Le 11 mai 1794, François-Amédée Doppet arrive à Puigcerdá pour percer les secrets des villages et se familiariser avec la Cerdagne.
Sa première décision est de fermer les routes par sécurité autour de la ville d'Urgell.
Sa deuxième décision est de dépouiller de ses tableaux et de ses richesses, le splendide Castel Ciottat qui est le château d'Urgell. Il s'est attribué le titre d'administrateur civil qui lui confère tous les pouvoirs.
Le 17 mai 1794 à l'aube, son unité attaque les 800 espagnols de la garnison de Montilla puis le village de Bellver qu'il occupe comme camp de retranchement.
Le 26 mai 1794, François-Amédée Doppet se rend en France, à la forteresse du Mont Louis (Libre) pour recevoir les consignes de Jacques Dugommier qui l'informe de mettre sa division en réserve dans le cas d'une attaque du comte De La Union contre la division de Pierre Augereau.
François-Amédée Doppet et son artillerie se mettent en route dans la lente ascension vers le bourg de Ribes. Cette ascension dure 4 jours de marche.
Les troupes françaises occupent le bourg sans trop de résistance. La population s'est préparée à l'invasion car la veille sont arrivés pour sécuriser le village les soldats aux ordres de Thonin.
Le 03 juin 1794, François-Amédée Doppet demeure toujours au bourg de Ribes, il n'a pas atteint son objectif :
la destruction de la manufacture d'armes de Ripoll.
Il profite de l'accueil de la population locale et de ses administrés pour mettre au point une stratégie afin d'anéantir la manufacture.
Le commandant en chef Jacques Dugommier ne répond pas à sa dépêche sur le protocole de destruction des ateliers et laisse François-Amédée Doppet l'initiative.
François-Amédée Doppet met une semaine pour rassembler les vivres et 900 mulets. Cette expédition se traine en longueur. 15 jours se sont écoulés, tandis que le général Luc Siméon Dagobert aurait mit 2 jours pour faire la même chose.
Les premières journées de juin sont belles. François-Amédée Doppet remonte avec ses fantassins, le torrent de Ségalell dangereux suite à la fonte des neiges.
Les troupes bivouaquent sur le plateau de Perdinyas.
Le 07 juin 1794, aux premières heures de la matinée François-Amédée Doppet reprend la route.
Après 8 heures de marche, il parvient au village de Camprodon.
Sa présence ne passe pas inaperçue, il exhibe la puissance par une parade de 3 000 soldats.
Il fait défiler ses officiers, ses militaires puis dans un vacarme fait défiler ses canons sur des traineaux pour dévoiler son matériel de guerre.
Le village dont les habitants se sont enfuis, témoigne d'une indifférence à cette puissance et à cette parade.
La population avant de quitter le village a préparée une abondance de nourriture et d'alcool afin de rassasier et d'enivrer les troupes.
Les militaires affamés se lancent sur la nourriture.
Sur les hauteurs du plateau de Sant Antonio arrivent les 2 500 artilleurs d'Etienne Charlet .
Les militaires rencontrent les hommes détachés par Charles Augereau, le 2eme bataillon de Haute Garonne aux ordres de l'adjudant général Louis-André Bon.
A ce moment, la division de François-Amédée Doppet se trouve en sureffectif plus de 7 500 hommes, sans oublier les 5 000 soldats de la division de Charles Augereau en soutient à 2 jours de marche.
Le général est embarrassé par ce renfort, il ne sait pas comment l'exploiter dans sa progression.
Avec 2 divisions supplémentaires, il devrait prendre l'initiative dans la montagne de frapper l'aile gauche du commandant Juan Curten. Au contraire suite au pillage intensif et la masse de richesse qu'il transporte, il se hâte à renvoyer Louis-André Bon et ses hommes vers Sant Llorenç de la Muga.
3 jours de marche se sont écoulés quand les éclaireurs de Ripoll sont de retour.
L'avant garde a localisé la manufacture d'armes.
Le monastère Santa Maria de Ripoll est le panthéon des comtes de Barcelona.
Ripoll est le berceau de l'historiographie catalane.
Olivia, l'un des moines qui organise une bibliothèque et un scriplorium ou les religieux rédigent les notes des comtés catalans en latins.
Le 11 juin 1794, François-Amédée Doppet quitte Camprodon pour accomplir sa mission à Ripoll, il laisse 2 500 hommes sous le commandement d'Etienne Charlet.
Les hommes avancent sur la rive droite du Ter vers Ripoll à la hauteur de San Pau.
Survient le déterminant obstacle : les soldats sont obligés de traverser par le pont de Fourcara le ruisseau pour atteindre la rive gauche :
2 directions s'offrent à eux.
  • Le monastère San Antonio de Camprodon.
  • Le monastère San Bartolomé au nord avec le château de la Marinière au sommet de Ripoll.
Les somatents de Ripoll ouvrent le feu contre les fantassins de François-Amédée Doppet.
Une violente guérilla harcelle la troupe française.
Les pertes espagnoles sont nombreuses et contraignent les somatents à se réfugier dans les forêts de Callar près de l'ermitage de Sant Antonio.
La division française poursuit la population sur la route de Vic.
La lenteur de ces déplacements et les multiples hésitations font qu'Amédée Doppet prolonge son séjour de 6 jours dans la ville de Ripoll.
Le 15 juin 1794, les fantassins détruisent la manufacture d'armes.
Malgré les barrages et les blocages des accès par les troupes de Charles Augereau, le comte De La Union réagit vite. Le commandant en chef met un terme au désastre et aux calamités des villages de Cerdagne, en envoyant les troupes des généraux José Miguel De Vivés et Gregorio Garcia De La Cuesta.
Le même jour, le colonel José Miguel Vivés et ses 1 200 fantassins, 7 000 somatents armés et 300 cavaliers arrivent à Camprodon par le village d'Olot.
Le combat contre le régiment français d'Etienne Charlet a lieu dans les ruines du Château de La Marinière, sur les rives du ruisseau Fourcara où les attaques durent 36 heures.
A la tombée de la nuit, Etienne Charlet et ses fantassins profitent de l'obscurité pour abandonner à Camprodon, leurs artilleries et leurs équipements.
Le colonel José Miguel Vivés et ses hommes bloquent en embuscade le passage au fort de Prats de Mollo, ils espèrent l'arrivée d'Etienne Charlet.
Etienne Charlet prévenu des rassemblements fait un long détour à ses hommes par le pic de Costabonne de 2 470 m de haut . La troupe française franchit le col de Prégura.
Les hommes descendent par des sentiers périlleux pour se réfugier dans la citadelle française de Villefranche du Conflent.
Le 17 juin 1794, François-Amédée Doppet est toujours à Ripoll, il est inquiet des rassemblements des somatents qui ont coupés les voies de communication.
François Doppet ignore à ce moment la défaite et la débâcle des fantassins d'Etienne Charlet à Camprodon.
Le 18 juin 1794, en pleine nuit, à 1 heure du matin doucement, il quitte Ripoll avec sa division, sans réveil en trompette, ni roulement de tambour.