Lluis Fermin Carvajal-Vargas, comte De La Union, 3ème commandant en chef de l'Armée de la Catalogne.


Le 20 novembre 1794, le comte De La Union, commandant en chef de l'Armée de la Catalogne se trouve dans la forteresse de Sant Ferrán de Figueres.
Il est averti par un groupe d'éclaireurs que la division de Charles Pierre Augereau aux ordres de l'adjudant général Louis-André Bon avec de 2 600 fantassins soutenu par les 3 brigades de Jean Beaufort, de Léonard Duphot et de Jean Guieu donne l'assaut du sanctuaire de la Madre de Deu del Roure, cette redoute considéré imprenable par les Espagnols.
Plein de fougue, Lluis Fermin Carvajal part de Quartier Général le castell Sant Ferrán de Figueres avec 30 cavaliers de son escorte sur les versants du massif Mont-Roig pour soutenir son campement et reprendre l'offensive de la redoute "Madre de Deu Del Roure".
Sa réputation de bravoure au sein de l'Armée de la Catalogne n'est plus à faire.
Sa droiture et la dignité de vie au sein de son armée, n'est plus à faire.
Les diffamations de la propagande militaire française dénotent une fausse et humiliante faiblesse du commandement en chef alors que la réalité est tout le contraire.
Le commandant en chef est une personnalisation parfaite de l'esprit antique par ses principes, ses sentiments et son éducation.
Le comte De La Union, un légitime descendant fidèle à l'esprit de son pays des rois catholiques.
Il se préoccupe de défendre l'intégralité du territoire contre la propagande anticléricale et les droits du souverain Carlos IV, le culte et la foi des ancêtres.
Le comte De La Union se présente au village Darnius sur le chemin pentu du massif Mont-Roig d'Escaulas au sanctuaire de la Madre de Deu del Roure.
La redoute militaire espagnole avec ses lourdes palissades en feux est prise d'assaut.
Les explosions violentes des pièges à mines ont provoqué des trouées dans le rempart ou sont établis les artilleurs dans les 20 embrassures les artilleurs complètement désorganisés.
Les batteries des 25 canons pointent vers la route de la forteresse de Sant Ferrán de Figueres.
Les 5 emplacements de mortiers sont jetés en contrebas de la plateforme, dans les fosses des pieux pointus.
Le 20 novembre 1794, Lluis Fermin Carvajal, comte De La Union charge avec son escorte de cavaliers quand un tir le blesse à l'épaule, sa blessure est sérieuse.
Le comte De La Union blessé ne veut pas se rendre comme prisonnier, il ordonne à son frère d'arme Tadéo Galistero-Manrique de le tuer, ce qu'il fit.
Cet officier pratique le serment du sacrifice comme les recrus révolutionnaires se sacrifient eux pour la patrie.
Le pacte de sacrifice est conclu avec son ami Tadéo Galistero-Manrique, originaire du Guatemala.
Il est atteint de 2 balles.
La 1ère balle l'atteint à l'épaule, la 2ème mortelle à la poitrine.
Le sacrifice de sa vie est le dernier recours, il reflète la gravité de la situation.
Le terme sacrifice de sa vie a une dimension de violence excessive.
C'est un geste religieux ou un acte difficile à comprendre pour un croyant.
Le sacrifice chrétien n'est pas un acte tragique. Augustin (De civ. Dei, X, 6) résume le geste par ces lignes :
"Toute bonne œuvre contribue à nous unir à Dieu ou en une sainte société,
" à savoir toute œuvre rapportée à ce bien suprême grâce auquel nous pouvons être véritablement heureux."

Le rituel de sacrifice de sa vie est le partage entre 2 êtres proches et intimes.
La relation du sacrifié bascule sans retenu.
Tout est déséquilibré, détruit.
Le rite du sacrifice de la vie est une cause noble, divisé en 3 parties d'échange et de partage.
La 1ère est pour Dieu afin de libérer l'humanité, obtenir la victoire, la santé et la paix.
La 2ème est pour le prêtre.
La 3ème est offerte au sacrifice.
Il n'y a pas d'acte tragique.
C'est un geste d'amour devant la défaite mais de souffrance pour ceux qui reste.
C'est un cas d'extrême détresse.
Les témoignages sont rares car les sacrifices humains sont interdits.
