Sources : © 2017 Bernard Prats.

"Si l'on interroge les hommes en posant bien les questions, ils découvrent d'eux-mêmes la vérité sur chaque chose".

Platon-Timée, 90d.


Au 21ème siècle écrire sur la franc-maçonnerie est facile tellement que les événements organisationnels secrets sont déchiffrés et que les activités philosophiques remontant de la genèse de la Terre sont connues.
Les racines de la franc-maçonnerie se nourrissent de l'origine judaïsme rabbinique publiée par Moïse Schwab dans le journal d'archives israélites et des lois du Talmud confirmées par l'autorité du rabbin Pinus Yair.
C'est en Ecosse au 17ème qu'apparait la franc-maçonnerie alors que la loi officielle fait débuter la franc-maçonnerie à Londres, le 24 juin 1717, jour de la Saint Baptiste par le regroupement de 4 auberges.
En 1725, la franc-maçonnerie débarque en France sous la protection de la royauté par l'arrivée des réfugiés aristocrates d'Angleterre et d'Irlande de la dynastie détrônée des Stuarts : les jacobites.
En 1738, le pape Clément XII interdit la franc-maçonnerie en France sous la menace d'excommunions.
Au sein des loges jacobites, les corporations fraternelles d'artisans et de maitres bâtisseurs enseignent l'humanité de la liberté d'autrui, la tolérance à des postulants passionnés de religion, d'alchimie, d'astrologie qui se respectent, s'entraident et se soutiennent par le serment du sang.
La loge jacobite dogmatique liée par le serment du silence se veut laïque et humaniste, pourtant ses principes obscurs sont décriés mystérieux dans les corporations dépositaires du savoir secret.
Les loges jacobites ouvrent leurs portes aux nouveaux venus de la magistrature, de l'armée, de la finance et de l'administration qui rejoignent le mode corporatif des compagnons du devoir, les loges maçonniques en France se multiplient crescendo.
Les maçons aristocrates, les maçons bourgeois intègrent les grandes loges et influent les relations entre loge à dominante aristocratique et celle à dominante roturière.
L'intégration de la noblesse dans la franc-maçonnerie procure un honneur mais aussi un afflux d'argent, une aide financière dite de bienfaisance.
C'est la 1ère fracture.


Les loges corporatives opératives des francs-maçons se transforment en Temples snobinards spéculatifs avec intérêt à vocation caritative.
La richesse et la vanité dominent la Règle des grandes loges qui s'obligent dans des désaveux d'une organisation apolitique et respectueuse du royaume, rejetant toute forme de rébellion entre les débats théoriques des ateliers et ceux pratiques de ses frères.
La Grande Loge de l'Orient est désormais à la recherche d'un grand maitre protecteur familier du pouvoir, proche du roi.
Le 09 décembre 1743, le vénérant maitre Louis De Pardaillan, duc d'Antin, colonel du régiment de Royal-Marine de l'Orient Eternel est l'homme de la situation.
Le rôle est tenu par Louis de Bourbon, puis est rempli par le duc de Chartes, par le duc d’Orléans puis son fils Philippe-Egalité lui succède à la grande maitrise.
Ces nobles importants proches du roi alimentent la rumeur d'une organisation conspiratrice qui n'a qu'un seul objectif renverser le pouvoir politique en place.

Comment fonctionne le système international connu de la franc-maçonnerie ?

L'éthique de la franc-maçonnerie repose sur l'idée ouverte de philosophie d'humanité.
Elle ne contient aucun dogme, ni de morale rigide mais le serment de silence entraine s'il y a trahison, la confiscation des biens de l'initié.
  • La franc-maçonnerie accepte les membres des religions autour de la question de l'existence d'un grand architecte de l'univers, d'un être divin supérieur.
  • La franc-maçonnerie est structurée en confrérie avec système hiérarchique vertical strict d'empilement de loges connues :

  • 1- La Grande Loge Nationale (GL de France ou GL d'Orient) travaille de manière autonome et représente à l'extérieur un réseau lié par les différentes grandes loges provinciales reconnues dites "obédiences régulières".

