Le 18 juin 1794, le général en chef François-Amédée Doppet a rempli sa mission, la destruction de la manufacture d'armes de la ville de Ripoll.
François-Amédée Doppet et son régiment de fantassin de montagne remontent la rive du Ter à la recherche des mines de cuivre et la mystique mine d'argent de la ville de Camprodon.
Son objectif principal est de détruire Camprodon comme l'a fait en 1689 le duc Adrien De Noailles.
La commune de Camprodon est célèbre à travers la Catalogne par le rayonnement de son industrie de textile mais la ville de Camprodon en latin signifie "champ entouré de montagnes" entourée par ses versants garnis de chênes, de pins sylvestres et de hêtres se situe à 950 m d'altitude au fond d'une large vallée verdoyante de champs de céréales, maïs et de prairies qui permet l'élevage de bovins et de porcins qui fait sa renommée.
La particularité de la capitale du Rippolès est bâtie à la confluence de 2 rivières El Ter et El Ritort qui divisent et protègent les 2 espaces de la ville contre l'envahisseur français.
    De Baix, le quartier du Bas entouré par l'ancienne muraille qui protège le château et le couvent du Carmen actuellement en ruine ou de nos jours se situe la place d'Espagne et la mairie en style renaissance et gothique.
    De Dalt, le quartier du Haut, le centre monastique bénédictin de Sant Père et de son église romane Santa-Maria construite par le comte De Besalù.

Les 2 quartiers sont reliés par l'imposant pont "Nou" fait d'un seul large arc en pierres supportant un double passage sur la rivière El Ter qui descend en pente douce vers les berges.
Le général en chef François-Amédée Doppet et les 2 bataillons de 1 200 fantassins remontent par le versant du versant Sud "solà" (l'adret) de la rive du Ter.
El ter est une rivière de 208 km qui a une trajectoire droite Nord-Sud traversant la ville de Ripoll à celle de Camprodon plus en amont.
La troupe arrive après une marche au bourg de Sant Joan de les Abadesses pour faire la provision d'eau à la fontaine d'el Tell mais dans cette enclave médiévale règne un calme étrange.
Les fantassins de Joan Miquel De Vivés sont embuscades au bourg de Sant Pau de Segúries sur les hauteurs du château de la Marinière et les espagnols attendent les fantassins français qui arrivent sur le flanc droit pour tomber dans l'embuscade tendue par les somatents.
Les somatents emploient une stratégie de guérillas illégales par de fausses attaques contre les convois et coupent les communications entre les colonnes militaires.
Les somatents sont des paysans, des hommes, des femmes et des enfants ayant une conception d'entraide dès les premiers coups de tocsin prennent leurs fusils afin de défendre leurs communes.
Le somatent avec son audace, son esprit guerrier et son agilité renforce l'avant-poste de l'Armée de la Catalogne pour sauver leurs biens religieux contre les pillages qu'on fait les fantassins du général Luc Dagobert quand ils ont pillées l'église romane de Sant Cristofol au village de Beget et les 2 ermitages Sant Valenti et Sant Antoni au village de Rocabruna.
Les combats sont violents.
François-Amédée Doppet effrayé par les assauts terribles ne veut pas arrêter sa marche, malgré les tirs incessants des somatents, les chasseurs poursuivent leur chemin.
Sa colonne est coupée en 3 parties.
Le centre est isolé de 3 km de la tête qui continue à marcher.
Les chasseurs de montagne arrivent dans la ville de Camprodon par la rive droite du Ter au pied du mont Sant Antoni et la colonne française sur la rive gauche du Ter sont en mauvaises postures et reculent par les assauts des somatents.
François-Amédée Doppet se croit en sécurité dans la ville de Camprodon mais les somatents sont partout, le général français comprend que la ville est redevenue espagnole.
François-Amédée Doppet incarne la perversité révolutionnaire, sa politique punitive exterminatrice par le feu dans les faubourgs de Lyon lui a valu les louanges de la Convention Nationale.
François-Amédée Doppet est l'homme qui a massacré les révoltés et les suspects de Lyon.
En ce qui concerne les tueries, les massacres, les exécutions, les crimes, les condamnations, les écrits sont silencieux.
Le terme génocide est trop violent, les écrits lui préfèrent la déclinaison de massacre de population, de tuerie de masse.
François-Amédée Doppet s'aperçoit que les canons et les provisions abandonnés par la colonne du jeune général Etienne Charlet de 38 ans sont jetés dans le lit de la rivière et que les mulets et les cadavres des fantassins français sont décimés sur les rives.
La troupe française n'arrive pas à contourner le sentier du bourg de Palau et le village d'Osseja.
Les combats se sont amplifiés, les somatents ont pris le dessus pourtant le général Joan Miquel De Vivés blessé, est absent de son poste de commandement.
Les cartouches et les munitions sont passés dans le camp des somatents.
A la nuit tombante, les somatents, sans chef, abandonnent leurs positions et redescendent vers la ville de Camprodon.
François-Amédée Doppet est surpris de voir que les espagnols délaissent leurs positions avancées pour revenir dans leur maison.
A ce moment, François Doppet profite de l'erreur militaire des somatents et il détache vers 2 heures du matin, 600 militaires de son corps d'élite en direction des maisons du bourg et de l'ermitage pour mettre le feu dans la montagne.
Le feu attisé par un fort vent dirige ses flammes vers les maisons de la ville de Camprodon.
Les somatents sont désemparés en pleine nuit.
Légitimés par une idée de vengeance, Jean-Baptiste Girard qui dirige le 16eme régiment d'infanterie, demande à ces hommes de mettre le feu aux maisons des somatents.
Les pratiques incendiaires assurent les réjouissances aux soldats et à leurs chefs.
Paul Doumic et de Guillaume Chrétien, les 2 chefs des artilleurs se partagent un spectacle barbare d'une ville en feu.
Le 19 juin 1794, aux premières lueurs de l'aube, la troupe française quitte le village.
Le commandant Joan Miquel De Vivés et les somatents sont persuadés que François Doppet et ses chasseurs de montagne suivent les traces du général Etienne Charlet pour se revenir à Villefranche du Conflent, en contournant le pic de Costabona mais François Doppet dirige la retraite de sa troupe vers le bourg de Mollo à 4 km en passant par le col d'Ares pour se refugier dans la forteresse de Prats de Mollo.
La nouvelle de la reprise par les espagnols des villes de Ripoll et de Camprodon circule dans le Quartier Général français de La Junquera.
Lluis Fermin De Carvajal, comte De La Union adresse une dépêche concernant le comportement sauvage et criminel des troupes de François-Amédée Doppet au Quartier-Général français et demande au maréchal Don Joachim D'Oquendo et à ses troupes de Puycerdà, de s'unir aux somatents des villages d'Olot et de Vic pour porter secours aux habitants de Ripoll et de Camprodon.
"C'est une guerre, aucun acte de barbarie ne doit être épargné." est la réponse du commandant en chef Jacques Dugommier, qui n'est pas satisfait de l'égarement de son armée en Cerdagne, mais le général en chef refuse le dialogue, suite aux promesses non tenues à la libération du fortin Saint Elme par le commandant en chef des Armées de la Catalogne.

Lisabuzz.com Parle de 1793-1795 GUERRE DE LA CONVENTION CONTRE L'ESPAGNE :