Le catalan est fier et orgueilleux de sa langue et de la Catalogne.
Il porte un grand respect à ceux qui l'administrent.
Depuis le 11 septembre 1714, la capitulation de Barcelona fait de la Catalogne, un territoire vaincu.
Ce peuple est l'un des premiers a avoir reçu une constitution ou les privilèges sont écrits.
L'abolition des Usatges Constitution Catalane de 1535 instaure une repression féroce par Felipe V 1er roi Bourbon
Le 16 janvier 1716, la publication du décret Nueva Planta "Nouvelle Base" supprime les institutions, les privilèges et la langue catalane.
La suppression du catalan fait que les acteurs de cette guerre est son peuple.
Le catalan aime la justice.
Fort crédule quand il est trahi, il prend les armes et entre en rébellion.
Son tempérament chaud fait de lui un possessif et un jaloux.
Le catalan est envieux des biens des autres, pas assez méfiant il s'accommode de peu .
Cette faiblesse est ridicule en affaires car par manque d'ambition, les autres communautés le traitent de paresseux.
08 Avril 1788 Dans le département, une querelle locale oppose les vignerons à la communauté des jardiniers et aux propriétaires des champs.
Le revenu des vignes est estimé par le collecteur des impôts aux 2 tiers de celui des champs.
Les vignerons critiquent les privilèges qui exemptent la noblesse et le clergé du règlement des impôts municipaux et des frais d'entretien des routes.
Les patriotes qui administrent le département, se sont alliés aux grands notables pour maîtriser la paysannerie et le clergé.
Cette alliance est une dérive pour éviter la contrerévolution dans le département.
Les liens familiaux ont un rôle à jouer dans les engagements de l'époque révolutionnaire.
Les catalans sont très solidaires entre-eux.
La langue catalane est la clé qui ouvre le dialogue de la communauté qui les lie entre-eux.
Celui qui ne parle pas le catalan est rejeté, la population devient méfiante.
Le français est un étranger.
Ceux qui le parlent sont les Languedociens ou les gens du comté de Foix.
En 1791 La tentative de fuite du roi active les inquiétudes des catalans sur des rumeurs de guerre contre l'Espagne.
Un sentiment d'isolement est révélateur d'une indifférence des assemblées révolutionnaires à l'égard des foyers provinciaux.
Les catalans des Pyrénées-Orientales ont épousé les idées révolutionnaires très tôt, pourtant le français n'est pas la langue des familles et peu de gens savent l'écrire.
Cela fait que 134 ans que le Roussillon a été annexé à la France.
L'identité culturelle avec le Principat de Barcelone est restée entière et les relations avec l'Espagne n'ont jamais été rompues.
Les conspirations se préparent à l'avance.

L'appartenance au monde catalan joue un rôle fédératif.
Les catalans se comportent comme dans une colonie française et affectent une fausse soumission, chacun d'entre-eux va agir selon sa propre inspiration.
Le sentiment d'appartenance à la nation française est fragile, ils sont catalans de cœur et par conviction.
Le passage croissant des émigrés qui tous les jours franchissent la frontière pour se rendre en Espagne devient considérable.
N'oublions pas que le catalan est la langue qui s'utilise en Espagne et que toutes les familles françaises du département ont des enfants, des parents et des amis en Catalogne.
Les hommes des villages de montagne se transforment en guide pour canaliser le flot d'émigrés sur les chemins sans surveillance et leurs activités quotidiennes sont des alibis inattaquables.
23 mai 1790 François-Xavier De Llucia est procureur général du syndic du département jusqu' à novembre 1792.
François De Llucia écrirt à Joseph Servan, ministre de la guerre pour qu'il se rende à Perpignan afin de constater le manque de canon de défense de la région et pallier au manque d'hommes des garnisons.
Le 23 février 1790 François-Xavier De Llucia écrit à Brissot :
"...Pour les Espagnols, les Français deviennent un sujet d'horreur et de haine .
"Le fanatisme contre les Français est à son comble, on y prêche publiquement le meurtre de cette Nation impie et comme un acte méritoire."
Les commissaires girondins de la république François Aubry, 46 ans, Henri-Maximin Isnard, 35 ans et Antoine Despinassy, 36 ans venus à Perpignan le 22 septembre 1792 adressent un rapport faussé, trop optimiste, rassurant sur la situation de l'état des forts alors que les forteresses n'ont pas de munitions
Les ports n'ont pas de bateaux.
Les canons sont sans futs et que les garnissons n'ont pas d'artilleurs.
Ce rapport écrit et signé par François Aubry a une forte influence sur le pouvoir exécutif qui reste sourd aux appels de secours que lui adresse les administrateurs départementaux durant la campagne de 1793, il loue le courage et le zèle d'une population confiante à la Convention Nationale.
"..."Le courage des catalans ne suffit pas toujours.
"Il faut aussi être le nombre contre le nombre."
écrit François-Xavier De Llucia. .
Joseph Servan est toujours retenu par des affaires à Toulouse. Il ne se déplace pas.
L'intoxication des représentants de la nation et les autorités locales vont convaincre les patriotes catalans que le roi d'Espagne qui fait la guerre n'est pas un catalan mais un castillan et que le département est en danger.
Les administrateurs locaux sont amenés à se concerter pour assurer la gestion de l'effort de guerre, ce réflexe est défensif.
La mobilisation est improvisée et désordonnée.
Le flot de désertions ne résout en rien, l'opposition des civils aux militaires.