Sources : "L'Espagne et la France." P.U. de Perpignan-Collection Etudes-1993- Imprimeur-Michel Fricker- 66240-
"La défaite définitive est celle qui termine les guerres et fait de la paix elle-même une souffrance sans guérison."
Albert Camus"La peste"-1947-Editeur Gallimard-75007 Paris.




Lors des tractations, le rapport de force est favorable au Comité Salut Public qui traine les négociations car nous savons de nos jours que le dauphin dans la cellule du Temple a été substitué, remplacé par un faux Louis XVII.
L'enfant prisonnier devenu un autre enfant rend impossible l'échange.
Cette énigme bloque les pourparlers de paix que réclame l'Espagne.
Une seule intention pour le gouvernement français, supprimer le faux Louis XVII.
La rumeur d'écarter le dauphin démarre sous le prétexte du prestige grandissant du jeune roi auquel se rallie les royalistes qui veulent briser la 1ère république.
La kabbale de l'arrivée de Louis XVII transféré de la prison du Temple à Paris dans celle du Castillet de Perpignan afin d'être confié aux Bourbons d'Espagne suscite un tintamarre dans Perpignan.
Avant l'arrivée du dauphin, une réunion secrète d'officiers nobles accélère la rumeur de la libération du jeune dauphin.
Luc Dagobert De Fontenille issu d'une famille noble protestante figure dans le complot est accusé de trahison, il est destitué, arrêté le 22 novembre 1793 pour être incarcéré à la prison de l'Abbaye à Paris où il est promis à la guillotine.
Le 25 septembre 1794-(4 vendémiaire An III) débute secrètement au château Sant Ferrán à Figueras les négociations de paix voulu par le roi Carlos IV entre Lluis Fermin Carvajal, comte De La Union et le Q.G. français du général en chef Jacques Dugommier par l'intermédiaire de Domingo Simonin sur les bases :
  1. L'Espagne reconnaîtra la république française.
  2. La France remettra les enfants de Louis XVI à l'Espagne.
  3. Les provinces françaises limitrophes des Pyrénées, les terres espagnoles de Navarre et de Catalogne seront cédées au fils de Louis XVI qui les gouvernera avec le titre de roi d'Aquitaine.
Les moyens d'action de négociation misent à la disposition par le Comité De Salut Public sont ridicules, ils démontrent que seule la guerre est nécessaire et permet de gagner du temps pour assurer le sort des orphelins de Louis XVI.
Nouvelle initiative du général José Urrutia le 24 nivôse An III (13 janvier 1795) et refus catégorique de renouer les contacts par le général Catherine-Dominique Pérignon.
Le 21 prairial An III, la famille royale espagnole ne varie jamais sa position sur la restitution des enfants de Louis XVI.
Carlos IV présente un 3ème négociateur à Bayonne, le basque Michel Arcangues, marquis d'Iranda, 76 ans qui vient de San Sebastiàn à la rencontre des 2 conventionnels Guillaume Chaudron-Rousseau et Augustin-Jean d'Aspe-Meilhan qui possèdent les pleins pouvoirs de négociation et maitrise la langue basque.
Michel Arcangues confirme les pourparlers que :
"Carlos IV n'abandonne pas les 2 malheureux prisonniers et que l'Espagne signera la paix en 24 heures avec un accord secret si la remise des enfants a lieu".
La réponse est claire quand les 2 conventionnels quittent la salle sans signer aucune promesse.
Le 30 prairial An III, le Comité de Salut Public connait l'état de l'enfant mourant et il répond :
"[...] La négociation ne peut pas être signée au pied des Pyrénées mais à Madrid [...]"
Pour la 8ème fois, les entretiens de paix n'ont pas aboutis.
Les négociations deviennent une angoisse pour Manuel Godoy qui n'a pas trouvé l'erreur qui rompt les pourparlers.
En mars 1795, Manuel Godoy qui a sauvé de la mort le 19 février 1793 Jean-François Bourgoing, lui rappelle son gage d'amitié et sa promesse de bonne volonté pour intervenir dans la restitution des enfants du roi.
Le Comité du Salut Public demande rapidement à Jean-François Bourgoing de rompre les relations avec l'Espagne et d'écrire une lettre négative à José Ocaritz, l'ex-ambassadeur d'Espagne à Paris.
