Sources : "La révolution française déclare la guerre à l'Europe". Frank Attar 1992-Editions Complexe.


L'Angleterre est le terme français de l'époque qui désigne le Royaume Uni.
Une réunification de terres couvrant 314 600 k2 comprenant :
  • Le pays d'Ecosse au Nord.
  • Le pays de Galles à l'Ouest .
  • L'Irlande.

L'Angleterre est divisée administrativement par comtés. Sa situation insulaire est un privilège.
Ses navires exportent dans des pays lointains les productions du royaume et ses ports attirent les flottes du monde entier.
Le pays impose avec fierté à l'univers, les capitaux de ses banques financières.
Londres, la capitale à l'embouchure du fleuve la Tamise tournée vers la mer est le 1er port international du monde par son trafic.
Le roi George III est le 1er roi d'Hanovre né le 4 juin 1738 à Londres.
St George’s day est actuellement la fête nationale d'Angleterre comme la Sant Jordi en Catalogne : fête des amoureux et des livres.
George, William, Frederick est le fils aîné du prince de Galles Frédéric et de la princesse de Saxe Augusta De Gotha.
En 1760, il succède à son grand-père George II puisque son père est mort en 1751 .
Ce nouveau roi d'origine germanique adopte l'anglais comme langue pour le royaume.
George III est un roi à la stature séduisante.
Il est dévoué à son épouse Charlotte De Mecklenburg-Strelitz.
Le couple princier à 15 enfants.
Pour démontrer son bonheur à son épouse, le roi lui achète le luxueux Buckingham Palace.
Son influence politique sur le royaume est considérable.
Il ne partage pas les droits civils des catholiques par le serment de son couronnement fait à l'église anglicane.
Les rapports qu'entretiennent l'Angleterre et la France sont formés par une ambivalence affective :
  • Avec rejet ou attirance.
  • Haine ou passion.
  • Dégout ou admiration.

Le couple des royaumes est épris par la fascination, l'attirance et l'amour que se partagent les 2 peuples.
Têtu, George III ne peut pas professer la religion catholique (problème d'Irlande).
Il souffre de crises récurrentes de démence.
L'Angleterre n'est pas une république, sans constitution écrite mais le roi demeure le chef des tribunaux.
Le roi dirige le puissant parlement législatif composé des 2 chambres celle des pairs et celle des communes.
L'Angleterre ne pardonne pas à Louis XVI avec la complicité du comte De Choiseul de continuer l'œœuvre de son grand-père Louis XV pour doter la France d'une flotte si puissante qu'elle rivalise contre l'armada anglaise afin de prendre sa revanche et causer la perte en mars 1778 des 13 colonies anglaises d'Amérique du Nord.
L'Angleterre désire la mort de Louis XVI que le royaume méprise.
George III ne lui apporte aucun soutien durant son jugement.
George III est convaincu que l'emprisonnement de la famille royale ajouté à la crise financière doit créer la débâcle de la 1ère république, c'est pour cela que l'Angleterre emploi une politique de corruption et de non intervention dés le début de la coalition.
George III maudit la France et son régime révolutionnaire.
Il jubile à la formation par les 8 royaumes d'Europe de la 1ère coalition pour détruire la nation française.
A l'arrestation du roi de France, l'Angleterre développe le fameux "gold of Pitt" sur le continent, un réseau d'espions actifs qui pénètrent les meilleures sources des membres du Comité du Salut Public.
Le contre-espionnage lui donne le nom de "comte d'Antraigues", un diplomate de 40 ans, Emmanuel Launay, dénoncé d'espionnage, puni de mort.
Le couple d'Antraigues s'enfuit à Lausanne (Suisse) où il installe un réseau d'agents royalistes "le cercle des plumes" au service du comte de Provence, futur Louis XVIII qui infiltre les réunions des jacobins pour les désorganiser.
En 1791 Auguste De Croy, duc d'Havré émigré à la cour d'Espagne est la plaque tournante du réseau espionnage anglais à la source de Carlos IV et de sa famille.
