L'infection a franchi les défenses du corps et les bactéries infectent les deux poumons.
Ce type de germes remplit les sacs alvéolaires de pus en limitant l'oxygène dans le sang.
Les militaires l'appellent le croup et les médecins lui donnent le nom de pneumonie.
Oui, c'est d'une pneumonie qu'est atteint Antonio Ricardos.
Cette maladie est contagieuse.
Ces principaux symptômes sont une toux violente accompagnée de crachats : le mucus blanc.
Une respiration sifflante détermine une pneumonie virale.
Maux de tête et de gorge, ces premiers symptômes sont dépassés.
Les médicaments préconisés par les médecins de la cour espagnole diminuent la température du corps depuis 2 jours.
Plus Antonio Ricardos fait d'efforts, plus sa respiration s'affaiblit.
Il meurt le 13 mars 1794 à Madrid, loin de ses troupes, loin de cette guerre que lui seul pense terminer.
Sa mort soudaine propage une rumeur au sein de la cour espagnole :
Comment aurait-il pu désigné Alejandro O'Reilly son successeur, s'il avait bu un chocolat empoisonné dans les salons de Manuel Godoy ?
Antonio, Buenaventura, Ricardos Carrillo-Albornoz est né le 10 septembre 1727 à Barbastro, province Huesca.
Son grand-père paternel, décoré de la croix de Jacobon Richards est officier de marine dans la Royal Navy.
Il s'installe en 1650 à Cadix. En 1683, il se marie dans cette même ville avec Béatrice De Herrera fille d'une famille noble catalane.
  • Son père, Felipe Nicolás Richards-Ricardos De Herrera, baron de chambre Brambeltye.
    Il épouse Léonor Carrillo De Albornoz curieusement un 12 septembre : "Fête de la saint Antoine de Padoue.
    C'est pourquoi les 5 enfants portent le prénom d'Antonia pour les 4 filles et d'Antonio pour son fils unique : le commandant en chef .
    Le 12 septembre 1727, encore un 12 septembre, 2 jours après la naissance de son fils Antonio, son père obtient le grade de sergent major du régiment de cavalerie de Malte en garnison à Barbastro.
    En 1730, le régiment de cavalerie de Malte est muté à Cadix.
    Ses filles :
    • Antonia Engracia à 2 ans.
    • Maria Clara Antonia 6 mois.
    • Agnès Antonia va mourir à Cadix.

    En 1732, son père nommé brigadier est muté en Italie durant la guerre de succession autrichienne.
    En mars 1748, à son retour, il est nommé gouverneur des villes de Malaga et de Carthagène.
    En 1757, son père meurt lieutenant général de Carthagène.
  • Sa mère Léonore Carrillo est la fille du capitaine général Juan José Carrillo, conquérant d'Oran, de Naples et de Sicile.

  • Il a 4 sœurs.
    L'aînée Antonia Engracia se marie avec le marquis de Tablantes.
    Agnès Antonia décède à Cadix.
    Les 2 autres : Antonia Clara entre comme religieuse le 24 juin 1730 au couvent de la communauté des capucines.
    Sa sœur Antonia Bienvenue entre au couvent le 10 novembre 1732 pour rejoindre la communauté des capucines au couvent de Barbastro et devient abbesse.
    Dès 14 ans, il est nommé capitaine dans la cavalerie du régiment de Malte où son père est colonel.
    En 1746, 3 ans plus tard colonel, il prend part à la campagne d'Italie de Parme et de Tidone et il participe à la bataille de Plasencia.
    Durant ces combats il remplace à l'âge de 16 ans son père au commandement du régiment.
    En 1748 à l'âge de 20 ans quand la paix d'Aix la Chapelle est signée, Antonio Ricardos rentre en Espagne.
    A ce moment, il est considéré comme le meilleur des capitaines de cavalerie de l'armée.
    En 1761, Antonio Ricardos dirige la campagne contre le Portugal.
    Le 03 avril 1763, il est nommé maréchal de camp.
    Antonio Ricardos part étudier en Prusse, les tactiques et les stratagèmes de cavalerie dans les écoles du roi Federico le Grand.
    A son retour, il épouse María Francisca Dávila Carrillo de Albornoz, comtesse de Truillas, veuve d'Alonso Verdugo y Castilla (décédée en 1808),à cette date de nombreuses biographies font mourir le commandant en chef Antonio Ricardos. En 1764, il est nommé lieutenant général.
    Il s'embarque en mission pour le Mexique à Veracruz pour réorganiser le système militaire et la sécurité des villes par la construction de forts.
    Il reste durant 4 ans.
    En 1768, Antonio Ricardos revient en Espagne avec le titre de commissaire.
    Il occupe le poste de chef de la commission militaire espagnole qui a pour mission de délimiter la frontière pyrénéenne dans les régions Basques et celles de Navarre.
    En 1770, durant l'étude du relief de la frontière, Antonio Ricardos est promu général en chef pour déterminer la limite de la séparation des terres et des cols du royaume contre la commission française.
    Cette activité est déterminante pour son choix du col pour l'invasion du Roussillon.
    En 1773, il est nommé inspecteur des divisions de cavalerie et il réorganise les services administratifs en améliorant l'instruction des officiers par les théories modernes qui lui ont été enseignées dans les écoles prussiennes.
    Le 01 juillet 1775, il prend part avec les officiers supérieurs Joachim Oquendo, Felix Musquiz, Antonio Cornel, Francisco Saavedra à l'expédition espagnole désastreuse d'Alger aux ordres des commandants en chef, Alejandro O'Reilly et de Pedro Castejon, sans prendre part aux combats.
    Cette expédition devient le cauchemar de sa vie.
    Il est mit à l'écart par la cour royale de Carlos III et sans revenu.
    Entre 1776 et 1778, il fonde le collège militaire de cavalerie d'Ocaña qui assure l'instruction des officiers.
    Le général Antonio Ricardos est un novateur par son école de cavalerie.
    En 1788, le comte de Floridablanca le nomme commandant général et l'envoie en disgrâce suite au désastre de l'expédition d'Alger comme gouverneur à Guipúzcoa, loin de la cour de Madrid.
    En janvier 1793, il remplace à Barcelona, François-Antoine, comte de Lacy 61 ans d'origine Irlandaise qui meurt le 31 décembre 1792 et il devient gouverneur de Catalogne, avant que la cour de Madrid le 23 mars 1793, le désigne pour envahir le Roussillon.
    Sa mission : envahir la plaine du Roussillon et tenir tête à 9 commandants en chef français est une réussite.
    Son seul échec : Sa défaite de la prise de la citadelle de Perpignan.

    Antonio Ricardos a atteint son objectif.
    Les ordres de Carlos IV est d'occuper la plaine du Roussillon.
    Son désir contradictoire est de se replier avec ses troupes à Figueres en Espagne.
    Rapidement la propagande militaire républicaine dénigre ses actions et le surnomme "d'homme laxiste" alors que le commandant en chef applique les ordres de la cour royale de rester au village de Céret dans les Pyrénées-Orientales.
    Non, le commandant en chef de l'Armée de Catalogne Antonio Ricardos meurt sans titre de comte ou de marquis.
    Ces titres de noblesse seront attribués à sa veuve après sa mort.