Le 4 floréal An III, José Ocaritz écrit une 4ème lettre datée du 23 avril 1795 à Jean-François Bourgoing lui expliquant que Carlos IV ne fléchit pas sur la restitution des enfants. Jean-Francois Bourgoing répond à José Ocaritz qu'il ne veut plus entendre parler de négociation et qu'il ne faut plus lui écrire…C'est un constat d'échec entre José Ocaritz et Jean François Bourgoing.
Le Comité du Salut Public appelle l'ambassadeur plénipotentiaire de Berne en place depuis 1792, François Barthélémy, en liaison avec Jean-Jacques Cambacérès chargé d'accélérer la négociation à Bale.
Au même moment, Jean Lambert-Tallien approche José Ocaritz pour qu'il renoue le dialogue avec son ami Domingo De Iriarte gouverneur à Varsovie chargé des pouvoirs et des instructions de Carlos IV de se rendre à Bale.
Qui est Domingo De Iriarte ?
La famille De Iriarte descend d'une famille noble originaire du village basque Sant Miquel de Onate, de la province Guipúzcoa.
Il est élevé dans l'ile de Tenerife où son grand-père muté avec son régiment est en garnison dans la forteresse de Sant Felipe à Puerto de la Orotava pour assurer la défense contre les attaques anglaises.
Puerto de la Orotava est un port obligé sur la route des Amériques, aujourd'hui Puerto de la Cruz, capitale de Tenerife fait parti de l'archipel des Canaries.
Son père : Bernardo De Iriarte épouse le 28 décembre 1732, Barbara De Nieves 29 ans, fille d'un lieutenant-capitaine d'infanterie en garnison dans l'ile de Tenerife.
Domingo Iriarte-Nieves est le 6ème enfant d'une famille nombreuse de 18 qui ne vivent pas tous.
Né le 18 mars 1739 à Puerto de la Orotava. Domingo, Gabriel, José De Iriarte est baptisé avec son frère jumeau José, Gabriel à l'église Nostra Senyora de la Penya de Francia à Puerto de la Orotava le 28 mars 1739.
Le 31 mai 1754, Domingo s'embarque à 15 ans accompagné de ses 2 frères Bernardo et José pour poursuivre leurs études en Espagne chez leur oncle Juan Iriarte, un jésuite, sans enfant, âgé de 52 ans.
L'oncle Juan occupe les grandioses appartements de la Bibliothèque Royale de Madrid au 4 rue Leganitos dont le roi Ferdinand VI lui a confié la garde et il enseigne au prestigieux colegio jésuite Sant Pedro i Pablo à Madrid.
Rapidement les 3 frères approfondissent leurs études de théologie, de philosophie et d'hébreu à l'université du colegio Mayor de Sant Ildefonso où les enfants perfectionnent le latin et le grec et maitrisent parfaitement les langues européennes : le français, l'anglais, l'allemand et l'italien.
Au sein de l'université Mayor de Sant Ildefonso, Domingo Iriarte se lie d'amitié avec les 2 frères Lorenzana de Tolède qui influencent sa vie et deviennent exécuteurs testamentaires.
L'oncle Juan fait jouer ses relations pour introduire les 3 frères dans les salons de la cour royale de Ferdinand VI comme traducteurs pour qu'ils gagnent leur vie.
En 1757, le diplomate Jéronimo, Pablo De Grimaldi, attaché d'ambassade au ministère de la cour royale prend sous sa protection Domingo Iriarte à 18 ans comme confident à la cour car il trouve que Domingo a beaucoup d'esprit et qu'il parle avec une généreuse aisance dans les réceptions politiques.
Ferdinand VI décède le 10 aout 1759.
Carlos III lui succède.
Le roi passionné d'ouvrages scientifiques étrangers, encourage Domingo Iriarte à traduire des œuvres pour gagner sa vie.
Domingo Iriarte est si efficace qu'il est engagé comme traducteur dans les salons de la noblesse en compagnie de son frère Tomas, le dramaturge, poète connu dans les cercles littéraires.
Le ministre d'Etat génois Jéronimo Grimaldi nommé ambassadeur à Paris amène Domingo Iriarte comme secrétaire d'ambassade dans les salons de France.
Domingo Iriarte fait connaissance du ministre des affaires Etienne François, duc de Choiseuil qui lui ouvre les portes des clubs de Paris.
Domingo Iriarte fréquente François Barthélémy, son neveu, un royaliste attaché d'affaires dans l'ambassade.
