"Nous ne vivons pas seulement à notre époque. Nous portons toute notre histoire avec nous."
Jostein Gaarderest-"Le monde de Sophie"-Editions Poche publié en 1994 par POINT.
Sources :" El general de Cadaques."-Firmo-Ferrer i Casadevall-Sirpus-Barcelona 2006.

Le 13 mars 1793, le Conseil Départemental des Pyrénées-Orientales se réuni à l'arrivée des 3 commissaires du peuple Ignace Brunel, Jean Rouyer et Etienne Le Tourneur venant de Béziers.
Ils sont persuadés d'un unique scénario le débarquement de l'armée espagnole par sa flotte sur la large côte après Leucate (Aude).
Le 16 avril 1793, l'invasion évoquée ne vient pas par la mer mais par la montage comme en 1674 durant la guerre de Hollande quand les espagnols commandés par Francesc De Tutavilla duc Sant German s'empare de la forteresse De Bellegarde.
Prévenu de l'invasion des Espagnols à Saint Laurent de Cerdans, le chef d'Etat Major Paul-Louis Gaultier en garnison à Céret distant de 14 km, ordonne aux 7 compagnies du 1er bataillon du Tarn de bloquer l'avancée espagnole.
La route de l'invasion démarre en France sur les Hauts de Céret, au village de Maureillas situé à 30 km au Sud-Ouest de la citadelle de Perpignan.
Un territoire du massif des Albères au cœur de la forêt de la Turre couverte par les chênes-liège et les châtaigniers qui confèrent au versant une couleur brune qui donne le nom catalan "Morellàs".
La route escarpée de Maureillas se dirige vers le hameau de Riunoguès proche de l'ermitage roman Sant-Miquel del Riunoguès avec sa toiture couverte d'ardoises grises et son retable en bois sculpté au cœur de la foret de noyers (en catalan="noguès") ou coule le torrent "le Riu"qu'il faut traverser.
La seigneurie de Riunoguès échoit à la famille Miró originaire des Cluses qui la conserve jusqu'à la révolution.
A cet endroit la route descend en pente vers le col del Manrella (borne 569), le défilé se situe en France avant de remonter sur le versant Sud de la foret de Querols sur le plateau espagnol du Haut d'Ampurdan jusqu'à la commune espagnole de La Vajol
La route grimpe en direction au puig Forcat (814) vers la crête frontière "qui forme les versants des eaux" comme stipule le traité des Pyrénées de 1659.

(Les bornes frontières actuelles n'existaient pas mais elles permettent aujourd'hui de se localiser.)

Au col del Teixó (borne 563) la route descend vers un ravin "correc del Bosc" où coule le torrent dels Querols puis conduit à une succession de cols.

  1. Le col dels Pomers (borne 564) le lieu de passage de la 1ère colonne espagnole partie du hameau dels Horts (459 m) face au col del Priorat (borne 565).
    En contrebas la fontaine militaire des Miquelets sur le chemin au col de Panissars (borne 567) que les troupes espagnoles évitent car la route se dirige au puig de Bellegarde que domine la forteresse de Bellegarde avec ces 3 chemins de ronde et cet impressionnant espace du glacis qui sépare les fossés.
  2. Le col de Trevessalls où se dirige la 2eme colonne plus importante se trouve au bourg de Vall de Tapis (23 maisons) pour s'orienter vers Saint Laurent de Cerdans.
  3. Le col du Faig (borne 555) où se dirige la 3eme colonne qui traverse le "correc de l'Avellaner" prend la direction du col de la Senyoral.
  4. Le col del Portells (borne 562) sur le versant du "puig Aguda" à l'Ouest où la 4ème colonne de réserve aux ordres du général Joan Escofet traverse la frontière.


Le col del Portells, confondu parfois avec le col du Portel dans l'Ariège avec un " seul L" plus haut (1 432m) entre Quillan et Lavelanet, rien à voir avec la voie romaine qui s'élève sur le ravin de la rivière "La Roma" en direction des hameaux des Cluses à 3 km de la commune espagnole du Perthus dans le bassin du Llobregat.
