 Juin 1793, Carlos IV signe sa mutation sur le front de guerre coté Catalogne contre la Convention Nationale avec le grade sous-lieutenant de la compagnie des fusiliers au 2eme bataillon du régiment de Murcia.
Le 8 Juillet 1793, Antonio Ricardos cantonne le 2ème régiment de Murcia au village de Thuir où Francisco José Solano est sous les ordres de José Urrutia.
Son régiment couvre l'occupation des villages de Caixas, de Terrats, de Fourques, de Llupia et de Sainte Colombe.
En Aout 1793 il obtient le grade de lieutenant colonel à la tête du régiment de Soria pour sa participation aux combats d'artilleurs au hameau du Vernet proche de la citadelle de Perpignan.
Fin octobre 1793, Antonio Ricardos déplace le 2ème bataillon de Murcia en renforcement du régiment de Juan Molina en garnison à la forteresse Lagarde à Prats de Mollo.
Le 18 décembre 1793, le général Federico La Cuesta remplace Juan Curten à la tête de la division Est pour la prise des places fortes de la côte rocheuse : Port-Vendres, Collioure et Saint Elme.
Francisco Solano prend possession du fort Saint-Elme, le 19 décembre 1793.
Le 13 mars 1794, le commandant en chef Antonio Ricardos meurt à Madrid et Lluis Firmin Carvajal, comte De La Union reprend le commandement de l'Armée de la Catalogne.
Après la déroute de la bataille de Montesquieu le 01 mai 1794, l'Armée de Catalogne se retire en Espagne mais durant sa retraite, l'armée espagnole laisse les fortins de Port-Vendres, de Collioure et de Saint Elme sous le commandement du général Eugenio Navarro qui résiste aux attaques françaises et refuse la sommation de Jean Labarre.
Le 25 mai 1794 à 23 heures, le bataillon de Murcia aux ordres de Solano Fréderico abandonne le fort Saint Elme pour se replier derrière les remparts du port de Collioure sous le commandement du général Eugenio Navarro.
En raison d'une mer démontée le 26 mai 1794, les 8 navires de la flotte espagnole de l'amiral Juan Gravina ne peuvent pas accoster dans la rade de Collioure pour prendre en charge les 7 600 soldats espagnols.
Le 05 juin 1794, la place de Collioure sans protection capitule.
Francisco José Maria Solano est maintenant un prisonnier de guerre.
La capitulation du port de Collioure permet à Fréderico José Solano de revenir en Espagne en vertu de l'engagement qu'il a pris, il ne peut pas reprendre les armes jusqu'à la signature de la paix.
En juillet 1794, il se remet à son passe temps, la peinture quand il reçoit une bonne nouvelle de Manuel Godoy qui lui porte un soutien inconditionnel et le nomme maréchal de camp pour sa victoire au fort Saint Elme.
Le 22 juillet 1795 quand le traité de paix entre l'Espagne et la France est signé à Bale, Francisco José Maria Solano demande l'autorisation à Manuel Godoy de servir comme volontaire dans l'Armée Française du Rhin et de Moselle sous les ordres du général Jean Moreau où son frère benjamin Stanislas se couvre de gloire dans les combats aux villes de Mayence et de Kehl.
Françisco José Solano enrôlé dans l'Armée du Rhin se heurte aux armées Autrichiennes et Prussiennes qui reculent dans le bassin de la Moselle lorsque les opérations militaires sont interrompues par les préliminaires du traité de paix de Leoben.
En février 1797, Francisco José Maria Solano revient en Espagne au moment où la flotte espagnole qui escorte 50 navires marchands qui se dirige vers Cadix est vaincue par la marine anglaise au cap Saint Vincent.
Le 29 juillet 1798, il épouse à Madrid Francisca Javiera Mata-Linares, née à Barcelone, 22ans, 5ème marquise de la Solana, héritière du domaine andalous de la ville Carpio située à 25 Km au Nord-Est de Cordoue.
Le 09 mai 1802 sa femme met au monde son fils, José Joaquin-Raphael Solano y Mata-Linares, 3ème marquis del Socorro.
Le 05 octobre 1802, Francisco José Maria Solano est nommé lieutenant-général avec le titre de gouverneur de Cadix (Andalousie) sa mission est d'enrayer l'épidémie de fièvre jaune qui ravage la population depuis 2 ans.
Cadix est le 1er port du royaume.
La ville est bâtie au bout d'une presqu'ile exiguë, séparée par le rio Sant Petri qui délimite l'ile de León.
Le port ceinturé par une muraille de 4 500 m rappelle celui de Toulon avec ses 2 rades et ses forts de Matagorda, de Puntales, de Sant Lluis et de Trocadero.
Par son ouverture sur l'océan Atlantique, sa croissance maritime est fulgurante.
La population de 30 000 habitants en 1787 passe à 80 000 en 1802, elle supplante les villes de Séville et de Barcelone.
Les nombreuses colonies de négociants anglais et irlandais ont pris la place des commerçants français depuis la guerre contre la Convention Nationale.
En 1804, l'alliance avec la France fait que l'Espagne déclare la guerre à l'Angleterre.
