"Vaya con Dios". Johnny Utah (Keanu Reeves) à Bodhi (Patrick Swayze) Point Break-film 1991.
Sources : "Histoire critique et militaire des guerres de la Révolution."
Jomini A.H.-édition Paris 1820-1824.


La religion catholique est l'instrument fondamental du département des Pyrénées-Orientales.
Les prêtres porteurs de la culture, de l'instruction maintiennent les armes des superstitions sur les illettrés et les ignorants à travers un réseau de 188 paroisses, 13 archiprêtres.
Elna la "casa del bisbe".
Le "bisbe" l'évêque en catalan est le personnage religieux important pour la gestion et l'administration du ravitaillement, de l'entretien des bâtiments, de l'enseignement et des décisions de justice de la province.
A la tête du clergé, l'évêque a la charge des grands monastères.
Il ordonne les prêtres et consacre les églises.
Elna située dans la plaine du Roussillon à 7 km au Nord d'Argelès et à 12 km au Sud-Est de la citadelle de Perpignan est la capitale pré-romaine mentionnée sous le nom d'Illiberis..
Les habitants d'Elna se nomment de nos jours : les "illibériens."
L'empereur romain Constantin 1er le grand (306-337) consacre Illiberis et lui donne le nom de sa mère l'impératrice Helenae.
Helenae est élevée au rang prestigieux de "Cité".
Ce titre glorieux de Cité est donné 6 fois aux divisions administratives de la Septimanie.

La ville d'Elna sur la berge gauche de l'embouchure de la rivière Tech qui par ses apports d'alluvions constants changent vers le Nord la topographie de son territoire, et déplace le rivage de la mer à 5 km de la ville.
Ses relations avec les nobles de France et ceux d'Espagne font que la fonction d'évêque est briguée par les grandes familles bourgeoises.
Les terres fertiles conquises au Sud sur les marais deviennent des prés verdoyants pour l'élevage, où se bâtissent les "cortals" ou mas d'étables avec leurs terrains de champs de maïs, de blés, de rizières.
La ville Elna est un célèbre centre économique par ses foires à bestiaux.
Ses prestigieux marchés agricoles attirent les jardiniers et les paysans qui peuplent la "horta" une zone de jardins.
Elna a le statut grec de "dipolis", ville double ou ville divisée en 2.

Seul le porche Portalet dans la partie centrale permet de communiquer entre les 2 villes.

  • La ville basse, la plus ancienne toujours habitée est entourée de marécages délimitée dans sa partie Sud par le ruisseau "rec de la Torre qui coule d'Ouest en Est qui draine les marais par un réseau de canaux qui actionne les moulins drapiers et sur sa limite Nord par le canal l'agulla del mar creusé en 1194 par les Templiers du Mas Deu pour assainir l'étang de Bages.
    Au début, la ville basse est un port lacustre composé de baraquements de pêcheurs construits sur pilotis sur les ruisseaux du rec d'els molis, du rec d'el pla et de l'agulla Capdal qui se jette dans la lagune "araliac".(La lagune des Capellans.)
    Cette large lagune séparée de la mer par une longue langue de sable perpendiculaire au rivage apporte aux habitants la pêche littorale, la chasse mais aussi par la production de sel pour la conservation de la nourriture.
  • La ville haute domine la via romaine Domitia venant de Rome.
    Elle est construite au sommet de la colline "puig dels Forques d'en Orissa" où est bâtie la cathédrale santa Eulalia i santa Julia, les 2 patronnes du diocèse.
    La cathédrale est une vaste basilique à 3 nefs.
    Sa nef centrale suivant l'usage de la Catalogne est occupée par le chœur.
    La fonction première de la cathédrale est militaire plus que religieuse par sa vision prodigieuse de la plaine jusqu' à la mer par ses 2 tours carrées représentant les clochers.
    Au sommet du clocher Sud imposant en pierres se tient le veilleur qui donne l'alerte en cas d'incendie ou d'envahisseur.
    Sa vision à l'Est permet de voir les navires venant du promontoire sableux de Leucate jusqu'au cap rocheux du Béar.
    Son panorama à l'Ouest est tourné vers les cols du massif des Albères, en relais avec les tours de guet de Quer-Roig, de Madaloch, de Massana et surtout du château des rois de Majorque dans la plaine du Roussillon.
    Le clocher Nord en briques rouges est plus bas que le clocher Sud et comprend 3 étages.
    Le cloitre adossé à la cathédrale par son flanc Nord où se situe l'entrée des moines, est formé d'un quadrilatère de marbre blanc de Céret avec dans son espace central : un beau jardin.

