Sources : "Manuscrit de L'An III". Agathon Jean-François Fain-Paris 1828-Ed.Arléa.


Le roi Carlos IV et son épouse Louisa-Maria viennent d'interrompre les négociations suite au refus du Comité de Salut Public de rendre les enfants de Louis XVI emprisonnés au Temple.
Les pourparlers sont suspendus car l'article préalable sur la remise des enfants à bloquer les tractations.
L'Angleterre et l'Autriche satisfaites par la polémique que prennent les entretiens savent que la guerre affaiblit chaque jour leurs deux nations rivales.
L'Armée des Pyrénées-Orientales décide d'attaquer la position espagnole sur la rivière Fluviá.
La bataille de Banyoles dure 2 jours, elle porte le nom de code Besalú se déroule d'une manière tactique.
La forteresse de Besalú au Nord-Est de l'Espagne appartient à la province de Gérone, enclavée dans la région volcanique orientale de la Garrotxa fait partie des contreforts orientaux du massif des Albères.
Besalú est le siège indépendant des comtes de Besalú qui ont bâti la ville princière à la confluence du fleuve El Fluviá au Sud et de la rivière Capellades au Nord dont l'accès ce fait par le majestueux pont roman qui protège les remparts de la capitale du comté.
Ce pont enjambe par 7 arches en ogives le fleuve El Fluviá sur une longueur de 105 m en traversant sa porte flanquée de 2 tours défensives.
Ce pont se distingue par 2 travées de forme angulaire et une au centre imputables au fait que les fondations des piliers reposent parfois à 30 m sur les pierres du lit du fleuve.
Son noyau urbain se caractérise par un nombre important de rues pavées et un ensemble de villas médiévales aux façades en pierre.
Le monastère bénédictin Sant Pere au centre de la ville formé de 5 arcs soutenus par 4 paires de colonnes présente une fenêtre avec 2 lions symbolisant la puissance et la protection contre les forces maléfiques.
Au Sud de la ville, l'ancien hôpital Sant Julia avec sa remarquable façade situé derrière l'église de Sant Pere.
Le quartier juif à 1 km hors de la ville sur l'ancienne route en terre en direction de Gérone qui longe la rive du fleuve El Fluviá après la paroisse Sant Marti de Capellades proche d'un bois et de roseaux est bâti la synagogue dont il ne reste que les ruines de la salle de prière et le mikvé pour le bain rituel de purification.
En face, José Urrutia chef de l'Armée de la Catalogne possède à la tête de son Q.G. un tacticien fabuleux Gonzalo O'Farill, son homme de confiance, sa tête pensante.
Gonzalo O' Farill marche sur Banyoles avec l'avant-garde et 150 cavaliers, ils se trouvent face à face aux cavaliers français à l'entrée du bourg de Serinyà, une position sur le front d'un ravin très profond.
7 000 fantassins forment un demi-cercle dans un terrain en courbe difficile à attaquer.
Gonzalo O' Farill est un grand chef de guerre et attire les cavaliers français sur un terrain moins désavantageux pour lui.
Les cavaliers français d'Etienne Charlet manœuvrent sur la droite pour attirer les cavaliers espagnols sur le côté opposé aux forces supérieures françaises qui sont sur la gauche.
Au centre, 2 divisions formées de 7 000 fantassins et 300 cavaliers déboulent au passage à gué du Fluviá, devant le village de Bascára et pendant 1 km marchent dans la plaine.
Etienne Charlet manœuvre sa cavalerie vers la droite pour attirer de ce côté les troupes espagnoles tandis qu'il dirige les forces supérieures du coté opposé.
José Urrutia, général en chef de l'Armée de la catalogne posté au sommet de la colline d'Orriols devine la tactique et le plan du général en chef Catherine-Dominique Pérignon commandant l'Armée des Pyrénées-Orientales, il se contente d'envoyer une brigade de cavalerie de la légion étrangère pour éviter le piège.
Dominique-Catherine Pérignon ignore que José Urrutia connait ses intentions, il exécute ces mouvements comme prévus par le plan de bataille.
Le 01 mars 1795, 5 000 fantassins et 300 cavaliers sous les ordres du général Etienne Charlet, âgé de 39 ans débouchent sur Besalú à la gauche de la division espagnole de Manuel Joseph Pineda tandis que la division du centre formée de 4 000 fantassins et 150 cavaliers passe le gué de Bascára et commence à se déployer dans la plaine puis s'éloigne du centre aussitôt 5 000 fantassins foncent sur eux.
Les français voient que le flanc gauche espagnol charge sur eux avec ardeur pour les encercler, vite ils comprennent leurs erreurs et se retirent en laissant sur la plaine de nombreux morts.
Les fantassins en déroute se jettent dans le fleuve Fluviá pour se replier, de nombreux militaires se noient en traversant la rivière à la nage.
La colonne de cavalerie se retire en direction de Banyoles où se trouve la division espagnole du centre avec Gonzalo O' Farill, une position avancée a mi-chemin entre les villages de Besalú et Banyoles, une route sur le front entourée de ravins très profonds à l'entrée de Serinyà.
La troupe de Gonzalo O 'Farill cède du terrain par l'arrière et vers 15 heures le gros de la troupe s'avance dans une zone libérée, à ce même moment, Ildefonse Arias s'engage avec ses hommes dans un combat acharné qui permet aux hommes de Gonzalo O' Farill de reprendre le dessus.
La nuit arrive sur Serinyà et empêche la poursuite des combats et oblige les fantassins français à abandonner leur position pour se retirer à Besalú.
José Urrutia et l'Armée de la Catalogne renouent avec la victoire.