Francisco José Maria Solano est déplacé au siège de Gibraltar puisque la marine anglaise a capturé les navires espagnols.
Le 21 octobre 1805 il revient à Cadix et se distingue au Sud de l'Espagne par le sauvetage des marins des 18 navires français naufragés au large du cap de Trafalgar tout proche de Cadix suite au combat naval contre la flotte anglaise.
L'aide aux marins français à Cadix déclenche un soupçon d'espionnage aux yeux de la population anti-française.
Le 09 novembre 1805, il est nommé capitaine général d'Andalousie.
Francisco-José Solano reçoit à Cadix le général Jean Victor Moreau qui s'embarque pour sa disgrâce vers les Etats-Unis d'Amérique car sa peine de prison est modifiée en exil.
Le 24 avril 1806,son père José Solano-Bote meurt à Madrid. Francisco-José Solano hérite du titre de 2ème marquis del Socorro.
Le 02 décembre 1807, Manuel Godoy conformément à l'article 2 du traité de Campio-Formio du 17 octobre 1797 et au refus du général José Urrutia, ordonne au 2ème marquis del Socorro d'envahir le Portugal avec la division andalouse composée du régiment de Cordoue et du 3ème bataillon des gardes Wallonnes.
Francisco-José Solano occupe le Campo-Major puis se dirige à Setubal où il établit son Q.G.
En mars 1808, Francisco-José Solano revient à Cadiz.
Sous les ordres de Manuel Godoy, Francisco-José Solano a la charge de préparer durant le déplacement à Séville, l'embarquement de la famille royale vers les Iles Canaries et non le Mexique comme souvent cette destination est écrite.
Les mesures ordonnées à Francisco-José Solano pour le déplacement de la famille royale hors du royaume sont suspendues après la mutinerie d'Aranjuez quand Carlos IV abdique pour son fils Ferdinand VII.
Le gouverneur de Cadix est victime d'une mutinerie organisée par les aristocrates qui prétextent que la ville ne fête pas le couronnement de Ferdinand VII.
Le 26 mai 1808, l'attitude du marquis del Socorro au cours de la révolte contre les Français à Cadix est douteuse.
Il ne distribue pas les armes au peuple en colère, il refuse de bombarder la flotte française ancrée dans la baie et il ne demande pas à l’amiral François Rosily-Mesros de retirer ses chaloupes du rio Sant Petri.
Dans la rade, la colonie anglaise est furieuse contre le gouverneur qui au lieu de bombarder les navires, rédige pour gagner du temps une proclamation de guerre contre les Français.
Le 29 mai 1808, Francisco-José Solano convoque un conseil de guerre formé de 11 généraux qui projette de capturer l’escadre française.
Durant le conseil, les officiers assurent qu'il est impossible de couler les bateaux français dans la rade car ils sont mélangés aux bateaux espagnols.
Le commandant espagnol Moreno y Ruiz d'Apodaca fait remarquer le mauvais état des navires et que leurs départs seraient une aubaine pour les 12 navires anglais qui assurent le blocus du port.
Francisco-José Solano effectue une diversion par l'occupation du fort du Trocadéro pour permettre à l’amiral François Rosily-Mesros de déplacer les navires français vers le goulet du fort Trocadero ainsi ils échapperont aux canons de la ville et à l'attaque de l’escadre anglaise.
Le stratagème du gouverneur ne passe pas inaperçue aux yeux de la population contrariée par les rumeurs de complots.
Dans les rues surchauffées de Cadiz, les esprits espagnols manipulés par les aristocrates anglais et les officiers considèrent l'ajournement et l'occupation du fort comme un signe d’accointance aux marins français.
Une horde agressive de partisans locaux dressés par la xénophobie de tout ce qui est français et le clan de soutien à Ferdinand VII qui ne reconnait pas les abdications de Bayonne se dirigent vers la Capitainerie pour lyncher Francisco-José Solano pro-Godoy.
Depuis le balcon de la Capitainerie, Francisco-José Solano calme la foule par un discours au lieu de prendre la tête de la révolte qui l’accuse de traite, "de francesado"
Dans la large avenue, les autorités sont débordées par les militaires armés des canons de l’arsenal Carraca qui font feu sur les portes de la "Capitanía". Francisco-José Solano échappe au lynchage de la foule, il se sauve poursuivi par les meneurs qui le rattrapent et décident de le pendre sur la place San Juan de Dios face au port.
Sous le faux prétexte de lui épargner la pendaison, la haine de ces anciens collaborateurs et des complices anglais le brutalisent jusqu'à ce que Francisco José Solano tombe à terre.
A ce moment là, l'acharnement des comploteurs saignent le gouverneur à coups de bâtons et de poignards.
Son corps gisant le long de la muraille des remparts est transpercé par un sabre qui l'achève.
Francisco-José Solano meurt assassiné le 29 mai 1808 à l'âge de 40 ans.
A l'occasion du bicentenaire de sa mort, ce récit est une dédicace à l'actuelle descendance représentée par le marquis Javier Solana, Solano Rodriguez-Losada qui demeure à Boadilla del Monte près de Madrid.

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