Le 15 aout 1761, Jéronimo Grimaldi conclu le 3ème pacte de la famille Bourbon entre la France et l'Espagne avec à ses cotés le talentueux et éloquent Domingo Iriarte.
Le 10 février 1763, lors de la négociation du traité de Paris face à Etienne François duc de Choiseuil, Domingo Iriarte démontre son talent d'espion au soutien de Jéronimo Grimaldi.
Le 1er novembre 1763, le roi Carlos III le nomme à un poste d'Etat auquel son frère Bernardo lui succède.
Le 23 aout 1771, survient la triste nouvelle de la mort de l'oncle Juan De Iriarte, puis 6 mois après, c'est leur père Bernardo De Iriarte qui décède.
En 1773 à 32 ans, Domingo Iriarte entre au gouvernement quand Jéronimo Grimaldi arrache les faveurs royales pour la gestion du royaume comme premier secrétaire d'Etat face à son rival le comte d'Aranda.
Le 23 juin 1775, aux affaires du royaume d'Espagne Jéronimo Grimaldi honore son blason en confiant l'expédition d'Alger à son ami Alejandro O'Reilly.
L'expédition connue 2 mois avant laisse le temps au bey d'Alger Mohamed Pacha de structurer sa défense contre la flotte espagnole qui se retire le 07 juillet 1775 dans la débâcle.
La défaite est critiquée et oblige la cour espagnole de prendre des sanctions.
Le 17 avril 1776, le roi Carlos III oblige Alejandro O'Reilly à se démettre de ses fonctions de gouverneur et l'envoi en disgrâce en Galice.
Le 07 novembre 1776, Jéronimo Grimaldi, responsable du désastre est remplacé à la tête du gouvernement.
Par mesure disciplinaire Domingo Iriarte à Madrid est relevé de ses fonctions, il est envoyé en disgrâce à Rome.
Le marquis Jéronimo Grimaldi lui propose un poste de secrétaire à l'ambassade d'Espagne à Vienne sous la coupe de l'ambassadeur José Augustin Llano, un poste qu'il exerce durant 10 ans ou à nouveau il retrouve François Barthélémy, secrétaire d'ambassade à Vienne pour la France.
En 1786, son protecteur le marquis Jéronimo Grimaldi meurt à Rome.
Le 15 Juillet 1786, Domingo Iriarte est nommé à Paris à l'ambassade d'Espagne avec le grade officiel de 1er secrétaire d'ambassadeur du comte d'Aranda, son nouveau protecteur.
Le 14 Novembre 1786 le roi Carlos III meurt et son fils poursuit la politique de rénovation d'un pays en pleine crise.
Il maintient l'alliance avec la France et met ses colonies à l'abri des convoitises commerciales de l'Angleterre.
Carlos IV conserve le 1er ministre le comte de Floridablanca pour diriger le royaume. Fernan-Nunez est le dernier ambassadeur espagnol accrédité par Louis XVI, il nomme Domingo Iriarte comme chargé d'affaires et rapporteur de la cour d'Espagne à Paris durant l'existence de l'Assemblée Législative.
Le 11 septembre 1791, Carlos IV présume que son cousin Louis XVI a prêté serment et signé la nouvelle constitution sous la contrainte.
Louis XVI et sa famille sont arrêtés et détenus au palais les Tuileries.
Domingo Iriarte succède à Fernan-Nunez, il apprend le 17 septembre 1791 la mort à Madrid de son frère Tomás, le poète fabuliste, dramaturge.
Carlos IV, destitue le comte de Floridablanca pour ses réflexions et pour ses décisions qui lui font obstacles.
Le 22 février 1792, le roi nomme le comte d'Aranda au ministère d'Etat : la Suprema Junta de Estado.
Domingo Iriarte réside à Paris le 10 aout 1792, quand la monarchie est abolie et le nouveau régime républicain établi au moment de la prise d'assaut des Tuileries.
Domingo Iriarte ne supporte pas l'emprisonnement du souverain, de sa famille.
Il quitte Paris le 20 aout 1792, remplacé par José Ocariz qui reçoit les instructions du comte d'Aranda pour acheter par des avances de trésorerie les députés de la Convention Nationale pour plaider la grâce de Louis XVI.
Le 15 novembre 1792 en Espagne, le comte d'Aranda qui conserve de bons rapports avec la France est destitué pour son échec et il est remplacé par Manuel Godoy qui prépare la guerre devenue inévitable quand Louis XVI est décapité le 21 février 1793.
