L'arsenal de la citadelle de Perpignan fabrique la poudre et les munitions, ainsi que les canons qui font défaut à l'Armée des Pyrénées-Orientales.
L'arsenal militaire est installé dans le couvent des moines des Grands Carmes sur le rempart, proche du Château Royal.
En 1448, ces moines vont terminer le chœoeur de l'église Saint Honorat.
En 1712, la communauté religieuse va détruire le second croître pour y construire la splendide chapelle du Tiers Ordres.
En 1715, le couvent est loué à l'armée du roi.
En 1775, Louis XVI demande que le couvent soit transformé en arsenal, mais une partie sera conservée par les moines.
Le 04 avril 1791, l'armée s'installe dans les lieux afin de fabriquer de la poudre à canon, des boulets et faire fondre des métaux pour couler les futs des canons.
L'arsenal est placé sous le contrôle direct du Comité de Salut Public et de la Commission des armes, des poudres et de l'exploitation des mines de la république qui dispose d'un pouvoir discrétionnaire l'autorisant à puiser des ouvriers dans l'Armée des Pyrénées-Orientales.
Au 31 décembre 1793, l'Armée des Pyrénées-Orientales a besoin de 35 000 fusils construit dans l'arsenal.
Le fusil de l'infanterie modèle 1777 est une création d'Honoré Blanc en 1775, maitre armurier né à Avignon en 1736.
Le fusil pèse 4 kg et sa longueur de 1.52 m est énorme pour sa manipulation.
La crosse et l'affut soutiennent un canon de calibre de 17 mm..
L'arme ne comporte pas de hausse, le fantassin tire au jugé.
Un bon fantassin tire 1 coup de feu toutes les 4 minutes.
La balle d'un poids de 24 gr d'un diamètre de 16 mm à une portée d'exécution réelle de 250 m.
Le fantassin met le chien au repos, soulève la batterie, déchire avec les dents la partie supérieure de la cartouche,
puis le militaire remplit avec la poudre le bassinet, referme la batterie met le fusil en position verticale, engage la cartouche dans le canon.
La mise à feu est produite à l'aide d'une platine composée d'un chien qui retient dans les mâchoires, un silex.
Le silex mu par la détente tombe, produit une étincelle qui enflamme la poudre du bassinet.
Le silex rate 1 fois sur 15, car les intempéries rendent la poudre humide qui ne s'enflamme pas.
Le 19 avril 1794, l'arsenal reçoit les félicitations et des encouragements par les membres du district de Perpignan.
La plus importante difficulté de cette poudrière est la fabrication du salpêtre.
Le prix du salpêtre est fixé par le Conseil de Salut Public à 24 sols par livre de poudre.
La fabrique à poudre donne 16 000 cartouches par jour au lieu des 40 000 que les troupes en attendent.
La composition de la poudre noire ne change pas en revanche la technique de fabrication est en constante évolution.
La préparation du salpêtre exige pour sa fabrication du potasse.
Cette poudre noire est un mélange homogène contenant 12,5 % de soufre et 12,5 % de charbon broyé séparément.
Il faut rajouter 75 % de salpêtre.
Ce mélange correspond à 2 kg d'eau pour 10 kg de poudre.
  • Une des 1ères opérations consiste à rincer à l'eau le salpêtre pour y retirer les azotates de magnésie et de postasse qu'il contient.
    C'est le décret du 14 frimaire An II -04 décembre 1793 qui invite tous les propriétaires à lessiver des terres, des bergeries, des caves.
  • La 2ème opération est de décanter les matériaux salpêtrés dans des cuves en bois percées sur des trépied.
    Puis le liquide coule et se conserve pour une purification concentrée et cristallisée de sel de nitre gris.
  • La 3ème opération est de calciner dans un creuset sur un grand feu pour cristalliser le sel de nitre.
    Les lois des 13 et 17 fructidor An V intensifient la récolte du salpêtre partout.
    6 000 ateliers particuliers sont crées. Ces ateliers récoltent 8 millions de livres alors que le record est de 3 millions de livres de salpêtre.