Après la chute des dantonistes et des Herbistes, Maximilien Robespierre exerce un pouvoir personnel.
Il règne sans partage sur le club des Jacobins.
Depuis la chute de la monarchie, aucun homme n'a pas eu une autorité si puissante.
Cette dictature lui fait perdre la confiance des révolutionnaires.
Le vote de ventôse qui prévoit l'expropriation des suspects au profit des pauvres, le sépare du soutien de la population modérée.
L'organisation du culte suprême l'oppose a l'athéisme déclaré dans les milieux militaires et les comités.
Le 26 juillet 1794-08 thermidor An II après 3 semaines d'absence, Maximilien Robespierre monte à la tribune de la Convention Nationale pour justifier sa politique.
Son réquisitoire est maladroit.
Il affirme l'existence d'un complot sans citer les noms des comploteurs.
Maximilien veut punir les traites, écraser les factions, épurer les comités.
Il veut imposer le silence aux partisans de Jean-Lambert Tallien et Jean-Marie Collot-d'Herbois.
Voilà, c'est que tout le monde se sent concerné et visé.
Chacun le somme de nommer les noms de ceux qu'il accuse à part Pierre-Joseph Cambon dont il désapprouve les mesures financières.
La peur est le ciment qui unit les conjurés et les exclus contre Maximilien Robespierre et la Commune.
Les ennemis, les traites et les fripons se sentent accusés par son discours malhabile.
Les reproches et les injures succèdent aux menaces.
Les accusateurs multiplient leurs contacts pour mettre en place une tactique d'obstruction afin d'empêcher Maximilien Robespierre et Saint-Just de prendre la parole.
Le 9 thermidor An II à 13 heures, Saint-Just ouvre la séance sur les institutions, le dimanche 27 juillet 1794.
" Je ne suis d'aucune faction, je les combattrai toutes.." Tels sont ses premiers mots.
Saint Just ne peut pas se faire entendre car les cris fusent dans toute la salle.
Il continue, Jean-Lambert Tallien et Jean-Marie Collot-d'Herbois l'interrompent. Sidéré et passif, il se rassoit.
Les accusateurs Jacques-Nicolas Billaud-Varenne, Marc-Guillaume Vadier, Louis Fréron, Jean-Lambert Tallien, dénoncent la tyrannie de Maximilien Robespierre et l'accuse de mutiler la Convention Nationale.
Dans les tribunes pleines, le public applaudit.
Jean-Marie Collot et Jacques-Alexis Thuriot présidents successifs de la séance sont dans le complot et agitent la cloche.
Les sifflets, les injures des approbateurs couvrent le réquisitoire et les efforts inutiles de Maximilien Robespierre pour se justifier.
"A bas le tyran !!" crie avec véhémence Marc Vadier.
Louis Louchet demande son arrestation. Le vote est acquis sans peine.
Maximilien Robespierre est conduit à la prison du Luxembourg où le geôlier refuse de l'incarcérer.
Le destin va en décider autrement les inculpés qui ne peuvent pas comparaitre devant le tribunal doivent être relaxés, mais le maire de Paris, Jean-Baptiste Fleuriot-Lescot met la Commune en état d'insurrection et envoi les soldats pour délivrer les cinq prisonniers.
Maximilien Robespierre ennemi de l'illégalité refuse de prendre la tête de cette insurrection.
Le lendemain le 28 juillet 1794, à 19 heures, les prisonniers sont conduits à la Conciergerie pour s'assurer de leur identité comme le prévoit la loi de prairial.
A la fin de soirée, les prisonniers et leurs 22 compagnons sont emmenés à la guillotine, les jours suivants 100 membres du club jacobins sont condamnés.
Manipulés adroitement, l'événement du 27 juillet 1794 est salué comme le jour de libération de la tyrannie et la promesse d'une nouvelle vie.
Non, le 9 thermidor An II n'a pas terminée la révolution, il a mauvaise réputation de trahison des idéaux de la révolution.
Le 9 thermidor An II est une manipulation adroite de rumeurs et d'angoisses faite pour une promesse d'une vie nouvelle.
Fausse rupture, vrai dérapage, la monarchie des Bourbons n'est plus possible.
Seul le peuple est responsable, il n'a pas brisé le rêve des révolutionnaires.
L'égalité absolue n'existe pas, pas plus que l'égalité dans l'esprit de la vertu, ni de celle de la force physique, ainsi que celle de l'éducation et de la fortune.
Ne soyons pas dupes, le 9 thermidor n'est pas un coup d'Etat.
Ceux sont les mêmes personnes qui conservent le pouvoir et mettent en place les idées évoquées qui n'ont pas été retenues à l'époque.
Le 09 thermidor est une détente politique pas une véritable cassure.
La journée du 9 thermidor An II n'est pas célébrée, c'est un terme idéologique révolutionnaire mémorable comme le mot "jacobin".
Les personnes aux pouvoirs sont désunies et ne contrôlent ni le pouvoir policier et ni le pouvoir militaire.
Cette détente importante va être amplifiée par l'opinion publique et les autorités locales.
Les sociétés populaires vont s'adresser des félicitations pour fêter la fin de la tyrannie.
La presse va se déchainer et réclamer des représailles contre les jacobins qui représentent les terroristes.
Le premier acte est de décréter que les députés seront accusés et arrêtés sans l'accord de la Convention Nationale.
Le Comité de Salut Public perd son pouvoir d'accusateur et les membres sont vite renouvelés.
L'autorité des représentants en mission est diminuée.
Les prisons s'ouvrent. Les suspects arrêtés sont libérés.
Les procès devant les tribunaux militaires s'achèvent par des acquittements.
La révolution est-elle terminée ?
Cela suppose que la révolution n'est plus menacée.
Peut-on mettre un terme à des années de luttes ? De soulèvements ! Les royalistes sont-ils matés ?
La nation obtient-elle la paix contre les pays coalisés contre la révolution ?
La paix religieuse est-elle menacée ?
Les généraux comploteurs et les rivaux peuvent-ils prendre le pouvoir "roi" ?
Cette révolution garantit la souveraineté du peuple en une et indivisible république et consacre son système par la division des pouvoirs, de la liberté, de l'égalité, de la sureté et de la propriété.
Notre contemporain François Furet détient la solution quand il écrit dans son livre "Penser la Révolution Française."
"... L'ancien régime a une fin, mais pas de naissance,
"la révolution à une naissance mais pas de fin…"
"L'un souffre d'une définition chronologique négative, donc mortuaire."
"L'autre est une promesse si vaste qu'elle représente une élasticité indéfinie."...