Le 28 novembre 1793, François Amédée Doppet devient le 8ème commandant en chef de l'Armée des Pyrénées Orientales.
Il arrive de Toulon ou il est chargé de reprendre le port aux anglais mais sa stratégie sur le positionnement de son artillerie n'est pas efficace pour couler les navires dans la rade de Toulon.
Il remplace Louis-Marie Turreau qui quitte précipitamment le Q.G. de l'Armée des Pyrénées-Orientales après l'échec de la bataille du Boulou, sans avoir obtenir le titre de 7eme commandant en chef qu'il est venu chercher.
Le titre de 7ème commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales est décerné conjointement aux 2 généraux : Luc-Siméon DAGOBERT et Louis-Antoine GOGUET.
Qui est François-Amédée Doppet ?
François Amédée Doppet né le 16 mars 1753 à Chambéry (Savoie). Son père tient une fabrique de bougies.
En 1770, il s'enrôle cavalier dans le 3ème régiment Commissaire Général.
En mai 1771, il est muté comme fusilier dans la compagnie Beaurepaire des gardes Français.
Le 21 avril 1774, il est congédié. il part en Italie s'inscrit à l'Université de Turin pour entreprendre des études de médecine et il obtient son diplôme de doctorat.
En 1786, il revient dans sa ville natale Chambéry pour obtenir un poste de médecin dans la cour de Savoie mais ne décroche pas d'emploi, il décide de tenter sa chance en Suisse.
En 1788, en Suisse pour vivre, il écrit des ouvrages et des romans mais le succès d'écrivain est un échec, il revient en France.
En 1789, à Grenoble, il épouse les idées révolutionnaires des jacobins et devient membre de la Société des Amis de la Constitution et il prend part aux réformes des députés de la montagne.
Le 01 avril 1790, il s'engage comme sous-officier dans la garde nationale de Grenoble.
En septembre 1791, Jean-Baptiste Du Bayet, député de l'Isère l'embauche à Paris comme secrétaire, il le présente aux membres au club des Cordeliers puis se fait remarquer au seinEn octobre 1791, il entre membre de la Société des Amis de la Constitution de Grenoble et il crée le club des Allobroges.
Le 29 mars 1792, grenadier dans la garde nationale de Paris au bataillon de Saint-Roch, il est congédié le 7 juin 1792.
Le 31 juillet 1792, savoyard de cœur, il réclame avec l'appui de Joseph Dessaix, la création de la légion des Allobroges à Grenoble.
Le 10 aout 1792, il est nommé chef de brigade à la tête de la Légion des Allobroges participe aux événements des Tuileries, il sauve de l'exécution un peloton de garde suisse à ce titre il est nommé lieutenant-colonel le 13 aout 1792.
La Convention Nationale à la tribune fait son éloge de son acte de bravoure et il reçoit sa mutation au titre de général de brigade dans l'armée des Alpes commandée par Carteaux.
Puis 10 jours après, François Doppet est affecté dans l'armée du général Montesquiou et devient l'un des 4 membres de la délégation avec les conventionnels Philibert Simond et François Favre-Buisson qui entre en Savoie le 22 septembre 1792 pour rattacher la Savoie à la France. La région de Savoie appartient au duché de Sardaigne, il traite directement sans autorisation avec la république de Genève.
Le 29 septembre 1792, il participe à la prise de Nice où il fait connaissance des officiers Marchant De La Houlière, De Flers et Dagobert. L'avancée simultanée du général Anselme par la terre et du contre-amiral Truguet par la mer entraîne l'évacuation des Piémontais du Comté.
Elu le 14 octobre 1792, député de la Savoie à l'assemblée de la Convention Nationale il est envoyé dans l'Armée des Alpes en remplacement du général Carteaux. Il prend le prénom de< b> "Pervenche" plus révolutionnaire.
Le 31 janvier 1793, le comté de Nice est rattaché à la France pour former avec la partie Grassoise du Var, le département des Alpes-Maritimes.
Le 18 février 1793, l'élection du girondin Antoine Nivière-Chol au poste de maire à la place du montagnard Joseph Chalier fait que la Convention Nationale envoie à Lyon 3 conventionnels montagnards pour traquer les girondins de la municipalité et organiser une armée révolutionnaire.
Les commissaires du peuple reprennent la mairie par l'élection de Antoine-Marie Bertrand, vite renversé par la multiplication de ces décisions extrêmes et impopulaires.
Le 29 mai 1793, Jean-Jacques Coindre maire girondin est élu, il se trouve à contre pouvoir des montagnards parisiens.
La rupture est inévitable.
Le 12 juillet 1793, la Convention Nationale décrète Lyon en état de rébellion contre l'autorité légitime.
A Lyon, le procès condamne Joseph Chalier et son équipe, ils sont exécutés le 16 juillet 1793.
Le 07 aout 1793, l'armée révolutionnaire sous les ordres de François Kellermann commence le blocus de Lyon et réprime la population.