Le col del Portells francisé en Porteille ou Portella est à la jonction des 2 voies romaines, celle de Domitia venant de Rome et celle d'Augusta provenant de Cadix qui délimite la Gaule et l'Hispanie.
Le général Pompée Cnaeus Pompeius Magnus marque au sommet de façon indélébile cette jonction des routes romaines par la construction d'un monument commémorant sa victoire en Hispanie contre Quintus Sertorius.
Au col del Portells, la route surprend car sa configuration presque plate, bordée de buissons et des fougères sauvages idéale pour cheminer les canons et les chariots d'une armée.
Le chemin est creusé depuis des années par le passage des muletiers transportant le charbon et le grain en Espagne et revenant avec des charriots pleins de rochers de feuillets de talc des mines espagnoles de La Vajol et du village Darnius.
Ces muletiers sont les acteurs de cette guerre, des pisteurs maitrisant la langue et s'orientant à travers ses chemins tortueux surplombants les gorges dangereuses et les monts (puigs) en catalan.
Le 15 février 1793, lors de la réunion secrète présidée par le commandant Antonio Ricardos qui se tient à Figueres dans la forteresse de Sant Ferràn.
Le commandant en chef offre à l'ingénieur-général Joan Escofet âgé de 73 ans, l'ouvrage et le rêve d'une vie : La construction d'une route pour envahir la France.
Autour de la table sont présents les régidors de l'Alt Emporda : de Lança, de Garriguella, de Vilamaniscle, de Cura Parroco de Rabos, de Perelada, de Requesens, de La Jonquera, d'Agullana, de La Vajol et de Massanet de Cabrenys.
Toutes ces autorités sont mises à contribution pour la préparation minutieuse de 8 itinéraires de cols différents peu élevés traversant la frontière et apporter leur collaboration logistique pour faire défiler 4 colonnes.
Le commandant Antonio Ricardos exige que la population de Saint Laurent de Cerdans qui demande l'aide des Espagnols soit mise au courant.
Les catalans savent que Carlos IV, roi d'Espagne peut prétendre à l'héritage de son cousin, délivrer les enfants prisonniers, faire revenir les prêtres émigrés mais surtout reprendre la province du Roussillon, naguère espagnole.
Le curé Joseph Sicre convient d'un signal par le carillonnement à la volée des cloches durant la procession traditionnelle du vendredi Saint pour accueillir les troupes espagnoles.
Les 3 hommes de Saint Laurent de Cerdans présents lors de la réunion : Abdon De Noell, aristocrate, Jean De Costa chirurgien et Antoine Garcias maire garantissent à l'ingénieur Joan Escofet responsable du cheminement que la population est disponible pour accueillir les 3 500 militaires.
Qui est l'ingénieur et le général Joan Escofet ?
La famille Escofet est propriétaire d'une ferme et de champs de blés au bourg de Vilamacolum (Alt Emporda) sur la rive gauche du fleuve el Fluvia, prés du village de Sant Père Pescador.
La famille Escofet tient un commerce dans la ville de Figueres proche de la ferme familiale.
En 1611, Joan Escofet avec son épouse Marianna Comas quittent la ferme familiale et s'installent dans le port de Cadaqués (Gerona) car Joan est pécheur.
Cadaqués, un village de pécheurs qui en 1718 compte 708 habitants.
Le port isolé est enclavé par la forêt communale de la sierra Sant Pere De Rodes entre le cap Creus au Nord et le cap Norfeu au Sud n'a qu'une seule issue la mer.
L'isolement du port de Cadaqués fait que la population vit de l'activité de la contrebande des marins et le réseau des pécheurs.
Son grand-père Antoni Escofet (1641-1714) ne continue pas le métier de pécheur de son père.
Il ouvre une boutique de tailleur "sastre", dans le port.