Il devient membre du fameux dispositif de 6 réseaux d'espions français et irlandais compétents pour favoriser l'exagération entre les familles, les attentats contre les biens, suivre l'évolution du pacte de famille signé en 1778 avec l'Espagne, ainsi que l'état des ports, les déplacements de la flotte française et l'émancipation de l'Irlande catholique qui tente de renverser la monarchie comme en France.
En 1792, Pitt William "junior" est 1er ministre à 33 ans.
Sa mère Esther Grenville est la sœoeur de l'ambassadeur de Paris George Grenville.
Son père, un adversaire acharné de la France, il est l'ancien 1er ministre, héros de la guerre de Sept Ans.
Très compétent, Pitt William maitrise le latin, le grec et poursuit à l'université de Cambridge ses études de mathématiques, de chimie et de politique.
Pour faire taire son homosexualité et son alcoolisme, il se fiance à son amie d'enfance Eleanor Eden qui ne lui donne pas d'enfant, Pitt William se sépare en 1797.
Il met en pratique les fabuleuses théories des financiers de son époque en créant les moyens de revenu et de crédit public pour assainir les finances anglaises du chaos de 1783.
La mesure la plus forte est de faire ouvertement la guerre à la contrebande et à la fraude.
Le droit non acquitté du thé de la puissante compagnie des Indes Orientales qui entre en contrebande représente la moitié de la consommation soit un manque de recettes 7 millions 500 milles livres sterling dans les caisses.
Pitt William supprime les droits existants pour établir un droit unique de 12,50 % sur le thé et les spiritueux.
Il élargit à 4 lieues la zone du droit de saisie en mer. Ce qui lui permet de bruler les navires étrangers coupables de contrebande.
Après le thé et les liqueurs, Pitt William diminue tellement la taxe sur le tabac principal autre produit de la fraude qu'’il ôte au contrebandier tout espoir de gain.
Le 7 février 1786, Pitt William crée un comité composé de 9 membres dont le président est son cousin George Grenville-Levenson pour vérifier l'état des finances du pays accumulé des dernières années.
En 1788, William Pitt cherche des alliances avec la Prusse et les Provinces-Unies qui ont fait défaut à l'Angleterre durant la guerre d'indépendance des Etats-Unis.
Entre 1790 et 1791, William Pitt liquide les déficits avec des hausses constantes des recettes sans nouvel emprunt il comble son budget grâce au maintien de la paix.
En 5 ans, William Pitt liquide 40 millions de livres sterling ou 6 millions 100 mille euros que représentent les dettes de l’indemnité des loyalistes américains auxquels s'ajoutent les dettes du prince de Galles et présente un budget en équilibre, amortissement compris.
Le 31 janvier 1792, George III annonce avec fierté l'admirable état financier de l'Angleterre et promet la paix pour ne plus alourdir les dépenses de l'armée.
William Pitt prend la parole pour détailler les ressources et les besoins aux Communes.
Pour la première fois, les recettes sont supérieures aux dépenses et laissent un excédant applicable au remboursement de la dette publique.
Il aime la paix et les richesses que la paix amène.
Dans un inventaire financier que le 1er ministre excelle.
Il cite qu'il a atteint le plan fixé par le comité des finances de 1786, il prédit aux Communes que l'Angleterre connaitra une forte prospérité avec une politique de grandeur par la domination des mers.
La révolution industrielle est lancée.
Les usines et les mines se développent au niveau mondial modifiant les réseaux routiers et créant les nombreux canaux qui relient les manufactures sachant que la France et l'Espagne se débattent dans un marasme économique.
Il gouverne l'Angleterre avec une visible satisfaction avec l'appui des aristocrates ennemis de la Convention Nationale.
Il abandonne l'idée d'aider financièrement la libération de famille de Louis XVI, les Anglais comprennent que les Français sont lassés de la monarchie absolue.
Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné, rien ne retient plus Pitt William pour mettre en place d'autres liens de la monarchie.
Cet avocat dédaigne la France révolutionnaire par tradition familiale, il veut affamer cette nation et la ruiner.
Le 1er février 1793, après avoir entendu le rapport du Comité de Défense Générale, la Convention Nationale sous la présidence du girondin Jean-Paul Rabaut-Saint-Etienne déclare la guerre au roi d'Angleterre George III et aux provinces espagnoles des Pays-Bas.