Le 07 mars 1793, la Convention Nationale déclare la guerre à l'Espagne.
Domingo Iriarte à Madrid est très affecté par la déclaration de la Guerra Gran défavorable aux intérêts de l'Espagne, il apprend que le comte Floridablanca refuse de reconnaitre Bourgoing comme ambassadeur en Espagne.
Le 06 mai 1793 à Madrid, Domingo Iriarte reçoit sa nouvelle mutation d'ambassadeur plénipotentiaire du royaume d'Espagne pour Varsovie.
Domingo Iriarte part le 02 juin 1793 de Madrid avec comme consigne du roi Carlos IV de soutenir énergiquement à travers les réceptions d'aristocrates de Naples, de Rome, de Vienne, la libération des enfants de Louis XVI. Il arrive à Varsovie le 08 décembre 1793.
La Pologne élabore la 2ème constitution à travers le monde après les Etats-Unis.
Les privilèges des aristocrates menacés s'opposent aux réformes et ils font appel aux armées russes, prussiennes et autrichiennes qui détruisent l'Etat de Pologne.
Après les émeutes de Varsovie du 14 juin 1794, Domingo Iriarte fuit le désastre de la Pologne, il disparait de Varsovie pour se réfugier à Berlin où il arrive le 20 juin 1794.
Domingo Iriarte apprécié par sa position politique par la famille royale pour sa tournure d'esprit qui contribue à l'impartialité, par sa sagesse de ses témoignages obligent le duc Alcudia de le charger des pouvoirs de négociation.
Domingo De Iriarte est introuvable.
L'ambassadeur de Prusse Sandoz-Rollin propose ses services pour remplacer Domingo Iriarte durant son absence.
Manuel Godoy envoie 2 messagers, l'un à Vienne et l'autre à Berlin à la recherche de Domingo De Iriarte sa garantie pour mener la réconciliation à Bâle (Suisse) avec le diplomate François Barthelemy dont il a lié des rapports loyaux.
Domingo Iriarte demeure toujours à Berlin jusqu' au 25 mars 1795 puis il gagne Munich le 31 mars 1795.
Le 06 avril 1795, il se réfugie à Venise quand une missive de Carlos IV lui annonce de se rendre en Suisse pour continuer les hostilités de paix commencées et la cour royale lui préconise une folle proposition contraire à celle qu'elle a toujours développée pour le transfert des enfants :
..."La remise du jeune roi en contre-partie d'un traité secret qui interdira à Louis XVII de régner et de concevoir toute action politique durant sa vie..."
Le 05 mai 1795, Domingo Iriarte arrive à Bale (Suisse) dans une confusion totale, il est optimiste de tempérament, ce qui lui permet au milieu des graves événements de maintenir son sang-froid et sa confiance sans que son scepticisme souriant ne lui fasse perdre ses droits.
Le 09 juin 1795, la mort de Louis XVII la vieille est annoncée et débloque le processus de négociations de paix.
Manuel Godoy écrit le 2 juillet 1795 à Domingo Iriarte
…"Concluez la paix même si les conditions sont moindres que celles proposées par le traité préalable du 11 juin 1795…"
François Barthélemy se garde d'offenser l'Espagne, il n'exige pas d'argent, pas d'indemnité de vaisseau malgré les 13 bateaux coulés à Toulon.
François Barthélemy entame la négociation sur la revendication de 3 propositions :
  • La restitution de la Louisiane.
  • La cession de la partie espagnole de St Domingue.
  • La conservation des provinces de Catalogne, de Navarre et de Guipuscoa.

  • Rapidement, Domingo Iriarte s'oppose sur la cession des territoires des Pyrénées et de la Louisiane et il propose en échange la partie espagnole de l'ile Saint Domingue, signe l'abandon de l'Espagne dans la 1ère coalition.
    François Barthélemy se borne à établir une alliance offensive avec l'Espagne qui reconnait la république française et décide en commun la guerre contre l'Angleterre, la reprise de Gibraltar et l'apport du Portugal au royaume espagnol.
    Le 22 Juillet 1795, le traité signé à Bâle se compose d'un préambule et de 17 articles, il est ratifié par le gouvernement français le 1er août 1795 et par Carlos IV, roi d'Espagne, le 4 aout 1795.