Antoni Escofet épouse en 1ère noce Ursula Sastre puis veuf il se remarie avec une veuve Maria Alfaras.
Joan-Baptista Escofet (1663-1730) son père, pratiquant et catholique est un fervent partisan de la dynastie des Bourbons qui durant la guerre de succession d'Espagne s'oppose à la dynastie des Habsbourgs.
Il épouse le 10 décembre 1709 à Cadaqués Isabel Palau-Marques, sa mère, fille d'un pécheur local.
Le couple Escofet ouvre un commerce dans la commune, ils ont 7 enfants qui ne vivent pas tous.
L'ingénieur et général est l'un de ces 7 enfants.
Joan Escofet Il est né le 10 mai 1720 à Cadaqués dans le quartier "de la punta"
Il est baptisé par le jésuite Francesc Josep Casanovas avec les prénoms du père Joan, Baptista dans l'église Santa Maria.
Joan a 10 ans quand son père Joan-Baptista décède à 67 ans le 23 avril 1730.
Le prêtre de la commune Jacinto Verdaguer prend en charge son instruction, il lui enseigne le latin et la théologie.
A 15 ans, Joan révèle à l'ecclésiastique de prodigieuses capacités intellectuelles mais Joan ne parle pas le castillan.
Le curé propose à sa mère Isabel d'envoyer Joan poursuivre ses études de mathématiques et de langues à Gerona, au collège jésuite Sant-Marti Sacosta, proche du couvent Sant Domenec.
Le 16 février 1740 Joan Escofet a 19 ans entre dans l'ordre militaire et religieux de Saint Jacques De Sant Santiago commandé par Carrillo De Albornoz, duc De Montemar à Barcelone.
Durant la guerre de succession d'Autriche, Joan Escofet volontaire dans le régiment Burgos s'embarque avec l'escadre de Navarro marquis De La Victoria pour les iles de Majorque libérer la base navale du port de Mahon aux mains des anglais de Thomas Mathews.
Le 08 aout 1742, Joan Escofet à son retour est nommé cadet au régiment d'infanterie de Cordobas.
Le 10 mars 1743 durant la guerre de la succession d'Espagne, le roi de Savoie Charles Emmanuel III prend position en faveur de l'Autriche et non pour le roi d'Espagne.
Joan Escofet se bat dans le comté de Nice contre l'armée du roi de Savoie avec le régiment de Burgos aux ordres du marquis de Castellar.
Joan Escofet arrive le 18 avril à Antibes avec son régiment s'empare du fort du Limaçon.
Le roi de Savoie abandonne le comté de Nice pour se réfugier au camp fortifié de la Turbie à l'Est de Nice avant d'évacuer à Oneille en Italie le 21 avril 1743.
Le 15 octobre 1746, le roi de Savoie Charles Emmanuel III avec l'armée de Menton gagnent le siège du fort Montalban occupé par les Espagnols.
Joan Escofet avec le régiment de Burgos aux ordres De Guzman marquis De Las Minas repassent le Var pour prendre d'assaut à la citadelle de Villefranche et se déplacent à Vintimille, vers Gênes.
Joan Escofet est blessé, durant sa convalescence il fait la connaissance de l'ingénieur Antonio Cornel qui oriente sa carrière militaire.
Le 24 Juin 1749, le conflit terminé Joan Escofet revient en Espagne et s'installe à Barcelone.
Sous les conseils du marquis De La Mina il entreprend ses études d'ingénierie dessinateur dans la section des Ponts et Chaussées à l'Académie Royale Militaire de Barcelone créée par Jorge Prospero Verboom en 1720 avec comme professeur le directeur militaire Pedro De Lucuce.
Le 31 janvier 1750, il obtient le diplôme d'Ingénieur "extraordinari" (lieutenant de frégate).
Les grades des ingénieurs équivalent aux grades d'officiers de marine.
Matéo Calabro professeur de mathématique lui propose une place de professeur dans l'Académie Royale Militaire.
