Le 18 juin 1794, François-Amédée Doppet a rempli sa mission, la destruction de la manufacture d'armes de Ripoll, il remonte la vallée du Ter avec deux bataillons de 1 200 fantassins par les deux versants et arrivent au bourg de Sant Juan où un calme étrange règne dans le village.
Les hommes de Juan Miquel De Vivés sont restés sur les hauteurs du château de la Marinière au lieu-dit de San Pau.
Les fantassins français marchant sur la rive droite tombent dans l'embuscade tendue par les somatents, les combats sont violents.
François-Amédée Doppet effrayé par les assauts terribles, poursuit son chemin.
Sa colonne est coupée en trois parties. Le centre est isolé de 3 km de la tête qui continue à marcher.
Les premiers hommes arrivent dans le bourg Camprodon quand les fantassins sur la rive droite au bas de la vallée sont au pied du mont San Antonio et ceux sur la rive gauche en mauvaise posture reculent sur les combats des somatents.
François-Amédée Doppet se croit en sécurité dans le bourg, s'aperçoit que le bourg de Camprodon est redevenu espagnol.

Les soumatents sont partout.
Dans les ruines de l'ermitage San Antonio, les tirs incessants de l'artillerie française ne cessent de pilonner les somatents refugiés sur la rive du ruisseau Riutard.
François-Amédée Doppet incarne la perversité révolutionnaire, sa politique punitive exterminatrice par le feu dans les faubourgs de Lyon lui a valu les louanges de la Convention Nationale.
François-Amédée Doppet est l'homme qui a massacré les révoltés et les suspects de Lyon.
En ce qui concerne les tueries, les massacres, les exécutions, les crimes, les condamnations, les écrits sont silencieux.
L'histoire de France bannit de ses écrits, le mot génocide. Le terme est trop violent, elle lui préfère la déclinaison de massacre de population, de tuerie de masse. Les somatents sont des populations d'insurgés.

François-Amédée Doppet s'aperçoit que les canons et les provisions abandonnés par le convoi d'Etienne Charlet ont été jetés dans le lit de la rivière et que les cadavres des hommes sont décimés sur les rives.
Les cartouches et les munitions sont passés dans le camp ennemi. Les combats se sont amplifiés, les somatents ont pris le dessus pourtant Don Juan Miquel De Vivés blessé, est absent de son poste de commandement.

A la nuit tombante, les somatents, sans aucun chef, abandonnent leurs positions et redescennt vers le village de Camprodon.
François-Amédée Doppet est surpris de voir que les espagnols délaissent leurs positions avancées.
A ce moment, Doppet profite de l'erreur militaire des somatents et détache vers 2 heures du matin, 600 militaires de son corps d'élite.
Les militaires s'enfoncent en direction des maisons de l'ermitage et mettent le feu dans la montagne.

Le feu attisé par le vent, dirige ses flammes vers les maisons du village de Camprodon.

Les somatents sont désemparés.

Légitimés par une idée de vengeance, Jean-Baptiste Girard, commandant du 16eme régiment d'infanterie, âgée de 19 ans, ne cesse de demander à ces hommes de mettre le feu aux maisons des soumatents.
Les pratiques incendiaires assurent les réjouissances aux soldats et à leurs chefs.
Paul Doumic et de Guillaume Chrétien, chefs des artilleurs, se partagent un spectacle barbare d'un village en feu.

Le 19 juin 1794, aux premières lueurs de l'aube, ils quittent le village.
Don Juan Miquel De Vivés au commandement des soumatents est persuadé que Doppet et ses hommes vont suivre les traces d'Etienne Charlet pour se rendre à Villefranche, en contournant le pic de Costabonne, mais Doppet dirige la retraite de son armée vers la forteresse de Prats de Mollo en passant par le col d'Ares.

La nouvelle de la reprise par les espagnols des villages de Ripoll et de Camprodon circule dans le Quartier Général français de La Junquera.

Lluis Fermin De Carvajal, comte De La Union adresse une dépêche concernant le comportement sauvage et criminel des troupes de François-Amédée Doppet, au Quartier-Général français et demande au maréchal Don Joachim De Oquendo et à ses troupes de Puycerda, de s'unir aux somatents des villages d'Olot et de Vic pour porter secours aux villageois de Ripoll et Camprodon.
"C'est une guerre, aucun acte de barbarie ne doit être épargné." fut la réponse de Jacques Dugommier, qui n'est pas satisfait de l'égarement de son armée en Cerdagne, mais refuse le dialogue, suite aux promesses non tenues à la libération du Saint Elme par le chef des Armées de la Catalogne.

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