Elna nom catalan s'approprie le privilège du siège de l'évêché épiscopal démembré de celui de Narbonne jusqu'en 1601.
Entre 1148-1171, l'évêque Artal III s'attribue les droits du domaine royal de la vicomté de Castellnou.
Il exerce le droit de guerre par la vengeance militaire et la réparation des tords aux habitants.
Pour stopper les destructions, il protège la ville haute et basse de remparts avec des tours par intervalles qui s'ouvrent à l'extérieur par de lourdes portes.
La ville Elna devient une redoutable place forte, prospère. La cité est l'un des plus riche évêché du royaume d'Aragon, elle surveille le passage entre le Languedoc et l'Espagne.
Les augustins construisent le cloitre sur l'emplacement de l'ancienne église.
Le cloitre est un refuge pour les pèlerins de passage qui se dirige vers l'Espagne.
Les augustins édifient l'actuelle cathédrale santa Eulalia et santa Julia, les 2 patronnes de la cité.
La notoriété de l'évêque développe Elna qui attire les envieux et les jaloux des autres contrées.
Sa protection pour éviter sa destruction devient son pire cauchemar.
Les illibériens ferment souvent les portes des remparts au péril de leur vie et résistent aux saccages et aux pillages.
Elna détruite par les flammes, ruinée, rasée aurait du disparaître des cartes mais la cité épiscopale a su se reconstruire 4 fois :
  1. Le 04 juin 1285, Elna, garnison du roi d'Aragon Pierre IV commandée par Ramon D'Ourj, capitule lors du blocus des troupes françaises de Philippe Le Hardi qui rase les monastères et massacre les habitants réfugiés dans les galeries Ouest du cloitre et à l'intérieur de la cathédrale.
    En 1311, l'évêque Ramon reconstruit une nouvelle cathédrale plus grande avec 7 chapelles orientées vers l'Est des 3 nefs.
  2. Le 03 juillet 1344, les armées roi de Majorque Jaume II se réfugient dans la place forte.
    Ils sont assiégées puis battues par les troupes aragonaises de Pierre IV.
  3. Le 17 juin 1474, Elna soutient le siège de l'armée de Joan II d'Aragon durant 5 mois et 18 jours pour éviter l'annexion du Roussillon contre les troupes françaises de Louis XI.
    Le gouverneur de la province Bernât d'Oms, le consul Joan Balanca et ses chevaliers défendent la cité. Ils ont la tête tranchée pour trahison contre le royaume de France.