Pitt William a besoin de cette guerre pour arrêter la contagion de l'esprit révolutionnaire et détourner l'attention du peuple de sa situation politique, neutraliser les germes d'insurrection de liberté et d'égalité émis par les citoyens français.
Le 23 août 1793, William Pitt veut reprendre la ville de Dunkerque perdue sur le continent.
Il ordonne à Frederick d'’York, fils cadet de George III soutenu par 20 000 hommes pour gagner le siège du port de Dunkerque.
Le général Guillaume O'’Méara et le maire Jean-Marie Emmery refusent d'ouvrir la place.
Le 25 aout 1793 les troupes anglaises bombardent les remparts de Dunkerque, elles sont repoussées et battues.
L'Angleterre ne se bat pas sur le continent contre les doctrines révolutionnaires politiques et religieuses.
La stratégie de Pitt William est d'harceler les royaumes coalisés, de les contrarier pour les provoquer les uns contre les autres pour les endetter et les affaiblir mutuellement en faisant la guerre contre les armées républicaines.
L'Angleterre massacre les marins français dans les ports neutres.
Pour soutenir la guerre, l'Angleterre octroie des prêts colossaux pour détourner une invasion qui menace le pays.
L'Angleterre fabrique des faux assignats qui inondent la monnaie française.
Edmond Burke, un irlandais publie un livre qui décrit la folie des lois sur l'égalité et celles de la propriété votées par la révolution française qui déchire le tissu social contrairement à la sage révolution anglaise qui conserve la hiérarchie de l'aristocratie pour préserver le tissu des couches sociales.
Edmond Burke s'entoure d'un compatriote irlandais naturalisé français Charles Marien Somers.
Charles Marien Somers né en 1750 à Wexford dans la province du Leinster.
Il est chanoine au royal de Vendôme se lie aux membres du comité de Défense Général.
Il devient l'espion de l'ambassadeur Granville Levenson, l'oncle de Pitt William.
Il met en place le 4ème réseau financier d'espions aristocrates investit dans les cercles de jeux, les réceptions qui distribuent généreusement des fonds disponibles par les banques anglaises et irlandaises aux membres des postes clefs avec mission de surveiller l'appareil de l'Etat.
Ils achètent les officiers aux cocardes blanches pour lever des militaires et alimenter les 15 000 mercenaires dans les armées des princes et conduire la guerre sur le territoire français avec leur drapeau anglais et la cocarde noire de la noblesse anglaise anti-révolutionnaire.
En 1794, William Pitt augmente la fiscalité.
Il contracte un emprunt de 18 millions de livres sterling soit 17 millions= 150 mille euros.
Cet emprunt permet à l'Angleterre l'envoi de 40 000 volontaires dans l'armée des Pays-Bas.
Maximilien Robespierre à la tribune de la Convention Nationale ne se trompe pas quand il désigne seule et unique cible l'Angleterre comme l'âme de la coalition, bien avant les dirigeants du Directoire.
La Royal Navy profite de la supériorité de sa flotte sur les mers pour briser le commerce des esclaves et s'attribuer les richesses des colonies françaises et espagnoles et s'accaparer des navires français.
Aux Antilles, l'Angleterre établit le blocus des iles, elle paye des agitateurs pour gérer des émeutes racistes entre mulâtres et blancs des colonies.
La politique anglaise savoure sa revanche contre la France qui a apporté l'aide aux insurgés américains, elle arme 100 bateaux pour s'emparer des cargaisons des navires américains qui ravitaillent la France.
En Méditerranée, l'Angleterre fait des ports du Portugal sa base navale.
Sa flotte bloque les escadres italiennes et corses pour diviser l'entente entre l'Espagne et la France.
L'Angleterre complote avec l'Espagne pour que 40 vaisseaux de sa marine accompagnent les 20 navires hollandais afin de détruire la marine française dans la rade de Toulon.
Sa flotte puissante contrôle facilement les convois des navires espagnols provenant d'Amérique du sud et elle détourne ceux portugais qui soutirent les richesses et l'or en provenance du Brésil.
Sans rival dans l'opposition William Pitt fatigué par sa santé qui se dégrade met un terme à sa carrière politique car il se trouve confronté aux décisions du roi George III contre la religion catholique.