Joan Escofet sous la direction de Pedro Lucuce responsable de la section routes, des canaux, des ponts et des édifices publics travaille à la forteresse Sant Ferran VI de Figueres.
Sa mission est de détourner au Nord-Ouest la source du ruisseau Llers sur la colline du couvent dels caputxins Sant Roch pendant que Juan Caballero responsable de la section fortification construit avec 750 ouvriers les remparts.
Le directeur Juan Caballero entre en conflit avec Pedro Lucuce responsable des édifices publics à la suite d'un désaccord sur la construction des murailles de la forteresse.
Joan Escofet expert en architecture civile aux ordres de Pedro Lucuce est écarté du chantier de la forteresse Sant Ferran VI de Figueres mais reste attentif à l'avancement des travaux de fortification par ses amis ingénieurs.
Il travaille sur la côte de la Catalogne a l'installation des batteries de défense.
Le 30 décembre 1755, il obtient le diplôme d'ingénieur "ordinario" (lieutenant de vaisseau) suite à ses études de génie sur l'art de la guerre.
En 1757, Joan Escofet épouse Manuela Moreno-Montfort (37 ans) au village de Cadaqués.
Le couple donne naissance à une fille prénommée Isabel-Emmanuela en 1758.
Le 22 juillet 1760, Joan Escofet habite à Barcelone avec sa femme et sa fille pour y poursuivre les cours de mathématiques et de génie en fortifications des places-fortes dans la classe de José De Urrutia.
Il est reçu à l'examen d'Ingénieur "segundo" (capitaine de frégate).
Le 14 janvier 1762, il prend la direction du chantier avec 150 cantonniers pour construire la portion de 38 km qui prolonge la route royale en direction de Madrid et bâtir un pont sur la rivière Sègre pour rapprocher Barcelone de Lérida.
Joan Escofet revient à Cadaqués en 1764 pour le décès à 47 ans de sa sœur Emerenciana.
A Barcelone, il entreprend la démolition d'un ancien quartier quand en 1766, il reçoit un courrier comme membre de l'ordre de Sant Jaume de Santiago qui l'oblige à se déplacer à l'embouchure de la rivière Guadiana avec les plans de la forteresse Ayamonte (Huelva) pour rebâtir le château Guzman détruit lors du tsunami de Lisbonne en 1755.
En 1768, Joan Escofet creuse les fossés royaux de la ville de Valencia. Dans cet ouvrage, il utilise pour la 1ère fois la technologie d'une dalle épaisse de ciment sur pilotis qui ne se casse pas par la concentration du poids du ciment.
Il enchaine la consolidation des fossés royaux de Motril à Grenade quand il apprend le 24 juin 1769 le décès de sa mère Isabel à 81 ans.
Le 19 juillet 1769, Joan Escofet s'embarque avec sa famille pour l'Amérique du Sud avec l'expédition scientifique d'Antonio De Ulloa chargée de délimiter les frontières des empires portugais et espagnols durant l'union des 2 couronnes Portugaises et Espagnoles.
Il arrive au Venezuela puis en Argentine avec la mission par la Real Audiencia de Buenos Aires de dessiner les cartes et de tracer une ligne imaginaire à travers la jungle qui délimite la frontière entre l'Argentine et le Brésil.
Joan Escofet débarque sur la cote Sud du Brésil avec la mission de dessiner le plan de la côte et de fortifier la muraille de la citadelle de l'Ile de Santa Caterina.
Le climat ne convient pas à sa famille et une épidémie de malaria se propage.
Joan Escofet pour protéger la santé des siens revient en Espagne par le port de Cadix.
Il se rend à Barcelone où il habite.
Il reprend ses études à l'Académie des Ingénieurs de Barcelone où il obtient le grade d'Ingénieur en chef (capitaine de vaisseau).
Il retourne en aout 1770 à Cadaqués pour l'enterrement de sa sœur Anna (54 ans).
