La terreur se nourrie de la peur spontanée, impulsive, irraisonnée.
Pour vaincre, le gouvernement révolutionnaire met à l'ordre du jour le 05 septembre 1793 la terreur.
La loi puni les ennemis du peuple, supprime la possibilité pour les accusés d'avoir recours à des défenseurs ou à des témoins.
Elle permet aux juges de fonder leur jugement sur des dénonciations et de se prononcer sur leur seule conviction morale.
La violence n'est pas une invention de la Convention Nationale.
Elle figure sous l'Ancien régime sous forme de massacres, de rixes, de duels.
Au cours des exécutions publiques, les têtes tranchées sont exposées comme des trophées aux entrées des villes.
La Convention Nationale multiplie les circonstances aux complots.
La terreur devient une vertu punitive purificatrice dans l'assassinat de l'ennemi, de se débarrasser de l'adversaire.
5 terreurs sont mises en place :
  • La terreur financière.
  • La terreur religieuse.
  • La terreur économique.
  • La terreur politique.
  • La terreur militaire.

  • Les catalans depuis un an vivent dans un département envahi par 2 armées d'occupation qui n'ont aucun respect pour la population.
    L'armée française recrute en plus des volontaires du département, des mercenaires dans les régiments de Prusse, de Hollande, de Savoie, de Suisse.
    Le manque de nourriture, les blocus prolongés dans les villages stratégiques multiplient la pauvreté.
    Avant de mourir des épidémies de malaria et de typhus, la population catalane meurt de faim.
    Le traumatisme est présent dans chaque foyer et la souffrance se lit sur chaque visage.
  • La terreur arrive dans un terrain propice car les gens se sont repliés sur eux-mêmes.
  • La terreur arrive par la publication du décret "La patrie est en danger."
  • La terreur arrive par la suppression des fêtes religieuses dans les communautés.
  • La terreur arrive par le manque de sacrements des morts et des naissances.
  • La terreur arrive par la multiplication des craintes et des rumeurs sur chaque habitant
  • La terreur arrive par la direction des étrangers aux affaires locales.
  • La terreur arrive par les tensions entre habitants et soldats.
  • La terreur arrive par le refus des paiements par les militaires avec des assignats.
  • La terreur arrive par la mise au feu des récoltes et la confiscation des animaux.