  4. En 1493, la cité d'Elna est restituée au royaume d'Aragon.
    L’importance croissante de Perpignan où les évêques résident font décliner la souveraineté et le prestige d'Elna.
    Le transfert de l'évêché à Perpignan est officialisé par le pape Clément VIII.
  5. Le 08 juin 1641, la place forte sert de dépôt de munition et d'arsenal espagnol.
    Elna est investie en 10 jours par l'armée de Louis XIII aux ordres de Charles De Schomberg.
    Le général incendiaire des villes de Salses et du Boulou, brule les maisons et fait exploser les réserves de poudre qui détruisent entièrement la ville.
En 1659, la ville Elna entre dans le royaume de France à la signature du traité des Pyrénées.
Son nom est francisé en ELNE.
En 1672, sous les ordres de Louvois, l'intendant des finances Etienne Carlier ordonnent à l'ingénieur français Jacques Borelly Saint Hillaire la destruction des lourdes portes des remparts, de la muraille avec ses tours sous le motif qu'elle constitue "un danger pour le système défensif pour le royaume de France".
La place forte d'Elne par la destruction de sa protection est ville morte.
Elne devient un gros bourg.
Le 14 septembre 1788, le dernier évêque d'Elne administrateur ecclésiastique du Roussillon à Perpignan est le chanoine Antoine-Félix De Leyris d'Esponchez,38 ans.
Le Tiers-Etat ne formule aucune critique à l'encontre de la gestion de la ville d'Elna, ni ne met en cause la vie religieuse de la communauté.
L'évêque Antoine De Leyris d'Esponchez refuse par une protestation franche comme 130 évêques de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé.
Il est dénoncé le 12 février 1792 puis est jugé et emprisonné par la Haute Cour d'Orléans.
L'évêque s'évade pour s'expatrier en Italie et meurt à Udine dans le Frioul.
La loi du 26 novembre 1790, exige la déclaration des ecclésiastiques devenus fonctionnaires.
85 % des prêtres roussillonnais sont réfractaires, ils refusent de prêter le serment et s'exilent en Espagne.
Les 40 prêtres de Cerdagne et du Vallespir ne s'adressent qu'en catalan pour les sacrements et les encouragements administrés à la population.
L'église constitutionnelle parlant le français est intruse, mal accueillie à coup de pierres ou de fusils.
Elle prend possession des églises qu'avec l'appui de la force publique.
Le 04 avril 1791, la volonté du conseil municipal est de rompre l'unité de l'État et de la religion.
Il s'en prend aux prêtres réfractaires accusés de conspirer contre la Convention Nationale.
Ils sont passibles de 8 jours à 2 ans de prison.
Les monastères et les couvents se vides brusquement dès le 16 aout 1792 avant la loi et les expulsions.
Le Roussillon met en vente les 250 paroisses et les couvents.
Les acheteurs en biens nationaux trouvent des trésors de sympathie et d'indulgence pour les 327 prêtres émigrés.
La vente de parcelles de terrains d'Elna en biens nationaux ne provoque aucune acquisition pour devenir une grande propriété bourgeoise.
La loi du 22 aout 1792, produit le schisme des mesures ecclésiastiques car elle prescrit la déportation des prêtres non-assermentés en Guyane.
Ce décret provoque un effet immédiat.
Le clergé paroissial préfectoral qui refuse les serments sort du département dans les 8 jours et émigre en Espagne dans les 15 jours.
L'expulsion des prêtres non-assermentés commence après le 15 septembre 1792.
Les églises ferment ou deviennent des entrepôts et 4 000 prêtres venant de France émigrent en Espagne.
Ils sont mal accueillis, ils sont considérés indésirables par le gouvernement de Floridablanca.
Les soutanes traditionnelles françaises leurs sont retirés pour qu'ils ne choquent pas les habitants.
En avril 1793, les ecclésiastiques catalans avec les ressources amenés du Roussillon ne trouvent plus de place dans les communautés religieuses en Catalogne.
40 % des prêtres vivent dans des couvents avec l'interdiction de diffuser les idées révolutionnaires.
Ils s'intéressent aux allégations de leurs biens dont ils sont dessaisis par les liens existant entre famille.
Ils pensent rapidement revenir. L'exil signifie la pauvreté et la déchéance sociale.
La question de leur subsistance se pose tous les jours durant leur exil.
Seul l'aumône et les honoraires de messe équivalent à 2 réaux leurs sont autorisés.
L'assistance du royaume d'Espagne pour le clergé est inexistante, la totalité du budget est accaparé par la guerre.
Carlos IV et Manuel Godoy délèguent au cardinal Francisco Lorenzana de Tolède de procéder à la répartition à travers les villages espagnols les plus éloignés de la France pour éviter une infiltration révolutionnaire par les membres du clergé français.
Au district de Perpignan, une liste des noms de 151 prêtres résidants dans la ville est placardée.
Le département est entrain de se fracturer entre les émigrés et les fidèles restés qui désertent le culte des autels des prêtres.
Les 1 538 habitants d'Elna chutent brusquement à 1 198 habitants catholiques clandestins restés dans la ville.
La persécution des croyants s'installe.
Les protestants accueillent avec enthousiasme cette liberté de conscience et de culte qu'apporte la Convention Nationale.
Vite, 2 cultes en contradiction avec méfiance et hostilité, un culte caché se mettent en place dans le département.
La population vit une foi souterraine, impossible de pratiquer au grand jour :
  • L'un public à cause des églises désertes fermées.
  • L'autre clandestin à travers les oratoires ou les monastères au cœur des massifs forestiers.

