Quels plans faut-il appliquer pour établir un tel siège ?
C'est une bataille d'artilleurs que les grenadiers français attendent comme une revanche, depuis leur départ de Toulon.
Ce n'est plus un combat de fantassins mais un combat éloigné de l'artillerie lourde contre un ennemi et son armement.
Face à eux dans la rade de Roses sont encrés les navires espagnols qui ont coulé les navires et mit le feu au débarcadère de Toulon.
Le 28 novembre 1794, Catherine-Dominique Pérignon du bourg de Palau-Saverdera décide en grand stratège d'employer la tactique du bluff et de l'intimidation qui lui a réussi à Figueres.
Il envoie au gouverneur Manuel-Maria Tovar, une sommation afin qu'il lui cède la ville, les forts et le port dans le délai d'une matinée afin de bénéficier de l'indulgence et de la clémence de son armée.
Pour le convaincre de sa décision, il a rajouté à sa proposition, le contrat signé par les officiers espagnols qui lui donne les pleins pouvoirs.
Manuel-Maria Tovar ne se laisse pas intimider.
Ce gouveneur sait que les marins sont solidaires de son armée aussi il demande un délai de 24 heures pour consulter son conseil de guerre.
Le délai lui est accordé sous condition d'un échange d'otages.
Les officiers otages espagnols se livrent en apportant un nouveau message du gouverneur.
La réponse réfléchie du gouverneur Manuel-Maria Tovar est :
"La place de Roses veut se défendre."
Les intentions ne changent pas, le délai expire à midi, les otages sont libérés et rendus.
Pierre, François Sauret a installé un verrouillage sur les routes du continent avec ses 4 brigades pour assiéger le port de Roses.
Claude Victor Perrin, un ancien de Toulon, à peine guéri de ses blessures dans les combats du mont Roig occupe le pied de la montagne Puig Rom avec l'artillerie des grenadiers.
Ils ont élaboré un blocus à l'Alt Gran aux abords du cap de Creus.
Sa position verrouille la route qui relie Roses aux ports de Cadaques et de la Selva.
Jean-Jacques Causse à la tête du régiment de Bourbonnais et Pierre-Louis De Lamotte bivouaquent dans la plaine marécageuse, à l'entrée sur la montagne de Rhodes surveillent le cap de Creus et empêchent la liaison de la route de Palau-Saverdera.
François-Gilles Guillot, vainqueur du siège de Saint Elme à Collioure est installé avec sa garnison d'artilleurs le long de la route du castell d'Ampuries et ils contrôlent le marais du Castillon.
Cette position essentielle ferme le passage obligatoire des forteresses de Peralada, de Figueres et de Pontos.
Il exhausse la promesse faite à ses artilleurs et à Jacques Dugommier de combattre les canonniers espagnols responsables d'avoir tiré sur leur position à Toulon afin de mettre le comte de Provence sur le trône.
La naïveté des canonniers espagnols est d'avoir fait confiance à la marine anglaise venue à Toulon pour détruire la flotte et le port français afin de rester maitre de la mer.
Dans la citadelle de Roses, le gouverneur Manuel-Maria Tovar dispose d'une garnison de 4 500 hommes armée de 90 canons en batterie composée :
  • du régiment de grenadiers de la Reine,
  • du régiment de Navarre,
  • du régiment d'Andalousie.

  • Hors de la citadelle, 2 000 somatents sont en embuscade dans les sentiers forestiers.
    Le fortin Trinitat est aménagé de 15 canons que se partagent 280 artilleurs.
    Les canons du castell de la Trinitat situé au Sud-Est bombardent les positions des grenadiers français.
    Ce fort de petite taille possède une puissance de feu supérieure à celle de la citadelle et son emplacement est stratégique.
    En rade de Roses, Juan Francisco De Langara à bord de la frégate "Ifigenia" armée de 44 canons, mouille à côté de 13 frégates et de 45 canonnières.
    C'est l'officier espagnol qui a fait alliance avec la flotte anglaise de Samuel Hood afin de couler les navires et de mettre le feu à l'arsenal de Toulon, le 16 décembre 1793.
    Dans le port de Barcelona, à bord du navire "Fue el Hermenegildo " armé de 112 canons, l'amiral Federico Carlos Gravina se tient en réserve avec sa flotte de corvettes prêtes à rallier l'escadre Juan Francisco De Langara à la moindre alerte.
    Au port de Llançà, l'Armée des Pyrénées-Orientales débarque 9 canons que l'armée installe en batterie, près du Castell de Carmenço pour tirer sur la citadelle afin de démontrer leur présence.
    Pendant 4 jours sans relâche, la batterie fait pleuvoir sur la citadelle un déluge de bombes et de boulets détruisant et embrasant les maisons.
    Cette politique de destruction des fermes isolées incite à la haine les habitants que les français viennent de soumettre.
    L'indignation donne plus de courage aux somatents.
    Sur les hauteurs du Puig Rom, les somatents tirent dessus les artilleurs de Claude Victor Perrin.
    Les murs épais de la citadelle de Roses résistent aux bombardements des artilleurs français.
    La riposte espagnole ne se fait pas attendre.