  • Le 19 décembre 1793 les commissaires de la république Fabre avant sa mort et Gaston, son collègue reçoivent leur mutation par le comité de guerre de se rendre dans l'Armée des Alpes et le décret du 2 nivôse An II (21 décembre 1793) nomme Edouard Milhaud et Pierre-Amable Soubrany en remplacement des 2 conventionnels.
    Edouard Jean Baptiste Milhaud fils d'un propriétaire foncier Louis Amilhaud et de Marguerite Daudé, né à Arpajon-sur-Cère le 10 juillet 1766 porte le nom Amilhaud . Une famille en pleine ascension sociale sous l'Ancien régime.
    En 1788, il entre à l'école du génie de la marine où il obtient le grade de sous-lieutenant.
    Elu officier de la garde nationale d'Arpajon puis de celle d'Aurillac, il parvient à unir les propriétaires et les laboureurs mais il est battu lors des élections à l'Assemblée législative.
    Elu en 1792, député du Cantal à la Convention où il vote la mort de louis XVI.
    Le 09 mai 1793, capitaine au 14e régiment de chasseurs à cheval, il part en mai à titre de représentant du peuple en mission à l'Armée des Ardennes avec son collègue Deville jusqu'à fin juillet, puis conventionnel régicide passe le 19 aout 1793 dans l'Armée du Rhin jusqu'à fin novembre 1793.
    Il s'attribue le prénom plus révolutionnaire de Cumin.
    Il revient à Paris le 28 juillet 1794 afin de défendre son ami Jean-Baptiste Carrier attaqué par la Convention.
    Avec le titre de comte d'empire, il meurt le 08 janvier 1833 à Aurillac.
    Pierre Amable Soubrany né le 17 septembre 1752 d'une famille noble de Riom.
    Il entre au Royal Dragon ce qui encourage sa carrière militaire d'officier de cavalerie.
    Montagnard, il vote la mort de Louis XVI lors du procès.
    Le 30 avril 1793, il est envoyé comme représentant du peuple dans l'Armée de la Moselle.
    Le 22 décembre 1793, Pierre Amable Soubrany reçoit sa nouvelle mission de se rendre dans l'Armée des Pyrénées-Orientales.
    Il meurt guillotiné à Paris en mai 1795, ainsi que ses 2 amis : Charles Romme et Jean Marie Goujon.
    11 janvier 1794, Cumin Milhaud et Pierre Soubrany transforment le tribunal militaire composé de magistrats civils et d'un jury militaire qui se prononce sur la culpabilité des accusés, par un tribunal militaire jugeant sans appel.
    Ce nouveau tribunal devient l'instrument de la terreur.
    Ce tribunal composé de 5 membres prononce des séries d'exécutions capitales.
    Le 11 janvier 1794, Cumin Milhaud et Pierre Soubrany ordonnent que tout individu qui n'est pas domicilié à Perpignan depuis un an doit quitter la ville dans les 24 heures.
    Ceux qui restent sont munis d'une carte civique délivrée par le comité révolutionnaire, visée par le commandant de la place.
    Cumin Milhaud et Pierre Soubrany envoi Bonaventure Vaquer, le maire de Perpignan du 03 décembre 1792 au 27 octobre 1793 à la guillotine.
    Le 19 janvier 1794, les lâches, les prêtres, les émigrés, les traites, les conspirateurs, les déserteurs trouvent le chemin de la guillotine.
    2 hommes : Amédée Doppet et Hardy un agent du conseil exécutif donne la liste à Cumin Milhaud et Pierre Soubrany pour arrêter les officiers nobles de l'Etat-Major de l'Armée des Pyrénées Orientales afin d'épurer l'Armée, citons les noms de :
    Grandpré Baude De Boisconteau Duvignau Béthencourt Boissier
    Le MoyneCavroisLenthèricRamelBernèdeLaffite
    SoulierSahuguetResnierD'argenvilliersMellinetGiacomoni
    Bellon De Sainte MargueriteDaoustSoulèracMontredon
    Les officiers issus de la noblesse qui ont servi la nation avec le courage et l'ardeur des révolutionnaires sont suspendus de leur fonction ou mis à la retraite.
    30 officiers sont arrêtés et livrés à une commission militaire révolutionnaire.
    Trop de généraux meurent rapidement dans leur captivité.
    Le général français Laffite meurt dans la prison du Castillet à Perpignan.
    Le général français Resnier commandant de la garnison de Perpignan meurt.
    Le général français Laterrade meurt.
    Le général français Charles Daoust qui effectue 6 fois l'intérim du commandement en chef des Armées des Pyrénées-Orientales, le héros innocent de la bataille de Perpignan meurt sur l'échafaud sous la sentence de Cumin Milhaud.
    La purge des administrations infidèles à la république ne fait que débuter.
    Entre janvier et mai 1794 => 58 exécutions capitales sont prononcées soit 15 individus guillotinés par mois.
    Le journal Société Régénérée de Perpignan écrit :
    ... "enfin les munitions et les hôpitaux vont être surveillées."
    Le 25 janvier 1794, une intense campagne de propagande accompagne l'arrivée des conventionnels.
    "Citoyens, frères et amis !
    "Tout individu qui refuserait d'obéir aux réquisitions de la municipalité sera pour la première fois
    "condamné à être exposé et attaché pendant quatre heures sur la guillotine, portant sur l'estomac l'inscription suivante :
    ENNEMI DU BIEN PUBLIC

    "En cas de récidive, il sera dénoncé et traduit au tribunal révolutionnaire, pour y être jugé comme un traite à la patrie.
    "Si le pays était patriote, nos craintes ne seraient pas si sérieuses,
    "mais nous avons tout à redouter dans un pays qui par inclination et par habitude est presque généralement dévoué aux Espagnols.
    "Salut, fraternité et victoire."
    Cumin Milhaud, Pierre Soubrany

    Nos 2 conventionnels font dés leur arrivée un bilan négatif de la situation du département et leur vision de l'Armée des Pyrénées-Orientales, sans tenues, sans souliers, sans fusils prouvent que les militaires qui la composent n'ont jamais exercé.
    Tous ses soldats à la suite de l'épidémie de malaria qui frappe l'armée sont malades.
    La fièvre entre dans les hôpitaux et le manque d'hygiène fait que la mort rode dans les garnissons et les communes réquisitionnées sont atteintes par l'épidémie.
    Le fléau se propage par le déplacement des troupes, le long des villages sur la rive de la rivière Tech
    Les documents officiels donnent une part égale dans la décision des mesures de violence entre Cumin Milhaud et Pierre Soubrany."
    En réalité toutes les mesures de terreur sont à attribuer à Cumin Milhaud. Pierre Soubrany s'occupe des questions militaires et plaide souvent la clémence dans les affaires civiles.
    Le Comité Révolutionnaire attend que Cumin Milhaud soit à Narbonne le 06 et 07 Pluviôse An III pour se livrer aux relaxations d'une liste de prisonniers .