Le 3 novembre 1770, Joan Escofet est muté à la demande de la Real Consejo de Castilla au Sud-Est de l'Espagne dans la ville de Lorca (Murcia) au cœur de la vallée de la rivière Guadalentin.
Sa mission est de réaliser les plans d'une dérivation du canal royal de navigation et d'arrosage des rivières Castril et Guardal.
Il bâtit un aqueduc long de 200m en pierre qui détourne la source le torrent del Rollo de la Zarzadilla afin d'alimenter en eau potable la ville de Lorca divisée en basse et haute ville sur le rocher qui supporte la citadelle.
Il termine son œuvre le 22 aout 1776 avec le renfort de l'ingénieur Antonio Estrimique.
Joan Escofet se trouve sur l'ouvrage de l'aqueduc à Lorca et se déplace à Murcia.
Il ne participe pas à combattre la révolte de 1773 des catalans, ni aux massacres des classes opprimées à Barcelone en 1774.
Son nom ne figure pas sur la liste des 16 ingénieurs qui accompagne Alejandro O'Reilly lors de la désastreuse expédition d'Alger en 1775.
Le 10 juin 1779, il est nommé brigadier sur les ordres de Francisco Sabatini directeur des ouvrages publics à l'Académie Royale Militaire de Barcelone.
Il est muté avec sa famille et s'installe sur la cote de la Cantabrie au Nord de l'Espagne avec comme mission de creuser un chenal dans le port de Santander afin de rendre plus efficace le port en décadence.
Il décèle avec ses calculs un passage profond, un canal naturel qui permet l'accès aux gros vaisseaux pour charger la laine et le blé vers les Antilles et l'Amérique du Sud.
Manuela son épouse est malade, le climat de Santander ne convient pas à sa fille.
Joan Escofet écrit à Francisco Sabatini pour lui demander sa mutation en Catalogne.
Le 03 novembre 1779, Joan Escofet durant la guerre d'indépendance américaine est nommé général de brigade.
De Bassecourt, comte del Asalto de l'ordre de Saint Jacques De Sant Santiago nomme Joan Escofet gouverneur militaire de Roses.
Il arrive avec sa famille le 17 aout 1780 à Roses .
Joan Escofet a mission de renforcer les parapets, de creuser les fossés et d'installer un hôpital dans la forteresse de Roses suite aux attaques des pirates.
Il consolide les défenses du fort de la Poncella, "castell de la Trinitat" par l'ajout de nouveaux canons plus performants sur les plateformes fabriqués à l'usine de Sant Llorenc de la Muga.
Le 03 juillet 1784 à Roses, le comte del Asalto lui demande :
  • de consolider la défense du cap Creus en posant une batterie à la Torre des Bois, une autre batterie au puig des Colomer.
  • de protéger le monastère Sant Pere de Rodes au-dessus du port de La Selva et le sanctuaire Sant Sébastià sur le versant del Peni.

Joan Escofet demande des fonds pour rebâtir au cap Creus, les ruines de la tour de guet Sant Jaume détruite par les français en 1693. Il présente la tour comme une vigie contre les pirates mais aussi comme un phare pour les pécheurs.
Les"corts" refusent la reconstruction.
Il fabrique un pont sur la route des charrettes de la Perafita entre Cadaques et Roses.
Le 03 avril 1789, Hierónimo Girón-Moctezuma, marquis De Las Amarillas gouverneur de Barcelone, ancien corregidor de Pampelune, nomme Joan Escofet expert pour la continuation des travaux à la forteresse de Sant Ferràn à Figueres.
Il occupe avec sa famille le bâtiment des officiers dans la forteresse de Sant Ferràn de Figueres.
Les fonds pour consolider la forteresse de Figueres n'arrivent jamais ils sont détournés au profit de la fortification de la citadelle de Gerona.
Cela explique qu'à la mort du comte De La Union, le choix stratégique de repli par le marquis De Las Amarillas dans la ville de Bascarà et sa décision d'abandonner à son triste sort la forteresse de Sant Ferràn à Figueres.