Le 18 avril 1793, vendredi saint, la population d'Elne reste attachée à son culte.
Elle s'abstient à manger gras et n'améliore pas ses relations avec les soldats républicains.
Le 21 avril 1793, jour de Pâques, la ville Elna est morte.
Les 1 198 habitants ne travaillent pas, ils se foutent complètement du décadi que leur impose les républicains.
Le lundi de Pâques, la cité d'Elna porte le deuil de ne pas pouvoir exercer sa procession catholique.
Revenu en 1791, le secrétaire greffier d'Elne Blaise De Cremadels dans sa ville de naissance honore la semaine sainte puis s'en retourne en Espagne ou il demeure jusqu'à sa mort.
Le 23 mai 1793, après la victoire espagnole du mas Deu, Antonio Ricardos commandant en chef de l'Armée de Catalogne détache de la ville d'Argelès, le grand maitre des cavaliers de Santiago, Pedro Alcantara-Giron, 9èmè duc D'Ossuna, maréchal de camp et général en chef du prestigieux régiment des Gardes Royales Espagnoles.
La colonne de Pedro Alcantara part prendre possession du siège épiscopal avec 3 colonnes de 3 000 hommes d'infanterie, 240 cavaliers et 10 canons pour en assurer la protection contre la destruction de sa cathédrale santa Eulalia i Julia et ses couvents.
Son avant-garde est dirigée par le maréchal de camp José Eslava qui se rend à Corneilla la Rivière.
Sa 2ème colonne est aux ordres de Pedro Mendinueta qui met en fuite sans combattre les 500 fantassins français bivouaquent au bas des ruines du rempart.
L'occupation d'Elne, le 24 mai 1793 se fait sans résistance.
Le maire Baptiste Palloure garde son titre de bayle et maintient ses administrés catalans porteurs de délibération du roi d'Espagne.
Ensemble ils brulent publiquement les décrets de la Convention Nationale et les autorités reçus par le duc D'Ossuna prêtent serment de fidélité au roi d'Espagne, jurent de suivre la religion catholique et de se soumettent à l'ancien gouvernement royaliste.
La population solidaire se réunie pour un conseil d'urgence, jure et accepte fidélité à l'Espagne et honore les conditions de Pedro Alcantara-Giron, duc d'Ossuna.
Une communauté de 20 prêtres rentrée clandestinement de Catalogne avec l'armée espagnole occupent le cloitre.
Etienne Almavi, 64 ans prêtre à la cathédrale santa Eulalia ne quitte pas Elna durant le retrait des forces espagnoles.
Il se croit par son vieil âge à l'abri des représailles. Il est dénoncé et arrêté à Sainte Colombe (Thuir) avec son confrère Josep Godaill prêtre du Soler.
Les 2 prêtres sont guillotinés en octobre 1793, place de la Loge à Perpignan.
Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1793, le général Louis Delattre sort de Collioure avec 600 hommes et s'avancent sur Elne pour attaquer la garnison.
Pedro Alcantara, duc d'Ossuna qui n'a pas su intervenir contre l'arrestation et la guillotine des prêtres d'Elne et sa division restée en retrait durant la victoire française lors de la bataille de Peyrestortes le 17 septembre 1793, font que le général est muté le 16 octobre 1793 dans l'Armée de Navarre.
José De Crespo prend en charge l'occupation des troupes espagnoles dans l'archevêché, il ne se laisse pas surprendre par les volontaires du général Louis Delattre qu'il refoule à Collioure.
La révolution prend une autre évolution quand Jean-Baptiste Bouchotte ministre de la guerre, nomme François-Amédée Doppet, chef de brigade de la légion des Allobroges pour faire tomber les têtes des officiers de l'Etat-Major à Perpignan, ceux qui ont refusé la nomination de commandant à Louis-Marie Turreau et ceux qui ont destitué le général Luc Siméon Dagobert.
Dès son arrivée de Toulon, François-Amédée Doppet à une mission précise l'épuration et l'anéantissement des fédéralistes notables catalans et des généraux issus de la noblesse à l'Etat-Major de l'Armée des Pyrénées-Orientales.
Il est élu président de la tyrannique 2ème commission militaire de la place de l'Esplanade à Perpignan, la plus crapuleuse.
Le 24 novembre 1793, il prend possession à la tête de la division du centre de la ville d'Elne.
Il y installe son Q. G. au château du seigneur et il règle la destruction des statues religieuses par son actif complice Dominique-Alexandre Hardy, agent du conseil exécutif, juge au Tribunal militaire de l'Armée de L'Ouest à la Rochelle avec Louis-Marie Turreau et à Angers par Jean-Baptiste Bouchotte.
Rapidement, il détruit les reliques et les tableaux de la cathédrale santa Eulalia i Julia malgré la protestation et les rassemblements de la population pour empêcher ce sacrilège.
Les républicains saccagent les sanctuaires des couvents et déversent les pierres dans la rivière Tech pour empêcher leur reconstruction.
Amédée Doppet écrit fièrement avec ironie à la Convention Nationale et à son protecteur Jean-Baptiste Bouchotte :
" …Hier, à Elne, les saints de bois ont fait un miracle…
"Saint Eloi a été porté dans une forge et son corps carbonisé à servir à forger 2 bons fers pour chausser le cheval d'un hussard.
"D'autres saints ont servi à faire bouillir la marmite des soldats…"