    Le mode de vie du vénérable maitre constitue un modèle spirituel et social pour les frères maçonniques.
    Son rôle est de surveiller les travaux des ateliers, de faire respecter les principes maçonniques.
    Il marque son autorité de "vénérable maitre" pour éteindre (dissoudre) la grande loge en cas de conflit et de crise.
    2- La loge provinciale "régulière" se réunie pour effectuer des travaux d'atelier demandés par la grande loge qui lui est rattachée.
    Ces travaux se terminent par un banquet dans une auberge.
    3- Les maçons : A la base de la confrérie se réunissent sous la présidence du maitre au sommet pour gravir les 3 grades de connaissance du rituel spécifique écossais de Saint Jean et les secrets de la loge :
    - Le 1er grade : apprenti, admis par une réception au 2ème grade.
    - Le 2ème grade : compagnon passe l'épreuve du 3ème grade.
    - Le 3ème grade : le maitre, assisté par des officiers (surveillant, orateur, trésorier, bibliothécaire).

    Que comptent les 2 obédiences au moment de la révolution dans le royaume de France :
  • La 1ère obédience du Grand Orient de France affiche à son tableau 708 ateliers actifs :
    68 loges dans Paris, 42 loges dans les colonies et 78 loges militaires.
  • La 2ème obédience de la Grande Loge de France compte à son tableau 418 loges dont 129 à Paris.

  • Les initiés nobles de la franc-maçonnerie servent à propager les thèmes de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, de la laïcité dans l’ensemble du tissu social au sein des académies, des clubs.
    Ces espaces de sociabilité ouverts développent le droit de penser, de juger la tolérance, l'abolition des privilèges, la liberté, l'égalité et font concurrence aux loges maçonniques qui perdent leur intérêt.
    L'éclairage d'une nation qui se partage 2 obédiences de franc-maçonnerie durant les événements de la Convention Nationale laisse la trace de 38 000 initiés.
    Ces initiés creusent un décalage ambivalent d'alliance différent de la Règle mise en pratique par la rédaction des cahiers de doléances, par le serment du jeu de paume, par la fondation du club des jacobins et par la déclaration de guerre à l'Autriche.
    Chaque maçon choisit d’être du bon côté de l’idéal, de la fraternité, du progrès qui prépare la fin du féodalisme, la fin des privilèges et divise les maçons en 2 camps de cohabitation.
    Cette division est citée dans la procédure de mise en sommeil des loges.
    Elle comporte au 1er plan "les événements" au 2ème plan "la différence d'opinion politique entre frère", une manière d'éteindre (disparaître) les loges actives.


    C'est la 2eme fracture, le Un devient Deux.
    L’alternative du franc-maçon est :
    • Soit la trahison des intérêts de sa classe dirigeante et la conservation de son idéal maçonnique.
    • Soit la fidélité aux privilèges de sa classe d’origine et l'effacement de son idéal maçonnique.

    1- Les grandes loges maçonniques aristocrates nobles de sang ont crée les grades de chevalerie en portant l'épée se sont enrichies depuis 50 ans mais ne dirigent plus le royaume et elles n’acceptent pas de côtoyer les loges bourgeoises de robe et d'intellectuels.
    Il y a une prolifération par favoritisme aux postes clefs de maçons initiés qui déclenchent la crise au sein des loges aristocratiques et entrainent les francs-maçons notables à édifier de nouvelle loge.
    Ces loges d'intérêt de classe accélèrent le mouvement contre les maçons privilégiés qui émigrent dans les royaumes étrangers et s'amplifie au lendemain de l'arrestation du roi Louis XVI à Varennes.
    2- Les grandes loges maçonneries bourgeoises montantes possèdent le pouvoir économique sur la Nation.
    Leur objectif caché au sein des loges est de mettre une distance entre l'aristocrate et le bourgeois.
    Leurs idées philosophiques déclenchent la crise en instaurant la loi agraire, une expression empruntée à l'histoire romaine qui partage les terres et les propriétés confisqués par la république.
    Ces frères citoyens hésitent entre la solidarité qui l’unit au peuple et celle qui unit l’ensemble des possédants contre les non-possédants.
    La démarche individuelle rejoint la démarche collective.
    La fraternité de la maçonnerie repose sur les 2 piliers fondamentaux que sont la liberté fondée sur la Règle que se donne la loge et l’égalité s'acquière par l'initiation au grade de maitre.

