Sources : "El Castell de Sant Ferran de Figueres " Carlos Diaz. pàges. 70-74

datedujour = new Date("1794/11/24"); hdj=datedujour.getHours(); mdj=datedujour.getMinutes(); sdj=datedujour.getSeconds(); date_even = new Date(1793, 2, 6, hdj, mdj, sdj); //janv =0 > decemb =11 date1=datedujour.getTime(); date2=date_even.getTime(); nbrej= date1-date2; nbrej= Math.round((Math.round(nbrej)/1000)/60/60/24); document.write("

"+nbrej+" jours de guerre

"); document.write("");
Le brigadier Andrés Torres tient le rôle de gouverneur subalterne dans la forteresse de Sant Ferràn de Figueres.
C'est un sage humaniste intelligent qui admire les idées sur la liberté des peuples qu'infuse la révolution.
Pour lui, la vie est trop importante pour être sacrifiée à son honneur.
Son éducation jésuite sur le sacrifice est contraire à celle reçue par le comte De La Union.
Le 20 novembre 1794, le 4ème commandant en chef de l'Armée de la Catalogne, Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas désigne Andrés Torres comme l'homme nécessaire au poste de gouverneur de la forteresse de Figueres.
Le dernier conseil des généraux au Q.G à la commanderie à Castelló d'Empúries, présidé par Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas confirme sa nomination
Sa mission est de retarder au maximum l'avancée des troupes françaises afin de permettre la réorganision des divisions militaires à la ville de Bascára.
La décision d'abandonner la forteresse de Figueres est prise par Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas bien avant que ce produise l'évènement car il trouve qu'une résistance est inutile, qu'il faut faire abdiquer le château de Sant Ferràn.
Le document secret du 08 février 1794, établi par le général Tomás De Morla durant la visite d'inspection du castell de Sant Fernando motive ce choix.
Surtout que les fonds attribuer en 1790 pour consolider la forteresse de Sant Ferrán sont détournés par les ingénieurs afin de réparer les murailles de Roses et Gerona quand Jeronimo Giron-Moctezuma est en poste comme gouverneur de Barcelona.
Il ordonne au général Domingo Izquierdo et à ses 4 000 fantassins et leurs 3 000 cavaliers présents dans la forteresse de prendre la route vers Puig-Orriols à Bascára.
Le général Juan Curten et ses hommes protègent sa retraite.
La ville de Figueres est abandonnée par l'armée.
Les blessés et les fuyards recherchent une protection pour sauver leur peau dans les murs de la forteresse.
Le flot des fuyards grandit sans cesse alors que les troupes espagnoles désertent la ville.
L'arrivée d'une centaine de réfugiés grossit et s'entasse aux portes de la ville.
La venue des 200 artilleurs du régiment de Vermandois avec à leur tête le général Léonard Duphot remplace Louis-André Bon blessé.
Dans le désarroi, les défenseurs de la forteresse hurlent des slogans "Vive la république" pour leurrer les troupes françaises.
La panique fait courir les catalans dès les premiers coups de canons des grenadiers sur le rempart Nord de la forteresse et l'écho s'amplifie en se répercutant sur la colline de Vilatenim.
François-Jean-Baptiste Quesnel, commandant des artilleurs est conduit vers 16 heures, les yeux bandés à l'intérieur de la forteresse de San Ferran pour avertir le gouverneur de son plan de démolition du fronton Nord, si la sommation orale n'est pas appliquée.
L'entretien avec le brigadier gouverneur Andrés Torres est de lui faire comprendre que son rôle de résistant n'est pas un constat de faiblesse.
François, Jean-Baptiste Quesnel lors de son inspection avec le gouverneur Andrés De Torres dure simplement une demi-heure, il s'aperçoit médusé du spectacle que fait l'armée espagnole qui quitte la forteresse et des gardes qui abandonnent les murailles extérieures.
Les autres gardes pris de panique ont creusés à deux mètres de la palissade sur le glacis une tranchée profonde pour s'y cacher.
Cette visite démontre que la citadelle est occupée par 7 500 fuyards sans disciplines, sans aucun chef pour les motiver et sans aucun soin pour les soldats blessés.
François, Jean-Baptiste Quesnel repart par le même chemin, les yeux libres de tout bandeau afin de rendre compte de sa visite, surtout de l'inquiétude et de la frayeur qui règnent au cœur de la forteresse à Catherine-Dominique Pérignon.
Celui-ci s'empresse d'envoyer un ultimatum au brigadier gouverneur Andrés Torres.

" Pour assurer sa conquête et en raison de sa victoire, l'armée te somme pour la dernière fois de lui rendre le château de Figueres.
"Elle veut le fort et que tu lui donnes les clefs comme réponse."
"Trembles, si ta réponse est négative."

La riposte du brigadier gouverneur Andrés Torres au général en Chef des Armées des Pyrénées-Orientales, Catherine Dominique Pérignon ne se fait pas attendre :

"J'ai reçu le papier que tu m'as envoyé. Je ne crains pas tes menaces."
"Je te donnerai ma réponse dans les plus brefs délais,
"Je ne peux pas me décider pour le moment parce ce que mes propres pouvoirs sont limités."

Le 04 frimaire de l'An III-24 novembre 1794, Catherine-Dominique Pérignon reçoit un courrier dont le contenu va le surprendre et dépasser toutes ses espérances.

"Cette place dont je suis responsable et que je dois conserver au nom du roi par honneur et par devoir."
" En raison du succès et du mérite de l'armée française, je voudrais te donner en l'état la place."
" Ainsi que l'exige rigoureusement mon honneur, l'opinion des chefs et de la garnison, ce ne serait pas une gloire pour l'armée française de la lui céder sur une simple sommation."

Catherine-Dominique Pérignon met plus rapidement la pression, il se fait plus exigeant pour ne pas laisser trop de temps à la réflexion du conseil des officiers et changer d'avis.

"Toute la garnison espagnole sera passée au fil de l'épée si tu ne changes pas d'avis."
"Je te donne jusqu'à demain "après-midi pour faire tes réflexions."

24 heures sont écoulées quand le gouverneur Andrés De Torres fait porter sa réponse.

"La vie périt, mais pas l'honneur."
"Celui-ci est sacrifié à la nation, je lui rendrai ce que je lui dois sans que le souvenir d'une infamie souillée pour toujours cette garnison dont son nombre m'engage à épargner le sang".
"Ce sentiment n'est pas étranger à la nation française, que ces maisons soient donc écoutées et qu'une armée victorieuse se couvre de gloire et ne soit pas sourde au cri de l'humanité."
"Je soumets ces réflexions au général en chef et aux représentants du peuple, pour ne pas être responsable devant Dieu des nombreuses victimes qu'il y aura, à défaut de propositions honorables."
"Un exemple ne doit pas faire naitre des résolutions violentes."
"Convenons donc que le général dont je dépends sache ma situation."
"C'est un texte bien court pour défendre l'espèce humaine, ainsi que le demande le général en chef de l'Armée française et des représentants du peuple".
Signé : Andres De Torres, gouverneur du château San Fernando de Figueres.

Le général colonel Vincente Ortùzar sert d'intermédiaire et l'officier attend une réponse.
C'est à peine si Catherine Dominique Pérignon daigne dire en sa présence cette réponse orale :

"Je n'ais rien à répondre à une telle lettre."
" Les résolutions de ton armée sont irrévocables."
" Si tu ne souscris pas à ma volonté immuable, je renoncerais à mon indulgence."

Le parlementaire s'en retourne les mains vides de toute réponse.