Sources : Bibliothèque Palau de Peralada-manuscrit 91.


  • Le 20 novembre 1794, Jeronimo Giron-Moctezuma, marquis Las Amarillas organise le dernier conseil de guerre dans le castell d'Ampurias.
    Le nouveau commandant en chef propose d'abandonner la citadelle Sant Ferrán à ses propres forces.
    Le général en chef veut maintenir son corps d'armée dans la ville fortifiée de Bascára à mi distance entre Figueres et Gerona.
    Juan Miquel De Vives sollicite la ville de Gerona mieux équipée en armement, l'idée est rejetée car la citadelle a subit plusieurs brèches.
    L'armée ressent une motivation supplémentaire car il devient difficile à bivouaquer continuellement.
    Jeronimo Giron-Moctezumá, marquis Las Amarillas ordonne au général Juan Curten de quitter la forteresse Sant Ferrán avec sa garnison de 9 000 hommes, 3 000 chevaux pour transporter les canons dans la citadelle de Roses pour les faire embarquer.
    Le général espagnol Domingo Izquierdo reçoit l'ordre de vider la garnison de San Ferrán de 5 400 fantassins et des cavaliers pour se rendre à la citadelle Bascára.
  • Le 21 novembre 1794, les troupes françaises encerclent la citadelle pour intimider les garnisons espagnoles en tournant autour de la ville de Figueres afin d'interdire le ravitaillement.
    Le chef Catherine Pérignon, envisage de bloquer les routes de l'Ampurdán pour empêcher la liaison entre la forteresse de Sant Ferrán et la citadelle de Roses.
    Après avoir étudié avec ses ingénieurs du génie des fortifications, il décide que le rempart Nord est le plus prenable et qui révèle le moins de difficultés.
  • Le 22 novembre 1794, le général français demande à parlementer, il ordonne à François, Jean-Baptiste Quesnel, commandant des artilleurs de se rendre dans la forteresse pour intimité verbalement, le brigadier gouverneur Andrés Torres.
    La première sommation verbale faite au brigadier Andrés Torres est négative.
    Catherine Pérignon met plus de pression pour provoquer plus d'intimidation dans ses écrits et faire changer d'avis du gouverneur que l'armée à abandonner à son sort.
  • Le 23 novembre 1794, le gouverneur est désorienté par la multitude de brigades qui ne se reconnaissent pas entre elles. Les fuyards se sont mélangés aux militaires.
    Les brigades sont désorganisées pour former des unités car personne ne se reconnaît.
    Durant la visite l'officier artilleur met plus de pression et explique la façon dont il va détruire le rempart Nord, ces explications compliquent et intimident le brigadier Andrés Torres qui doit réunir son conseil de guerre pour connaître quelles sont les intentions des officiers.
  • Le 24 novembre 1794, le conseil des généraux est composé de militaires, d'ingénieurs, de prêtres et du représentant des finances de la cour.
    Les artilleurs et les ingénieurs sont en désaccord : se défendre ou capituler.
    La division des officiers va favoriser le camp français.
    Le colonel Vincente Ortúzar est nommé médiateur auprès du gouverneur Andrés Torres et du chef des Armées des Pyrénées-Orientales.
  • Le 25 novembre 1794 matin, François, Jean-Baptiste Quesnel, commandant des artilleurs se présente au gouverneur pour réaliser un constat et visiter les bâtiments.
    Andrés Torres ne veut pas prendre de décision avant le nouveau conseil qui va se réunir le soir même.
    Durant ce conseil, l'idée de défendre la forteresse est discutée.
    Le conseil est d'accord pour demander une sommation supplémentaire et ne pas se précipiter.
    Le concept de capitulation indique l'ouverture de négociation.
    Cette notion doit faire gagner du temps. Le conseil va établir une liste de revendications que Vincente Ortúzar porte à Catherine-Dominique Pérignon.
  • Le 26 novembre 1794, comme sa détermination de capituler est négative.
    Le gouverneur Andrés Torres propose un dernier conseil de guerre qui devient dramatique, ne reflétant pas l'idée de coalition que le comte De La Union lui a toujours voué.
    Pourquoi le marquis La Amarillas, le nouveau commandant en chef de l'Armée de la Catalogne est-il absent ?
    Pourquoi a-t-il délégué ses pouvoirs à ses 42 officiers qui composent ce conseil de guerre ?