    Le 1er pilier de la franc-maçonnerie est inauguré par la liberté de la fête du 14 juillet 1789.
    La démocratie est indispensable dans le fonctionnement des loges révolutionnaires contre les loges réactionnaires qui développent la défaillance de la fraternité.
    Le fait de s’affranchir de la Règle maçonnique conduit au désordre et à l’absence de repères.
    Les loges bourgeoises gèrent le district avec comme but d'abolir la propriété féodale et de répandre les valeurs acquises dans les ateliers et hisser au pouvoir la radicalisation des principes d'égalité pour tous, de la propriété sociale, du suffrage, de la laïcité.
    Le frère maçonnique est l'instrument de la création de la Convention Nationale, il applique dans l'hypocrisie et les inégalités d'une nation leur savoir-faire des valeurs sociales de fraternité.
    Le frère porte la référence de sa loge Salut-Force et Union pour établir la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et avec ses mots d’ordres : "Liberté, Egalité, Fraternité".
    Sa force anticatholique contre l'Église contribue à la lutte contre le christianisme, leur combat contre Dieu et par l’instauration d'une religion d’Etat et du culte de l’Etre suprême.
    Le 2ème pilier de l’Egalité a franc-maçonnerie s'ouvre le 10 août 1792 :
    Le Grand Orient ralentir les correspondances aux francs-maçons peu assidus en loge, il se scinde en 2 inégalités, les maçons aristocrates privilégiés, conservateurs contre les maçons bourgeois progressifs.
    Ces francs-maçons sont partisans d’une monarchie éclairée constitutionnelle à l’image de celle du royaume d'Angleterre, préfèrent au roi Louis XVI son cousin Louis-Philippe II, duc d'Orléans à la tête de la franc-maçonnerie et lui facilite son accès au trône du royaume en tuant et en désarmant les troupes qui protègent le roi.
    En décembre 1792, lors de mise en accusation du roi Louis XVI, sur les bancs de la Convention Nationale 228 francs-maçons sont présents, soit 32 % des 730 députés.
    Comment expliquer les disparitions des loges maçonniques, écoles pour répandre l’esprit de liberté, d’égalité et de laïcité.
    Le 22 février 1793, la publication dans le Journal de Paris du grand maitre Louis Philippe II d’Orléans qui renie son appartenance maçonnique, suicide la franc-maçonnerie.
    Cet aveu publicitaire orchestré par le journaliste toulousain Jean-Baptiste Milcent cache la crise financière de la Grande Loge, atteste un tsunami d'émigration de 30 000 francs-maçons à l'étranger et la fermeture de 428 loges sabordées volontairement.

    Les mises en sommeil entrainent l'effondrement des dons et des générosités à la Grande Loge d'Orient qui augmentent sa dette de 18 000 livres tournois à 43 000 livres.
    Le Grand Orient dégrade le titre de grand maître à Philippe Égalité, duc d'Orléans mais la publication à un effet dévastateur pour les loges restantes qui ne veulent pas figurer sur le tableau des grandes loges, puisqu'elles sont considérées comme des repères de royalistes aux ordres de Philippe Egalité.
    L'obédience du Grand Orient de France qui a dégradé le citoyen Philippe Égalité est dirigée :
    • Par le vénérable maitre Henri Paulin Panon-Desbassayns, un riche propriétaire foncier qui a établi sa fortune sur le trafic d'esclaves et sur la canne à sucre dans l'ile Bourbon (La Réunion).
    • Par 2 frères banquiers Gabriel 50 ans et Louis Tassin De Letang, 52 ans, commandant du bataillon des Filles Saint Thomas.
    • Par le médecin de Louis XVIII, Gerbier De Werchamp, vénérable de la loge "Guillaume Tell".
    • Par le secrétaire Joseph Cosson De La Lande.

    Ces maçons défenseurs tenus par le serment du silence veulent freiner la progression.
    Il est trop tard, le franc-maçon vertueux est par définition un ami du riche et du pauvre se situe dans la théorie de la méfiance conspiratrice.
    Entre-temps, Jean-Jacques Cambacérès au Grand Orient de France présente au grand maitre Louis Philippe d'Orléans un maitre orfèvre-médailleur d'origine flamande Alexandre-Louis Roettiers qui devient un des ces principaux confidents.
    Les 2 hauts dignitaires francs-maçons royalistes travaillent ensemble au contrôle du domaine fiscal et financier à la Chambre des Comptes qui comprend un réseau de 200 personnes (procureurs, magistrats) quand en septembre 1791, l'institution royale est supprimée.
    Le 18 aout 1792, le maitre graveur Alexandre-Louis Roettiers fait la démarche contraire de se rendre au 3ème étage de l'hôtel de Béarn à Paris pour rencontrer Jean-Jacques Cambacérès élu député de l'Hérault de la Convention Nationale et lui propose une mission insensée, d'une extrême gravité :

    Sauver la franc-maçonnerie de France et rallumer les loges maçonniques.