Lors de la récupération de l'armement perdu à Villelongue dels Monts, le commandant Amédée Doppet au centre de l'attaque à coté de la division de Dominique Pérignon est malade, il revient à Elne se faire soigner à l'hôpital Sant Jordy.
Redevenus maîtres d'Elne et ayant repris les canons et les munitions perdus au campement de Villelongue dels Monts, le commandant écrit :
" Nous nous trouvions maîtres de la plaine et cette position d'Elne nous est d'autant plus avantageuse,
"qu'avec elle, nous conservons une communication par terre avec Collioure et Port-Vendres."

Sentant l'immense avantage que la possession d'Elne donne aux Français, le général espagnol José De Iturrigaray à la tête de 900 fantassins et 500 cavaliers entrent le 14 décembre 1793, à 4 h du matin, dans les villages de Saint-André et de Palau qui se trouvent complètement dégarnies de troupes puis s'avancent le 15 décembre 1793 sur Elne résolus à les déloger.
Ils approchent de la ville sur le flanc droit des troupes françaises formées en bataille sur une hauteur contiguë à une redoute située en avant de la ville, lorsque ceux-ci se retirent.
Les Espagnols ayant besoin de leurs troupes pour le siège de Collioure, ne laissent pas de garnison à Elne.
Le 20 décembre1793, le général français Louis Delattre évacue Collioure à 22 h avec 200 hommes, ils traversent Argelès et ils rentrent à Elne vers les 5 h du matin.
Le marquis De Las Amarillas, nouveau commandant par intérim de l'Armée de Catalogne, suite au départ à Madrid d'Antonio Ricardo très malade accompagné par le comte De La Union, tient son conseil de guerre où il se résout d'évacuer la ville Elne en emmenant les 89 émigrés dont 7 femmes revenus avec ses troupes de Catalogne.
Le 1er mai 1794, après la bataille de Montesquieu, les bataillons espagnols repliés au campement du Boulou sont battus et sont refoulés en Catalogne.
La division gauche de l'Armée des Pyrénées-Orientales de 3 000 hommes durant la bataille provient de la ville d'Elne où elle se cantonne aux ordres de Pierre Sauret.
Apres la bataille de Montesquieu, le commandant en chef Jacques Dugommier envoie la brigade Victor composée de 1 200 hommes à Argelès et la cavalerie du général De La Barre prendre possession de la ville d'Elne.
Le général De La Barre est en retard dans sa marche et le 2 mai, sa brigade prend garnison dans Elne, pour bloquer la route des approvisionnements vers Collioure.
Edouard Milhaud, Pierre Soubrany et Jacques Dugommier écrivent à la Convention Nationale :
" Citoyens, toutes les montagnes sont à nous, elles nous ont donné tous les postes de l'ennemi, sa déroute est complète."
Le 6 mai 1794, Jacques Dugommier le commandant en chef de l'Armée des Pyrénées-Orientales est débordé pour calmer le caractère barbare de l'invasion républicaine en Catalogne.
Les sanctuaires espagnols sont profanés, pillés, dévastés avec une sauvagerie dont les arts et la civilisation autant que la piété ont le droit de demander compte à la révolution.
La population catalane n'oublie pas. Ni les propriétés ni les personnes ne sont mieux traitées.
Les soldats républicains outragent les vaincus jusqu'à la plus auguste des affections de famille, le respectueux amour des ancêtres.
Les soldats s'amusent parodiant les rites des enterrements à la fois mélancoliques et consolants des funérailles catholiques, à enfouir leurs chevaux dans le cimetière des villages.
Les réfractaires en exil vieillissent mal malgré le réseau catalan régional.
  • 90 prêtres ont plus de 60 ans.
  • 80% d'autres à la tête des groupes militaires de somatents meurent.
  • 46 prêtres revenus après la signature de la paix en 1795 n'exercent plus.