Sources : Bibliothèque Palau de Peralada-manuscrit 91. N° 96 Gazeta de Madrid du 02-12-1794


Le 16 novembre 1794, débute la bataille du Montroig, nom de code : Montagne Noire gravée sur le pilier Sud de l'Arc de Triomphe de Paris.
Les espagnols lui préfère le nom de "batailla de Darnius" du nom du village Darnius proche du massif du Mont-Roig.
Cette bataille de Darnius se termine le 22 novembre 1794.
L'’Etat Major français est à l'’origine de la bataille du Mont-Roig pour progresser dans l'avancée des opérations militaires en territoire espagnol.
Quels sont les 2 objectifs ?
  • Mettre en place un dispositif pour faire sortir les fantassins espagnols des multitudes campements dispersés.
  • Faire sauter le verrou d'accès à l'’impressionnante citadelle San Ferrán de Figueres qui se dresse sur l'axe principal et sert de Q.G. au comte De La Union.

C'est un vaste réservoir à eau et à nourriture. C'est un refuge pour les espagnols et leur armement.
L’'Etat Major conçoit ce plan de bataille sur la défaillance de l'’aile gauche espagnole non fortifiée aux ordres du général Juan Curten.
Depuis la victoire française du 13 aout 1794, Jacques Dugommier connaît la faiblesse de l'aile gauche espagnole qui n'a pas eu le temps de se reconstruire.
Elle s'’est dégarnie en hommes pour soutenir l'aile droite fragilisée.
Cette ligne gauche de défense s'étire entre les villages d'Espolla à Capmany en passant par le massif de Biure jusqu'à l'aile droite au bord de mer : au port de Llança.
La route principale se dirige du Nord au Sud et divise l'Alt Empurdá en 2 régions différentes.
A l'Ouest, les hautes montagnes et les ravins profonds qui forment les contreforts des Albères.
A l'Est, les collines et les vallons raides, boisés et peu profonds.
Au village de Llers, le comte De La Union a établi un vaste camp retranché armé de canons qui soutient la ville de Figueres avec sa redoutable citadelle du castell de Sant Ferràn dont le roi lui a attribué le titre de 1er gouverneur .
L'imposante forteresse de Sant Ferràn protège la ville de Figueres et elle se dresse en avant poste comme une barrière géante sur la route principale de la frontière.
Cette forteresse par ses dimensions démesurées est la plus importante d'Espagne par ses protections innovantes, par sa capacité en hommes et en munitions qu'’'elle contient.
Par temps clair, elle communique avec la forteresse de Bellegarde, qui depuis peu est une possession françaises.
Pour accéder différemment à la ville de Figueres, il faut descendre par l'Ouest, les berges en pente du Manol ou du Ter, ou aborder par la cote rocheuse en direction des ports de Llança ou de la Selva.
Jacques Dugommier glorifié par ses victoires en territoire français prend l'initiative des combats et la propagation de ces petits camps mit en place par le Quartier Général espagnol l'embarrasse.
Attaquer au milieu des 97 campements n'est pas la solution.
L'absence d'ennemi n'est pas envisageable pour un combat.
La stratégie de combat des divisions ennemies face à lui convient mieux.
La capitulation de la forteresse de Bellegarde libère de tout mouvement la division de Catherine-Dominique Pérignon.
La nouveauté du plan d'’attaque français est que cette division habituellement au centre sous le commandement de Catherine-Dominique Pérignon va glisser vers l'’aile gauche française pour la fortifier afin de provoquer des brèches par ses assauts sur l'aile droite espagnole.
Pierre, François Sauret doit servir d'’appât pour piéger l'ennemi par des fausses attaques rapides et mobiliser l'aile droite espagnole près du village d'’Espolla.
Le 16 novembre 1794, le général Charles Augereau part durant la nuit du vallon de Darnius avec 6 400 hommes formant l'aile droite sur trois lignes qui convergent vers le Mont-Roig, où est son point de rencontre.
Il a la lourde charge de frapper fort par l'Ouest afin de faire plier l'aile gauche des espagnols aux ordres de Juan Curten stationné à la pointe de la sierra Santa Magdalena.
Sa première ligne est formée par les 5 bataillons sous les ordres de Louis André Bon déployés de la rive gauche d’el Ricardell jusqu’'au confluent du ruisseau d’el Llobregat avant d'atteindre le centre sous les ordres de Catherine-Dominique Pérignon qui doit attaquer l'aile droite espagnole.
La cavalerie française est dirigée par les généraux Charles-François Dugua et François De Quesnel.
L'artillerie légère placée en réserve sur la route de Junquera est sous les ordres du général André Guillaume Resnier.
Le général Pierre-François Sauret commande la division sur l'aile gauche française.
Du village d'Espolla, au sud de Serra d'en Gibert, la brigade Claude Victor attire les espagnols sur ce bourg par des fausses attaques.
4 000 fantassins d'élites espagnols sous les ordres du brigadier Juan Tarranco sont partis dès 6 heures du matin, le 16 novembre 1794, attaque le bataillon Elie Papin composé de 50 soldats stationné au piton du Mont-Roig, au dessus de la grande route.
Les français sont prit de vitesse, ils se replient et laissent le sommet de la vieille tour du Castell Roig avec sa vision panoramique permettant de surveiller les déplacements.
L'alarme est donnée aux bataillons les plus proches sous les ordres d'Elie Papin qui bivouaquent au pied du Mont-Roig
Ceux-ci vont progresser derrière le campement des Espagnols qui ne va rien comprendre à cette manouvre et l'interprète comme s'il était coupé en deux.