    Les 2 hommes qui se côtoient à la Grande Loge d'Orient depuis 1786 mettent leur division de coté.
    Ils font serment sur leur vie de se protéger durant cette mission et renouent leurs relations autour d'un cercle étendu de frères maçonniques militaires, avocats et financiers pour reconstruire le réseau avec un apport de fonds et de faux passeports.

    Deux (Aristocratie+Bourgeoisie)=Un.
    Jean-Jacques Cambacérès au gouvernement. Alexandre-Louis Roettiers aux finances.



    1- Jean-Jacques Cambacérès. 40 ans, fils ainé de 4 enfants d'une famille noble de la magistrature du Languedoc.
    Avocat à 19 ans à Montpellier (Hérault).
    En novembre 1774, il succède à son père comme Conseiller à la Cour des Comptes Aides et Finances de Montpellier.
    En 1776, il arrive pour découvrir Paris avec son ami de jeunesse le chimiste Jean-Antoine Chaptal 20 ans qu'il sauve par 2 fois de la guillotine après l'explosion de la poudrière de Grenelle.
    Célibataire, il supprime la particule de son nom.
    Homosexuel, il partage sa vie avec Jean-Olivier Lavollée, le frère benjamin de son notaire.
    Son frère Etienne est évêque à Rouen, son jeune frère Jean-Pierre est général de brigade dans la cavalerie et sa sœur Marie-Magdeleine dirige le domaine de Montpellier dont elle hérite.
    Jean-Jacques Cambacérès mène une vie luxueuse de joyeux célibataire à la fois studieuse et mondaine dans les réceptions aux bras de la comédienne du théâtre des Variétés Mlle Cuizot pour faire taire les rumeurs de son homosexualité.
    Etre invité dans les salons de sa maison rue Saint Honoré est signe d'une grande distinction. Généreux mécène, il ouvre sa demeure aux nombreux artistes et comédiens.
    En septembre 1792, élu député du département de l'Hérault à la Convention Nationale.
    Il se montre extrêmement prudent avec les députés montagnards plus par nécessité que par conviction mais, il se range sur les bancs au centre gauche de la Plaine.
    Au procès du roi, il vote contre l'appel au peuple. Son discours pour la peine du roi est confus et se conclu par la mort avec sursis.
    Le 24 janvier 1793, le lendemain de l'exécution de Louis XVI, il est élu secrétaire à la Convention Nationale.
    Jean-Jacques Cambacérès est un homme calme en pleine séance, très diplomate quand les députés veulent interdire la monnaie de cuivre, il dit une formule importante en annonçant : "La petite monnaie est la richesse du pauvre…".
    Expert dans la commission juridique et constitutionnelle, il écrit en juillet 1793 un projet de Code Civil qu'il présente à la lecture aux députés qui le rejettent.
    Haut dignitaire du Grand-Orient et avocat, il interroge son ancien grand maitre Philippe d'Orléans, lors de son arrestation.
    Au gouvernement, pour sortir la franc-maçonnerie de son sommeil, Jean-Jacques Cambacérès place son ami franc-maçon montpelliérain Pierre "Joseph" Cambon, 37 ans, à la présidence du comité des finances qui gère les budgets et les questions financières.
    A ce poste Joseph Cambon, l'instruit des nouvelles directives et des projets de la commission des finances, cela permet à Jean-Jacques Cambacérès de protéger le frère Alexandre-Louis Roettiers.
    Le 26 mars 1793, Georges Danton fait élire Jean-Jacques Cambacérès secrétaire du Comité de Défense Générale puis à la présidence du Comité du Salut Public.
    A ce poste, il désigne les représentants du peuple et les officiers maçons initiés sous l'ancien régime, issus des régiments royaux actifs pour le renouveau des loges et fournit des francs-maçons cadres dans les armées en provinces.
    Les loges militaires ou ambulantes présentes dans les régiments révolutionnaires initient des commis d'administration, des avocats, des magistrats au hasard des déplacements et des garnisons qui deviennent les animateurs des loges sédentaires.
    Son idée est de mettre sur pied un espace maçonnique avec des éducateurs francs-maçons d'opinion par la création des écoles spécialisées :
    Normale, des langues orientales, Centrale des travaux publics (Polytechnique).
    Le 18 novembre 1794, le franc-maçon Joseph Lakanal décide la fondation d'espace de rencontre par la création de 24 000 écoles.


