40 jours, c'est le délai nécessaire pour obtenir des courriers de la capitale surtout que depuis mai 1794, l'Armée des Pyrénées-Orientales occupe la vallée espagnole de l'Alt Empurdá.
Le 16 octobre 1793, le tribunal révolutionnaire condamne à mort et guillotine la reine Marie-Antoinette De Habsbourg.
Les discours sont l'improvisation des politiques ne parlent que de rivalités institutionnelles qui déséquilibrent les forces du pays.
La rivalité se dessine aussi au sein de la Convention Nationale dans la manière de poursuivre la guerre contre le royaume d'Espagne.
Le 14 septembre 1793, Lazare Carnot ministre de la guerre, montagnard du Comité de Salut Public change l'esprit des armées et impose une discipline aux gradées des 14 armées de la république.
Son secrétaire François-Nicolas Vincent éprouve envers lui une rivalité de haine qui nuit à ses valeurs révolutionnaires.
Lazare Carnot protège les officiers et refuse aux soldats sans instructions d'obtenir des grades élevés, il est accusé de défendre le corps des officiers royalistes.
Les 200 000 personnes exterminées en Vendée grâce à la facilitée et aux exactions des officiers qui ont agi comme des criminels de guerre, se retrouvent disculpés dans l'Etat Major de l'Armée des Pyrénées-Orientales.
En juin 1793, les événements se multiplient : soulèvements des provinces et crise économique, l’assignat perd sa valeur, la hausse des prix et des denrées de première nécessité.
Le climat est corrompu.
Le programme des montagnards est de soutenir Pierre-Joseph Cambon ministre des finances, qui propose l'échange forcé des pièces métalliques contre les assignats.
Tout est prétexte à l'affrontement et à l'agression.
Les députés de la montagne divisés dénoncent au sein de la Convention Nationale la tyrannie des comités et leur attitude ambigüe.
La Convention Nationale prévoit la création de commissions pour accélérer les jugements.
Deux commissions de députés préparent la loi d'accélération des procédures pour la guillotine.
La plupart des tribunaux révolutionnaires provinciaux sont supprimés pour favoriser les transferts des suspects à Paris.
La fondation de la république n'est pas achevée, il faut éliminer les 2 factions de députés montagnards opposées constamment en conflit : Celle des exagérés contre celle des indulgents.
Chaque faction accuse l'autre de tremper dans des affaires de corruption liées à la compagnie des Indes.
Le 08 janvier 1794, Maximilien Robespierre prononce au club des Jacobins un discours subtile englobant dans une même réprobation le parti des Exagérés partisans de la Terreur avoir participé au complot avec le royaume d'Angleterre et accusant au même moment le clan des Indulgents de vouloir l'arrêter.
  1. La faction des exagérés attisent le mécontentement général des membres des montagnards car ils réclament le blocage des prix et l'intensification de la terreur par la peine de mort pour les spéculateurs et la destitution des nobles.
    Ses membres dirigent le mouvement sans culotte et ses adhérents font parti du club des Cordeliers, parmi eux figurent le maire de Paris Jean Pache et le ministre de la guerre J-Baptiste Bouchotte, l'imprimeur Antoine Momoro, Jean-Marie Collot d'Herbois, le général Charles Ronsin, François Vincent et leur président est Jacques Hébert.
    Qui est le chef Jacques Hebert ? Orphelin à 10 ans d'un père orfèvre, il étudie au collège d’Alençon pour devenir avocat.
    En 1776, à Alençon, le jeune homme est clerc stagiaire chez un procureur à Alençon.
    2 ans après, Jacques Hébert s'enfuit d'Alençon pour ne pas faire de prison car il n'a pas d'argent pour payer sa caution après des déboires avec la justice.
    Jacques Hebert part se cacher dans Paris ou il mène une existence misérable, avec des situations précaires durant 10 ans.
    En septembre 1790, Jacques Hébert imprime une brochure facile à lire pour les sans instructions avec des titres virulents à travers d'un personnage de foire "Le Père Duchesne" qui s'exprime par des jurons obscènes sur le roi jusqu'à sa mort puis Jacques Hebert publie la colère des citoyens sur la crise économique qui s’accentue et sur la progression de la vie chère.
    En février 1792, Jacques Hebert se marie à l'église Françoise Goupil, une jeune femme catholique, fille d'un commerçant. Son épouse est guillotinée 20 jours après lui.
    Le journal Père Duchesne devient anti-girondin et se déchaine contre les négociants, les fermiers, les accapareurs qui contournent les décrets et Jacques Hebert écrit que la rareté du pain et des subsistances sont le résultat d'un complot pour sauver les députés girondins traitres, vendus et scélérats.

  2. La faction contraire des indulgents montagnards est un mouvement généreux dénonçant la terreur, s'appuyant sur des députés modérés qui souhaite stopper la guerre.
    Leur chef de file est Gaston Danton, un proche de Fabre d'Eglantine avec comme porte-parole le journaliste Camille Desmoulins qui dénonce dans sa revue "Le Vieux Cordelier", les excès de la terreur et lance un appel pour la paix.

Le Comité de Salut Public décide de frapper en premier le mouvement des Exagérés.
La nuit du 13 mars 1794 au 14 mars 1794, le mouvement des Exagérés est arrêté avec son chef Jacques-René Hébert, entrainant la complicité de Charles Ronsin, de François Vincent, de Antoine Momoro jugés d'avance sans accusations dans un climat de suspicion et de complot de massacre de détenus.
Le procès politique du 21 au 24 mars 1794 bâclé met en place la technique de l’amalgame en mélangeant 18 prisonniers complotant pour le gouvernement anglais.
Le 24 mars 1794, Germinal an II dans l'après-midi, les Exagérés sont guillotinés les premiers.
5 charrettes transportent les condamnés sur la place de la Révolution envahie par une foule.
Quelques jours après, Georges Danton rentre de d'Arcis sur Aube pour accentuer ses prises de position sur la nécessité du relâchement de la terreur.
Georges Danton fédère avec son style de démocrate, il est le contraire de Maximilien Robespierre, il aurait aimé sauver louis XVI.
Par son tempérament de patriote il défend durant sa vie, Maximilien Robespierre comme chef de la montagne.
Le 30 mars 1794, c'est au tour de la faction des Indulgents d'être emprisonnés.
Les députés Georges Danton, Desmoulins, Hérault de Séchelles, Westerman, Fabre d'Églantine, François Chabot et Claude Basire compromis dans la falsification du décret supprimant la Compagnie des Indes sont condamnés à mort.
Maximilien Robespierre utilise cette conspiration pour dénoncer la présence d'extrémiste et accuser la faction d'un complot à l'étranger.
Cette stratégie efficace éloigne les conflits immédiats et lui permet d'acquérir une position de juge moral et d'arbitre.
Le 05 avril 1794, la faction des montagnards Indulgents est exécutée.
La condamnation des Indulgents fait impression sur les bancs de la Convention Nationale et les députés de la Plaine sont satisfaits que les montagnards se tuent entre-eux, ils s'interrogent sur les desseins de Maximilien Robespierre.
Le 13 avril 1794, Maximilien Robespierre, sans appui, sans alliés se retrouve seul à la tête de son comité.
Les représentants en mission appliquent le changement de la terreur.
La division au sein des montagnards s'amplifie par les dénonciations des représentants en mission.

Lisabuzz.com Parle de 1793-1795 GUERRE DE LA CONVENTION CONTRE L'ESPAGNE :