Joan Escofet et sa famille quittent le port de Roses pour s'installer à Barcelone où il achète une maison dans le quartier de la Canuda sur la Rembla prés de l'Académie des Sciences et des Arts dont il devient membre.
Il bâtit plusieurs ponts pour améliorer la route entre Barcelone et La Jonquera.
Le 26 février 1791 A Barcelone, le comte De Lacy nomme Joan Escofet, maréchal de camp .
A ce titre, il est chargé d'édifier un cordon sanitaire à la frontière pour contenir les vagues impressionnantes d'émigrants nobles, de déserteurs et de religieux réfractaires qui fuient la France.
Le 07 mars 1793, la Convention Nationale déclare la guerre au royaume d'Espagne.
Le commandant en chef Antonio Ricardos offre le 15 avril 1793 à Joan Escofet, la construction de la route du col del Portells.
Le18 mai 1794, à Figueres, Joan Escofet sous les ordres du comte De La Union est nommé commandant général de l’Empordà.
Il ranime l'orgueil du peuple catalan en lançant l'exhortation des compagnie de somatents de 1714 disparues depuis la guerre de succession d'Espagne.
Joan Escofet prépare à Girona les compagnies de somatents de Seu d’Urgell, de Cardona, de Lleida, de Tarragona et de Barcelone pour la défense du territoire.
José Escofet est le bâtisseur de l'illustre et légendaire batterie de la Mare de Deu del Roure au sommet du massif Montroig pour laquelle le comte De La Union meurt.
A la mort du comte De La Union, le général en chef Joan Escofet figure dans l'Etat-Major de son ami José Urrutia commandant en chef avec qui il a fait ses études d'ingénieur à Barcelone.
Le 21 octobre 1794, son épouse Manuela décède à Barcelone. Joan Escofet est malade.
Le 22 juillet 1795, le traité de paix de Bâle du 4 thermidor An III est signé.
Joan Escofet est chargé de l'évacuation des 3 800 hommes des divisions portugaises au campement au village d'Armentera, proche du port de Cadaqués puis s'implique à leur embarquement au port de Barcelone le 28 octobre 1795 dans l'indifférence et la confusion de la cour royale espagnole.
Le 23 mai 1796, Joan Escofet devient à 76 ans officier de réserve.
Le roi Carlos IV le nomme corregidor gouverneur militaire et politique de Barcelone en remplacement de Juan Bassecourt-Brias, comte de Santaclara.
Joan Escofet garde ce poste jusqu'au 4 juin 1798, il est remplacé par le marquis de Vallesantero.
En 1800, Joan Escofet se retire toujours malade dans sa demeure à Cadaqués, il demande à sa fille Marianna de quitter Barcelone pour venir le soigner.
Sa fille quitte son mari Gaietà Sastre pour se rapprocher de son père à Cadaqués.
L'époux de Marianna militaire refuse la séparation et le divorce.
Le 25 mars 1808, Joan Escofet décède à 88 ans des suites de sa maladie à Cadaqués.
Joan Escofet un ingénieur audacieux et pugnace, un grand visionnaire, un instigateur d'un style qui laisse une forte empreinte dans le paysage catalan respectant par son amour des arts le maillage des ermitages et des abbayes.
Né à Cadaqués dans un village fermé aux progrès par son isolement, Joan Escofet améliore constamment le bien être de la population par la construction de routes, de canaux et de ponts et il se met rapidement au service de la protection des plus démunis.
Joan Escofet par sa force spirituelle est un diplomate dans la hiérarchie ecclésiastique tout en restant respectueux de l'aristocratie catalane.
Sa longue carrière d'officier comme bâtisseur du pouvoir démontre sa fidélité aux 5 rois d'Espagne : Felip V, Ferran IV, Carlos III, Carlos IV et Ferdinand VII.
De nos jours, la génération du général Joan Escofet n'est pas éteinte, si certains termes offusquent la famille, ils seront modifiés.