    2- Alexandre-Louis Roettiers De Montaleau, 45 ans, 2ème fils d'une famille de 6 enfants d'un riche orfèvre d'origine flamande d'Anvers.
    Marié, 2 enfants, s'installe à la Chapelle de Choisy sur Seine (Choisy le roi) puis conseiller d'orfèvrerie à la cours du roi, il déménage à Chatelet de Paris.
    En 1789, membre de la noblesse de Paris à l'Assemblée Législative.
    Capitaine de la garde nationale de Saint Martin des Champs.
    Il succède à son père comme médailleur-orfèvre.
    Président et trésorier de la chambre des provinces du Grand Orient de France, il en détient les archives, les pièces d'architecture, les demandes en constitution, la reconstitution des tableaux.
    Le 15 avril 1789, il installe la loge militaire des gardes Suisses de "Guillaume Tell" à l'Orient prêts à mourir par le serment pour Louis XVI, ils sont massacrés le 10 aout 1792 lors de la prise des Tuileries.
    Le 01 septembre1791, Alexandre-Louis Roettiers un immense talent de maitre-graveur à la chambre des Comptes occupe le poste de directeur de la Monnaie de Paris à connotation maçonnique (Honoré Mirabeau, Gabriel De Cussy, François De Forbonnais, Jean Angot Des Rotours).
    En 1792, le haut dignitaire du Grand-Orient adhère au Comité de Sécurité Générale comme agent d'exécution du bureau de Police de la Terreur autour des députés montagnards : David, Le Bas, Bayle, Voulland, Amar, Vadier et des indulgents Legendre et Merlin De Thionville.
    Membre actif des représentants de la Commune de Paris, il transforme les frères officiers survivants des gardes Suisses de la loge "Guillaume Tell" au sein de la loge "Centre des Amis".
    Son génie financier se révèle quand il s'aperçoit que les propriétaires et les banquiers s'intéressent qu'aux assignats papiers et au contrôle des faux billets provenant de Suède, de Prusse, d'Angleterre.
    Au même moment, la Convention Nationale décrète que les flans de 12 deniers (1 sou) ou 24 deniers (2 sous) porteront l'empreinte et le poinçon du graveur frère maçonnique Augustin Dupré qui habite à Auteuil.
    En 1792, 10 millions de monnaies en cuivre circulent et elles jouent un rôle essentiel pour la vie quotidienne.
    Son développement prend des proportions exorbitantes puisque les pièces en or et en argent ne circulent plus.
    Alexandre-Louis Roettiers conçoit le désordre monétaire spéculatif par la surabondance de fausses monnaies en cuivre de sols qui alimente en fonds le réseau de la franc-maçonnerie.
    Sa stratégie financière démarre par l'acquisition des parts pour la direction de la fonderie de Romilly sur Andelle dans le département de l'Eure qui fabrique des feuilles de cuivre pour la marine.
    En 1793, les frères banquiers De Lecouteulx et ceux de Pache De Montguyon administrateurs de la fonderie de Romilly boostent la production qui en 1 an met en circulation 130 000 barils de pièces en cuivre pour 20 millions de livres récoltées par la création de la "Banque des Sols".
    Ceux sont des banques commerciales libres avec des titres évocateurs, Caisse d'Echange de Monnaies ou Société Générale de Commerce, qui remboursent au guichet les bons à vue en métal, ou escomptent les effets en billets.
    1 sol =12 deniers, 20 sols = 1 livre tournois= 20 euros de 2016.
    Quelle est le fonctionnement de la banque des Sols ?
    La méthode repose sur la circulation des fausses pièces de cuivre qui chasse la monnaie locale qui disparaît de la circulation par le drainage et resurgit dans 2 secteurs de la nation :
    • - Celui des particuliers, par l'échange des fausses pièces payables en bons de vrais billets ou en "bons remboursables en sols" de petites valeurs changés par la banque des Sols, sans escompte dans un délai de 40 jours par les agents de change.
    • - Celui des sociétés et des compagnies par la collecte imposante des pièces en cuivre qui se transforme en montants conséquents de bonnes lettres de change payables en or ou en argent à Paris par le banquier Pierre Saillard, administrateur de la fonderie de Romilly sur Andelle.
    Le 03 juillet 1793, le Trésor vote le décret qui prend en charge les frais des rouliers (voituriers) pour le ramassage en grosses quantités de pièces en cuivre pour la banque des sols.