    Sont présents les officiers de la province de Sevilla, de Catalunya, de Guadalajara, des Canaries, de Xeres, du Chinchilla, de Grenada, de Castella, auxquels se sont ajoutés les officiers des bataillons étrangers Irlandais et Portugais, le clergé et enfin le gouverneur par intérim Andrés Torrès.
    La plupart de ces officiers sont présents depuis le début de la guerre.
    Ils figurent à chaque conseil du Cartel de l'Etat-Major de Figueres que présidé Luis Firmin Carvajal-Vargas avant sa mort .
    Il demande aux 42 officiers présents d'effectuer un vote anonyme où un seul mot doit apparaître :
    "Défense" ou "Capitulation" et de le déposer dans une urne.
    Le résultat confirme ses doutes :
    36 votes pour la capitulation et 5 votes pour la défense.
    Le gouverneur sans commentaire se joint à la majorité.
    Le général Vincente Ortúzar regagne le campement des français pour porter le résultat du conseil. Il informe le nouveau commandant en chef Catherine Dominique Pérignon que le gouverneur Andrés Torres consent à capituler sous certaines conditions.
    La nuit du 26 novembre 1794 une assemblée est décidée pour rédiger le document qui servira à la négociation.
  • Le 27 novembre 1794, une nouvelle assemblée est contraire aux projets du général Catherine Pérignon.
    Le général français considère que les espagnols ont décidé de gagner du temps pour capituler en prétextant l'établissement d'une liste de requêtes pour négocier la capitulation.
    Pierre Delbrel, commissaire de la république entre en fonction et inverse l'initiative espagnole avec l'apport d'un document qui défini les pouvoirs étendus du général en Chef Catherine-Dominique Pérignon sur la forteresse.
    Seuls 22 officiers présents et minoritaires signent la convention.
    Surpris par ce geste, ils attendent les réflexions des 20 autres officiers absents de cette décision.
    Dans la précipitation, le colonel Joaquín Mendoza est furieux et indigné de voir que les officiers n'ont pas attendu les ingénieurs militaires pour signer le document, il lance le porte-plume contre le mur en signe de refus à la signature du document.
    La capitulation prend est effet dans la nuit du 27 novembre 1794.
  • Le 28 novembre 1794 à 7 heures du matin, 2 bataillons français se présentent à la porte de la forteresse mais Andrés Torres est absent.
    Le commissaire de la république Pierre Delbrel s'avance devant la garnison espagnole accompagné de Pierre-Joseph Joubert De La Salette chef d'Etat-Major, Louis De La Verrière ingénieur et expert en explosifs, il s'adresse à l'observateur espagnol Joaquim Alfonso Monjardin, capitaine des artilleurs et lui demande que le gouverneur Andres Torres lui remette les clefs du fort.
    Andrés Torres ne se présente pas pour éviter une nouvelle humiliation devant la garnison.
    L'officier espagnol informe Pierre Delbrel que le gouverneur et les officiers sont dans l'église pour assister à l'office.
    Le gouverneur et la majorité de ses officiers sont en train de prier dans cette église inachevée où la structure centrale est de forme elliptique, à ciel ouvert sans la coupole.
    Dans les 4 chapelles demi-circulaires brulent des cierges, elles font face à la travée de la nef du chœoeur de l'église.
    Le représentant français interrompt la messe.
    Il demande au gouverneur de se rendre sur la place centrale pour remettre les clefs.
    Ensemble, ils se dirigent vers l'immense place, ils avancent entre une haie d'honneur où les tambours battent et les unités ont déjà déployé les drapeaux.
    A 9 heures, les garnisons espagnoles sortent de la forteresse, se dirigent vers la France, à la hauteur du bourg d'Els Hostalets, les militaires déposent leurs armes et se livrent.
    Les soldats français pénètrent dans la forteresse où tout est nettoyé et rangé.
    La surprise suit l'étonnement, au moment où le commissaire espagnol Manuel Llovet et Juan Granados responsable des magasins font l'inspection des inventaires et des réserves.
    Les stocks de vivres, d'épicerie, des liquides débordent dans les entrepôts.
    Les réserves sont remplies de fournitures militaires, la quantité de munitions et d'armes dépasse l'espérance des troupes françaises. 171 canons de tout calibre avec 200 000 livres de poudre.
    Il découvre un hôpital bien équipé pouvant soigner 300 malades et une pharmacie approvisionnée.