La vie est sacrifiée pour un idéal pour tenir parole et rester crédible
Lluis Fermin Carvajal, comte De La Union est commandeur de l'ordre des cavaliers de Santiago.
Leur siège se situe à Uclès dans la province de Cuenca jusqu'à son déplacement en 1869 à la cour royale de Madrid dont Manuel Godoy et Carlos IV en sont les garants.
L'ordre des cavaliers de Santiago est fondée en 1171 sur le modèle des cavaliers Temple de Salomon de tradition religieuse révèle l'existence à l'intérieur de l'église d'un ordre où les religieux sont autorisés comme les militaires à porter les armes et à tuer sans pêcher (chapitre 48 de la règle).
Sous la charge du commandeur Pedro Fernàndez De Fuentencolada les chevaliers de Caceres prennent l'étendard d'étoffe de soie rouge avec en son centre le fils du tonnerre, brandissant l'épée d'une main et la croix chrétienne de l'autre et se font appelés"Les cavaliers de Santiago "(Saint Jacques de l'Épée).
A leur création, les cavaliers de Santiago de la milice du Christ revêtent leurs habits avec le symbole incrusté de la bannière des "Caballeros de la Espada" des chevaliers de l'Épée de soie rouge sous la protection de l'apôtre saint Jacques.
L'ordre des cavaliers de Santiago se compose de 2 branches :
  • - La 1ère branche des clercs religieux suit la règle cistercienne.
    Les chevaliers n'ont pas droit au mariage et ils font vœu de chasteté sont sous la charge des Prieurs des 2 couvents de Santiago d'Uclès et de Sant Marco de León.
    Au sein de la confrérie des chanoines de Saint Augustin mariés sont enrôlés par le Prieur aussi le souverain en 1540 autorise leur engagement marital à condition qu'ils prêtent serment de leurs concours militaires.
  • - La 2ème branche des laïcs sous la régie d'un maitre laïque et non plus d'un prieur est militaire de l'ordre des cavaliers de Santiago élu par eux suivent la règle de Saint Augustin.
    Ils prêtent vœu de pauvreté d'obéissance et de fidélité à Sant Marcos de León.
    Les cavaliers font retraite une fois l'an à Uclès pour consacrer leur descendance au sein de l'ordre de Santiago.

  • La souplesse des règles du Chapitre de l'ordre militaire des cavaliers de Santiago attire au sein du royaume les chevaliers des congrégations de Calatrava, de Sant Julien et d'Alcantara et prospère en une puissante armée par la mobilisation des grandes familles nobles.
    Le comte De La Union est le 2ème duc de San Carlos par sa naissance.
    Il fait parti des chevaliers nobles servant fidélité à leur roi comme au temps médiéval de sa descendance des rois de León.
    Les cavaliers français sur le versant interprètent le geste de Tadéo Galistero-Manrique comme un meurtre commis par sa propre unité..
    Les propagandes militaires françaises font un amalgame entre la révolte militaire au sein de la forteresse de Figueres et l'acte de sa mort pour salir sa bravoure et son courage.
    Le comte De La Union et 2 officiers de son escorte gisent sur le chemin boisé en pente du sanctuaire Mère Dieu del Roure en territoire occupé par les troupes françaises.
    La famille Carbajales (en catalan) est membre du conseil de Castille et des Indes, titres acquis par son grand-père Lorenzo Galindez De Carvajal.
    Son père : Fermin Francisco Carvajal Vargas né le 16/09/1722 à Quilpolemo dans la province bordée par l'océan Pacifique del Bío-Bío au Sud du Chili.
    Colonel de l'armée royale est membre depuis 1758 de l'ordre des cavaliers de Santiago.
    En 1768, le roi Carlos III nomme son père 1er Duc de Sant Carlos, comte de Castillejo marquis de Santa Cruz de la Sierra et Val fonda.

    Il occupe le titre d'ambassadeur à Lima au Pérou.
    Sa mère : Joaquína-Maria Magdalena Brun est l'une des familles très riches et nobles du nouveau pays d'Amérique Latine.
    Elle use de son prestige pour populariser la cour espagnole au sein des réceptions.
    Le couple a 12 enfants dont 5 seulement vivront.
    Le couple est en garnison à Lima quand son épouse donne naissance à un 2ème fils : Lluis Fermin De Carvajal-Vargas.