    Le 03 mai 1793, l'obédience du Grand Orient de France dirigée par le banquier Louis-Daniel Tassin de Letang, apporte les archives pour qu'elles soient cachées avant d'être arrêté le 10 mai 1794 comme passeur de fonds et de faux passeports.
    Alexandre-Louis Roettiers succède comme grand vénérable à Louis-Daniel Tassin de Letang.
    Il rembourse les dettes du Grand Orient sur ses deniers personnels et sur la vente de ses tableaux, de ses bijoux, de ses titres de la Compagnie des Eaux, de la Compagnies des Indes et de la Caisse d'Epargne, ce recouvrement ruine sa fortune.
    Le 19 novembre 1793, Alexandre-Louis Roettiers est emprisonné pour s'être livré à un trafic de monnaie, avec son caissier et son commis François Combret.
    Il est libéré le 23 janvier 1794. Devenu suspect, il est soumis à un contrôle des documents de caisse qui ne donne rien.
    Il reprend sa fonction de directeur de la monnaie.
    En 1794, 3 loges sont ancrées dans Paris.
    Les saisies des archives en 1940 du Grand Orient de France, visibles de nos jours à la Bibliothèque Nationale, permettent d'approfondir le sujet controversé et d'affirmer que Maximilien Robespierre n’est pas un franc-maçon, même si son père qui a quitté la maison familiale et son grand-père font partis de l'Orient d'Arras.
    L'athéisme de Maximilien Robespierre n’est pas éloigné de la notion d’un dieu, grand architecte de l’Univers quand il substitue au culte ancien, le culte de l'Etre suprême.
    La déchristianisation est en marche lorsqu'il dit :
    "Prêcher l’athéisme n’est qu’une manière d’absoudre la superstition et d’accuser la philosophie, la guerre déclarée à la divinité n’est qu’une diversion en faveur de la royauté."
    Le 06 mai 1794, l’incorruptible monte à la tribune revêtu ses habits sacerdotaux, une redingote bleue ciel et des bas blancs pour demander aux députés l'existence d'un Etre suprême qui veille sur l'innocence opprimée et mettre l’immortalité comme puissance dirigeante de l’Univers.
    Il ajoute d'une voix exaltée :
    " C’est dans la prospérité que les peuples doivent se recueillir pour écouter la voix de la sagesse… "
    A la stupeur des uns, à l’enthousiasme des autres, Maximilien Robespierre donne à sa profession de foi le décret d’application du 7 mai 1794 avec vote immédiat sans discussion l’existence d’un Etre suprême pour lequel une fête dans le style des célébrations antiques qui instaure l’immortalité de l’âme.
    Ce dimanche de pentecôte le 8 juin 1794, fête de l’Etre Suprême, il reste à Maximilien Robespierre 50 jours à vivre.
    La loi du 22 prairial an II (10 juin 1794) de la grande Terreur instaurée, il y a un panel de francs-maçons qui sont guillotinés.
    Le 16 juin 1795, c'est le réveil de la franc-maçonnerie au camp de Müllheim, Louis XVIII initié en 1784 est proclamé roi de France et de Navarre par la grâce de dieu.
    Alexandre-Louis Roettiers au Grand Orient, diplomate veut terminer la fusion des 2 Grandes Loges Nationales commencée en 1772 par le duc Montmorency-Luxembourg. Il engage des pourparlers avec 48 francs-maçons qu'il rassure sur le sort des archives et il consacre son temps sur la délicate question de l'inamovibilité des titres achetés à vie de sa rivale la Grande Loge de France du rite écossais, du 33e degré.
    Alexandre-Louis Roettiers trouve le judicieux compromis que dorénavant le vénérable et les officiers de la Grande Loge de France seront élus et soumis à renouvellement, les anciens grades en place conserveront leurs degrés durant 9 ans.
    Protecteur des archives Alexandre-Louis Roettiers refuse la dignité de grand maitre, il préfère le grade de grand vénérable.
    Il se souvient de 1743 quand la grande loge recherchait un grand maitre protecteur familier du pouvoir, proche du roi, aussi il propose le patronat suprême de grand maitre à Joseph Bonaparte, roi d’Espagne, frère de l’empereur.

    Etienne ALMAVI Sebastien ARCHAMBAU
    Joan ALIBOS