    Le 04 septembre 1795 la paix est fêtée par la reine Maria Luisa qui distribue les décorations aux 10 dames de sa cour et multiplie les promotions, elle nomme Domingo Iriarte à Bale conseillé d'Etat honoraire.
    Le 06 septembre 1795, le roi Carlos IV décerne à Domingo De Iriarte l'Ordre de Carlos III et lui confirme sa nomination d'ambassadeur d'Espagne à Paris dès le 11 septembre 1795, aucune comparaison avec la folle distinction réservée à Manuel Godoy, élevé à la dignité d'Altesse Prince de la Paix et du don de la propriété des jésuites "Soto De Roma" proche de Grenade.
    Le comte de Provence s'attribue le titre de Louis XVIII.
    Le 06 septembre 1795, le roi Carlos IV décerne à Domingo De Iriarte l'Ordre de Carlos III et lui confirme sa nomination d'ambassadeur d'Espagne à Paris dès le 11 septembre 1795, aucune comparaison avec la folle distinction réservée à Manuel Godoy, élevé à la dignité d'Altesse Prince de la Paix et du don de la propriété des jésuites "Soto De Roma" proche de Grenade.
    Le comte de Provence s'attribue le titre de Louis XVIII.
    En France, Boissy d'Anglas met fin à la Constitution montagnarde et apporte au vote la Constitution de l'An III. Le texte est adopté le 5 fructidor An III (22 aout 1795).
    Lors de la cérémonie de son départ de Bale le 14 octobre 1795, Domingo Iriarte est contaminé par la tuberculose durant la réception transmise par l'un de ces convives au contact d'une poignée de main ou d'une quinte de toux.
    Domingo Iriarte ne se dirige pas vers Paris prendre son poste d'ambassadeur, il est malade, profondément chrétien, il part en direction de l'Espagne en calèche aux contrées d'Empurda, dans la vallée de la Fluvia pour se faire soigner dans l'hospice de son ami d'enfance, l'évêque Tomás De Lorenzana à Gerona.
    Très fiévreux, Domingo Iriarte arrive le 09 novembre 1795 à Gerona dans l'ancienne résidence évêques et des comtes de Besalú.
    La maladie a régressé, la fièvre a chuté notamment par une thérapeutique de saignée et de pose de sangsues qui améliorent ses inflammations.
    Domingo Iriarte croit avoir vaincu la maladie mais il a maigri énormément, il fait une cure de raisins et de lait d'ânesse puisque les antibiotiques n'existent pas.
    Le 22 novembre 1795 à Gerona, Domingo Iriarte très affaibli ne se remet pas, il meurt de la tuberculose à 56 ans au palais épiscopal à coté de son majordome Manuel Martinez.
    Célibataire, sans enfant, il laisse un testament posthume pour Carlos IV remis par Tomás De Lorenzana dans lequel il recommande d'établir une alliance offensive contre l'Angleterre, de conserver la paix avec la république française.
    Domingo Iriarte est enterré dans la partie haute de Gerona au cloitre des moines jésuites du couvent Sant Doménec entre la tour Gironella et l'église Sant Marti Sacosta, au Sud de "la casa des Aligues".
    Délaissé par les frères dominicains, le couvent Sant Doménec contre la citadelle n'est plus entretenu, il est converti en prison puis en caserne.
    En aout 1809 sa partie méridionale jouxtant la muraille est détruite durant le siège de Gerona par l'armée de Gouvion Saint-Cyr.
    En 1829, les tombes détruites du cloitre de Sant Doménec sont déplacées dans le cimetière général de Gerona.
    Les os exhumés de Domingo De Iriarte sont déposés dans une pierre tombale en marbre rose de 4 niches, visible de nos jours portant l'inscription (traduite)
    "Domingo de Iriarte, diplomate plénipotentiaire, traducteur, ambassadeur d'Espagne à Paris, négociateur pour le roi de la paix à Bâle qui accepte les termes de l'armistice entre la République française et le Royaume-révolutionnaire Bourbon en Espagne et mit fin à la Guerra Gran."
    La Guerra Gran et le travail de Domingo De Iriarte s'achèvent par la libération, le 26 décembre 1795 par la princesse Marie-Thérèse-Charlotte, filleule de Carlos IV puis par la mise en place du traité d'alliance Franco-espagnol contre l'Angleterre de San Ildefonso du 19 aout 1796.