    Lluis Fermin De Carvajal-Vargas est né le 21 aout 1752 à Lima, au Pérou.
    Lluis Fermin arrive en Espagne à Madrid très jeune pour étudier le latin au collège royal de Charles-Quint, proche de la paroisse Sant Martin tenu par un recteur membre de la famille Carvajal au 5 rue de Leganitos.
    Lluis Fermin De Carvajal-Vargas d'une éducation très soignée, doué pour les langues étrangères quitte le collège royal jésuite pour poursuivre ses études à Madrid au séminaire jésuite des Nobles de naissance.
    Son éducation jésuite sur l'étude moderne de rhétorique, des ouvrages de Tertullien, d'Octavius de Minucius Felix, les confessions de saint Augustin et les 7 volumes d'Adversum paganos d'Orose mettent en avant sa réputation d'érudit.
    Le comte De La Union aurait pu devenir un libre penseur comme Voltaire et Chateaubriand mais ses dispositions pour les nouvelles sciences de trigonométrie et d'algèbre et son talent en ingénierie orientent le jeune Lluis-Fermin à des études militaires.
    En 1765, Lluis Fermin Carvajal-Vargas intègre comme cadet intègre le régiment des gardes Royales Espagnoles et l'école royale militaire.
    En juin 1775, sous les ordres d'Antonio Ricardos, il participe à l'expédition espagnole d'Alger Alejandro O'Reilly.
    Il partage comme officier les échecs et la défaite du 3 juillet 1775 contre les maures d'Afrique du Nord.
    Les généraux de cette expédition sont condamnés au châtiment d'isolement par la cour du roi .
    Des sanctions disciplinaires sont appliquées pour éloigner les officiers de la cour royale de Madrid.
    Le 13 septembre 1782, sous les ordres du père de Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas, il participe avec l'armée franco-espagnole au siège de Gibraltar contre la garnison britannique au camp Saint Roch.
    En février 1783, Lluis Fermin Carvajal-Vargas obtient le grade de colonel, il se distingue par sa bravoure sur les chaloupes canonnières et au soutien de l'ingénieur français D'Arçon durant l'attaque des batteries flottantes.
    Le 03 juin 1784, il est nommé capitaine des lanciers de la garde Bourbon en garnison à Malaga.
    Son régiment participe à l'expédition d'Alger sous les ordres de Ventura Caro qui trouve en lui un officier doué.
    Le 24 juillet 1784 pour sa bravoure sous les ordres du duc de Crillon au siège de Mahon, il est élevé au grade de 1er lieutenant de cavalerie.
    Le 07 mai 1789, Le comte De La Union est nommé grenadier dans le régiment des artilleurs de Sagunto.
    Le 14 janvier 1790, il est muté une 2ème fois avec le grade de lieutenant au siège de Gibraltar dans le 2ème régiment de Murcia en garnison dans la province de Cadix au village San Roque dans la baie de Gibraltar.
    Le 10 octobre 1790, sous les ordres du général Juan Curten, il participe au sauvetage des garnisons de la forteresse d'Oran détruite par le tremblement de terre et tsunami qui a lieu dans la nuit du 09 octobre 1790 à 1 h du matin.
    La puissance et la violente inouïe du tsunamis submerge la ville après 18 secousses du tremblement de terre.
    La citadelle et le fort Sant Bernardino sont en ruines.
    3 000 personnes sont ensevelies sous les décombres des maisons en feu.
    La partie haute de la de la Casbah et le palais sont effondrées.
    La caserne détruite entraîne l'extermination des 765 militaires du régiment des Asturies, sous les ordres du colonel Nicolas Garcia gouverneur d'Oran.
    Les églises attenantes à la forteresse et les 2 hôpitaux sont rasés.
    Le 29 septembre 1791, il obtient le grade de lieutenant colonel (Marechal de camp) dans le régiment de Navarre commandé par Ildefonso Arias Saavedra en garnison à Melilla et à Ceuta.
    Du 16 décembre 1791 au 27 décembre 1791, le comte De La Union évacue par convoi maritime du port d'Oran au port de Carthagène, les militaires et la population espagnole après la cession de la ville d'Oran.