Dans cette confusion, prit de panique la troupe espagnole, se repli en débandade.
Le maréchal de camp Diégo Godoy aux ordres du comte De La Union part reprendre en main les fuyards de la brigade de Juan Tarranco.
Diego Godoy organise une défense contre les fantassins Français.
La journée de combat du 17 novembre 1794 est extrêmement longue et exténuante.
La brigade Pierre Banel sur le flanc Est du Mont-Roig est en mauvaise posture.
Les artilleurs du général André Guillaume Resnier sont épuisés, ils ont installé leur matériel le long de la route principale.
Dans le vallon prés de l'embouchure la brigade Rougé essai de reformer ses lignes.
Les deux camps se battent depuis 6 heures du matin, sans discontinue depuis le début de l'attaque générale jusqu'’à la tombée de la nuit.
La division de Catherine Pérignon est bloquée.
Les manœœuvres de déstabilisation n'ont pas le succès escompté car le campement de Capmany tient rudement bien contre le régiment de la Reine sous les ordres du commandant portugais San Juan Dios Olivenza qui est l'aile gauche du général Juan Curten.
La nuit vient pour apporter un répit aux hommes fatigués par les assauts répétitifs de 2 jours de combat.
Il faut évacuer les blessés et les morts, recevoir les consignes de l'État-major pour réorganiser les campements et se ravitailler en munitions.
La journée du 18 novembre 1794 commence tôt, car la droite des troupes françaises est contenu au centre par le maréchal de camp Valentin De Belvis.
A 8 heures du matin, un trompette arrive sur le champ de bataille avec une nouvelle terrible.
Les3 divisions françaises refusent le combat et désabusées se replient vers leurs campements.
L'annonce de la mort de Jacques Dugommier a vite fait le tour des brigades.
Il s'est éteint après d'horribles souffrances dues aux blessures provoquées par un boulet de canon qui l'atteint à l'épaule et à la cage thoracique.
En signe de deuil et de respect pour leur commandant en chef, les français ne vont plus combattre.
Les ordres de leurs officiers sont de se replier vers le campement.
Le champ de bataille revient aux espagnols qui sont surpris par ces mouvements de retrait et d'abandon des fantassins français.