La riposte n'attend pas, la population de Lyon sous les ordres de Louis François Perrin, comte De Précy s'organise et forme une armée de 14 000 hommes qui édifie des redoutes d'artilleurs.
Dans la nuit du 22 aout 1793, le général François Kellermann devant l'échec de ces attaques, décide de bombarder la ville pour détruire les quartiers riches, incendier pour faire sauter l'arsenal et briser l'enthousiasme des lyonnais.
Le 11 septembre 1793, François Doppet reçoit sa nomination de général en chef pour remplacer le général François Kellermann à la tête de l'Armée des Alpes, jugé peu agressif.
Dès son arrivée François Doppet, savoyard d'origine bénéficie d'une trahison pour prendre sans combat la position stratégique de Sainte-Foy-lès-Lyon. François Doppet commande l'armée révolutionnaire au moment le plus dramatique quand à lieu les massacres au cœoeur de la ville et de l'attaque de la colonne royaliste qui s'est joint aux hommes du comte De Précy.
Le 17 septembre 1793, le siège se durcie. Les assauts stratégiques et la détermination de l'’artilleur Jean-Baptiste Agniel De Chénelette avec l'appui des lyonnais font reculer les combats à l'Ouest, oblige l'armée révolutionnaire d'intensifier les duels d'artillerie dans les quartiers de la Duchère et d'Oullins.
Après 2 semaines de combat, les positions lyonnaises ne sont plus tenables, le quartier des immeubles riches de la place Bellecour est en ruine.
1 600 personnes sont fusillées ou guillotinées sur la place des Terreaux.
Le 09 octobre 1793, Lyon en feu, la population capitule et la ville change de nom pour être "Ville-affranchie".
Le 26 octobre 1793, François Doppet quitte Ville-Affranchie quand Lyon est détruit.
Le 11 novembre 1793, François Doppet nommé général de division prend la succession du général Carteaux limogé dans l'armée des Alpes et il dirige comme commandant en chef avec sa légion des Allobroges, le siège de Toulon aux mains des anglais depuis le 29 aout 1793.
François Doppet mène l'attaque mais l'indécision de ses ordres échoue à la prise du fort Mulgrave.
Sa stratégie sur le positionnement de son artillerie n'est guère efficace pour couler les navires anglais dans la rade.
Le 17 novembre 1793, conscient de son incompétence, il laisse le commandement des artilleurs à Jacques Dugommier pour la prise du petit Gibraltar. François Doppet reçoit sa nomination pour remplacer Louis Turreau dans l'Armée des Pyrénées-Orientales, vaincu à la bataille du Boulou par les troupes espagnoles.
Le 28 novembre 1793, François Amédée Doppet devient le 8eme commandant en chef de l'Armée des Pyrénées Orientales.
Cette nomination surprend les militaires mal approvisionnés et les nombreux déserteurs qui trouvent auprès de leur famille des abris surs sans quitter leurs lieux des combats.
François Doppet écrit aux administrateurs de Prades, la région du Conflent afin que les déserteurs ne soient pas armés.
L'épidémie de typhus se propage dans le Roussillon touchant aussi bien les militaires que la population civile qui soigne les soldats.
Le 20 décembre 1793, François Doppet, malade demande l'autorisation de prendre un congé pour se soigner.
Le 25 avril 1794, le commandement en chef guéri, il rejoint Jacques Dugommier nommé à sa place qui le maintient à la tête de la 5ème division des opérations de Cerdagne à suite de la mort du général Dagobert, poste qu'il occupe jusqu'au 27 septembre 1794.
Sans commandement à partir du 28 septembre 1794, il est destitué le 04 février 1795.
Le 23novembre 1795, il réintègre avec son grade l'armée des Vosges comme agent recruteur en Moselle.
Le 07 novembre 1797, son unité est réformé et il est admis à la retraite et autorisé à rejoindre ses foyers.
Le 13 avril 1798, élu député du Mont-blanc au conseil des Cinq Cents, son élection entachées de manœoeuvres anarchistes est annulée par la loi du 11 mai 1798.
..."De nature hargneux, jaloux et haineux durant ses activités militaires,
il envoi par ses délations et ses accusations aux membres du Comité du Salut Public des officiers sous ses ordres coupables du seul crime de valoir militairement plus de connaissances que lui…."
(baron François Coston)
L'histoire retient sa responsabilité dans le carnage du 09 octobre 1793 à Lyon.
Dans ses mémoires François Doppet se défend des accusations: Il écrit :
"…que la répression violente a commencé qu'après son départ et l'accusation de férocité et la responsabilité des massacres sont imputables aux royalistes qui ont eu de la haine contre les républicains…"
François Doppet est davantage un conventionnel montagnard qu'un militaire car l'opération de Lyon qui n'est pas considérée comme un succès militaire.
Dégoûté de la politique, il achète un domaine à Chambéry et termine ses mémoires.
Il se retire à Grenoble dans l'Isère jusqu'à sa mort le 26 avril 1799.