    Le 12 février 1792, sous l'autorité de l'armada de Gayerana Langara et Frederico Gravina, Lluis Fermin Carvajal-Vargas évacue aux forteresses de Melilla et de Ceuta, les troupes espagnoles du gouverneur De Cumbe Hermosa qui ont remplacé durant 18 mois les fantassins tués par le tremblement de terre à Oran.
    En 1793, il revient en Espagne en garnison à Malaga, Lluis Fermin Carvajal-Vargas obtient du roi, le titre de 1er gouverneur du château Sant Ferrán de Figueres pendant 2 ans et durant l'occupation de 1794, la citadelle de Sant Ferrán est son Quartier Général .
    Le 27 avril 1793, lors de la déclaration de guerre par la Convention Nationale, il est promu au Quartel Général des opérations de Catalogne et il retrouve tous les généraux du Quartel de l'expédition d'Alger de 1775.
    Le 16 avril 1793, Antonio Ricardos, le commandant en chef des Armées de la Catalogne le nomme a 41 ans, général de division pour son ardeur aux combats ce qui révèle sa brillante ascension.
    A la mort brutale du commandant Antonio Ricardos à Madrid et au décès rapide du successeur désigné O'Reilly, Lluis Fermin Carvajal-Vargas refuse pour la 4 fois la nomination de commandant en chef car il désigne à son roi les généraux anciens comme le marquis De Las Amarillas appartenant à l'illustre famille De Giron qui à 54 ans brille le titre depuis le Roussillon.
    Le 14 avril 1794, Carlos IV et Manuel Godoy lui offrent le titre glorieux à 42 ans de général en chef des Opérations de Catalogne.
    C'est un défi difficile qui lui confie la royauté car l'Armée de Catalogne est complètement décimée après la défaite de la bataille de Montesquieu.
    La maladie et les désertions ont compliqués les bataillons qui ne se renforcent pas en militaires mais en somatents.
    La jalousie des généraux sous son commandement manque de motivation et leur passivité nuise et retarde le déroulement des combats.
    L'Armée des Pyrénées-Orientales est florissante avec un effectif 4 fois plus important que celle de la Catalogne.
    Le 03 mai 1794, le comte De La Union sans fantassins, sans artillerie est critiqué au sein de son Etat-Major, il veut quitter le commandement de son armée.
    Lluis Firmin Carvajal donne sa démission à Manuel Negrete comte Campo Alange, ministre de la guerre.
    Il désigne les généraux De Las Amarillas et le prince Monforte, les 2 coupables par le retard et la lenteur des mouvements de repli du désastre de l'évacuation et de la défaite de la bataille de Montesquieu.
    Il demande au 1er ministre de désigner comme successeur, l'un de ces deux généraux dont il deviendra l'exécutant.
    Rapidement arrive la réponse de Manuel Godoy qui lui conseille de se méfier des principes révolutionnaires jacobines qui règnent dans son Q.G.
    " Tu as sous tes ordres 14 officiers supérieurs qui ont des complicités avec la noblesse de l'Etat-Major Français.
    " Je ne peux pas par mes obligations de dirigeant du royaume ni les dénoncer, ni révéler les noms coupables."

    Dans son Q.G. de Sant Ferrán de Figueres, Lluis Fermin Carvajal-Vargas prend connaissance que les finances du royaume d'Espagne sont catastrophiques et que cette ruine ne peut plus subvenir au recrutement des bataillons étrangers.
    Il met à son actif, la création de l'organisation des somatents de la Catalogne.
    Lluis Fermin Carvajal-Vargas devient le 1er négociateur des véritables pourparlers de paix avec Domingo Simonin avec la république française que le 1 er ministre Manuel Godoy passe sous silence dans ses mémoires pour s'en attribuer tout les mérites.
    Après sa mort, le prince De Monforte, le général le plus âgée et Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas de Rhonda le plus titré se disputent le commandement en chef de l'Armée de la Catalogne durant 3 heures dans le conseil de guerre qui se tient au Quartier-Général du Castelló d'Empúries.
    Après sa mort, son père Fermin Carvajal-Vargas ne peut pas surmonter sa douleur meurt à Madrid le 22 janvier 1797.
    Le 27 novembre 1795, son père emporté par le chagrin n'assistera pas la célébration à la cathédrale de Lima par le jésuite José Manuel Bermudez de l'inhumation son fils Lluis-Fermin.